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Document* A. Le monde moderne a besoin d'une gauche puissante
Nous vivons une conjoncture dense en événements. Des événements contradictoires. Des possibilités et des dangers vont ensemble, des déceptions et des espoirs coexistent. Mais, ce qui est sûr, c'est que l'histoire n'est pas terminée. Cette situation contradictoire, qui perdure, est à la recherche d'un débouché, d'une orientation qui comporte une nouvelle dynamique. Cette dynamique peut être exprimée et ce débouché peut être offert par les forces de résistance sociale, de la contestation, de la subversion et du dépassement, par les forces de la gauche et des mouvements sociaux. * Cette déclaration a été signée par : la Coalition de la gauche et du progrès (Synaspismos, issu du regroupement de diverses scissions du PC grec), la Gauche internationaliste ouvrière (DEA, une organisation marxiste-révolutionnaire formée en 2001 à l'initiative des militants du SEK, la section grecque de la Tendance socialiste internationale, dont le SWP britannique constitue la principale organisation), la Gauche rénovatrice communiste et écologique (AKOA, issue du PC de l'Intérieur, une rupture au sein du PC grec après l'invasion de la Tchécoslovaquie par le pacte de Varsovie en août 1968), l'Organisation communiste de Grèce (KOE, d'origine maoïste, liée au Courant classiste combatif d'Argentine) et le Mouvement pour l'unité d'action de la gauche (KEDA, formé par des dirigeants syndicaux exclus ou démissionnaires du KKE, le PC grec), le Mouvement des Citoyens actifs (fondé en 2002 par le dirigeant de la résistance grecque, Yanis Glezos). Le 11 janvier 2004 ces organisations — sauf le KOE — ont formé une « Coalition de la gauche radicale » en vue des élections législatives du 7 mars 2004. Traduit du grec par Georges Mitralias.
Déclaration
l'Initiative K
pement de
Nous, les forces qui signons cette Déclaration, nous exprimons notre volonté de servir en commun cette cause. B. Qui sommes-nous — Nos idées de base
Nous qui prenons cette initiative unitaire, nous sommes des organisations et des militant(e)s inorganisé(e)s provenant des espaces historiques différents de la gauche et des mouvements sociaux. Des espaces de la gauche démocratique, novatrice, radicale, anticapitaliste, révolutionnaire et communiste, de l'écologie politique, du féminisme, de la jeunesse, des mouvements de contestation.
Ce qui nous unit est notre commune préoccupation et volonté pour que la gauche se dégage de la situation difficile où elle se trouve aujourd'hui et pour qu'elle devienne protagoniste des événements.
Nous sentons que l'heure est venue pour qu'on parle de nouveau de la gauche. Pas chacun de son coté, mais cette fois ensemble, au pluriel. Pour qu'on repose la question « que faire ? » et qu'on recherche les réponses actuelles.
Non pas parce que c'est nous qui le voulons mais parce que c'est le monde contemporain qui a besoin d'une gauche moderne, radicale, écologiste, mouvementiste et combative sur le terrain social. Il a besoin de ses projets visionnaires, de ses idées, de sa présence et de son action commune, de sa perspective positive qu'elle seule peut offrir.
C'est la constatation de ce besoin qui constitue notre première idée fondatrice, notre point de départ. Ce besoin n'efface pas par lui-même nos divergences, n'abolit pas les préjugés, n'amnistie pas les erreurs et sour la gauche ne fait pas disparaître les insuffisances. Pourtant, il impose de dépasser l'immobilisme et aide à le faire, il impose de construire des espaces de coexistence, de dialogue, de respect mutuel et d'action commune. La riche expérience de nos recherches et de nos luttes communes de ces dernières années — au sein de « l'Espace de Dialogue et d'Action Commune de la Gauche », dans le mouvement contre la mondialisation néolibérale et capitaliste, dans le mouvement anti-guerre, dans les luttes sociales de notre pays — nous convainc que des forces de gauche ayant des origines, des trajectoires politiques et idéologiques, des sensibilités et des expériences différentes, peuvent agir de façon complémentaire en faisant leur synthèse, élaborer des objectifs communs, faire converger leur démarche, rechercher en commun des réponses aux nouveaux problèmes, construire une dynamique. Cette Déclaration est une preuve supplémentaire de la possibilité de converger d'une façon encore plus constructive, de développer qualitativement nos efforts et notre association.
Nous ne sommes pas seuls. Et nous n'écrivons pas sur une page blanche. Nous suivons de près ceux et celles — et ils et elles sont nombreux - qui prospectent l'avenir. Nous sommes inspirés par Seattle, Porto Alegre, Gênes, Florence. Les luttes des peuples qui se développent partout dans le monde nous envoient des messages d'optimisme et nous donnent de la force : les grandes explosions populaires en Amérique Latine, les luttes grévistes en Europe, le mouvement anti-guerre aux USA, l'Intifada en Palestine, la résistance à l'occupation de l'Irak, les combats des pauvres du monde
entier. Le Forum social mondial et européen nous donnent de l'espoir. Nous appuyons activement le Forum social grec et toute autre initiative qui ouvre des chemins et crée des perspectives. C. Nos objectifs communs • Donner de l'espace au dialogue. Créons partout des espaces de dialogue, pour une nouvelle culture politique de la gauche, dont toute la société a besoin. Et nous parlons d'un dialogue qui ne sera pas un processus formaliste « d'échange d'idées » mais un effort commun en vue de comprendre la réalité, généraliser nos expériences, s'enrichir de nouvelles élaborations théoriques dont la production se multiplie au niveau international.
Ce dialogue ne représente pas une phase ou une étape précédant l'action. Il fait partie de l'action, il est une condition sine qua non de l'élargissement de ses horizons et des ses objectifs. 2 Oui à l'action commune... L'action commune des forces ayant des différences idéologiques est un principe fondamental du mouvement de gauche, qui a fait ses preuves.
C'est une condition nécessaire pour que la gauche puisse défendre les revendications immédiates des travailleurs, résister à des politiques anti-ouvrières, autoritaires, antienvironnementales ou bellicistes, pour qu'en dernière analyse, elle justifie une des raisons de son existence. C'est exactement pour cela que le dialogue et l'action commune constituent les deux pylônes sur lesquels peut être fondé un projet de redressement et de reprise de la gauche.
Nous considérons que quand il s'agit de problèmes, d'objectifs et de revendications communes, le refus de l'action commune, les comités, manifestations ou meetings séparés, représentent une forme d'irrationalisme pour la gauche. Cela porte préjudice à sa crédibilité et à son efficacité, une situation que nous devons dépasser rapidement. 3 Non a la guerre. La politique néolibérale, les interventions et guerres impérialistes, tant préventives que permanentes, constituent le moyen principal pour imposer l'ordre nouveau et l'hégémonie des forces du Capital partout sur la terre. Plus particulièrement, les États-Unis optent pour la guerre et la répression afin d'imposer leur hégémonie. C'est ainsi que dans le cadre de la stratégie des USA, la menace de guerre et la guerre elle-même deviennent des moyens permanents de contrôle des marchés, des ressources naturelles, comme des mécanismes des recompositions géopolitiques et d'imposition de la Pax Americana.
Dans la mesure où l'économie énergétique internationale est toujours totalement orientée vers le pétrole, les États-Unis se battent avec acharnement pour obtenir le contrôle total de ce qui reste la ressource énergétique principale de la planète, le pétrole, et à travers elle, pour imposer leur hégémonie économique et politique mondiale.
L'intervention militaire des États-Unis et les événements qui l'ont suivie et sont toujours en cours, ont dévoilé la barbarie et le Manifestation anti-guerre du Forum social grec
ZENEZ THE TPOMDKPATI
DP)YN visage répugnant de l'impérialisme et de son ordre nouveau , les vraies raisons de cette invasion. Sa grande victime est le peuple irakien, qui aujourd'hui est en train de résister aux troupes d'occupation.
D'ailleurs, cette intervention a offert plus de marges de manœuvre et plus de possibilités à Sharon-le boucher afin qu'il persiste, qu'il accentue son œuvre assassine en Palestine.
L'action coordonnée des peuples, des mouvements et de toutes les forces, sans exception, qui luttent pour un monde sans guerres, peut barrer la route aux lendemains dangereux auxquels nous conduisent les forces mondiales du capital et de l'impérialisme.
La résistance contre la guerre doit servir d'occasion pour une liaison plus stable et profonde des mouvements qui luttent en faveur de la justice sociale avec les plus larges forces écologistes et pacifistes.
Plus spécialement dans notre pays, le mouvement anti-guerre a donné de la visibilité à des objectifs et des revendications d'une grande importance, comme la fermeture des bases militaires, le retour au pays de toutes les troupes grecques qui sont en mission à l'étranger, etc.
Au sein du mouvement anti-guerre et de la lutte plus générale pour la paix dans le monde, nous soutenons la diminution draconienne des armements et des dépenses militaires, l'abolition de l'OTAN et de toutes les alliances militaires agressives, la fermetu-
Grèce re des bases, l'interdiction des armes nucléaires et la dissolution des forces d'intervention rapide. 4 Pour la défaite du néolibéralisme. Le néolibéralisme est l'idéologie d'un capitalisme totalitaire. Il a comme vision le capitalisme pur, dans une société centrée sur l'individualisme, où tout sera devenu marchandise sous le pouvoir des marchés et où le critère de base des choix et des décisions sera le profit et non les besoins de la société
Le néolibéralisme, en tant que politique, revendique, à travers les restructurations qu'il impose au profit du capital, l'abolition de toute conquête sociale, de tout acquis des travailleurs. En somme, il constitue une agression généralisée contre la civilisation sociale dans son ensemble : la flexibilisation des rapports de travail, la déréglementation du marché du travail, le démantèlement du secteur public, la mise au rabais de l'État-providence, le sacrifice de l'environnement et de l'équilibre écologique, l'élargissement et l'accentuation de l'autoritarisme à tous les niveaux, la privatisation et la marchandisation des biens publics, sont les moyens fondamentaux dont il se sert pour atteindre ces objectifs.
La lutte pour défaire le néolibéralisme est notre objectif commun.
Malgré les brèches ouvertes à son hégémonie, le combat sera long et difficile, puisque il faut compter aussi avec la socialdémocratie et les diverses versions du centre-gauche qui non seulement ne s'opposent pas à lui, mais adoptent son idéologie et se sont transformées en ses gestionnaires loyaux
Pour que la lutte contre le néolibéralisme soit efficace il faut qu'elle soit menée en même temps aux niveaux social, idéologique et politique, qu'elle réponde et se lie aux besoins immédiats des travailleurs et qu'elle s'appuie non seulement sur des refus mais aussi sur des propositions et des politiques
Les fronts avancés de la lutte contre le néolibéralisme sont la question de la redistribution de la richesse, les questions de l'enseignement, de la santé, de la sécurité sociale et des relations du travail, la résistance contre les privatisations, la protection de l'environnement et de l'équilibre écologique, le combat pour une amélioration globale de la qualité de vie, la défense des droits et des libertés démocratiques, etc. La lutte contre le néolibéralisme s'identifie avec la lutte pour la survie de l'immense majorité des êtres humains et de l'écosystème.
En Grèce, le néolibéralisme est représenté par les partenaires du système bipartite :
Grèce le PASOK et la Nouvelle Démocratie. Soit en tant que politique gouvernementale appliquée, soit en tant que proposition et perspective prétendument alternatives pour la direction du pays. Pour que nous puissions affronter les temps difficiles qui arrivent pour notre pays mais encore plus pour le monde du travail, il faudra que les luttes populaires fassent barrage au bipartisme et aux forces politiques qui le servent et qu'elles renforcent les forces de gauche. 5 Contre la mondialisation néolibérale capitaliste. Le combat contre la mondialisation néolibérale capitaliste ne constitue pas un objectif à part. Il ne représente pas un « anti » supplémentaire. Au contraire, il constitue le niveau culminant de la formation d'une nouvelle conscience pour la gauche, le mouvement et l'internationalisme de notre époque.
Parce que c'est dans les luttes et l'expérience des mouvements sociaux que sont testées dans l'action des idées et des pratiques qui lient organiquement le local avec le mondial. Et c'est ainsi que peuvent converger dans un fleuve unique le mouvement ouvrier, des partis de gauche et des nouveaux sujets politiques ensemble avec les intellectuels radicaux et les grands courants des mouvements, des sensibilités et des initiatives sociales multiformes.
Nous participons activement à cette expérience, reconnaissant et respectant son ouverture, son pluralisme et sa démocratie Nous nous efforçons de contribuer avec notre problématique à l'orientation et au contenu de l'action des mouvements sociaux. Pour donner aux mots d'ordre « un autre monde est possible » et « les humains avant les profits » un contenu toujours plus concret et nettement démarqué de la logique du néolibéralisme et du capitalisme. Et sans aucune concession envers les organismes internationaux (FMI, OMC, etc.) qui servent et propulsent cette logique. 6 Sur l'Union européenne. Nous vivons dans une période durant laquelle le néolibéralisme façonne l'Europe de la déréglementation et des privatisations, l'Europe de la contrainte et de l'exclusion sociale, de la restriction des droits sociaux, qui frappe en priorité les femmes, l'Europe de l'exploitation, de l'oppression et de la répression, l'Europe du racisme et de la xénophobie, l'Europe « forteresse ».
Ce n'est pas cette Europe dont rêvent les peuples. Nous sommes contre cette Europe.
Nous rêvons d'une Europe de la démocratie, de la prospérité populaire, des droits et des libertés pour tous. D'une Europe de la paix, de la solidarité, du développement écologiquement soutenable, du féminisme, du progrès et du socialisme.
La position de l'UE dans la guerre en Irak et son incapacité de se tenir unie face à la provocante barbarie des envahisseurs américano-britanniques et à leur violation de tout droit international, ainsi que ses responsabilités face à l'évolution plus générale de la région, provoquent déjà d'intenses interrogations et recherches sur l'avenir de l'Union européenne et de l'Europe en général.
La légitimation a posteriori de l'intervention en Irak et sa participation active à la guerre « antiterroriste » déclarée par Bush, est utilisée comme un moyen et comme un outil pour renforcer l'autoritarisme et la répression au niveau national et international. L'accord USA-UE sur la lutte contre le terrorisme en est un élément caractéristique.
L'Union européenne est en train de sélargir mais elle ne change pas. L'adhésion des nouveaux membres n'a pas seulement des conséquences quantitatives. Elle en a aussi des qualitatives qui sont très importantes. Les forces politiques et sociales dominantes, les forces du capital, veulent profiter de la construction européenne pour servir en priorité leurs propres intérêts, pour renforcer leur rôle dans le cadre de l'ordre nouveau
Cette réalité rend encore plus nécessaire d'affronter l'Union européenne en tant que pouvoir de classe, qui est structuré au niveau inter-étatique et supranational.
Les peuples européens ont besoin de constituer des fronts de lutte européens contre les politiques économiques, sociales et géostratégiques dominantes tant au niveau national qu'européen.
Priorité doit être accordée a l'Union économique et monétaire ainsi qu'aux conséquences des choix qui l'accompagnent aux dépens des couches populaires : sur les fronts du chômage, de la pauvreté, des relations et des droits du travail, de la sécurité sociale, de la prévoyance sociale, de la politique agricole et industrielle, qui menacent de dissoudre le tissu social. Dans la lutte contre le nationalisme et le racisme, pour l'insertion sociale des immigrés et des exclus. Sur le front de la politique de sécurité ; mais également sur les fronts des accords Schengen et Europol, des relations UE-OTAN et des divers pylônes, qui ont été imposés pour servir la politique des milieux économiques, politiques et militaires les plus conservateurs de l'Europe, et qui scellent aujourd'hui la marche de l'unification euro-
En même temps, la gauche doit remplacer les divers dilemmes par la question : « de quelle Europe a-t-on besoin ? » afin de pousser en avant notre propre vision de l'Europe.
Notre lutte pour une Europe qui va vers cette direction est notre contribution à la lutte contre la mondialisation néolibérale capitaliste, mais aussi notre réponse aux revendications et besoins des travailleurs de la société grecque.
Répétons-le avec emphase : l'isolement national n'a pas de sens dans la logique de la gauche radicale moderne ; les fronts de lutte de classe, le changement des rapports de force et le combat pour le pouvoir, ne peuvent pas être délimités géographiquement, en ignorant les problèmes qui tourmentent les couches populaires dans tous les pays d'Europe.
Sur cette base, les peuples d'Europe, les forces de gauche et les mouvements sociaux devront coordonner leur action pour : • Faire avancer la politique de défense et d'amélioration des droits fondamentaux démocratiques, économiques, sociaux, du travail et de sécurité sociale des peuples européens et faire battre la politique économique, sociale et géostratégique de l'UE • Protéger l'environnement et l'équilibre • Faire avancer l'égalité des deux sexes par des politiques appropriées et pas en votant des lois dépourvues de conséquences pra• Repousser les projets de militarisation de l'UE et l'initiative pour la création d'une armée européenne, qui est aujourd'hui en train d'être organisée comme force d'intervention rapide partout dans le monde. Nous considérons, pourtant, le débat en cours dans la gauche européenne et dans le mouvement international contre la mondialisation capitaliste sur l'indépendance de la politique européenne extérieure et de défense comme extrêmement sérieux et nous allons le suivre systématiquement.
e. Rejeter la « Constitution Européenne » en gestation. Cette convention appelée « Constitution » abusivement et à dessein, élève le néolibéralisme au rang de principe de l'intégration européenne, abolit l'affirmation des droits sociaux, en les séparant ainsi des droits individuels, consolide l'existence d'organes de pouvoir incontrôlables. Pour ces raisons, elle constitue un recul même par rapport aux principes constitutionnels des pays européens.
La conquête et l'affirmation de la souveraineté populaire, des droits individuels, politiques et sociaux, égaux pour tous les habitants des pays européens, est le processus à travers lequel vont être construites les conditions pour l'unité des peuples européens et la constitution, apres que les rapports de
force actuels soient nécessairement changés, au niveau politique et institutionnelconstitutionnel, d'une « autre Europe » : une Europe de paix, démocratique, écologique, féministe, internationaliste. D'une Europe des travailleurs. D'une Europe du socialisme. Cette Europe sera le résultat de la décision libre, et non pas sous la contrainte, de ses peuples qui seuls doivent décider souverainement de leur avenir. Cette « autre Europe » de nos rêves, respectera pleinement le principe de l'autodétermination des peuples et des nations. • L'élaboration, au cours de ce processus, d'une proposition de pouvoir alternatif, comme politique offensive contre les forces du capital, ayant des points forts et des objectifs contre l'impunité des multinationales, les interventions impérialistes, la guerre et le système actuel d'insécurité internationale. 7 Pour la protection des ressources naturelles et le développement soutenable. La gestion néolibérale signifie un gaspillage toujours plus grand, un pillage des ressources naturelles, qui se désintéresse totalement des générations futures, qui se fonde sur un modèle spéculatif de gestion globale de la nature. Il s'agit d'un problème central produit par le capitalisme moderne, par la brutale restructuration capitaliste et l'exploitation de l'homme par l'homme, un problème qui a contribué à agrandir terriblement le gouffre entre richesse et pauvreté dans le monde entier et a conduit à un fort déséquilibre les processus naturels de la planète, menaçant l'existence même de la vie dans l'avenir. En complète opposition avec cette logique et évolution, nous revendiquons un monde dont les ressources soient gérées durablement et en tenant compte des besoins des générations futures, où la santé publique soit protégée, les biens publics conservés et disponibles équitablement pour tous les habitants de la planète, la nature protégée, la société préservée des dangers de grandes dimensions grâce à la prévention systématique, et le capital culturel de valeur mondiale conservé. Un monde qui saura garantir un développement digne d'être vécu à tous les habitants de la planète. 8 Pour l'égalité des deux sexes. Nous mettons l'accent sur la nécessité de souligner et de mettre en évidence l'importance de l'oppression des temmes dans les élaborations et les programmes d'action des mouvements et des partis de gauche. La lutte pour l'égalité des deux sexes, pour leur parité politique et sociale, la mise en place des politiques qui vont diminuer l'inégalité dans la société, mais aussi à l'intérieur des organisations de gauche, ainsi que l'attention particulière accordée à la violence contre les femmes — qui prend d'énormes dimensions à cause de la grande floraison de la traite des femmes en vue de leur exploitation sexuelle - et leur marginalisation, vont constituer des éléments fondamentaux de notre nouvelle culture sociale et de notre effort. La montée des fondamentalismes, ayant à son épicentre les rôles traditionnels des femmes, et l'abolition, surtout en pratique, de leurs droits acquis, est le résultat direct de la mondialisation néolibérale capitaliste, contre laquelle nous nous battons. 9 Pour une politique alternative qui profite à la protection des intérêts populaires. Dans la lutte pour la défense des intérêts populaires nous sommes liés par deux constatations centrales : • Le bipartisme, ayant les deux grands par-
Forum social grec contre le sommet de l'UE tis comme ses expressions, ne peut donner rien de positif au peuple et au pays • Des jours encore pires vont arriver pour les travailleurs et le peuple à travers le choc puissant que va subir l'économie grecque après 2004. Indépendamment de qui du PASOK et de la Nouvelle Démocratie sera au pouvoir, tous les deux auront comme principal souci de faire payer la crise aux travailleurs.
Notre programme alternatif sur les questions primordiales de la politique économique et sociale sera formulé analytiquement et sera discuté publiquement dans la période à venir. Dans notre Déclaration actuelle nous citons en exergue les points centraux de ce programme dont nous voulons qu'ils constituent aussi les principaux fronts de lutte du mouvement populaire pour la prochaine période : • Protection de la richesse publique contre l'ouragan des privatisations. • Plein et stable emploi pour tous et toutes. • Lutte contre les licenciements et la flexibilisation du travail. • Des salaires qui garantiront une vie décente. • Un revenu de remplacement-solidarité
Grèce pour les chômeurs. • Réduction radicale du temps de travail, sans pertes de salaire ou intensification du travail. • Droit à l'éducation publique gratuite et de qualité • Droit à la santé gratuite et publique. • Amélioration de la prévoyance sociale. • Défense et amélioration de la sécurité sociale — augmentations des retraites. • Des moyens de transport publics meilleurs et bon marché. • Des changements profonds du régime actuel des médias, qui permet la manipulation de la société aux niveaux idéologique, politique et culturel de la part des forces du grand capital qui les contrôlent • Renforcement de l'économie agraire et de la population paysanne afin d'arrêter la disparition de la paysannerie et la désertification de la campagne. • Renforcement du revenu des producteurs pauvres et moyens. • Interdiction des OGM. • Des mesures pour améliorer globalement la qualité de vie.
Ces droits sociaux fondamentaux, les mesures de renforcement du monde du travail et d'amélioration substantielle de sa qualité de vie, nous les revendiquons pour tous les travailleurs, hommes et femmes, indigènes et immigrés, pour tous les êtres humains, indépendamment du sexe, de la nationalité, de la couleur, de la religion, etc. Leur application exige : de repousser les privatisations, élargir et améliorer les services publics, réorienter radicalement le budget au profit des dépenses sociales, réformer le système fiscal, surtout aux dépens du grand capital. En somme, une politique de redistribution substantielle des richesses, du capital vers le monde du travail et les couches sociales les plus faibles.
En même temps, ils exigent : la lutte résolue contre la logique de la société de consommation et d'opulence qui est en train de se construire, contre l'escalade de l'autoritarisme, du terrorisme d'État et de la répression et, plus généralement, le rétrécissement de la démocratie à tous les niveaux. 10 Un autre monde est possible. Nombreux ont été ceux qui ont considéré ce message comme un message d'espoir, d'optimisme, et il en était un. Mais, il est aussi un message de responsabilité.
Oui, ça vaut la peine et nous pouvons nous battre pour un monde sans exploitation et oppression, avec plus de paix, plus de démocratie, plus de justice, plus d'égalité. Pour un monde qui englobera plusieurs mondes.
Grèce
Pour que ce combat devienne plus efficace, pour qu'il ait plus d'inspiration et de perspective, nous devons rendre de nouveau actuelle la revendication du socialisme en tant que revendication universelle, qui répond aux intérêts généralisés de l'humanité.
Mais, ceci présuppose aussi l'évaluation critique de ce qui a été appelé « socialisme réellement existant ». Il présuppose, aussi, l'adaptation et le renouveau des élaborations théoriques d'aujourd'hui. Nous retournons donc, de nouveau, au point de départ. Au dialogue nécessaire, qui sera facilité et rendu plus exigeant par l'action commune pour les objectifs que nous avons déjà cités. D. Nos recherches communes • Redresser la Gauche. Les forces de gauche ont tendance, aujourd'hui, à se regrouper dans trois courants distincts.
Le premier, se construit sur la base d'un déplacement stratégique de la vieille socialdémocratie, mais aussi de ses diverses versions du centre-gauche. C'est l'abandon des réformes sociales et leur substitution par les choix néolibéraux. C'est l'adaptation totale à la gestion du système par une forme de « néolibéralisme consensuel ». C'est une tentative de contrôle et d'incorporation des forces politiques et des mouvements sociaux allant jusqu'à la gauche même de la socialdémocratie. L'objectif est d'élargir sa base sociale et de garantir des consensus en vue de l'application de la même politique
Le deuxième, constitue une tendance de repli et de retranchement idéologique. Face aux nouveaux problèmes il oppose une lecture dogmatique du passé. Il refuse l'action commune et le dialogue avec les autres forces de gauche, et retranche non seulement ses propres forces, mais aussi des militants populaires expérimentés ainsi que des secteurs du mouvement de masse et ouvrier.
Enfin, c'est l'espace de la gauche radicale, de l'écologie, du féminisme et des mouvements sociaux, qui est exprimé par un vaste éventail de partis, d'organisations, d'initiatives mouvementistes et de forces inorganisées. Parmi ces forces, et malgré les différences qui les traversent, est en train de mûrir l'idée du redressement de la gauche. Dans cet espace sont en train de se développer de nouveaux points de vue et de nouveaux courants de pensée et dominent les recherches sur la nécessité de réactualiser et renforcer le contenu anticapitaliste des combats pour le socialisme, à travers l'analyse critique de sa trajectoire historique sur la base aussi des nouvelles contradictions de notre époque, avec comme objectif et perspective le dépassement du système capitaliste.
Nous luttons pour renforcer ce courant qui, dans les conditions actuelles, constitue l'espace principal et privilégié pour le redressement de la gauche.
Nous comprenons le projet pour redresser la gauche, comme tendant à radicaliser et renforcer la gauche et non pas pour piéger sa perspective dans des impasses dogmatiques ou de centre-gauche. 2 Les exigences programmatiques de la gauche. Le redressement de la gauche exige qu'elle s'arme d'un programme plus avancé, plus concret et plus crédible. Nous n'avons pas de réponses à toutes les questions. Mais, peut-être ce dont on a le plus besoin dans la phase que nous traversons c'est qu'on pose exactement les questions et qu'on élabore un nouvel ordre du jour des réformes radicales, des brèches et des ruptures, qui feront de l'opposition au capitalisme et à sa logique la cause de vastes secteurs de la société.
Notre décision est de servir en commun cette cause. 3 Pour le rôle autonome de la gauche. Les mouvements et leurs revendications doivent trouver leur expression dans des politiques et leur objectif doit être l'application de ces politiques. En conséquence, le redressement de la gauche vise, au-delà du reste, à dépasser les logiques consensuelles et de paix sociale, à briser les vieilles conceptions et mentalités au sujet des alliances et à chercher à rendre la gauche capable de lutter pour faire avancer des éléments fondamentaux de son programme.
La gauche ne peut pas rester indifférente à la question du pouvoir. Cependant, affronter ce problème dépend de l'existence des nécessaires préconditions subjectives et objectives et surtout des rapports de force qui lui permettront d'influencer de manière décisive les contenus et la forme de la politique qui va être menée.
Pourtant, la mise en avant d'une telle stratégie présuppose le rejet de la logique d'intégration, le rejet des scenarii de centre-gauche, le renforcement de la présence autonome de la gauche et de ses liens avec les mouvements sociaux, sa prise d'appui sur un mouvement ouvrier combatif et revendicatif, unitaire et de masse, et en général la transformation des rapports de force
Et c'est pour cette stratégie que nous œuvrons. 4 Les élections nous concernent. La présence combative de la gauche sur tous les fronts sociaux multiformes restera suspendue et problématique si elle ne s'exprime pas aussi sur le front des élections. Nous qui prenons l'initiative pour un regroupement plus permanent et systématique — la collaboration des forces de gauche - nous allons œuvrer afin que cette collaboration s'exprime aussi lors des imminentes élections dans une formation unitaire de gauche, qui rassemblera le plus large éventail possible des forces. E. Répondre aux défis de notre époque
Nous devons tous répondre aux puissants messages d'unité et de résistance lancés par la classe ouvrière et les autres larges couches populaires de notre pays.
Le combat pour la protection de la richesse publique, pour le revenu et les droits des travailleurs, pour la défense des conquêtes sociales, pour la santé, l'éducation, la sécurité sociale, pour les droits individuels et les libertés politiques, pour la détense de la paix, pour la protection de la richesse naturelle et de l'environnement, pour l'égalité des deux sexes, exige la plus large coordination et coalition des forces afin d'inspirer et engager le peuple, les travailleurs, les hommes, les femmes et les jeunes.
Ce combat a besoin de nous tous ensemble !
Nous nous adressons à tout le monde de la gauche.
Nous nous adressons à chaque citoyen de gauche.
Nous savons que le chemin que nous proposons est difficile.
Nous savons qu'il faut que tous nous nous dépassions nous-mêmes.
Mais, nous savons aussi que ça vaut la peine d'essayer ce chemin, de le parcourir ensemble, que ça vaut la peine de le considérer comme l'unique solution pour la formation d'une gauche radicale moderne. D'une gauche dont le peuple et le pays ont besoin. Et ceci exige que nous soyons sincères entre nous et envers la société et le peuple de gauche. Nous n'allons pas cacher que celles et ceux, des collectivités et des inorganisés, qui signent cette déclaration continuent à avoir des points de vue différents sur toute une série de questions. Nous allons les présenter publiquement et nous allons chercher à développer autour d'elles un dialogue constructif. Ce qui nous unit est cependant si vaste et si important que nous pouvons marcher et avancer ensemble.