L'exemple de la sidérurgie françalse
1 Lorsque le gouvernement Barre a décidé en 1978 de «prendre une participation financière » dans l'industrie sidérurgique française en crise, les réactions patronales ont immédiatement montré ce dont il s'agissait. Comme l'a écrit le journal de la grande bourgeoisie, Le Figaro : «Il ne s'agira ni d'une nationalisation du type voulu par les communistes, ni prise de participation irréversible de l'Etat souhaité par les socialistes. Ce qui devrait être acquis, ne fût-ce que pour ne pas renier la doctrine libérale qui est celle du gouvernement, c'est que le retour au privé des entreprises concernées ne sera pas défini-
Il y faudrait bien sûr l'effacement d'un énorme endettement et l'apparition de profits réels et continus».
Run résumé limpide de la façon dont la bourgeoisie peut envisager la nationalisation (et comme cela a été pratiqué à la fin de la Deuxième Guerre mondiale) : secourir les trusts en difficulté, éponger leurs dettes par les fonds publics, les rentabiliser (licenciements, hausse de la productivité, etc.), et, lorsqu'ils sont redevenus durablement rentables, les remettre aux mains de capitaux privés (comme c'est le cas des entreprises rentables du secteur public, telles les Télécommunications).
La prise de participation du gouvernement français dans l'industrie sidérurgique fait suite à une série de « plans» d'aide aux Maîtres de Forges : - 1966 : Plan Ferry, 3 milliards de Ff de subvention, 9000 emplois supprimés;
0r0: Pour Veau de de Fl
- 1970 : Programme de la « siports), 2,65 milliards de Ff,
10000 emplois supprimés; - 1975 : « Plan de soutien»,
1,5 milliard de subvention,
3500 emplois supprimés;
de Ff de subventions pour 1J000 emplois supprimés.
Cette liquidation de la sidérurgie française s'inscrit dans un cadre européen, celui que définit le «Plan du vicomte Davignon » qui s'est fixé comme objectif final «la stabilisation et la modernisation des capacités de production d'acier dans la CEE, ces capacités ne devant pas dépasser en 1985 le nwveau de production atteint en 1975».
La liquidation de la sidérurconcerne, de surcroît, pas seulement les travailleurs des entreprises sidérurgiques. C'est en effet, par les entrepride la sidérurgie, environ trois emplois qu'il faut compter pour un emploi dans la sidérurgie proprement dite. C'est la raison pour laquelle la liquidation de la sidérurgie est effectivement une atteinte aux conditions d'existence de toute la population laborieuse des régions concernées.
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Les mobilisations de l'hiver 1979 en France ont fait éclater au grand jour la solidarité de tous les travailleurs et, derrière eux, de toute la population laborieuse. Face à l'offensive capitaliste en Lorraine et dans le Nord, la riposte a en effet regroupé, comme cela n'était pas arrivé depuis la grève générale de Mai-juin 1968, toute la population derrière la classe ouvrière.
Leur première «Non aux licenciements!» Alors que les directions syndicales s'efforçaient de trouver avec le patronat et le gouvernement un terrain de négociatons, de marchandage des licenciements; alors que le gouvernement essayait, par des promesses de subventions, d'attirer dans un premier temps Ford pour implanter une usine dans la Lorraine, et dans un deuxjeme temps promettait suffisamment de cadeaux à PeugeotCitroën pour les décider à installer une usine qui, d'ici quatre ans, est censée créer plusieurs milliers d'emplois; le refus de tout licenciement était et reste le mot d'ordre essentiel, celui qui prend réellement la défense des besoins des travailleurs et est susceptible d'organiser le meilleur rapport de forces contre le patronat et le gouvernement.
Mais le problème posé par la liquidation de la sidérurgie ne peut être résolu par ce seul mot d'ordre. L'ampleur de l'attaque lancée appelle et débouche naturellement sur la mise
GT
en cause globale de la gestion capitaliste de l'économie et de la société au niveau européen. Le Parti communiste français a répondu à sa manière à ce problème se lançant dans une violente campagne chauvine de défense tionale », contre l'«acier étranger» et contre la «casse de la sidérurgle par le pouvoir giscardien ». Loin d'ouvrir une riposte à la mesure de l'offensive internationale du capital (Plan Davignon), cette politique conduit à la division nationale du front de lutte des travailleurs, et inévitablement ment à leur bourgeoisie nationale, à la défaite négociée pays par pays.
Le refus de tout licenciement doit s'accompagner d'une contre-offensive de la classe ouvrière, de tout le mouvement ouvrier européen uni contre le capital. Cette riposte internationale pose, au niveau européen, comme dans chaque pays, le problème du contrôle de l'industrie par les travailleurs, pour fixer et orienter la production en fonction des besoins vitaux de la classe ouvrière, c'est-à-dire en opposition totale aux besoins vitaux du capitalisme.
3 lisation de et de d'industrie secteurs de réorganisation complète de 1 economie niveau europeen. C'est pourquoi la nationalisation de la sidérurgie n'est pas une solution définitive, mais au contraire débouche sur le contrôle par les travailleurs de tous
les secteurs clés de l'économie capitaliste.
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En dix ans, 9 milliards de Ff de subventions et 40000 suppressions d'emplois! Ce racket des Maîtres de Forges doit être dévoilé à toute l'opinion ouvrière. En exigeant la levée du secret commercial et bancaire, l'ouverture des livres de comptes, une commission d'enquête ouvrière, constituée par les syndicats ouvriers de sidérurgistes, en collaboration avec ceux des banques et d'autres secteurs, devrait être mise sur pied pour instruire le procès du capital sidérurgiste et des gouvernements.
Nul n'en peut douter, ses conclusions montreraient combien est nécessaire l'expropriation, sans indemnité ni rachat, des patrons sidérurgistes. Les réformistes ont coutume de s'opposer à cette mesure au nom de la « défense des petits porteurs d'actions». C'est une mystification. Il est facile d'indemniser ceux qui, en épargnant leur salaire, ont mis un petit pactole de côté en prévision des mauvais coups : la publicité des fortunes des porteurs d'actions et de leurs familles opérerait un tri simple et évident entre les travailleurs qui ont une petite épargne et les actionnaires capitalistes.
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Lorsque les patrons ne peuvent plus assurer l'emploi, comme c'est le cas dans un ensemble de branches d'industries, particulièrement depuis le début de la crise capitaliste de 1974-1975, les travailleurs doivent exiger du patron des patrons, du procède gouvernement, qu'il nationalisation sans indemnité ni rachat des entreprises et secteurs menacés, pour garantir l'emploi. Les travailleurs n'ont jamais leur mot à dire sur la gestion de l'économie dans la société capitaliste. Ils ne feront pas les frais de la crise des capitalistes ! L'Etat a les ressources nécessaires pour garantir l'emploi, mais les travailleurs n'ont aucune confiance à faire dans l'Etat et le gouvernement de la bourgeoisie. C'est pourquoi le droit de veto sur les licenciements et le contrôle ouvrier sur la production, sur les opérations financières et les livres de comptes, sont le complément indispensable de la nationalisation.
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La nationalisation des entreprises et secteurs menacés appelle le droit de veto des travailleurs sur les licenciements, sur les investissements, sur les conditions de travail, etc. La nationalisation de toute la sidérurgie appelle la nationalisation
Caliers de la Taura
l'apres
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de tous les secteurs clés de l'économie capitaliste. Les nationalisations sans indemnité ni rachat, sous contrôle ouvrier, c'est-à-dire l'expropriation des capitalistes, ne seront pas entreprises par un gouvernement au service de la bourgeoisie. Elles appellent la formation • d'un gouvernement au service des travailleurs, d'un gouvernement ouvrier. Seul un gouvernement des partis ouvriers peut organiser l'expropriation de tous les secteurs clés et généraliser à toute l'économie le contrôle ouvrier; lui seul peut contribuer à appliquer un plan ouvrier à l'échelle européenne, seule solution ouvrière réelle à la crise du capitalisme. 9128
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