Après une première victoire es mobilisations massives pour remettre en cause le bradage du gaz bolivien aux multinationales états-uniennes, puis en réaction contre les massacres perpétrés sur le peuple mobilisé, par le gouvernement du président Gonzalo Sánchez de Lozeda*, ont remporté le 17 octobre 2003 une première victoire de taille. Sánchez de Lozeda, dit "Goni", a renoncé et s'est enfui aux Etats-Unis avec ses plus proches collaborateurs, dont le ministre de la défense.
Dès son élection en 2002, "Goni" ne disposait que de peu de légitimité. Lors de cette élection le candidat du Mouvement au socialisme (MAS), une nouvelle organisation de la gauche bolivienne, Evo Morales, dirigeant syndical des producteurs de coca de la région de Cochabamba, a effectué une remarquable percée, à seulement 1,5 % (quelques 42 000 voix) derrière Sánchez de Lozada. Dès février 2003, le gouvernement de Sánchez de Lozeda a dû faire face à une mobilisation populaire massive, qu'il parvint à étouffer au prix d'une trentaine de morts.
Le recours pour la seconde tois à la répression militaire, dès septembre, a provoqué une immense mobilisation populaire, devant laquelle des ministres et le vice-président Carlos Mesa se sont sentis obligés de prendre leurs distances avec "Goni"
Pourtant cette mobilisation, faisant confluer les mouvements indigènes, paysans, les syndicats ouvriers, les pauvres des villes et les classes moyennes, n'a pas fait apparaître une direction unifiée. Trois grands pôles socio-politiques de la gauche bolivienne ont émergé au cours de la lutte : la Centrale ouvrière bolivienne (COB), confédération syndicale historique qui avait été fortement affaiblie par les dictatures des trente dernières années, dirigée par Jaime Solares ; la Confédération syndicale unique des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB) dirigée par Felipe Quispe, par ailleurs député du Mouvement indigène Pachakuti (MIP) ; et enfin, le Mouvement pour le socialisme
La concurrence entre ces trois directions est forte. Le nouveau président, Carlos Mesa (qui a été le vice-président de Sánchez de Lozada et n'a rompu avec ce dernier que le 13 octobre), politicien néolibéral, tente de profiter de la désunion populaire pour stabiliser son autorité. Après avoir promis un référendum sur l'exploitation du gaz bolivien et une Assemblée constituante lors de sa nomination, il vient d'annoncer qu'il compte accomplir son mandat jusqu'en 2007, tout en poursuivant la collaboration avec le FMI et la Banque mondiale et en respectant les accords commerciaux signés par son prédécesseur...
Nous présentons ci-dessous les prises de position significatives des trois principaux protagonistes du camp populaire. Elles permettent de se faire une idée sur les débats qui secouent la gauche bolivienne au début d'une nouvelle étape du mouvement populaire. (J.M.)
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populaire... (MAS), dirigé par Evo Morales.