Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LECTURES

Michel Warschawski, Israël-Palestine, le défi binational

· Inprecor n° 463-464, octobre-novembre 2001 · p. 28 · 425 mots

Palestine et Israël

Israël-Palestine : un nouveau regard Pour juger ce qui se passe en Israël-Palestine il est indispensable de prendre un peu de recul et d'envisager certaines questions non abordées par les principaux médias. Le grand mérite du dernier petit livre de notre camarade Michel Warschawski* est de poser ces questions et d'y répondre de façon extrêmement claire de manière à être compris par tous ses lecteurs.

Vivant à Jérusalem et militant pour la paix israélo-palestinienne depuis 1968, il est particulièrement qualifié pour donner son point de vue.

Son premier souci est de montrer que le projet sioniste de créer un « État juif et démocratique », lancé par les premiers colons socialisants, était totalement utopique dans la mesure où les Juifs allaient arriver non pas sur une terre vide mais ne (il faut avoir une mère de religion juive), dont la plupart se refusent à apprendre l'hébreu et ont créé une véritable sous-société avec sa langue, ses magasins, ses réseaux, ses chaînes de télévision, sa presse, etc.... En fait, ainsi que l'écrit Warschawski, il existe maintenant en Israël deux identités juives : - celle des Juifs orthodoxes, dont l'image est répandue à profusion par les médias occidentaux avec leur barbe, leur cape noire, leurs papillotes et leurs balancements rythmés devant le Mur des lamentations; — et celle de tous les Israéliens non arabes.

Les orthodoxes sont de plus en plus minoritaires mais leur influence demeure importante dans la mesure où Israël n'est pas un État laïque et où la religion est une religion d'État qui tient une place déterminante dans la définition du Juif et dans le fonctionnement des institutions.

Considérer comme juifs tous les Israéliens non arabes devient une nécessité si l'on veut qu'Israël demeure un État juif car les "vrais Juifs" y devientransformations sociales qui demandent beaucoup de temps. C'est pourquoi elle devra être précédée d'une longue période de coexistence pacifique des deux communautés qui implique la création d'un État de Palestine arabe à côté de l'État d'Israël avec le droit au retour des réfugiés arabes selon des modalités qui devront être discutées sereinement.

C'est seulement après cette étape intermédiaire que pourra se réincarner « le rêve andalou » sur lequel l'auteur termine son dernier chapitre : du VIII° au XV° siècle, en Andalousie, la civilisation judéo-musulmane a dépassé culturellement ce que « l'Europe chrétienne prendra des siècles à égaler ».

Pourquoi ne pas rêver ainsi ?

Jean-Michel Krivine * Michel Warschawski, "Israël-Palestine, le défi binational" (post-scriptum d'Elias Sanbar), Textuel (Coll. La Discorde, dirigée par Daniel Bensaid), Paris 2001, prix 110,00 FF.

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