déjà existants par des services ou entreprises d'Etat sous le contrô
Fred MURPHY
Pourtant, les gouvernements occidentaux pour la plupart d'entre eux, de la collectivité.
re usagé; la définition et la mise en œuvre, sous le contrôle des travailleurs, d'un programme pour la mise hors service des centrale des travailleurs et de leurs organisations.
américain et les dangers de l'énergie nucléaire.
La quasi-fusion de la centrale atomique de Three Mile Island à Middletown, en Pennsylvanie, a amplement confirmé les avertissements insistants des opposants à l'énergie nucléaire disant que cette source d'énergie présente en permanence le danger d'accidents catastrophiques.
Nucléaire
Three Mile Island :
au bord de
la catastrophe
«L'accident est impossible», n'arrêtaient pas d'affirmer les avocats de l'énergie nucléaire. Il a pourtant bel et bien eu lieu, à la centrale de Three Mile Island, en Pennsylvanie, aux USA. Si la catastrophe n'a pas coûté la vie et la santé à des milliers, voire des dizaines de milliers, de personnes, ce n'est pas le fait des mesures de sécurité, mais du hasard. L'avertissement est clair : nucléaire, danger immé-
One renonceront pas, à leurs projets de développement nucléaire s'ils n'ont pas a faire face à de vastes mobilisations de masse : les intérêts capitalistes en jeu sont trop importants pour ne pas s'imposer à l'encontre des besoins sociaux et de la sécurité
Harrisburg doit être l'occasion pour tous les militants anti-nucléaires de relancer une campagne de masse visant à obtenir l'abandon du nucléaire, en l'état actuel des connaissances technologiques, comme source d'énergie; l'abandon immédiat des constructions et projets de centrales nucléaires et d'installations du cycle du combustible; l'arrêt immédiat du retraitement du combustible nucléailes nucléaires déjà couplées au réseau électrique; le démantèlement des installations hors service et la gestion des déchets radioactifs
Nous publions ci-dessous un premier dossier sur l'accident de Three Mile Island, la politique énergétique du gouvernement
L'accident a réfuté les affirmations des scientifiques vendus à l'industrie nucléaire tels que le Dr. Norman Rassmussen, dont l'«Etude sur la sécurité des réacteurs», financée par le gouvernement (et rejetée par la Commission régulatoire du nucléaire, il y a juste deux mois) prétendait que les possibilités d'une explosion atomique étaient de l'ordre d'une fois par million d'années.
En exposant les vrais dangers de l'industrie nucléaire à la vue de tous, l'accident de Three Mile Island a porté un coup sévère à la crédibilité de l'industrie nucléaire. Néanmoins, l'administration Carter reste déterminée à laisser en activité les centrales existantes et à continuer à soutenir la construction de nouvelles centrales. CE QUI S'EST PASSE
L'accident de Three Mile Island a commencé à environ 3 heures du matin, le 28 mars. Une pompe à eau est tombée en panne, mais le réacteur ne s'est pas fermé immédiatement. La pression est montée. La sousûreté s'est ouverte, mais ne s'est pas refermée ensuite. De l'eau très radioactive s'est déversée dans le bâtiment de béton et d'acier qui renferme le réacteur.
L'eau de refroidissement dans le réacteur est descendue à un niveau dangereusement bas, exposant presque 30 centimètres des éléments d'uranium combustible, extrêmement radioactifs et très chauds. Certains de ceux-ci ont été endommagés, et déversaient encore plus de radioactivité dans le bâtiment.
Si le circuit de l'eau n'avait pas été rapidement rétabli, tout
le noyau combustible aurait pu fondre, tombant comme une masse ardente sur le plancher du réacteur et se frayant par le feu un chemin vers l'extérieur.
Une vaste région de l'est de la Pennsylvanie aurait alors pu être transformée en désert radioactif. Des milliers de personnes seraient mortes presque instantanément, et des dizaines de milliers auraient été touchées par le cancer ou auraient subi des bouleversements génétiques.
On pensait pouvoir être averti du danger d'une telle fusion plusieurs heures avant les premières manifestations d'un accident. Mais la radioactivité s'est élevée à l'intérieur du bâtiment renfermant le réacteur, atteignant le niveau de mille fois la dose fatale. Des rayons gamma sont passés à travers les murs du bâtiment; de la vapeur radioactive s'est répandue dans l'environnement; et des centaines de milliers de litres d'eau contaminée ont été déversés dans la rivière Susquehanna.
Le niveau de radioactivité, à trois miles de la centrale,
La atteint 25 millirems par heure le premier jour. Ceci doit être comparé à la dose maximale «non dangereuse» pour le grand public, établie par le gouvernement à 170 millirems par an (chiffre qui est de plus en plus remis en cause par les biologistes qui étudient les radiations).
Selon le Dr. Ernest Sternglass - expert dans le domaine des dommages causés par les radiations à bas niveau - les radiations émise à Three Mile Island, rien que le premier jour, «correspondaient à un type d'essai nucléaire donnant de très importantes retombées.»
«Le gouvernement nous raconte les mêmes histoires que lors des essais nucléaires,» déclara Sternglass, «que ces retombées sont insignifiantes. Mais en quelques heures les gens... reçoivent une dose équivalent aux radiations reçues pendant un an dans un environnement normal.»
UNE BULLE ENCOMBRANTE
Pendant deux jours, les porte• paroles de la Metropolis Edison Company, qui fait fonctionner la centrale, ont essayé de minimiser le danger. «Il n'y a eu là rien de catastrophique ni rien qui n'ait été prévu», affirma John Herbein, Vice-Président de la Metropolis Edison, dans un commentaire significatif du 29 mars.
Mais, le 30 mars, on apprenait qu'une bulle d'hydrogène et d'autres gaz, pouvant exploser, s'était formée à l'intérieur du réacteur. Cela présentait le danger que l'eau de refroidissement du mélange combustible, encore extrêmement chaud, soit bloquée. Ceci présentait un nouveau danger d'explosion. L'Etat et les autorités fédérales commencèrent à parler ouvertement d'une possibilité d'évacuation de la zone. Le gouverneur de Pennsylvanie, Richard Thornburgh, fit procéder d'urgence à l'évacuation des femmes enceintes et des enfants, dans un rayon de cinq miles autour de la centrale.
Mais le gouvernement voulait éviter a tout prix une évacuation générale. Non pas parce que cela n'était pas nécessaire - en effet, le danger était si grand qu'une évacuation préventive aurait dû être organisée tout d'abord - mais parce que l'administration Carter et les responsables de Pennsylvanie craignaient les conséquences de la réaction du public à l'égard de l'énergie nucléaire. L'évacuation aurait rendu concrète la menace atomique pour tous ceux qui vivent à proximité d'une centrale en fonctionnement ou en construction; c'est-à-dire dans une très large mesure toute la population des EtatsUnis.
Heureusement, on arriva finalement à contrôler la bulle. Le 2 avril, les responsables annoncèrent que le danger d'une fusion était était «pratiquement écarté». Mais pendant les quatre premiers jours, on avait dangereusement frôlé la dévastation radioactive complète de milliers de kilomètres carrés d'une des régions agricoles les plus riches de la côte est; la contamination des eaux alimentant Baltimore, Wa-
Philadelphie, New York et d'innombrables petites villes; la contamination du cours inférieur de la Susquehanna et de la Baie de Chesapeake avec une destruction nucléaire mortelle.
Dans l'accident de Three Mile Island, le rôle du gouvernement américain fut d'orchestrer la conspiration du silence - qui commença bien avant le 28 mars et l«état d'urgence» à la centrale.
Au début de l'année, un inspecteur du NRC (National Regulatory Commission - Commission régulatoire nationale) soulinait dans un rapport les prolemes que présentait le svs tème de refroidissement. Il recommandait qu'un examen plus poussé soit effectué et ses supérieurs passèrent outre.
Les réacteurs de Three Mile Island ont été construits par la Babcock & Wilcox Company. En 1977, un réacteur de la B&W de la centrale de Davis-Besse, près de Toledo, dans l'Ohio, connut un accident étrangement similaire à celui de Three Mile Island. Une valve ne s'était pas fermée, 50000 litres d'eau radioactive se déversèrent. La fuite fut réparée avant que les ennuis ne deviennent plus sérieux.
Des problèmes identiques se sont produits dans d'autres réacteurs de la B&W. «Si on avait fait attention, Three Mile Island ne serait pas arrivé», a dit Robert Pollard, ancien employé du NRC.
Malgré ces avertissements, le NRC, le 6 avril, consentit à ce que des fermetures préventives ne soient pas effectuées dans les 8 autres réacteurs B&W fonctionnant aux Etats-Unis. Ceux-ci «peuvent continuer à fonctionner sans danger pour la santé et la sécurité du public», a dit Joseph Hendrie, Président de la NRC, dans une lettre au gouverneur de Californie, Edmund Brown Jr.
Le fait que les «erreurs humaines», avancées comme explication de l'accident de Three Mile Island, pouvaient être la conséquence d'une charge de travail extrêmement lourde pour les travailleurs de la centrale, fut également mis en lumière. Les ouvriers d'entretien avaient travaillé en équipes pendant 10 heures pendant presque 6 semaines sans un jour de repos au moment de l'accident. Le NRC était au courant de cela, mais il ne fit rien.
Une fois le danger de catastrophe apparemment écarté (bien que les réacteurs soient restés à une haute température et à une pression élevée jusqu'au 6 avril), le gouvernement fit tout ce qu'il put pour calmer le public. Joseph Califano, crétaire à la Santé, à l'Education et à l'Action sociale, déclara, le 4 avril, que les personnes qui vivaient près de la centrale ne couraient pas de risque plus grand de cancer. Cela entre en contradiction avec un rapport publié en février par les propres services de Califano, concluant que «dans l'état actuel des connaissances, on ne pouvait apporter une réponse irréfutable pour ce qui concerne les faibles doses».
En fait, il n'y a aucun moyen de savoir quelles quantités de radiations ont été absorbées par les personnes habitant dans le voisinage de Three Mile Island «Le contrôle du niveau des radiations dans les zones d'habitation... a été tellement laisse au hasard que le cumul exact des doses absorbées par les résidents pourrait bien n'être jamais connu», commentait Walter Pincus dans le Washington Post du 31 mars.
Alors que la commission de Carter étudie quel gadget supplémentaire «pour la sécurité» pourrait être ajouté à une technologie dont les dangers inhérents sont devenus plus évidents que jamais, les 70 centrales actuellement en activité seront autorisées à fonctionner à plein rendement; la centaine d'autres en construction sera achevée; et les plans des 500 ou 1000 centrales supplémentaires jugées nécessaires, à l'échéance de l'an 2000, par le Ministère de l'Energie, resteront sur la planche à dessin.
Les militants anti-nucléaires ont maintenant à la fois l'occasion et la responsabilité de mener leur campagne auprès des travailleurs américains et de leurs organisations de masse, les syndicats. Une puissante mobilisation ouvrière anti-nucléaire obligerait Carter et son gouvernement à faire face à ses responsabilités - fermer les centrales cléaires;
- fournir des informations précises sur tous les dangers des radiations; - accorder des indemnités à toutes les victimes de l'accident de Three Mile Island; - donner des emplois, avec des salaires correspondant au taux syndical, aux travailleurs touchés par la fermeture des centrales nucléaires, et si nécessaire assurer leur recyclage.
Les travailleurs des Etats-Unis - ainsi que ceux des autres pays menacés par des désastres nucléaires - sont maintenant plus prêts que jamais à se joindre à une telle campagne.