Dans le cadre de la campagne que mènent sections européennes de IVe Internationale l'Europe des trusts et pour une riposte internationaliste travailleurs à la crise capitaliste, les Gruppi comunisti rivoluzionari organisaient les 19 et 20 mai ment à Turin auquel participaient des délégations des sections européennes.
marxistes-révolutionnaires, ternationalisme n'est sujet de discours l'espace d'une campagne électorale, mais une pratique quotidienne qui passe par des rencontres et confrontations entre travailleurs de différents pays, par la construction d'une organisation internasymbolique de la montée ouvrière européenne de ces dix dernières années, que la IVe Internationale avait comme lieu presque «naturel» de rencontre de militants européens et italiens afin de débattre et de présenter les réponses que le mouvement doit apporter à la crise.
Environ 1500 sonnes ont participé deux jours durant à ce rassemblement. La moitié venait de Turin, en grande majorite des travailleurs dont un très
Italie furt contingent de plus d'une centaine de la FIAT.
toutes les la contre long des débats de nombreux cadres syndicaux et, en partides
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piémontaise.
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Plusieurs centaines d'ouvriers turinois au rassemblement pour la IV ° Internationale
On notait également la présence tout au culier de la direction de la FLM de la métalquotidiens des participants venait des aud'Italie et d'autres
: particulièrement nombreuses étaient les délégations française, et allemande. Etaient également présents des camarades de Hold'Espagne, de... Nouvelle Zélande et d'Iran.
La participation importante turinois forte implantales grosses le syndicat de et l'intérêt croispour la elle était débat rassemblece forces du orientations débattre des nôtres.
Cette conception du débat
• tes les forces comme on a pu en avoir un exemple à Turin mêne : en effet, alors que la presse bourgeoise et l'Unita, de même que la radio annonçaient le rassemblement, les seuls journaux pas en parler furent les organisations centristes (alors que des repréces organisations étaient invités et participèrent aux débats !). Ce ne fut pas tout : par pur sectarisme, Democrazia Proletaria annonça trois jours avant un meeting national sur le terrorisme à Turin devant se dérouler le samedi après-midi et le dimanche et tenta de «débaucher» les représentants syndicaux qui devaient participer au rassemblement des GCR. Cette organisation aura appris, nous l'espérons, que le sectarisme ne paie pas : en effet, quelques dizaines de personnes présentèrent son meeting le samedi après-midi et elle dut l'annuler le dimanche. En particulier, il faut souligner que de nombreux militants de DP refusèrent l'attitude sectaire de leur organisation et participèrent au rassemblement de la IVe Internationale. PASSER DES DISCOURS A
PRATIQUE INTERNATIONALISTE
Ernest Mandel introduisit le débat central de l'après-midi sur la stratégie à mettre en avant pour construire l'Europe
des travailleurs. Participaient à ce meeting camarade Leo
Rota, candidat du PCI aux élections européennes, le camarade Pino Ferraris, membre de direction de DP, le camarade Alberto Tridente, secrétaire national de la FLM, chargé des questions internationales, un camarade du PSI, un camarade du PDUP.
Mandel devait illustrer l'analyse que font les trotskyste de la situation en Europe : «Dix ans après l'ouverture de la crise sociale, cinq ans après l'ouverture de la seconde crise économique la plus grave qu'ait connu le capitalisme au cours de son histoire, rien ne laisse prévoir une issue rapide favorable à la bourgeoisie». Mandel souligna longuement les graves attaques que cette crise fait subir aux travailleurs dans tous les pays. Mais il montra tout de suite l'attitude différente de la masse des travailleurs face à cette crise, si on la compare à celle des années 30. Evidemment, devait-il expliquer, chaque crise économique est une agression contre la classe ouvrière dont elle peut désemparer des secteurs. Mais deux éléments fondamentaux sont à souligner si l'on veut avoir une vision réelle de la situation en Europe : d'une part que les travailleurs n'acceptent pas la crise comme une fatalité et défendent becs et ongles leurs acquis de ces dernières années; d'autre part, que la faiblesse de la riposte n'est pas due à l'absence de combativité - au contraire - mais essentiellement à la politique des directions ouvrières, politiques et syndicales qui ont accepté «pacte social» et «austérité», «pacte de la Moncloa» et plan Barre, pour faire payer la crise aux travailleurs. Il devait ensuite montrer comment, malgré toutes ces attaques, la bour. geoisie n'a pas atteint ses objectifs. «Elle n'a pas pu obtenir un changement qualliany aurs la répartition des revenus nationaux, c'est-à-dire un accroissement décisif du taux d'exploitation», ni surtout un recul de la combativité ouvrière qui lui permettrait de passer aux étapes suivantes de son offensive.
De cette analyse découlent les réponses que les travailleurs doivent opposer à la concentration européenne du capital l'unification des plateformes revendicatives, la coordination des luttes au niveau des branches, des trusts, de l'Europe, la lutte politique contre la bourgeoisie et pour des gouvernements ouvriers.
Au cours du débat qui s'ouvrit les organisations présentes exposèrent leurs positions avec une franchise qui a pu surprendre pas mal de participants étrangers. Ce fut le cas pour le représentant du PCI qui expliqua le respect de son parti pour les alliances militaires impérialistes, en particulier de P'OTAN. Ce fut surtout le cas du camarade Ferraris de DP qui illustra longuement les thèses de son organisation. Il expliqua que l'on assistait à un plan du ca•pital visant à déstructurer la classe ouvrière : d'une part, en introduisant l'automation généralisée dans les entreprises des pays capitalistes avancés et, d'autres part, en décentralisant la production vers les pays d'Asie du sud-est. Cette crise va donc exclure la classe ouvrière qui ne peut plus être l'axe porteur d'une transformation de la société, ce rôle revenant aux «nouveaux sujets sociaux» comme les jeunes, les marginaux, etc. Le débat le plus intéressant se déroula sans doute avec le camarade Tridente de la FLM, qui revenait du Congrès de la Confédération européenne des syndicats à Munich. Il devait en effet s'inscrire en opposition aux discours dominants dans le mouvement syndical «qui discute d'internationalisme mais ne le pratique pas». «Je préfère une lutte menée au niveau international dans un trust à dix résolutions de congrès sur l'internationalisme» soulignait-il, expliquant, à juste titre, que la conscience internationaliste des travailleurs ne fera de pas en avant que par la pratique. Mandel abondait dans ce sens en expliquant par
ERRATA publié dans le numéro 52 d'Inprecor, page 13, il fallait lire : «à parité de salaire» au lieu de «à perte de salaire».
exemple qu'il suffirait aujourd'hui de 500 cadres syndicaux dans différents trusts européens qui aient le «réflexe du téléphone», c'est-à-dire qui aient les contacts avec les militants des différentes entreprises de leurs trusts et décrochent leur téléphone dès qu'un problème se pose.
Ce propos devait trouver une illustration concrète dans un des débats du soir sur les luttes syndicales en Europe, où les militants trotskystes de FIAT-Turin et de SEAT-Barcelone (appartenant au même trust), qui sont en même temps membres des conseils syndicaux de leurs entreprises, exposèrent comment ils tissèrent des liens, organisèrent des rencontres entre syndicalistes des deux entreprises - et ceci malgré les réticences au niveau des directions - afin de mener une bataille commune contre Agnelli. La discussion qui s'est engagée le samedi soir entre militants syndicaux trouvera sa prolongation dans la Conférence ouvrière de la IVe Internationale les 2 et 3 juin à Anvers.
Le samedi soir se tinrent également des débats sur les luttes des femmes et les luttes des jeunes en Europe.
Le dimanche matin, un meeting concluait le rassemblement. Un camarade de la FIAT l'ouvrit en présentant la situation actuelle des luttes pour les contrats, puis le camarade Deosdado Toledano de la LCR espagnole et des Commissions ouvrières de la SEAT intervint sur la situation en Espagne. La camarade Lidia Cirillo, du Bureau politique des GCR, illustra la bataille politique que mènent nos camarades italiens dans la campagne électorale nationale et le camarade Ernest Mandel clôtura le rassemblement. Un camarade du PST iranien, de passage en Italie, apporta son salut au meeting, montrant que le combat de la IVe Internationale ne se limite pas à l'Europe. Dans l'article «Politique d'union nationale et d'austérité»,