DOCUMENT lívio Dutra, Heloisa Helena et Geraldo Cândido (1) présentent à tous les adhérents et adhérentes du Parti des Travailleurs le camarade Raoul Pont comme candidat à la Présidence Nationale du PT : Trajectoire
Raul Pont est né à Uruguaiana, Rio Grande do Sul, en 1944. Fondateur du PT, il est membre du Directoire National et du Directoire d'État du parti. Leader étudiant dans les années 60, il a présidé le DCE de l'UFRS (2) en 1968. Militant syndical et professeur d'université dans les années 70 et 80. Fondateur du journal Em Tempo à la fin des années 70. Il a été Secrétaire Général et Président du PT du Rio Grande do Sul ; membre de l'Exécutif National et Trésorier du Parti
Il a été candidat au Sénat lors de la première élection disputée par le Parti, en 1982 et le premier candidat du Parti à la mairie de Porto Alegre, en 1985.
En 1986, il a été élu député de l'État, c'est lui qui a eu le plus de voix parmi les candidats du PT dans le Rio Grande do Sul. Il a dirigé le groupe des élus de l'État en 1987 et 88. En 1990 il a été élu député fédéral ; en 1992, il a été élu maire adjoint de Porto Alegre, et a été chargé du secrétariat de l'exécutif municipal. En 1996, il a été élu maire de Porto Alegre, dès le premier tour, obtenant 55 % des suffrages exprimés.
Depuis la fondation du PT, Raul est reconnu par tous comme un des militants les plus impliqués dans sa construction comme parti démocratique. Il a été au premier rang pour la défense du droit de tendance, de la proportionnelle dans les instances de direction et du quota minimum de 30 % de femmes dans les directions. Dés le début de l'expérience des administrations municipales à Porto Alegre, il développe une nouvelle préoccupation centrale, outre celle de la construction du PT : le lien des expériences de gouvernement de la gauche avec la lutte
Raul Pont,
candidat à la présidence
du Parti des Travailleurs
pour le socialisme
L'actualité de ces réflexions — présentées, ci-dessous, sous torme de thèses- a quelque chose à voir avec la nouvelle période de luttes et avec les chances renouvelées que nous avons de conquérir le gouvernement (3) national et celui d'importants États de la fédération. Nous savons que consolider, enraciner un projet de gouvernement parmi notre base sociale et mener à terme un projet cohérent avec notre programme sont une tâche bien plus difficile que de gagner des élections. Thèses 1. Les victoires électorales dans des dizaines de villes, dans plusieurs capitales et la conquête de gouvernements d'États, comme celui du Rio Grande do Sul, prouvent la viabilité et la nécessité d'un front politique unissant le camp démocratique-populaire, féministe, antiraciste, écologiste et socialiste, établissant la base sociale fondant la stratégie d'un programme de transition au socialisme. Si c'est possible dans les municipalités et les États, c'est possible aussi dans le pays tout entier à partir d'un programme qui s'identifie aux intérêts de la majorité de la population. 2. Nos gouvernements peuvent fournir une expérience de démocratie participative qui mette en échec le caractère inévitable et immuable du système représentatif classique. La démocratie directe et la souveraineté de la décision populaire vont au-delà de la notion de citoyenneté classique et rendent possible un processus de participation et de prise de conscience de la population, qui reprend sous des formes nouvelles le débat historique à propos de la relation de la société à l'État. 3. La question de la démocratie, de plus en plus évidemment contradictoire avec l'État capitaliste néolibéral (mesures provisoires, centralisme autoritaire, dictature du capital dans les entreprises, etc.) constitue un élément clé et stratégique dans un projet de transition au socialisme. Avec la question nationale, c'est un des axes programma-
Raul Pont en train de voter tiques les plus importants pour les socialistes, grâce à son potentiel mobilisateur et parce qu'elle est essentielle au projet stratégique que nous défendons. Les expériences de gouvernements de gauche sont la base sur laquelle nous défendrons, stimulerons et pratiquerons la participation populaire en défendant son autonomie et son auto-organisation. Il n'y a pas de projet socialiste sans auto-organisation des travailleurs et producteurs, et l'autonomie de ces expériences vis-à-vis du système représentatif actuel est une 1. Les candidats à la présidence du Parti des travailleurs doivent être présentés par des individus. Ainsi la candidature de Raul Pont est proposée par trois dirigeants connus du PT (dont seule Heloisa Helena est membre de la Tendance Démocratie socialiste du PT) : Olívio Dutra (gouverneur de l'État de Rio Grande do Sul), Heloisa Helena (sénatrice), Geraldo Cândido (sénateur du PT) 2. Le Diretório Central dos Estudantes (DCE) est l'organisation des étudiants, dans ce cas de l'Université Fédérale du Rio Grande do Sul (UFRS). 3. Attention, nos camarades appellent « gouvernement » toute direction d'un exécutif, que ce soit au niveau municipal, à celui des États ou au niveau national/fédéral ; nous avons préféré laisser ce terme qui met en évidence la manière dont ils soulignent qu'à tous les niveaux la pratique politique peut et doit changer.
nécessité pour l'éducation politique de la majorité de la population. 4. Nos gouvernements sont importants pour la construction de l'hégémonie politique dans la société. La démocratie participative nous permet d'affronter le pouvoir des médias et le pouvoir économique, sans les sous-estimer et sans croire que suffit pour cela la participation populaire. Il est clair que la question de la propriété, celle d'un ensemble d'institutions de l'État capitaliste ou les concessions aux réseaux nationaux de télécommunications ne se résolvent pas à l'échelle d'une municipalité. Mais une démocratie participative peut constituer un réseau d'organisations associatives de services, de culture, de loisirs, de sport, ainsi que dans le domaine de la production et du commerce avec les micro et petits entrepreneurs qui atteignent des milliers de citoyens. Il se constitue une avant-garde sociale qui forme l'opinion, défend un projet où tous se sentent protagonistes de leur quotidien et des politiques publiques mises en place par e gouvernement. Cette dynamique sera d'autant plus vigoureuse que sa dimension s'étendra au plan national. 5. Le processus de transformation sociale est beaucoup plus ample et complexe que la conquête de gouvernements de gauche Mais nos gouvernements ne peuvent êtres vus de façon séparée de cette lutte plus générale pour le dépassement du capitalisme, sous peine de faire de nos expériences une pure gestion de l'État en crise, et partant, amener à de graves détaites politiques et idéologiques. La transformation pour laquelle nous luttons exige, par-dessus tout, une intense auto-organisation populaire et la croissance du rôle politique dirigeant de la classe travailleuse et de ses alliés dans la lutte pour le dépassement de l'exploitation et de l'aliénation, de la destruction de l'environnement et des oppressions de genre, de race, de caractère national, culturel et religieux. Nos gouvernements, grâce à la démocratie participative et à la réalisation de leur programme, peuvent dynamiser et contribuer puissamment à l'avancée de ces conditions historiques dans la lutte pour le socialisme. 6. Nos expériences ont déjà acquis une grande dimension internationale et c'est un des aspects centraux à développer par les gouvernements et par le PT. Avoir conscience de cette tâche est fondamental alors que nous nous préparons à disputer et à gagner les élections pour la présidence de la République et les gouvernements des États. Un développement comportant souveraineté nationale et démocratie, justice, distribution de la richesse, rétorme agraire, présuppose un affrontement avec les forces néolibérales à l'intérieur du pays mais aussi avec les centres impérialistes et leurs instruments de domination. Pour rompre l'encerclement et l'asphyxie qu'ils nous imposent, et qui ont déjà coûté si cher à tant d'expériences en Amérique Latine et dans le monde, il est nécessaire de développer de solides liens internationalistes avec d'autres expériences de gauche et les mouvements sociaux. Des preuves de cette potentialité sont le Forum Social Mondial qui va connaître son second round à Porto Alegre en 2002 ; la répercussion au-delà du Brésil de l'expérience du Budget Participatif ; la construction d'importantes initiatives de mobilisation internationale, comme la Marche des Femmes, le Plébiscite sur la Dette Extérieure et celles qui sont en train de se développer contre la
ZLEA (Zone de Libre Échange des Amériques). 7. Notre Parti des Travailleurs doit être à la hauteur de ces défis et d'autres. Nos victoires institutionnelles ne prennent sens que si elles s'intègrent à un projet socialiste. Et il n'y a pas de projet socialiste sans partis socialistes. Le PT en tant que principal parti socialiste au Brésil doit dépasser son déphasage organisationnel et programmatique par rapport aux conquêtes déjà effectuées et celles qui peuvent être obtenues prochainement. Et cela ne peut se faire sans dépasser des pratiques, des conduites et des conceptions qui mettent à mal nos meilleures qualités de parti démocratique, militant et socialiste.