La journée d'action européenne,
début avril, sera l'occasion d'une massive mobilisation en Allemagne. La confédération syndicale DGB a prévu trois manifestations : à Berlin, à Cologne et à Stuttgart. Les milieux chômeurs mobilisent centralement pour Berlin. Ces manifestations s'annoncent très massives, d'autant que la situation dans le SPD se dégrade et que le chancelier Schröder a dû quitter la présidence du parti pour ne pas être la cible du mécontentement de ses membres. Certains affiliés, surtout des chômeurs, commencent à attaquer leur direction de manière publique et très massive. La rage monte.
Cette journée d'action est le produit d'une initiative d'ATTAC lors du Forum social européen (FSE). ATTAC a d'abord gagné le soutien des directions syndicales présentes au FSE, puis s'est battu pour que l'assemblée des mouvements sociaux adopte l'initiative. Il semble malheureusement que l'initiative européenne se limitera pour l'essentiel à l'Allemagne et que peu de pays vont suivre. Cela va nous poser un problème.
Il est remarquable de voir comment ensuite s'est déroulée la préparation du 3 avril.
Après le FSE, ATTAC a d'abord essayé de se servir d'un meeting de l'initiative pour un Forum social allemand afin de le transformer en meeting de préparation de la journée d'action sous son égide. Cela a mal tourné. Finalement, c'est la gauche syndicale qui a pris l'initiative d'appeler à une conférence de préparation — elle est visiblement la seule force actuellement capable de jouer un rôle rassembleur. La conférence en question a vu les syndicats (la gauche syndicale), ATTAC et le mouvement chô-
Vers une mobilisation d'ampleur...
meur discuter à pied d'égalité non seulement les questions organisationnelles, mais aussi des questions de fond. Par exemple, il y a eu un débat sérieux entre les chômeurs et les syndicalistes sur un revenu minimum individuel garanti et sur un salaire minimum légal. Ce sont des avancées importantes qu'il faudra cultiver.
Finalement les préparatifs pour le 3 avril vont se dérouler de façon assez indépendante du côté syndical officiel. Mais le DGB appelle à des réunions larges, incluant ATTAC - qui a déjà signalé qu'il ne veut pas représenter l'aile gauche dans cette réunion. Les chômeurs, réunis autour de la Table Ronde et parlant donc d'une seule voix, veulent s'assurer un orateur/une oratrice lors du meeting de clôture de chaque manifestation. Il n'est pas impossible qu'ils parviendront à l'obtenir.
Qu'on compare cette situation à celle de 1995. Alors, les comités chômeurs indépendants avaient organisé une manifestation nationale à Bonn ; le DGB à la dernière minute avait pris le contrôle de l'initiative et cette manifestation était apparue comme étant celle du DGB. Cela n'est plus possible aujourd'hui.
Manifestement les syndicats se rendent compte de leur faiblesse une fois qu'ils ont perdu leur partenaire politique (le SPD). Certes, seulement un courant des syndicats voit la nécessité d'une action commune avec les mouvements sociaux - mais qui peut s'appuyer sur les présidents de l'IG Metall et de Verdi... C'est une ouverture dont le potentiel est déjà incomparablement plus grand que dans le passé.
A.K.