Par Miguel Lamas**
Le gouvernement Duhalde a lancé une proposition de « réforme politique » prétendument pour « limiter les frais ». Voilà un autre grand mensonge du gouvernement : en réalité il s'agit d'une manœuvre antidémocratique visant à maintenir le pouvoir de la bande du Parti justicialiste, de l'UCR et du FREPASO qui nous gouverne et pour empêcher la gauche d'élargir sa participation parlementaire. L'essentiel de la réforme réside dans une diminution importante du nombre des élus aussi bien au parlement national qu'aux assemblées provinciales et aux conseils municipaux. (...) Contre un tel projet antidémocratique le MST et Izquierda
Pour des élections à une
Assemblée Constituante Unida proposent de convoquer une Assemblée Constituante libre et souveraine : pour que le peuple puisse discuter et voter un changement fondamental
C'est pourquoi nous proposons qu'on convoque des élections, qu'il y ait une ample discussion à la télé, que tous les organismes ouvriers et populaires puissent présenter des candidats et qu'il y ait une vaste représentation proportionnelle avec une seule circonscription électorale dans le pays, que les * Nous traduisons ici de larges extraits d'un article paru au début janvier 2002 dans Alternativa Socialista n° 319, hebdomadaire du Mouvement socialiste des travailleurs (MST), partie prenante avec le Parti communiste de la Gauche Unie (Izquierda Unida) ** Nous traduisons ici de larges extraits d'un article paru dans Alternativa Socialista n° 320
débats à l'Assemblée Constituante soient transmis directement à la télé. Cette Constituante doit être souveraine avec le pouvoir de réaliser des changements fondamentaux et elle doit commencer par la revendication populaire « Qu'ils en aillent tous ! », ce qui implique la fin du mandat des députés et des sénateurs actuels, du président et de la Cour suprême de justice. (...)
Comme l'a proposé Patricia Walsh dans son discours télévisé à l'assemblée législative, la forme la plus directe, la plus simple et la plus démocratique pour réduire les frais est que les députés gagnent comme une directrice d'école (1200 dollars environs), qu'on ne puisse désigner plus de deux conseillers rétribués avec des salaires qui ne dépassent pas les 800 dollars et que les frais de représentation soient supprimés. Une réforme si simple éliminerait 80 % des rétribution des députés et conseillers. Si en plus on se passe du Sénat, cela permettrait de doubler la base de représentation populaire avec des frais pour les rétributions des députés et de leurs conseillers inférieurs de 80 % aux frais actuels (...)
Le congrès actuel, déjà contesté par les élections, a été totalement délégitimé par la rébellion populaire. Dans ce congrès, qui a élu Duhalde, l'Alliance garde 24 sénateurs et 86 députés. Si aujourd'hui il y avait des élection, fort probablement elle n'en aurait aucun. En revanche, la gauche, qui aux élections d'octobre a obtenu un million et demi de voix n'a que deux députés nationaux (après qu'on ait volé à Izquierda Unida deux mandats de la province de Buenos Aires). Nous affirmons donc que les mandats doivent être révocables par vote populaire, que la représentation doit être proportionnelle et qu'à chaque élection il faut renouveler intégralement les assemblées législatives.
La Constituante doit également introduire des changements de fond comme l'annulation de la dette extérieure en raison de son origine frauduleuse, la nationalisation des banques, le châtiment de ceux qui ont fait fuir des capitaux et l'épargne du peuple, la renationalisation des entreprises privatisées et des caisses de retraite (AFJP), la suppression des corps répressifs antipopulaires et la formation d'une police et de forces armées directement contrôlées par le peuple, l'annulation des lois d'impunité et le châtiment des génocidaires de la dictature et des assassins de la répression du 20 décembre en y incluant De la Rua et Matov. La nourriture, l'éducation et la santé publique doivent devenir des droits constitutionnels de base pour toute la population.