Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PEROU

Liberté pour nos camarades du PST péruvien

Inprecor n° 52, 10 mai 1979 · p. 40 · 655 mots

Pérou et Bolivie

Dimanche 22 avril, 31 militants du Partido Socialista de los Trabajadores (Parti socialiste des travailleurs - PST -organisation de la IVe Internationale) ont été arrêtés pendant une assemblée générale dans le local du Parti. Parmi les détenus se trouvent six enfants, qui accompagnaient leurs parents à la réunion. Dans les militants arrêtés figurent Juan Villa, secrétaire général du

Get membre du comité exécutif du FOCEP; Carlos Delgado, secrétaire de l'organisation et membre du FOCEP de Lima; Fernando Gutierrez, autre dirigeant de l'organisa-

Cette offensive répressive de la junte militaire péruvienne est la poursuite de la politique de répression menée par les militaires contre le mouvement ouvrier, dont les plus récents effets ont été l'interdiction de la Fédération syndicale des métallos et des mineurs et l'attaque contre les paysans d'Alto Piura, qui avaient effectué des occupations de terres, ainsi que la répression brutale et l'assassinat de plusieurs ouvriers des usines de Cromotex et d'Hercules, où les travailleurs avaient pris le contrôle des usines, pour empêcher le lock-out, réponse du patronat à leurs revendications.

De la même façon, la junte militaire prépare avec les partis bourgeois une loi électorale afin d'empêcher la participation de la gauche et du mouvement ouvrier à la campagne électorale et même au parlement qui sera élu. Par exemple, on étudie à l'Assemblée nationale constituante la possibilité d'inclure une réglementation restrictive pour la participation électorale, par du PST Péruvien exemple, l'exigence pour tous les partis politiques, indépendamment des alliances et des fronts qu'ils peuvent former, de réunir 100000 signatures pour obtenir le droit de participer aux élections.

D'autre part, le processus d'unification entre le PST et le PRT, dont le camarade Hugo Blanco est membre, nous montre une fois de plus que ces attaques de la dictature militaire contre les militants révolutionnaires ne sont rien d'autre que des coups dirigés les secteurs populaires révolutionnaires qui trouvent leur expression politique dans la personne du camarade Blan-

Nous lançons un nouvel appel à la solidarité internationale pour que soit dénoncée ounouvelle escalade répressive de la dictature péruvienne contre le mouvement ouvrier, qu'elle cherche à isoler en vue des prochaines élections, et pour que soit exigée la liberté immédiate des camarades arrêtés, membres du PST péruvien.

Amnesty International s'est prononcé Grande-Bretagne et en magne. Plusieurs télégrammes ont été envoyés aux ambassades péruviennes, dans diffépays d'Europe. Parmi ceux-ci, on peut citer ceux du Bureau exécutif de l'organisation des étudiants suisses, de la section de l'enseignement du syndicat des services publics de Suisse, des professeurs de l'Université de Neuchâtel, des conseillers du Parti socialiste suisse (Heidi Deneys, Philippe Gloor et Gilbert Baechtold), ainsi que ceux de membres du conseil national du Parti du Travail (PC) : André Huret et Armand Forel. La direction nationale du Parti socialiste suisse s'est prononcée dans le même sens.

Dans plusieurs pays européens, on appelle à des piquets devant les ambassades du Pérou pour protester contre les abus commis par la dictature péruvienne, et on met tout en œuvre pour arriver à ce que l'opinion publique européenne, à travers organes d'information, prenne conscience de ces violations et organise la solidarité internationale avec le mouvement ouvrier péruvien, qui affronte le gouvernement militaire réactionnaire et la crise imposée par l'impérialisme.

Nous demandons à nos lecteurs d'envoyer des messages, exigeant la libération des camarades du PST, aux ambassades du Pérou de leurs pays respectifs, et d'en faire parvenir des copies à Inprecor. DERNIERE MINUTE :

Le 29 avril, 16 camarades ont été relâchés. La solidarité qui s'est manifestée à leur égard a été déterminante pour obliger la junte à céder. Au Pérou, Hugo Blanco et Henrique Fernandez ont mené une grève de la faim du 25 au 30 avril. Du monde entier, télégrammes ont été envoyés.

Mais cinq militants restent encore emprisonnés, et parmi eux, quatre étrangers qui sont menacés d'extradition. Nous devons exiger leur libération immédiate et la possibilité pour eux de quitter le Pérou pour le pays de leur choix.

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