Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER FORUM SOCIAL MONDIAL

Dix thèses sur un autre monde possible

Inprecor n° 468-469, mars-avril 2002 · p. 24 · 681 mots

Écologie

Dix thèses e texte qui suit a été prédans l'une des conférences réalisées à Porto Alegre par des intellectuel(le)s provenant de différents pays: • John Cavanagh, Sara Anderson, Debi Baker, Maude Barlow, Walden Bello, Robin Broad, Tony Clarke, Randy Hayes, Colin Hines, Martin Khor, David Korten, Jerry Mader, Helena Norberg-Hodge, Sara Larrain, Simon Retallak, Vandana Shiva, Victoria TauliCorpus, Lori Wallach. 1. Démocratie nouvelle. C'est la démocratie des communautés qui s'organisent pour se protéger elles-mêmes, défendre leurs droits et élire des représentants dignes de confiance. Au cours des vingts dernières années les corporations et les bureaucrates globaux ont concentré le pouvoir dans leurs mains. Nous demandons que le pouvoir revienne des gouvernements au service des corporations aux personnes et aux communautes. 2. La subsidiarité. La mondialisation économique réside surtout dans la délocalisation et dans l'appauvrissement des communautés et des économies locales. Il est nécessaire de renverser cette tendance, de favoriser le local et d'affirmer le principe de subsidiarité : toutes les décisions qui peuvent être prises au niveau local doivent être prises à ce niveau. Ce n'est que dans les cas ou une activité ne peut pas être réalisée localement que le pouvoir et l'activité doivent se déplacer à un niveau plus élevé : région, nation et, finalement, monde. 3. Compatibilité avec l'environnement. L'activité économique doit être compatible avec l'environnement. Nous devons être capables de satisfaire les besoins du présent sans compromettre les chances des générations futures et sans réduire la diversité naturelle de la vie sur terre ou la survie des systèmes de vie naturels de la planète. 4. Héritage commun. Une série de ressources doivent représenter un droit fondamental à la naissance pour toute l'espèce et doivent être partagées de façon équitable. Elles appartiennent à trois catégories : la sphère naturelle (eau, terre, air, forêts et poissons) ; la sphère de la culture et de la connaissance et finalement les droits sociaux élémentaires concernant la santé, l'éducation et la sécurité publique et sociale, des droits essentiels pour l'espèce autant que l'air et l'eau. Toute tentative par les corporasur un autre monde possible tions de monopoliser ces biens pour des profits privés est moraement inconsciente et politiquement inacceptable. 5. Droits humains. Au-delà des droits humains sur lesquels le débat est concentré dans les pays industrialisés, nous estimons qu'il faut garantir aussi les droits économiques, sociaux et culturels reconnus par la Déclaration universelle de l'ONU. 6. Travail. Renforcer partout les travailleurs qui s'organisent pour défendre leurs propres droits et salaires est vital si on veut empêcher la course à la baisse par les corporations, visant à opposer les travailleurs du monde les uns contre les autres. Renverser les politiques de la mondialisation qui exproprient les petits pays de leurs propres terres et les pêcheurs de leur écosystème côtier est essentiel pour construire un monde ou tout le monde puisse vivre et travailler dignement. 7. Nourriture suffisante et saine. Les communautés et les nations se sentent sûres lorsque la population dispose de nourriture suffisante et notamment lorsqu'elle produit sa propre nourriture. Les personnes veulent que cette nourriture soit saine, alors qu'il s'agit d'une marchandise, particulièrement depuis que les corporations ont commencé à diffuser l'agriculture intensive, basée sur la chimie et les biotechnologies. 8. Équité. Le modèle de mondialisation actuel n'a fait qu'augmenter l'inégalité entre riches et pauvres dans la plupart des pays. Il en découle dislocation sociale et tensions qui constituent une menace pour la sécurité du monde entier. Le premier pas vers l'équité est l'annulation de la dette illégitime des pays pauvres et le remplacement des institutions internationales actuelles. 9. Diversité. La défense de la diversité culturelle, biologique, sociale et économique est une question immédiate de survie pour de nombreuses communautés indigènes de par le monde, essentielle pour une vie supportable, digne et saine pour l'espèce toute entière et fondamentale pour l'environnement futur. 10. Principe de précaution. Lorsqu une pratique, un produit ou une technologie nouvelle peut représenter une menace pour la santé humaine ou pour l'environnement il faut imposer le principe de précaution, visant à les limiter ou les interdire aussi longtemps que leur caractère non nuisible n'est pas scientifiquement prouve.

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