Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BRÉSIL

Élections internes du Parti des travailleurs

Inprecor n° 463-464, octobre-novembre 2001 · p. 28 · 1 047 mots

Brésil Palestine et Israël

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale & Lectures

Brésil

Élections internes du Parti des travailleurs Les résulats des elections die présidee da

• parti et de la direction nationale confirment la polarisation du parti. Le courant majoritaire, Articulação, a obtenu 51,74 % des votes validés et son candidat à la présidence du parti, Jose Dirceu, a été élu avec 55,29 % des votes. Plus de 200 000 membres du parti ont pris part au vote.

L'introduction du scrutin direct — tous les membres votent dorénavant pour élire les dirigeants et les délégués au Congrès du parti, alors qu'auparavant la direction était élue au Congrès — n'a pas produit des changements significatifs. Une seule liste peut se prévaloir d'une croissance significative en comparaison avec le congrès de 1999, celle présentée par la tendance Démocratie socialiste (DS), qui regroupe au sein du PT les militants qui s'identifient avec la IVe Internationale.

La liste "Un autre monde est possible, un autre Brésil est urgent" (cf. Inprecor n° 461/462 d'août-septembre 2001), présentée par la DS avec le soutien de la petite Tendance marxiste et des regroupements locaux de militants a obtenue 30 441 voix, soit 14,86 % des votes validés, alors qu'en 1999 la liste de la DS n'avait obtenue que 10 % des mandats. Elle est précédée de peu (15,86 %) par la liste "Socialisme ou barbarie" un autre regroupement de gauche au sein du PT, formé autour du courant Articulação de Esquerda. Le candidat de la DS à la présidence du parti, Raul Pont, ancien maire de Porto Alegre, est arrivé en deuxième position avec 17,53 % des suffrages validés. Notons que dans l'État de Rio Grande do Sul, dont le gouverneur Olivio Dutra figurait sur la liste de la DS, Raul Pont arrive en tête avec 47 % des votes, devant Jose Dirceu, et c'est la liste de la Démocratie socialiste qui obtient le plus de voix.

dans un pays dont ils allaient chasser les habitants. Cela était vrai depuis le début du siècle mais le devint de façon aveuglante après la guerre de 1967 qui permit à Israël de contrôler des territoires où vivaient 2 millions de Palestiniens. Le dilemme était alors soit d'assurer la pérennité d'un État certes juif mais non démocratique en créant un véritable système d'apartheid, soit d'accorder tous les droits civiques aux Palestiniens majoritaires mais alors il n'y avait plus d'État juif. On eut recours à un compromis: « l'occupation militaire provisoire » qui dure encore...

L'idée de base des sionistes était de créer un nouveau type de Juif, totalement différent de celui de la diaspora (dispersion), grâce à leur concentration géographique et à leur participation à tous les métiers de façon à faire naître une nation « normale ». C'est ainsi que pendant des décennies, en Israël, la vie des millions de Juifs qui avaient constitué une véritable communauté nationale en Europe orientale, fut quasi ignorée. Leurs nombreuses et remarquables productions culturelles ne pouvaient franchir la Méditerranée et Warschawski souligne qu'il est plus facile à un enfant israélien de prendre des cours de latin que des cours de yiddish... Malgré tout c'étaient les descendants des émigrés de cette Yiddishkeit (les Ashkenazes) qui constituaient (et constituent toujours) le noyau dur de l'establishment et se considéraient comme les seuls « vrais Juifs ». Jusqu'aux années 70 les nombreux Juifs émigrés des pays arabes (les Séfarades) étaient considérés comme de deuxième catégorie et cantonnés dans certains métiers et dans certaines localités. Ils le ressentirent durement lors de l'arrivée massive des Juifs soviétiques, à partir de 1970 et surtout de 1990, qui trouvèrent rapidement logements et métiers dont ne pouvaient bénéficier les Séfarades.

Israël est-il devenu le creuset dont rêvaient les premiers sionistes pour faire naître une nouvelle et harmonieuse nation juive ? L'auteur montre que l'échec est patent et que, surtout depuis la fin des années 70, la Terre promise s'est transformée en une mosaïque multi-ethnique et multi-culturelle. L'exemple le plus criant est celui de la communauté russe (1 200 000 personnes), dont la moitié n'est même pas juive selon la définition israéliennent minoritaires. Nous n'entrerons pas ici dans la captivante discussion sur le thème « Qui est juif? » (abordé à la dernière université d'été de la Ligue Communiste Révolutionnaire) mais en resterons à la définition israélienne ou même à celle encore plus laxiste de la loi du Retour (avoir au moins un Juif parmi ses 4 grands-parents). Aux 22 % d'Arabes israéliens (dont la natalité est deux fois plus élevée que celle des Juifs) on peut ajouter les 10 % de Russes non juifs et les 8 % de travailleurs immigrés (d'Asie, d'Afrique, d'Europe centrale). Bientôt la majorité de la population de l'Etat juif ne sera plus juive...

Depuis la fin des années 70 la non-homogénéité de la société israélienne s'est manifestée par la montée de représentants des communautés auparavant plus ou moins ignorées à divers échelons de la société : cela concerne essentiellement la communauté séfarade qui regroupe environ la moitié des Juifs d'Israël et la communauté arabe qui constitue une véritable minorité nationale, devenue visible en tant que telle et apparaissant dans les médias, dans les domaines de la culture et même de l'administration.

Michel Warschawski montre de façon convaincante que le sionisme, philosophie de la séparation, encore récemment prônée par Ehud Barak, n'a aucun avenir et que le ghetto qu'il a réalisé au sein du Moyen-Orient arabe n'a même rien à voir avec les anciens ghettos et mellahs de la diaspora qui demeuraient des lieux d'échange entre populations voisines. La seule solution est de faire vivre ensemble des communautés dont les ancêtres ont, certes, des histoires très différentes mais qui ont en commun de vivre et de vouloir vivre sur une même terre. Pourquoi ne pas envisager la création d'un Etat démocratique binational où chaque nation pourrait s' autogérer librement en conservant toutes ses caractéristiques culturelles et dont les structures seraient telles qu'aucune des deux communautés ne craigne d'être écrasée par l'inflation numérique de l'autre ? Bien entendu la loi du Retour serait abrogée (sauf pour les 350 000 habitants des 150 colonies juives établies en Cisjordanie et à Gaza...). Il convient cependant de garder les pieds sur terre et de comprendre que la formation d'un tel État est impossible sans un changement profond des mentalités et des

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