Inprecor 1974–2004

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ARGENTINE

Résolution de l'Assemblée nationale des travailleurs

Inprecor n° 468-469, mars-avril 2002 · p. 17 · 1 087 mots

Document

Résolution de l'Assemblée nationale des travailleurs Cette Assemblée nationale des travailleurs considère : 1. Que le gouvernement Duhalde est un gouvernement ennemi de la classe ouvrière et du peuple. Responsable de la dévaluation qui a détruit nos salaires, de la confiscation des épargnes des petits épargnants, de la « pesification » qui a consacré une liquidation monumentale des dettes des exploiteurs autochtones et de l'engagement de payer la dette externe. Un gouvernement qui se sert du discours de la "souveraineté nationale" pour dissimuler sa politique de saccage en faveur des grands trusts tentaculaires, pendant qu'il exécute les diktats qu'impose le FMI. Nous soumettons notre plan de lutte, qui propose une issue populaire d'ensemble, à la considération de tous les travailleurs. Cette issue passe par l'expulsion de Duhalde et de la classe de pilleurs qui l'a mis au pouvoir. 2. Que la « concertation » armée sous la direction de l'Église et des Nations unies est une manœuvre politique qui vise à récupérer, à mettre au pas et à diviser les organisations des travailleurs pour préserver le régime. En conséquence, nous appelons à refuser la « concertation » et à dénoncer le soutien apporté à cette politique par les centrales syndicales et par des forces politiques (PJ, UCR, Frepaso, ARI, Pôle social, Frenapo). 3. Que les « conseils de crise » ou « conseils consultatifs » par lesquels le gouvernement cherche à canaliser les plans sociaux sont un moyen pour convertir l'aide sociale en une manne pour les capitalistes et pour mettre au pas ou affaiblir les organisations véritables des chômeurs. Nous dénonçons l'utilisation des projets de création d'emplois pour offrir une main d'œuvre au rabais à 50 dollars aux entreprises en faillite, nous appelons à ne pas intégrer ces « comités d'urgence » ou de « crise » et exigeons, appuyés par la mobilisation, la totalité des fonds que nous réclamons sous contrôle des organi4. Que nous assistons à un torrent de luttes et à l'organisation de ces luttes par le biais des Assemblées populaires (et l'Interquartiers de Parque Centenario dans le cas de la Capitale et de l'agglomération de Buenos Aires) et des Assemblées des piqueteros et de la classe ouvrière. Définissons comme stratégie des piqueteros et des secteurs syndicaux combatifs regroupés dans cette Assemblée nationale l'incorporation au mouvement actuel des piquets du mouvement ouvrier industriel et des grands services publics privatisés. Toute tentative sérieuse de renverser le gouvernement actuel et le régime dominant ne peut pas se passer du rôle fondamental des travailleurs qui aujourd'hui font fonctionner les principaux centres de production et les services essentiels comme l'électricité, le gaz, le téléphone et les transports. 5. Oue la CCC, la FTV, la CTA doivent rompre toute négociation avec le gouvernement dans le dos du mouvement des piqueteros et se joindre au plan de lutte pour en assurer la victoire. La politique d'illusions en des gouvernements qui obéissent aux exploiteurs nationaux et étrangers est un échec ; nous y opposons le programme des piqueteros, qui n'exige pas uniquement des plans de création d'emplois sous contrôle des organisations de chômeurs mais aussi un refus de la dévaluation, le non-paiement de la dette externe, la nationalisation des banques et que les salaires et les prestations aux chômeurs couvrent le panier familial. Nous demandons que, aujourd'hui même, on initie une discussion du programme avec ces organisations, dans le cadre de la lutte et du plan de lutte.

6. Que devant l'ensemble de la situation, il faut porter le programme suipour Raul Castells, Emilio Alí, Peralta et les autres camarades détenus. — Arrêt des procès des militants. - Jugement et punition des responsables intellectuels et matériels des assassinats commis au cours des journées du 19 et du 20 décembre. Jugement et punition des assassins des camarades de Salta (Justiniano, Gomez, Veron, Barrios et Santillan) - Non-paiement de la dette exténeure - Nationalisation des banques et des entreprises de base - Étatisation des AFJP (fonds de retraite et autres rentes) - Interdiction des licenciements et des mises à pied temporaires.

Étatisation et mise en marche sous contrôle ouvrier de toute entreprise qui ferme ou effectue des mises à pied et, dans les mêmes conditions, réouverture de toutes celles qui sont déjà fermées.

Remboursement immédiat des dépôts des petits épargnants. — Lutte pour du travail véritable et permanent par le partage des heures de travail sans diminution de salaire.

Salaire minimum et indemnités de chômage qui couvrent la valeur du panier de la ménagère (y compris les plans d'emploi) indexés au coût de la vie. - Dehors Duhalde et le FMI. Pour un gouvernement des travailleurs. 7. Que cette Assemblée est la continuité de tous les processus de lutte et d'organisation qui font du mouvement des piqueteros un facteur avec son poids propre dans la situation politique nationale. La continuité du Santiaguenazo, du Cutralcazo, des soulèvements de Mosconi et Tartagal et des barrages de route massifs à La Matanza, des processus qui nous mettent devant la possibilité de résoudre en faveur des travailleurs la crise de pouvoir du système d'exploitation dans notre pays.

8. Qu'il nous incombe d'agir, parce que l'action tenace du peuple n'a pas encore culminé en une victoire, mais en l'usurpation par un gouvernement illégitime et pantin au service des pilleurs. Ainsi, nous proposons le — à partir du 18 février : renforcement des barrages de route pour un temps indéterminé : - le 20 février : mobilisation et l'Interquartiers à la Plaza de Mayo et devant tous les sièges du gouvernement pour marquer deux mois de révolte populaire et l'assassinat des camarades ;

le 25 février : barrage des accès aux industries pétrolières et entreprises privatisées: - le 2 mars : mobilisation nationale pour la liberté d'Ali, Castells, Peralta et de tous les prisonniers des luttes ainsi que de Bertola, Quinteros et de tout autre prisonnier politique ainsi que la fin des procès des militants. Jugement et punition des responsables des morts des journées des 19 et 20 décembre. - Du lundi 4 mars au vendredi 18 mars : Marche nationale de travailleurs en liaison avec les Assemblées populaires à Plaza de Mayo à partir des régions du pays. Coordination avec la grève des cours. Appui actif aux occupations de Zanon, Bruckman, aux barrages de routes en cours, à la mobilisation des chômeurs de la Ville de Buenos Aires, à la lutte des travailleurs ferroviaires de Sarmiento, des travailleurs d'imprimerie de Quebecor et aux autres luttes. -- Une nouvelle Assemblée de travailleurs, avec et sans emploi, est convoquée le 2 avril.

Buenos Aires, 16 février 2002

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