Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Lutter contre le « statut de sécurité »

· Inprecor n° 48-49, 30 mars 1979 · p. 9-13 · 3 809 mots

Syndicalisme Femmes

L'objectif du «statut de sécurité» est limpide. Il légitime la persécution politique et syndicale. Il vise à «assurer» à la bourgeoisie, au moyen d'un régime de répression et de terreur, le maintien de ses marges bénéficiaires confortables, obtenues par la surexploitation des travailleurs, sans que ceux-ci se soulèvent contre les conditions de misère, l'accroissement des hausses de prix et le chômage.

Socorro RAMIREZ

Plus de trois mille personnes ont été emprisonnées en Colombie en trois mois. Chaque jour on annonce que des travailleurs, des étudiants et des intellectuels ont été torturés et assassinés. Les libertés démocratiques les plus élémentaires peuvent être arbitrairement violées pour un simple soupçon d'opposition au «sacro-saint Droit de l'Etat». Ces mesures, et beaucoup d'autres mesures anti-ouvrières et contre les masses populaires, s'abritent derrière le «statut de sécurité» : c'est le décret de 1923, avec lequel a débuté le gouvernement de Turbay Ayala, et qui a été mis en application le 6 septembre dernier en «utilisant les facultés que confère l'état de siège au Président» (légiférer directement sans l'accord du Parlement). Quelques rappels historiques expliquent la signification et la portée d'une telle mesure. QUELQUES RAPPELS 1. Le «Front national» est terminé. C'était un accord entre les deux grands partis bourgeois (le Parti libéral et le Parti conservateur) qui concédait constitutionnellement à ces deux partis une répartition équitable de la direction de l'Etat; en un mot, le contrôle de tout l'appareil bureaucratique était le monopole institutionnalisé des deux partis. Le résultat de plus de 20 ans

Colomble

Lutter contre

de Front national et de la politique mise en œuvre par ses différents gouverements un bipartisme en crise, qui a perdu tout consensus de masse. Durant toute cette période, il y a toujours eu une distance énorme entre les programmes, les plans et les intérêts du bipartisme, et les changements véritables que réclament conditions de vie précaires de l'immense majorité des Colombiens. L'affaiblissement de ce programme de gouvernement a été accompagné d'une corruption sociale et morale croissante de l'administration publique, dirigée et défendue par les hauts fonctionnaires civils et militaires. 2. Contradictoirement aux objectifs du Front national, la combativité des masses n'a cessé de s'exprimer par différents canaux. Pour ne citer que les faits les plus récents et les plus connus, en 1977 ont eu lieu près de cent grèves et arrêts de travail massifs, les paros civicos. Cette montée des luttes de masses a connu son point culminant lors du «Paro Civico Nacional» du 14 septembre 1977 qui fut, en fait, une véritable grève générale. Un des éléments les plus significatifs de celui-ci a été la tendance généralisée à l'unité syndicale des travailleurs et contre l'atomisation traditionnelle qui caractérise le mouvement syndical colombien.

le «statut de sécurité»

Le Conseil national syndical, formé par les quatre centrales ouvrières existant dans le pays, en est sorti renforcé. Cette vague de luttes de masses s'est étendue en 1978, avec des centaines de conflits ouvriers et populaires qui répondaient la situation extrême de pénurie des masses colombiennes : élévation du coût de la vie, augmentation du chômage, inflation croissante, répression géné3. Alors que la majorité des

Colombiens s'enfoncent dans la misère, les capitalistes ont bénéficié d'une des «prospérités» économiques les plus importantes depuis 25 ans. On a assisté à la croissance sans précédent de plusieurs secteurs économiques. Ainsi, la croissance industrielle, pour l'année 1978, a été de 15%, tandis que la valeur des exportations augmentait de 27% par rapport à 1977. La prospérité du secteur du café, et aussi celui de la culture et du trafic des stupéfiants, ont mis en circulation une grande masse de capitaux. La capacité d'importation a été accrue par l'accumulation importante de devises dans les trois demières années et les investissements étrangers et privés ont été stimulés, parallèlement à la baisse des investissements publics. Cette baisse est particulièrement visible dans les services sociaux, où l'Etat a abandonné plusieurs program-

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mes importants pour «manque de ressources». La concentration et la centralisation évidentes de la richesse, avec la prédominance des monopoles financiers, contraste avec la paupérisation dramatique des travailleurs. C'est le résultat du développement capitaliste basé sur la surexploitation, dans le contexte de la dépendance semi-coloniale. 4. Un antécédent immédiat du

«statut de sécurité» déjà mentionné, a été la convocation par l'ancien Président, Lopez Michelsen, d'une Assemblée constituante, appelée la «petite constituante», à laquelle il avait fixé des objectifs clairement réactionnaires sous prétexte de

«nécessité» d'une soi-disant réforme de l'administration publique et de la justice. Il a vite été évident qu'il s'agissait là, fondamentalement, de transférer entre les mains de l'exécutif, et donc du Président, la capacité de légiférer qui correspond traditionnellement au Parlement.

Le résultat devait donc en être l'affaiblissement du rôle du Congrès au niveau national, ainsi que celui des assemblées départementales et des seils minicipaux. En ce qui concerne les réformes envisagées durant cette session, celle de la justice se proposait de consacrer comme permanente et institutionnelle la pratique de militarisation de la justice ordinaire : l'«arbitrage» des affaires courantes, qui correspond normalement à la justice civile, correspondrait aux tribunaux militaires, à travers les mécanismes de la justice militaire, comme les conseils de guerre.

Cette Assemblée constituante, approuvée frauduleusement par le Congrès de la République contre l'opposition ouverte de larges secteurs, fut déclarée anticonstitutionnelle par la Cour suprême de Justice. La bourgeoisie a alors cherché à continuer d'appliquer la même politique par d'autres moyens. Les objectifs poursuivis par l'adoption du «statut de sécurité», identiques, au fond, à ceux de la réforme de la justice qu'envisageait Lopez Michelsen, le démontrent.

Il s'agit d'«assurer» à la bourgeoisie, au moyen d'un régime de répression et de terreur, le maintien de ses marges bénéficiaires confortables, obtenues par la surexploitation des travailleurs, sans que ceux-ci se soulèvent contre les conditions de misère, l'accroissement des hausses de prix et le chômage. Il n'est pas fortuit qu'au lendemain de l'adoption de ces mesures qui cherchaient soià apporter la sécurité aux Colombiens, le gouvernement décidait une hausses, notamment du combustible, des transports, de première nécessité, et lançait une grande offensive en vue de détruire le conseil national syndical et les expressions et de la combativité du mouvement ouvrier colombien. 5. En Colombie, l'état de siège est en vigueur depuis 30 ans. Le Président Turbay s'est enannoncer bientôt monde la levée de cette mesure. Ce faisant, il essaie de réaffirmer l'image de marque démagogique de constitutionnalité et de «civisme» qu'aurait le régime colombien dans l'opinion publique internationale.

En fait, la plus grande partie des mécanismes extraordinaires de l'état de siège ont été petit à petit incorporés à la législation ordinaire, le statut de sécurité étant la culmination de ce processus. Mais en même temps, aucune de ces mesures réactionnaires, anti-ouvrières et antipopulaires n'a pu contenir la montée des masses de façon permanente. Au contraire, la crise du bipartisme montre que ce sont les masses qui ont affaibli les projets du régime et les ont mis en échec. Les mesures actuelles du gouvernement ne feront pas exception à cette règle. REFORME REACTIONNAIRE DE L'ETAT ET BIPARTISME

Ce gouvernement a légitimé la persécution politique et syndicale, pour ouvrir la voie à une réforme politique réactionnaire de l'Etat, permettant à la bourgeoisie de répondre aux nouvelles réalités de la lutte de classes.

Il s'agit de rendre plus efficace l'appareil répressif (dont l'instrument privilégié est l'appareil militaire), tout en maintenant l'apparence d'un Etat démocratique, avec un Parlement, des élections et des partis.

Dans ce cadre, le Président a prolongé le maintien du bipartisme au gouvernement, au moyen de l'application de l'article 120 de la Constitution nationale, qui stipule une répartition adéquate et équitable des positions et des postes publics entre les deux partis traditionnels, qui vivent du butin étatique. C'est ainsi qu'il a mis en œuvre son projet de prolonger le monopole des deux partis dans le domaine juridique ainsi que dans l'ensemble de la vie politique nationale. Comme le bipartisme et le Congrès sont deux institutions qui se correspondent, dans leurs crises, cherche à moderiser leurs images de marque au moyen d'une réforme de ces institutions.

Certes, comme nous l'avons vu, le Congrès a cessé d'avoir une fonction réelle de décision dans l'exercice du pouvoir, mais idéologico-politique important. L'exécutif, assume en fait des pouvoirs qui ressortent normalement de la compétence du Congrès, comme par exemple la réforme des codes juridiques, l'augmentation des peines, etc. Ce qui est demandé au Parle-

Get, aujourd'hui est en fait une condition à son maintien, c'est d'être accomodant et de se mettre aux ordres du Président. Turbay profite habilement de la crise et de la perte de prestige de cette institution pour lui imposer une soi-disant «auto-réforme». Ainsi, dans la mesure où les parlementaires assistent peu aux sessions, on rabaisse le nombre d'assistants nécessaires pour atteindre le quorum. Comme il est devenu «naturel» que l'exécutif concentre le maximum de pouvoir, le Parlement décrète d'accorder le maximum de facultés extraordinaires au Président pour faire des réformes telles que celles du régime électoral et du statut des partis, du système d'éducation, du code du travail, de la santé et l'administration publique, et finalement

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devient nécessaire uoi, si cela de n'importe

La première grande décision de ce Parlement «auto-réformé» a été l'augmentation scandaleuse des honoraires de ses membres, alléguant pour cela hausse du coût de la vie, alors que sont refusées les hausses de salaires demandées par les travailleurs, sous prétexte qu'elles aggraveraient l'inflation. Et pour couronner le tout, il a adopté dès son premier débat le «statut de sécurité» comme loi ordinaire de la République. Il s'agit en fait d'un Parlement de poche, impuissant et servile face à un exécutif tout puissant. LE «STATUT DE SECURITE»

Le soi-disant «statut de sécurité» est une attaque directe contre certaines des libertés démocratiques les plus élémentaires. Les juges militaires et les fonctionnaires administratifs sont investis de responsabilités correspondant aux tribunaux civils. Les délits politiques sont assimilés aux délits de droit commun, à partir du prétexte fallacieux selon lequel la frontière entre les uns et les autres tend à disparaître. Grèves et manifestations de rues sont ainsi assimilées à des délits de droit commun.

Au nom de la lutte antiguérilla des mesures sont prises contre les paysans, favorisant les actions des bandes armées au service des grands propriétaires terriens, Les droits d'expression et d'organisation sont largement réduits.

En un mot, l'expression de libertés démocratiques élémentaires est assimilée à un délit alors que la répression sélective du régime, les perquisitions, arrestations et la torture sont légalisées.

La presse écrite, la radio et la télévision sont censurées, remettant en question la liberté d'expression. Le mouvement ouvrier, les organisations d'opposition sont directement menacés.

Le pouvoir exécutif assume des fonctions qui vont au-delà de celles prévues par l'état de siège ou de guerre. Ainsi, les articles 1 à 6 du statut modifient directement le code pénal, en augmentant les peines et en créant de nouveaux délits. L'article 9 modifie le code de procédure pénale et transfère à la justice militaire des délits qui jusqu'alors étaient du ressort des tribunaux ordinaires. Les articles 7 à 10 modifient le code de police tandis que l'article 11 supprime le droit de défense, mépris des accords internationaux avocats de la défense se voient impliqués dans les procès des

Get peuvent ainsi être arrêtés et jugés pour aide à la «subversion».

Le gouvernement applique désormais l'article 28 de la Constitution qui est prévu en cas d'«état de guerre». N'importe quel citoyen peut être arrêté pour le simple fait d'être «suspect». Une fois détenu, il peut être jugé sans véritable droit à la défense, ni possibilité de faire appel puisque, en particulier, les avocats sont menacés et leur travail rendu impossible dans la pratique.

Les condamnés en conseil de guerre sont internés dans l'ile prison de Gorgona, alors que leurs parents et amis - dont par exemple les noms ont été trouvés dans leurs documents -sont arrêtés, interrogés, torturés et libérés après avoir signé une déclaration dans laquelle ils reconnaissent avoir été bien traités.

ABAJO LA INTRANSIGENCIA PATRONAL

Plus généralement, les prisonniers sont régulièrement changés de prison afin d'éviter l'application du recours à l'Habeas Corpus. De nombreux citoyens ont disparu après avoir été arrêtés par les militaires lors de perquisitions matinales faites sur la base d'une requête en blanc signée par un juge militaire.

Un mouvement de protestation s'est développé, impliquant des organisations ouvrières, des syndicats, des associations juridiques, professionnelles et artistiques, d'importantes figures politiques bourgeoises, l'Eglise, des organisations internationales de défense des Droits de l'Homme comme Amnesty International.

Le «statut de sécurité» permet de licencier des dirigeants de grève, des dirigeants syndicaux, ou simplement tout travailleur qui lutte pour de meilleures conditions d'existence. On compte par dizaines, dès maintenant, les licenciements massifs de travailleurs au nom du «statut de sécurité» pour nier leurs revendications salariales.

On licencie et réprime ceux qui tentent de prouver l'existence de la torture, qui disent la vérité; cela est considéré comme un appui à la subversion et assimilé à un «complot contre le gouvernement». C'est ainsi que le directeur de l'Institut de Médecine légale a été arrêté

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pour avoir accepté d'enquêter sur les tortures auxquelles avaient été soumis des étudiants emprisonnes.

La Cour suprême de Justice, afin de prouver qu'elle était inconditionnelle et soumise au Président, a déclaré le «statut de sécurité» conforme à la Constitution. Les trois magistrats qui, au sein de la Cour, réservèrent leur vote, furent menacés d'une enquête par le Président lui-même, qui a assimilé leur attitude à une «mutinerie de juges»...

La guérilla est pourchassée, mais le silence est fait sur l'existence de l'«Escadron de la Mort» ou l'apparition de la «Triple A», sigles tragiquement d'autres pays continent latino-américain. LA RIPOSTE NECESSAIRE

La situation actuelle oblige à une lutte conséquente et permanente pour les libertés démocratiques; il faut dénoncer l'ensemble de l'escalade de répression et de militarisation; il faut organiser un refus généralisé et une mobilisation massive contre la réforme réactionnaire de l'Etat.

C'est dans ce cadre que le Parrévolutionnaire, le PSR, organisation de la IVe Internationale, a lutté, d'abord contre la «petite constituante» convoquée par Lopez Michelsen et ensuite contre le «statut de sécurité», organisent des comités regroupant les forces les plus larges possibles pour les organiser et les mobiliser en vue de la défaite de cette politique réactionnaire. clair que seule une politique de Front unique, de la classe ouvrière, de ses organisations syndicales et politiques, des organisations de masse et de l'opposition pourront gagner cette impordémocratique. dans presque toutes les régions du pays, regroupant les familprisonniers politiques, mouvement etc. Toutefois, initiatives rencontrent de nombreux obstacles :

1. Les staliniens ont provoqué une division suicidaire à partir de leurs affrontements quant à leurs loyautés respectives vis à vis des bureaucraties de Pékin et de Moscou. Les maoïstes ont organisé des comités parallèles et indépendants, et le PC réagit en menant une politique d'isolement de ces comités. Cela a créé confusion et passivité dans de nombreux secteurs du mouvement ouvrier. 2. Le PC privilégie l'alliance avec des personnalités bourgeoises conservatrices ou libérales et relativise beaucoup le problème de l'unité nécessaire de toutes les forces qui s'opposent au «statut de sécurité»; nous assistons en fait à une offensive démagogique, à la naisnouvelles «progressistes», conservatrices, qui cherchent de nouvelles alliances et la réactivation de leurs activités de partis. Mais, si la priorité n'est et à la mobilisation des masses dans cette lutte, une telle tactique à l'encontre de l'indépendance de classe des travailleurs. Il est évident que toutes les contradictions des classes dominantes sont importantes; elles ouvrent des possibilités d'action et détériorent leur image. Mais elles comprises pour ce qu'elles sont, et rien ne doit être fait pour aient l'illusion que ce sont ces caudillos bourgeois de la lutte démocratique qui peuvent mettre en déroute les plans réactionnaires des classes dominanqui cherchent à renforcer leur position au sein de la bourgeoià partir de proclamations radicales. La lutte pour les libertés démocratiques risque d'être freinée et mise en danpartis ouvriers qui acceptent un rôle dirigeant pour la démocrates-libéraux dans ce combat. Cela ne peut amener que démobilisation et frustra 3. Un autre obstacle vient du fait que certains ont tendance à considérer la lutte démocratique comme une activité occasionnelle, sporadique et qui, à partir de là, louvoient et terminent en appuyant de supposées mesures progressistes du gouvernement. 4. La politique aventuriste et irresponsable du terrorisme individuel a apporté des justifications à l'escalade répressive du gouvernement et a conduit à la confusion de nombreux secteurs du mouvement vrier. Après le vol d'un dépôt d'armes dans la zone nord de Bogota, réalisé par le M-19, l'assassinat d'un ancien ministre par le «Mouvement d'autodéfense ouvrière» et les actions du commando «Pedro Leon Arboleda» de l'EPL, le gouvernement a lancé une véritable guerre contre ces organisations. Aujourd'hui, il peut d'ailleurs se permettre de faire état de succès importants comme le démantèlement de l'appareil urbain du M-19. LES AXES DE L'ACTIVITE DES MARXISTES REVOLUTIONNAIRES

Les tâches centrales à partir desquelles le PSR articule ses propositions sont les sui1. Unité en un seul front de dicale, pour centralisation et la construction d'une centrale syndicale unique et pour l'unité d'action contre le «statut de sécurité». Sur la base d'une politique de Front unique, lutter pour la participation de tous les secteurs possibles, ce qui peut inclure des personnalités bourgeoises, à la lutte contre le statut et pour les libertés démocratiques. Mais, dans ce cadre, favoriser la mobilisation des masses comme instrument principal pour assurer que ce soit les travailleurs eux-mêmes qui dirigent cette lutte. En même temps, il est nécessaire d'utiliser toutes les possibilités légales qui subsistent pour élargir notre cadre d'action; il faut aussi mener une grande bataille idéologique contre toutes les formes de capitulation face à ce combat. 2. D'importantes luttes ouvrières ont commencé à se développer après plusieurs mois d'isolement et d'intimidation, produits de l'offensive visant à détruire le Conseil national

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syndical. Les ouvriers du pétrole ont réalisé un congrès de solidarité à Barran cabermeja pour préparer leur mobilisation, les employés de l'Etat se sont mobilisés contre la limitation à 18% des hausses de salaires que voulait imposer le gouvernement, aux aciéries Paz del Rio, se prépare une grève qui peut devenir l'un des conflits les plus importas travaileues de venir. travailleurs Ericson, de Corona, du génie civil, les mineurs de Antioquia, les travailleurs portuaires, des téléphones, de la télévision, de Indupalma, les enseignants de l'Université del Valle, à Cali, les militants de Fecode (syndicat national des enseignants), qui tous se sont, à des degrés divers, mobilisés récemment, montrent la possibilité d'une capables d'affaiblir le gouvernement et de le faire

La solidarité avec ces conflits est fondamentale; leur centralisation est décisive. Tous comprennent de plus en plus que l'on ne peut se mobiliser pour les salaires, pour les droits syndicaux, sans dénoncer le «statut de sécurité», sans s'opposer à l'autre manœuvre qu'est en train de réaliser le gouvernement contre le mouvement ouvrier: l'élaboration et la mise en pratique d'une réforme du travail qui peut conduire à la destruction des syndicats. Cette réforme a déjà permis que plus de conventions collectives soient négociées sans la participation et contre l'avis des syndicats concernés. Le fait que parmi les prisonniers politiques trouvent des dirigeants de plus de 20 syndicats renforce la nécessité qu'aucun tract, qu'aucune assemblée syndicale, aucune mobilisation n'oublient la dénonciation du «statut de sécurité». 3. Un Grand forum national pour les Droits de l'Homme a été convoqué pour le 31 mars, par différentes personnalités conservatrices et libérales, le Parti communiste, le Mouvement Firmes, le Parti socialiste travailleurs et le Parti socialiste révolutionnaire. Soutiennent cette initiative de nombreux artistes et écrivains comme Gabriel Garcia Marquez, des organisations syndicales, des centrales ouvrières. breux forums régionaux le préparent, impulsant des comités unitaires et agitant la perspective d'un referendum national pour l'abrogation du «statut de sécurité». Le PSR, pour sa part, organise des conférences dans les principales villes du pays, un grand nombre de réunions politiques, a publié une brochure spéciale sur la réforme politique de l'Etat pour préparer ce forum. Nous y dénoncerons les tortures, les détentions arbitraires, atteintes droits de l'Homme, mais également proposerons solidarité avec les luttes ouvrières et la résistance paysans et des indigènes contre

A LIRE EGALEMENT 1. Le mouvement ouvrier face aux élections, d'Enrique Morales;

paru dans Inprecor no 24, du 17 mars 1978. 2. «Luttons pour une Colombie socialiste !», plate-forme de UNIOS;

paru dans Inprecor no 24, du 17 mars 1978. l'offensive militariste à la campagne. Dans le même esprit, réalisera également le 31 mars une journée pour le droit à l'avortement, la contraception et contre la stérilisation forcée, à l'initiative de différents groupes féministes et de notre parti. Contre la violence sexuelle exercée durant les tortures à de nombreuses femmes prisonnièviolence s'exerce sur les femmes au travail, dans leur vie culturelle, sexuelle et familiale. Sur ces bases, nous avons célébré la journée de la femme, le 8 mars à Bogota, en articulant la lutte de la femme contre son oppression avec la lutte pour l'abrogation du «statut de sécurité». 4. La réforme réactionnaire de l'Etat, promue par le biparn'est pas inévitable à que les masses mobilisent à ce projet. Une levée partielle de la censure à la radio et à la télévision a été annoncée. Il s'agit là d'un triomphe des journalistes qui n'ont cessé de lutter contre cette mesure dictatoriale, appuyés par l'ensemble des organisations ouvrières et par de nombreuses organisations démocratiques, nationales et internationales. Bien que la levée de la censure ne signifie pas autre chose que le retour au statut antérieur qui limitait notablement l'exercice de la profession de journaliste et les possibilités d'information réelle sur les événements, elle constitue une victoire partielle acquise par la lutte.

Le rôle de l'opinion internationale est très important.

comités de Colombiens se sont constitués en Belgique, en France, en Angleterre, en Espagne, en Suisse, en Alle-

Men Union soviétique et aux Etats-Unis; leur but est d'informer sur la situation réelle en Colombie, de mener des campagnes de dénonciation des mesures répressives et d'organiser la solidarité et les prises de position de personnalités, d'organisations démocratiques et du mouvement ouvrier. Chaque jour, le gouvernement doit détruire des centaines de messages, déclarations, prises de position, provenant du monde entier. 5. Le PSR met en avant comme alternative à cette réforme politique de l'Etat que devait réaliser hier la «petite constituante» et que met en marche aujourd'hui le «statut de sécurité», la proposition politique d'une grande assemblée constituante, populaire et démocratique, qui discute et résoud les problèmes engendrés par la domination impérialiste et l'exploitation capitaliste, dans la mesure où l'Etat colombien prétend résoudre sa crise par des réformes réactionnaires qui visent à maintenir la pérennité du régime. Ce sont les masses travailleuses qui doivent jouer le rôle décisif dans les luttes démocratiques, unifiant leurs conflits, construisant un seul front pour réaliser ces tâches, luttant pour leur indépendance politique de classe, forgeant leur propre parti, socialiste et révolutionnaire, leurs propres organisations. La seule démocratie en laquelle nous croyons est celle que conquerront les masses travailleuses et qu'elles garantiront au travers de leurs organisations.

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