DOCUMENT ous voici face à des prises de position décisives pour l'avenir du PT et du Brésil. Nous allons choisir les directions qui conduiront le parti au cours d'une période critique et en même temps pleine de défis et de possibilités. Nous présentons les propositions de notre liste à l'ensemble des adhérentes et des adhérents du Parti des Travailleurs, affirmant la nécessité d'un nouvel axe de structuration de la direction du parti et de sa rénovation politique, pratique et programmatique. La globalisation des résistances au néolibéralisme
Depuis la fin des années 90 l'offensive des classes dominantes sur toute la planète rencontre une résistance politique croissante. Des révoltes populaires se succèdent en plusieurs pays (en particulier en Amérique Latine). Depuis les manifestations de Seattle, fin 1999, la résistance a pris une tournure internationale. L'instabilité croissante de l'économie mondiale, avec sa succession de crises, a sapé la légitimité du projet néolibéral et oblige ceux qui l'impulsent à un certain changement de discours
Tout cela a déjà abouti à certaines victoires importantes, encore qu'elles ne soient
Thèses de la liste DS pour la direction du PT un autre Brésil est urgent !
jusqu'à maintenant que des "victoires défensives" : l'Accord Multilatéral d'Investissements (AMI) - l'initiative la plus agressive du grand capital impérialiste — a été retiré de l'ordre du jour ; la tentative d'insérer dans les statuts du FMI la libre circulation des capitaux a dû être suspendue, suite à la crise initiée en Asie en 1997 ; les efforts pour ouvrir un nouveau round de libéralisation du commerce international dans le cadre de l'OMC ont été, depuis Seattle, bloqués. Ces "victoires défensives" ne sont que provisoires : par diverses voies, le grand capital a toujours les moyens et les forces pour reprendre les pressions afin de faire prévaloir les règles qu'il n'a pu jusqu'ici imposer aux peuples du monde.
En Amérique Latine, la forme principale que l'offensive du grand capital prend en ce moment est la tentative de formation de la Zone de libre Échange des Amériques (ZLÉA). Par ce biais, les États-Unis veulent de fait établir un protectorat sur tout le continent. Face à cette menace, la résistance populaire grandit, comme il est apparu lors des manifestations de Québec en avril 2001.
L'affrontement articulé et conséquent avec le projet néolibéral dépend de la transformation des luttes antiglobalisation en programmes et alternatives politiques anticapitalistes. Les délais de ce processus ne peuvent être prévus, mais il peut acquérir, dans la prochaine période, un rythme bien
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plus soutenu. Le Forum Social Mondial (Porto Alegre, janvier 2001) a montré qu'il peut y avoir convergence autour d'idées comme celle que le monde n'est pas une marchandise et celle qu'un autre monde est possible. Le déroulement du Forum en 2002 pourra représenter un saut qualitatif dans la résistance s'il avance dans le dépassement de la dispersion organisationnelle et programmatique au sein du mouvement d'opposition au néolibéralisme. Le socialisme comme alternative globale, vivante et actuelle
Le capitalisme ne se réduit pas à une forme d'organisation économique, mais il est également la base de la structure de pouvoir à l'échelle mondiale et du type de société qui régit aujourd'hui l'ensemble des relations humaines. L'approfondissement brutal du fossé entre continents, pays, régions et populations riches et pauvres ; l'augmentation généralisée des inégalités de classe ; l'érosion des droits sociaux et des régimes démocratiques et le développement de formes nouvelles d'exclusion et d'autoritarisme ; la destruction accélérée et brutale des cultures et modes de vie traditionnels de la majorité de l'humanité ; le renforcement des fondamentalismes religieux ; l'aggravation de la crise écologique, qui affecte déjà sérieusement la planete et compromet les générations futures ; la radicalisation du militarisme, du conservatisme et des ambitions impériales nord-américaines sous le nouveau gouvernement Bush montrent clairement, à un nombre de plus en plus considérable de mouvements revendicatifs et politiques et de couches sociales, qu'à ce mode de production, à cette structure de pouvoir, à cette culture, à cette civilisation nous devons opposer une alternative globale. L'alternative au système capitalisme néolibéral est le socialisme comportant démocratie réelle, pluralisme et autogestion, comportant respect des différences et élimination des discriminations de genre et de race. Comportant l'auto-organisation de la société à partir des besoins humains et la solidarité comme réalité effective, dans un monde où les relations éthiques aient comme paramètre l'être humain. Comportant le respect de la diversité et les moyens donnés au développement du potentiel créateur unique de chaque individu. Comportant la garantie d'accès réel à l'information, associée à la formation nécessaire pour que chacun puisse en profiter comme un être réellement libre.
Comportant la défense intransigeante des cultures locales et l'intégration des savoirs traditionnels des communautés Comportant le respect de l'environnement. La construction quotidienne
Sans faire passer au second plan les leçons de la lutte internationale des exploités et des opprimés, nous affirmons que ce contenu socialiste a été aussi la leçon la plus décisive que nous avons tirée de nos expé riences les plus importantes ici même, au Brésil : — de la pratique des travailleurs quand, au cours de leur lutte, ils construisent des formes d'organisation supérieure, mettent en avant leur unité et conquièrent l'indépendance politique face à la bourgeoisie ; - de la pratique de participation populaire des innombrables administrations pétistes qui existent à travers le pays (avec une mention particulière pour les douze ans de Porto Alegre), où le contrôle public sur l'État a commencé à être exercé directement par la population. L'expérience du budget participatif est aujourd'hui débattue par la gauche du monde entier. Nous commençons à construire une démocratie participative. Le
Raul Pont et Luis Ignacio da Silva "Lula" citoyen et la citoyenne n'y limitent pas leur participation politique au vote le jour de l'élection, mais développent une citoyenneté active où, à l'encontre de la logique d'une société capitaliste, se réduit la distance entre gouvernants et gouvernés, sont combattus les préjugés technocratiques et se crée une nouvelle culture de participation et de responsabilité collectives dans le traitement des affaires publiques ; — des expériences pratiques de l'appropriation critique des fruits des innovations techniques, grâce au contrôle de l'usage des plantes transgéniques ou à la diffusion généralisée des logiciels libres, grâce à la conquête de l'accès aux médicaments nécessaires à la vie, ou à l'usage d'Internet pour l'organisation internationale de la lutte contre la globalisation capitaliste. Davos et Porto Alegre représentent deux perspectives historiques, deux projets de civilisation et deux réalités sociales opposées, antagoniques et irréconciliables. - C'est pourquoi aujourd'hui, après tout cela, sont réunies les conditions de penser le socialisme comme question théorique et pratique, intégrée dans notre vie quotidienne. De le penser comme un processus de lutte permanent pour l'hégémonie de l'action consciente et solidaire, où ce que nous avons accumulé permettra des sauts qualitatifs et des ruptures révolutionnaires, approfondissant sans cesse le lien indissoluble du socialisme avec la liberté, la démocratie, le féminisme, l'égalité et la justice. Les impasses structurelles du néolibéralisme au Brésil
Le gouvernement FHC a impulsé une profonde réorganisation de l'État brésilien, dans la continuité d'un processus commencé par Collor et Itamar. On a assisté à la modification du modèle des relations entre cet État et le marché capitaliste mondial, avec la promotion d'une progression substantielle des droits du grand capital financier, au détriment de la souveraineté nationale. Rééchelonnement sur des bases durablement défavorables de la dette extérieure, profonde ouverture commerciale, dénationalisation de secteurs productifs et financiers stratégiques, dérégulation du contrôle des flux de capitaux, soumission des dépenses publiques aux objectifs négociés avec le FMI : le pays a perdu au profit des marchés financiers une partie substantielle des conditions permettant de décider de son destin économique. Il y a eu un déplacement du patrimoine de l'État au profit de capitalistes brésiliens ou étrangers de l'ordre de 30 % du PIB. Le renoncement du gouvernement FHC à des aspects fondamentaux de la souveraineté nationale en est arrivé au point de transformer la base d'Alcântara (Maranhão) en centre de services de lancement de satellites des États-Unis, sous contrôle total de ce pays.
Il y a eu une modification du modèle des droits et des devoirs des citoyens. Si la Constitution de 1988 avait indiqué une voie d'universalisation des droits sociaux, la réorganisation néolibérale a comporté une attaque généralisée contre les droits fondamentaux des travailleurs, en faveur d'un accroissement démesuré des droits des pro-
priétaires. A été rompue la dynamique d'inclusion croissante dans le marché formel du travail qui existait depuis l'ère Vargas. L'objectif des politiques sociales est devenu la réduction des droits sociaux au minimum ; on a cherché à les réduire à des politiques d'assistance tournées vers des groupes en état de pénurie extrême, en déplaçant le reste vers le marché. Les impôts ont augmenté pour les salariés, mais les revenus du capital ont été protégés de l'imposition. Une nouvelle vague de subventions chiffrées en milliards, véritable pillage des fonds publics, a été dirigée vers de grands capitalistes, y compris des multinationales ou des secteurs récemment privatisés.
La réorganisation néolibérale a changé les règles du jeu démocratique elles-mêmes. Énorme concentration du pouvoir au niveau de l'Exécutif central, contrôle de la clé de voûte du Judiciaire et main de fer sur le Congrès (qui a perdu de fait sa capacité d'initiative parlementaire), en plus d'un soutien concerté des médias, ont imposé un modèle de gestion de l'État brésilien nettement autoritaire.
La crise sociale, découlant en partie de l'échec économique, est évidente dans la grave détérioration du marché du travail. Les dépenses dans les domaines sociaux ont reculé. Dans ce contexte, le Brésil a assisté dans les années 90 à l'explosion de la violence urbaine, qui a déjà fait plus de victimes que la guerre civile en Colombie. La dégradation du public, la dérégulation des contrôles financiers, le caractère clientéliste de la base du gouvernement, l'isolement bureaucratique des grandes agences économiques de l'État dans un contexte de déplacements massifs du patrimoine ont élevé la corruption à une dimension explosive.
Enfin, l'accélération du processus d'implantation de la ZLÉA engendre actuellement des contradictions croissantes. La discussion sur ses implications, qui jusqu'à cette année était presque inexistante, commence à s'étendre, et doit être un thème important lors des prochaines élections, reposant le débat sur la question nationale et rouvrant, sur un front supplémentaire, la discussion sur les limites du néolibéralisme. Apparaît l'occasion pour nous de renforcer les mouvements internationaux qui mettent en question le montant de la dette extérieure des pays du Tiers Monde et la nécessité de la payer. La crise du gouvernement FHC et la compétition électorale de 2002
Les impasses du néolibéralisme brésilien menacent déjà la capacité de gouverner de FHC elle-même. Les difficultés sont évidentes pour la continuité de son bloc de pouvoir ; sa crise progresse manifestement. La popularité de FHC est en chute libre depuis 1999. C'est apparu clairement lors des élections municipales de 2000, avec le progrès indiscutable des gauches, et en particulier avec l'importante victoire du PT. L'année 2001 se caractérise par le discrédit des partis qui soutiennent FHC. L'annonce des présidentielles anticipées a provoqué une dynamique de heurts dans la majorité autrefois unie. On ne peut exclure l'hypothèse d'une crise institutionnelle, avec les développements de la crise au Sénat (quel qu'en soit le dénouement) et le discrédit moral du Planalto [siège de la présidence] suite à l'empêchement de l'installation de la commission parlementaire d'enquête sur la corruption, les impasses sans solution avec le Judiciaire, la croissance du mécontentement populaire et le retour des mobilisations sociales.
En outre, la relative reprise économique qui a caractérisé l'an 2000 est menacée, tant par l'instabilité internationale (suite à sa dépendance accrue, l'économie brésilienne devient plus vulnérable aux humeurs des capitaux spéculatifs), que par la crise de la fourniture d'énergie électrique (résultat évident de l'irresponsabilité du gouvernement et de son projet de privatisations). Et il est tout à fait probable que la situation sociale, déjà catastrophique, sera aggravée par les tentatives de la masquer. Le bloc gouvernemental ne pourra pas utiliser l'économie comme un leurre pour masquer son discrédit politique, mais il devra de surcroît affronter de nouvelles causes d'impopularité. Les possibilités de victoires nouvelles et plus importantes pour le PT s'en trouvent renforcées.
Toute cette vision des difficultés et pressions conjoncturelles sur le gouvernement doit cependant être relativisée, il faut reconnaître qu'il conserve une importante capacité d'initiative politique, à preuve le maintien d'une majorité parlementaire, un fort soutien économique, le soutien de ses positions par les médias ; enfin son centre politique est très loin d'être désagrégé ou impuissant. 2002 a déjà commencé
Le gouvernement de FHC cherche aujourd'hui une candidature qui symbolise un effort de rénovation sur le plan strategique de la réorganisation néolibérale de l'État brésilien et qui opère certains changements dans son administration, sans que soient altérés, cependant, ses fondements. De leur côté, les oppositions bourgeoises cherchent à construire une identité et un projet qui unifie leurs diverses fractions ; Ciro Gomes et Itamar Franco cherchent à exprimer ce mouvement.
Le PT a capitalisé la résistance au mouvement néolibéral développée par la gauche et par le mouvement populaire. Le candidat du parti sera choisi lors de primaires dont les règles n'ont pas encore été fixées ; mais Lula est aujourd'hui, pour nous, le nom le plus capable d'exprimer une mobilisation de cette ampleur et il doit être le candidat du PT. Ces forces accumulées, néanmoins, sont insuffisantes pour, par elles-mêmes, produire une alternative de gouvernement. C'est la rénovation politique et programmatique du mouvement démocratique et populaire brésilien et du PT, à partir d'une perspective socialiste, qui peut rendre possible sa victoi-
Le parti mène aujourd'hui une opposition au PSDB et au gouvernement FHC plus claire qu'à aucun autre moment. Il a surmonté d'importantes ambiguïtés, y compris en ce qui concerne les gouvernements Itamar et Garotinho [gouvernements de Minas Gerais et Rio de Janeiro]. On voit nettement apparaître, cependant, le contraste entre une plus grande netteté du positionnement politique d'opposition et un manque de clarté programmatique de sa définition comme alternative au néolibéralisme.
Le PT doit maintenir comme centre de ses attaques le néolibéralisme, le gouvernement fédéral et les forces qui le soutiennent. Toutefois, le parti ne peut laisser indemnes les oppositions bourgeoises. Il faut dénoncer leurs limites, leurs engagements conservateurs et leur incapacité à défendre les intérêts de la grande majorité de la nation. C'est
nécessaire pour que le PT et le mouvement démocratique et populaire réunissent les conditions pour infliger une grande défaite au camp politique néolibéral en 2002. Le PT sera d'autant mieux préparé à cet affrontement qu'il se définira clairement comme défenseur des intérêts des travailleurs, d'un programme démocratique et populaire et d'une politique d'alliances de gauche, et qu'il se référera plus à une nouvelle perspective socialiste et internationaliste. Réaliser le programme démocratique et populaire
Une brèche a été ouverte pour que la gauche brésilienne passe à l'offensive, batte le bloc au pouvoir et assume la direction du gouvernement central. Afin de réaliser toutes ces tâches il est urgent d'unifier le mouvement démocratique et populaire autour d'une politique et d'un plan d'action clairs pour la conjoncture qui va se développer au cours des élections de 2002
Le principal instrument pour unir la gauche brésilienne, élargir au maximum sa base de soutien politique et constituer un vaste mouvement de masses pour vaincre le bloc au pouvoir est le programme démocratique et populaire. Il vise au dépassement du modèle de développement, des structures sociales et des relations politiques séculaires qui condamnent le pays à la dépendance et à la tutelle du capital financier impérialiste et du FMI, à des crises économiques, à des impasses institutionnelles et à des sursauts d'autoritarisme périodiques. Qui condamne la population à une des plus révoltantes distributions des richesses du monde, le marché intérieur à la stagnation, les paysans au monopole de la terre, les ouvriers au chômage et à la surexploitation, les couches moyennes à l'appauvrissement, les jeunes à l'absence de perspective, un tiers de la force de travail à vivre sous le seuil de pauvreté, et des masses à la marginalité.
La victoire de la gauche signifie construire une nouvelle hégémonie politico-sociale, ouvrant la voie à l'arrivée au gouvernement d'un nouveau bloc historique et créant ainsi les conditions d'une bataille ouverte pour le pouvoir dans la société brésilienne, grâce à l'éveil à la participation politique démocratique de dizaines de millions de personnes et de leur implication directe dans l'établissement d'un ensemble de réformes d'intérêt populaire.
Ce programme ne pourra être réalisé que dans l'affrontement avec la classe dirigeante, particulièrement avec l'alliance de la grande propriété foncière, des oligopoles financiers et du grand capital international.
Ernesto Herrera à la tribune de la Conférence Les expériences déjà tentées dans plusieurs administrations populaires de gestion municipales ou d'États du PT servent de preuve de la viabilité d'une partie de nos propositions et offrent une contribution d'une importance croissante à notre construction. Sont également fondamentales les luttes des masses et de leurs organisations ou mouvements comme la Centrale unique des travailleurs (CUT), le Mouvement sans-terre (MST) et la Centrale des mouvements populaires (CMP), la Marche Mondiale des Femmes, aussi bien que des actions effectives de résistance au néolibéralisme, comme le Forum Social Mondial
Mais il faut dépasser la tentation pragmatique de ne considérer ces progrès que comme un pur dispositif d'accumulations de forces électoral ; cela enlèverait tout leur potentiel aux mouvements sociaux. • l'inverse, l'accroissement de leur force et de leur capacité de mobilisation autonome amplifiera et approfondira les conditions favorables à l'unité et à la victoire populaire. Un nouvel État pour un nouveau pays
La synthèse de ces expériences ne sera possible que si nous formulons clairement un projet de réorganisation de l'État brésilien selon des principes démocratiques d'inspiration socialiste, c'est-à-dire à partir d'une vision non libérale de la démocratie, assise sur la garantie et l'élargissement des droits-spécialement ceux du travail—, sur la critique de la prédominance des droits marchands, et la constitution d'une sphère publique de plus en plus structurée par des processus de démocratie directe et participative. Sans une culture qui donne de la dignité à ce qui est public, sans mettre en question sur le fond et ouvertement les privilèges du grand capital et de la grande propriété foncière, sans reconstruire les politiques sociales il n'est pas possible de faire un nouveau Brésil.
C'est à partir de tout cela que nous pourrons construire un nouveau modèle de développement économique et technologique soutenable, de croissance avec distribution de la richesse et réduction des inégalités régionales. Formulé pour un pays de la périphérie, notre projet doit incorporer les thèmes centraux de la souveraineté nationale et du soutien à la construction d'un nouvel ordre international. Il doit être pensé à l'intérieur d'une nouvelle culture internationaliste anticapitaliste, incluant un calendrier de mise en question frontale de la logique de soumission aux marchés, appuyée sur les luttes des classes travailleuses et sur le Forum Social Mondial. Le refus de la ZLÉA doit donner l'impulsion à la reprise d'un projet latino-américain, non seulement indépendant mais adversaire de l'hégémonie américaine. Les yeux tournés vers le futur
Notre liste s'affirme, en premier lieu, par sa position face aux divergences sur le parti. Certes, comme militants identifiés à l'imaginaire révolutionnaire et à la construction d'un nouveau type de société au-delà de l'ordre du capital, nous pourrions dérouler une longue liste de divergences avec la politique qui prédomine nationalement, depuis un certain nombre de valeurs-clés, en passant par la critique du capitalisme, jusqu'à des points pragmatiques de gouvernement, sans parler de la perspective générale selon laquelle nous devons envisager depuis les questions stratégiques jusqu'à celles d'une portée tactique. Le pragmatisme, l'électoralisme et l'institutionnalisme grandissent. Des primaires dépolitisées ont eu fréquemment un effet désagrégateur et ont contribué à dissoudre l'idée de collectif. La démocratie interne du PT a souffert, entre autres problèmes, de la généralisation de pratiques comme celle des adhésions massives et sans critères et de l'aval donné nationalement à des réunions avec urnes ouvertes toute la journée, sans discussion entre les participants, et basées sur des systèmes de transport des adhérents. Ces pratiques distordent de façon significative la représentation dans les instances du parti.
Le parti doit se préparer aux grands défis qui sont devant lui et faire droit aux grandes espérances qui ont été placées en lui depuis 20 ans. Jusqu'à maintenant, nous avons réussi à grandir dans les urnes en cohabitant avec des tensions archaïques, y compris avec certains traits de regroupements traditionnels. Mais l'éloge de l'inorganisation, de la dilution institutionnelle, des concessions programmatiques et des alliances sans critères a duré trop longtemps, et ne manquera pas de porter préjudice à notre développe-
Brésil & Belgique ment dans des circonstances plus complexes et exigeantes de la lutte des classes. Néanmoins, nous ne réglerons pas ces problèmes grâce à la pure réaffirmation doctrinaire de principes, aussi importants qu'ils soient.
Beaucoup a été obtenu grâce à la réalisation d'une autre pratique politique, qui ne fait pas de concession à nos adversaires, qui impulse dans les faits le développement de l'expérience et de la conscience politique de la population et qui est cohérente avec nos principes sans être doctrinaire— que ce soit en ce qui concerne les gouvernements municipaux ou d'État, notre intervention dans des mouvements sociaux ou politiques, ou encore dans la lutte d'idées et dans l'action du parti ou au Parlement. Si nous voulons être à la hauteur de notre temps, il nous faut faire un saut, généraliser ces prises de position et ces expériences, les transtormer en norme.
Le PT doit élargir sa démocratie interne, en mettant en valeur ses forums de discussion ; parier sur la formation de ses cadres, sur le renforcement des mouvements populaires. Il doit réaffirmer son rôle de parti dirigeant, en coordonnant, en articulant et en déclenchant les actions et les expériences qui donnent vie au camp démocratique et populaire, tant dans le domaine du mouvement démocratique et populaire que dans les institutions.
Nous ne pouvons accepter un PT qui ne soit qu'une fédération de courants et de groupes politiques. Chercher à ce que le parti aille au-delà de la compétition électorale est une tâche à exécuter en permanence. Nous allons livrer une bataille décisive contre des forces énormes et, en pareil cas, les pires compagnies sont l'éloge de la modération, l'illusion de la conciliation, la perte de nos valeurs socialistes, le manque de clarté de nos objectifs politiques, l'abandon des revendications populaires et la perte de la conscience de ce que nous sommes et de ce que nous représentons. Les grandes masses ne prendront à leur compte les propositions •présentées par le parti que si elles y trouvent des réponses à leurs problèmes, la détermination à affronter les puissants et la capacité à franchir les obstacles. Le parti doit stimuler l'imaginaire transformateur, la • confiance en elles-mêmes et l'initiative des masses exploitées et opprimées, conformément à l'idée que « l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. »