Arrêtez les bombardements au Caguan ! Non au Plan Colombie ! 1. Finalement, comme l'exigeaient les Etats-Unis, le gouvernement néolibéral et réactionnaire d'Andres Pastrana a choisi la guerre ouverte. Depuis vendredi 21 février dans la matinée, les attaques contre la zone démilitarisée sous contrôle des FARC-EP ont commencé. Ainsi a-t-il été mis fin au processus de paix. 2. Des avions OV-10 et Kafir, des avions fantômes DC-34 et des hélicoptères d'artillerie Black Hawk participent à l'offensive guerrière baptisée "Thanatos". Plus de 13 000 soldats se déplacent au sol, y compris le bataillon d'infanterie de Grenade (département de Meta), ainsi que les troupes des 9°, 12° et 13• brigades. Toutes ces forces de l'armée et de l'aviation colombienne sont « assistées » par des militaires nord-américains dans le cadre de la stratégie de contre-insurrection du Plan Colombie. 3. Cette nouvelle phase de guerre vise à détruire non seulement les FARC-EP, mais aussi l'ensemble du mouvement insurrectionnel et populaire colombien. Les bombardements au Caguan sont accompagnés d'une escalade de la sale guerre contre les militants du mouvement social, ainsi que par une campagne d'intimidation de la population civile. L'armée, les paramilitaires, la DEA (Agence de lutte contre le trafic de drogue, USA) et des officiels nord-américains de haut rang participent à cette guerre contre le peuple colombien. 4. Cette offensive, promue, armée et financée par Washington s'inscrit dans une stratégie globale pour l'Amérique latine. Elle passe par l'accélération de la Zone de libre échange des Amériques (ZLEA) comme projet de domination, l'intervention directe et déstabilisatrice dans le triangle radical" (Colombie, Equateur, Venezuela) et la mise en place d'une politique de contre-insurrection violente contre les luttes des mouvements populaires et contre la gauche. Elle s'inscrit aussi dans le renforcement des mécanismes de recolonisation économique par le biais du paiement de la dette extérieure et les plans d'ajustement imposés par le FMI et la Banque mondiale. Cette offensive impérialiste prétend offrir un "blindage" à la crise de direction politique des élites gouvernantes. C'est la réponse brutale du capital face à la croissance des résistances sociales et des luttes révolutionnaires qui, comme en Argentine, non seulement ont fait s'écrouler le mythe de l'invulnérabilité néolibérale, mais ont aussi ouvert le chemin à un processus d'auto-organisation ouvrière et populaire, démocratique et radicale. 5. La IV• Internationale condamne les bombardements au Caguan, se prononce de nouveau contre le Plan Colombie de l'impérialisme nord-américain et se solidarise avec les luttes du mouvement insurrectionnel armé et des travailleurs, paysans, étudiants et habitants de Colombie. Elle adhère à la campagne internationale des forces démocratiques, progressistes, anti-impérialistes et révolutionnaires qui exigent la fin de la guerre et le respect intégral des droits humains, sociaux et politiques.
21 février 2002 Secrétariat unifié de la IV• Internationale