Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Le Congrès du PCF confirme la politique de division

· Inprecor n° 54, 7 juin 1979 · p. 5-9 · 3 766 mots

France Syndicalisme URSS et Russie Stalinisme

Le XXIIème Congrès du Parti communiste français s'est conclu par un coup de théâtre. l'Humanité, a été évincé du Secrétariat, la véritable direction parti. C'est Plissonnier, généralement considéré comme un «homme de Moscou», qui l'a annoncé au Congrès et probablement en même temps à Leroy. Ce semi-limogeage, car Leroy reste membre du BP et directeur de l'Humanité, a d'auteurs que précisément passait pour avoir été l'initianouvelle politique du PCF vis-àvis du PS. Pourtant l'éviction de Leroy vient, pour qui connaît les mœurs de l'appareil du PCF, confirmer que c'est bien l'essentiel de la ligne qu'il préconisait qui a ete adoptée par le secrétaire général G. Marchais. Pour ce dernier évincer Leroy c'est l'empêcher d'user de son succès pour contester le secrétaire géRETOUR CRITIQUE SUR L'UNION DE LA GAUCHE

En 1974, Paul Laurent, membre éminent du Secrétariat et responsable de la Région parisienne, jugeait que le PS avait «dans la pratique rompu avec la collaboration C'était l'époque où le PCF chantait les louanges du Programme commun de gouvernement signé avec les Socialistes en 1972 et auquel les Radicaux de gauche s'étaient ral- les travailleurs».

France de division liés peu après. Pour la résolupolitique du XXIIlème Congrès, adoptée à l'unanimité, le PS est «activement engagé dans la stratégie de contre-offensive des forces du capital», et un texte récent de la direction du PCF sur son intervention syndicale dénonce le PS

«une organisation de droite non-ouvrière».

Ces changements d'analyse viennent en fait justifier changements de politique du PC vis-à-vis du PS et de l'Union de la Gauche. Le bilan de celle-ci a été tiré par la direction du PCF, dans une tribune de Lajoinie, du BP, parue l'Humanité : «Cet accord de gouvernement (le Programme commun gouvernement) donnait au PS, écrit-il, une sorte de certificat de bonne conduite à gauche facilitant les illusur un prétendu changement de sa nature social-démocrate (...) Aucun accord de sommet ne peut remplacer le mouvement de masses pour l'union. Il peut, bien sûr, comme l'a montré le Programme commun, le freiner. (...) Pour la premiere fois dans histoire l'union sur un programme n'a pas permis au PC de se renforcer, et c'est au contraire le PS qui a seul profité de cette expérience».

Marchais a confirmé publiquement cette analyse à la télévision en déclarant que le uré-équilibrage au profit du PS a été une mauvaise chose pour

Le congrès du PCF

confirme la politique

LA RUPTURE DE L'UNION DE LA GAUCHE ET LA NOUVELLE POLITIQUE

En septembre 1977, six mois avant les élections législatives, la direction du PCF a décidé rompre l'Union de la Gauche. La polémique qu'elle a alors engagée contre le PS ne portait pas sur le fond commun, mais de «reactualisation» (1). Le nombre de nationalisations, que la direction du PS voulait réduire au maximum, fournissait l'essentiel du prétexte pour lancer la division de la gauche. La direction du PC ne voulait pas poursuivre une politique dont les fruits profitaient lement au PS (de 72 à 78 il a par 2 son influence électorale alors que celle du PO stagnait) alors que le développement du mouvement politique et social de la classe ouvrière, dans le contexte de crise capitaliste, pouvait rendre explosive une victoire de la gauche lors des élections. C'était prendre le risque de servir de marche-pied électoral au PS, tout en devant monter en première ligne, en tant que parti le plus implanté classe ouvrière, pour appliquer une politique de gesla crise capitaliste, et sein de la ouvrière, le prix le plus cher. Pour justifier aux yeux des militants ce brusque volte-face en ravivant le patriotisme de parti, la direction du PCF a mis l'accent sur le refus de la

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direction du PS d'accorder aux ministres communistes, dans un futur gouvernement de gauche, la place qui leur revenait.

A cette époque, comme aujourd'hui, le PCF ne proposait en aucun cas une autre stratégie pour la classe ouvrière; c'était et c'est encore une politique contre le PS, pas une politique pour le socialisme.

La réorientation a été tionnée par le XXIIIème Congrès. Celui-ci, tenu plus d'un an après l'échec de mars 78 et plus de 18 mois après le changement de politique à l'égard lUnion de la Gauche, marque officiellement le tournant et vise à mettre un point final aux questions que militants et sympathisants du PC se sont posées depuis. Le fond de la politique du PCF reste le même. Le cadre de cette politique est donné par l'analyse de la crise du capitalisme comme «avant tout nationale», même international spécifique». Le but de cette curieuse «théorie» (qui a tout de même du mal à expliquer pourquoi la crise frappe simultanément l'ensemble des grands pays impérialistes, France incluse !) est de situer le PCF comme un parti qui ne dissimule pas les responsabilités du gouvernement et de Giscard dans la crise (alors que le PS est frappé de «giscardisme» et se fait le fourrier de «l'Europe de Giscard Schmidt») et dans le même temps comme un parti «national», qui défend les intérêts de l'économie nationale face aux Georges Marchais et Roland Leroy bourgeoisies étrangères et aux gouvernements sociaux-démo-

A la différence de la politique du Programme commun qui mais a au contraire renforcé le PS, la nouvelle politique exclut, dans l'immédiat au moins, un accord avec le PS et même, comme l'a écrit Lajoinie, «avec les organisations du PS», c'est-à-dire avec les organismes locaux et de base du Parti socialiste. Formellement à l'Union de la Gauche le XXIIIème Congrès oppose «l'unité à la base», «sans toutefois exclure l'unité au sommet», comme l'a déclaré Guy Hermier, membre du BP, dans son discours de clôture du Con-

Il ne s'agit pas pour le PCF d'avoir un cours ultra-gauche après avoir eu un cours opportuniste vis-à-vis du PS, comme cela est si souvent arrivé dans le passé. La cause principale en est la situation politique, sociale et économique. La bourgeoisie lancé après les élections une nouvelle mouture du plan Barre, beaucoup plus offensive que les précédentes, pour tenter d'affaiblir la classe ouvrière avant la nouvelle vague de récession internationale qui se profile. La classe ouvrière n'est pas restée passive face à cette offensive bourgeoise. Malgré toutes les difficultés, dues notamment à la politique de division du PCF et du PS depuis les élections, elle a engagé une contre-offensive comme en témoignent les mobilisations en Lorraine et dans le

Nord. Dans ce contexte, le PCF ne pouvait se payer le luxe

Run cours sectaire ultragauche et aventuriste, car cela aurait risqué de mettre le feu aux poudres et de représenter pour les travailleurs, malgré sa volonté, le signal de la grève générale. Après l'échec électoral, les masses ouvrières sont portées naturellement à utiliser les moyens propres à la classe ouvrière pour engager la riposte face à la bourgeoisie; elles cherchent naturellement à obtenir par la lutte directe ce qu'elles n'ont pas obtenu par les élections. C'est pourquoi le PCF doit à la fois développer un cours sectaire pour mer vis-à-vis du PS comme «le premier parti de la classe ouvrière » et ne pas offrir de solution politique d'ensemble. On a ainsi pu voir les responsables du PCF avancer l'idée que la solution globale, offerte dévalorisé les luttes quotidiennes des travailleurs. Et G. Séguy, membre du Bureau politique et secrétaire général de la CGT, déclarait récemment au Comité confédéral national de la CGT que l'action nationale interprofessionnelle ne peut venir « que de la multiplication des initiatives d'action à tous les niveaux » et, pour bien se faire comprendre, il ajoutait que le niveau des luttes n'était pas encore à la hauteur « parce qu'on remarque encore une tendance à attendre ce qui peut venir d'en haut, le mot d'ordre national qui servirait d'étincelle»!

Jusqu'aux élections présidentielles de 1981, pour lesquelles G. Marchais a déjà déclaré qu'il y aurait un candidat du PCF, cette politique aura cours. Tout en affirmant sa « fidélité à l'union contre la trahison des socialistes» et son acharnement à rechercher «l'unité à la base», c'est une politique de division des rangs ouvriers que le PCF maintiendra pour de longs mois, sinon de longues années. En aucune façon il ne se dirigera vers la riposte d'ensemble de la classe ouvrière. Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher que ne s'enclenche une grève générale par rapport à laquelle il serait totalement désarmé,

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sans solution gouvernementale propre de collaboration de classe et devant alors passer sous les fourches caudines du PS. Pour continuer à s'affirmer comme parti « national», comme « parti de gouvernement», c'est-a-dire comme parti en qui la bourgeoisie peut, le moment venu, mettre sa confiance, accentuera sa politique ultra-chauvine de défense des «intérêts nationaux » contre les multi-nationales et «l'Europe allemande» ou «germano-américaine », selon la conjoncture. UN TOURNANT QUI N'EST PAS UN RETOUR AU STALINISME A LA MODE DE THOREZ ET JEANETTE VERMERSCH

Le XXIIIe Congrès s'est situé dans la continuation du XXIle Congrès. La prise de distance officielle avec le léninisme et la tradition communiste qui avait marqué le XXIIe Congrès, s'est poursuivie au XXXIIe Congrès. Le PCF s'engage toujours plus à fond dans la voie de la collaboration de classe et la soi-disant « transition démocratique au socialisme». Désormais. les références au léninisme (absentes, même comme rituel, de la résolution politique) se dissolvent; l'internationalisme prolétarien est remplacé par la «solidarité internationaliste »; la « dictature du prolétabannie du vocabulaire et comme l'expliquait une tribune de discussion dans l'Humanité, il n'est pas question de constituer « des comités populaires» ni des « comités de double pouvoir», car la stratégie du PCF, c'est « la gestion de masse de les espaces de démocratie conquis pas à pas».

Du reste, pour signifier clairement que pas changer de stratégie, mais rester dans le cadre de celle de l«eurocommunisme», G. MarCongrès, de tenir deux meetings avec E. Berlinguer, l'un à Marseille et l'autre à Turin, où il réaffirmait l'identité PCF et du PCI sur les questions essentielles.

Ice cadre, le XXIlle Congres a néanmoins réaffirmé avec force le «bilan globalement positif des pays tes», allant même jusqu'à affirmer que « la situation des femmes dans les pays socialistes n'a d'égale dans aucun pays». La direction du PCF a ainsi montré les bornes de l'«eurocommunisme». Elle rejette formellement ce qui fait obstacle au développement du PCF, la répulsion qu'éprouve l'écrasante majorité des travailleurs face à la caricature sanglante du socialisme de Brejnev. Pour cela, elle dénonce les aspects trop criants de la dictature bureaucratique de l'URSS et des « démocraties populaires», mais elle se garde bien d'aller jusqu'à rompre politiquement avec le Kremlin et c'est à mots très mesurés qu'elle émet ses critiques. Le congrès a ainsi, en faisant la sourde oreille, refusé de prendre une position de solidarité avec les opposants tchécoslovaques de la Charte 77 et Sabata qui passait en procès la même semaine que le Congrès. Dans le même temps, pour obtenir suffisamment de , direction du Cau mee moment de la secon occidentaux même ne. G. Marchais a donné le ton en déclarant : «Il ne manque pas de prophètes pour annoncer la mort de l'eurocommunisme. Ils se trompent ou ils trom-

Il ne s'agit donc aucunement pour la direction du PCF de suivre les positions des quelques nostalgiques de la belle époque du stalinisme qui, l'an dernier, à la télévision, se sont exprimés par la voix de Jeanette ThorezVermersch.

Sur ce plan, il n'y a pas eu de division au sein de la direcLES LIMITES DES COURANTS OPPOSITIONNELS

A l'issue de la discussion préparatoire, la direction s'est félicitée de la faiblesse numérique des votes contre son orientation. Sur 20446 délégués aux 98 conférences fédérales, ont, selon elle, voté contre le projet de résolution et 151 se sont abstenus. Sur 28000 cellules. 824 ont repousse la résolution (2). Mais le premier fait remarquable, c'est que des votes oppositionnels se soient à ce soient à ce point exprimés et aient pu pas- pu passer les premiers barrages bureaucratiques (3), ce qui n'était jamais arrivé au PCF depuis cinquante ans.

II reste que les oppositions, nourries par la politique de division menée par la direction l'échec de mars 1978, sont encomposites.

Ellenstein est finalement resté en marge de ce Congrès. Ses efforts pour se faire le chantre de la « déstalinisation» ont un écho certain dans le parti. Mais il est incapable d'offrir une réelle alternative stratégique et tactique à la direction. Son anti-léninisme foncier ne débouche pas sur une politique concrète qui puisse mobiliser « à droite» les militants. Certes ses efforts pour combattre le sectarisme vis à vis de la social-démocratie rencontrent les aspirations de beaucoup de militants. Mais ils butent sur ce dont ces mêmes chargent naturellement la recherche de l'unité avec les socialistes : l'engagement de la lutte au coude à coude, du front unique pour pour combattre le régime et le plan Barre. Or sur ce plan la direction est forte pour lui rétorquer qu'il faut préserver la force du PCF face au PS et que sa politique ne peut que conduire à l'alignement sur la social-démo-

En ce qui concerne les « alintellectuels, leur faiblesse principale est politique. Ils refusent le cours accentué d'abandon de tout lien avec le léninisme et ce qu'il en reste formellement dans le PCF. Mais ils n'ont pratiquement rien à dire sur la tactique du parti; si ce n'est pour beaucoup, pour préconiser un retour à l'Union de la Gauche, à la politique de l'union sans être à même de dire ce que cela signifie dans la situation actuelle, après l'échec de mars 1978 et dans la nouvelle situation politique et sociale qui l'a suivi. Toutefois ces critiques se sont faites acerbes et ont courageusement, comme l'a fait Hélène Parmelin, pris position pour la solidarité avec les victimes de la répression en République socialiste de Tchécos-

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ponsable de l'UGICT (4); et Gi- des travailleurs. Isolée sur le lovaquie et dans les autres pays de l'Est.

L'opposition politiquement la plus vigoureuse s'est exprimée dans un bulletin, Luttes et Débats, édité par des militants ouvriers du PCF. Ce bulletin, ouvert à toutes les contributions de militants du PCF, s'efforce de pallier au manque de discussion démocratique, tribunes sélectionnées de l'Humanité ou de France Nouvelle ne remplacent pas. Un Manifeste de 15 militants ouvriers a été publié par ses animateurs; il constitue une alternative de lutte de classe à la stratégie de la direction. Il propose une ligne de front unique ouvrier contre la politique de division et de collaboration de classes. « On ne combat pas le réformisme par le sectarisme, proclame-t-il, dans l'unité, sur la base des revendications unitaires en liant toute lutte revendicative à la lutte politique. Impulsons la coordination des luttes, en cours et à venir; développons la solidarité ouvrière autour de ces mêmes luttes (...) proposons aux travailleurs l'auto-organisation dans les luttes (comités de grève à la base) parce que l'action ne se décrète pas d'en haut, mais se propose et s'impulse à la base; agissons l'unité des organisations ouvrières politiques et syndications unifiantes (...). La grève générale se prépare dans ce cadre et et non pas dans l'attente hypothétique du «grand soir»

Notre parti doit concrétiser le débouché politique par la ment des partis ouvriers PC et PS qui aura pour programme la satisfaction des revendications défendues par les travailleurs et le maintien des structures d'intervention de démocratie ouvrière des masses laborieuses (comités de base, d'entreprises, de quartiers). Sur la base d'un front commun des organisations ouvrières politiques et syndicales, nous pourrons poser la question de la satisfaction des revendications et du changement politique par la grève générale reconductible (...). Nous n'avons que faire d'un programme proposant une démocratisation de la démocratie bourgeoise et le maintien de la loi du marché malgré les nationalisations. Comment prétendre pratiquer une logique des besoins, la planification, tout en conservant la loi du systeme capitaliste, fondée sur le profit ? (...). C'est en tant que communistes et militants implantés dans les luttes que nous faisons cette contribution au débat aujourd'hui indispensable dans le parti.» Cette orientation marque incontestablement l'apparition, fait d'autant plus notable que c'est le fait des travailleurs, d'une opposition de gauche à la direction du PCF. Mais, malgré ses succès d'estime, il faut préciser que cette opposition reste très minoritaire dans le parti et n'a pas encore les forces de contester la direction, par une présence au Congrès notamLES CHANGENENTS DANS LA DIRECTION : L'AFFIRMATION DE GEORGES MARCHAIS

Outre la spectaculaire éviction de Roland Leroy, des changements plus nombreux sont survenus dans la direction. Certes le rituel a été respecté. Et pas un candidat au Comité central n'a eu moins de 99,7% des votes. Mais il est piquant de noter que les deux candidats qui ont eu le moins de voix, 1970 sur 1975, ne sont que Roland Leroy et Henri Fizbin; le Secrétariat a

Les nouveau élus du Bureau politique sont : Philippe Herzog, polytechnicien et professeur de faculté; Pierre Juquin, ancien élève de l'Ecole normale supérieure; Francette Lazard, professeur agrégée d'histoire, rélactrice en chef de l'Humanité; René ingénieur, ressèle Moreau, employée de banque. La direction témoigne de sa volonté de mettre des intellectuels à la direction du PCF, lesquels n'y ont jamais eu beaucoup de poids de toute l'histoire du PCF; et en mettant en plus de G. Séguy et H. Krasucki un troisième dirigeant national de la CGT, la direction montre sa volonté de resserrer ses liens avec cette centrale.

Autour de Georges Marchais ce sont ses fidèles qui tiennent le Secrétariat et le Bureau politique. « L'élection » de cette direction marque ainsi incontestablement un renforcement de la position du secrétaire général. Nul ne peut contester qu'il soit le maître de l'appareil du PCF. L'AVENIR DE LA CRISE

Les contradictions que traverse le PCF ne sont pas apparues directement au congrès; mais elles n'ont pas pour autant disparu. Ceci concerne particulièrement la CGT et les rapports

La direction en est consciente et elle a, événement rare, fait paraître un dossier dans l'Humanité sur l'action syndicale du PCF. Le but de ce dossier était notamment de réaffirmer la primauté du parti sur le syndicat et de l'action du parti l'entreprise sur l'action du syndicat. Il visait aussi à signifier aux socialistes de la CGT que le PCF veille sur celle-ci et ne les laissera pas aller trop loin.

L'absence de perspective politique est durement ressentie par les militants syndicaux qui sont les plus directement confrontés aux attaques du plan Barre et à la volonté de riposte

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une résurgence du Programme plan intersyndical, la CGT n'a en fait pas d'alternative à opposer commun avec les socialistes !);

au travers des déclarations de au «recentrage» de la CFDT, et ses proclamations sur la nécessi-

G. Séguy sur la non-application té de lutter s'échouent inévitamous sont un reflet déformé blement sur la politique du

PCF. Les divergences au sein de ment à la base de la Conféla bureaucratie se sont affirmées lors du dernier CCN de la CGT :

au travers de certains militants du PCF qui, localement au que la politique du PCF, de moins, sont favorables à la scission de la FEN (5) en créant un collaboration de classes syndicat relié directement à la plus directement

CGT; au travers des regrets sur l'absence de débouchés d'enaux aspirations et aux luttes de la classe des difficultés d'application des pourquoi la crise du PCF conpropositions du 40ème Congrès surtout dans la CGT et dans de la CGT sur l'unité intersyndiles rapports de celle-ci à la cale (que les militants les plus sectaires du PCF voient comme fraction du PCF.

Le tome IV des œuvres complètes de Trotsky est paru. Il regroupe des textes écrits entre avril et décembre 1934, c'est-à-dire des le lendemain de l'expulsion de France de Trotsky par le ministère de l'Intérieur, cédant aux pressions conjuguées de la droite et de l'Humanité. C'est encore la situation française qui est largement analysée dans les articles en question, et notamment lévolution de la SFIO, dans laquelle il existe des possibilités de travail fructueux pour les révolutionnaires, pense Trotsky, en raison notamment du développement d'une importante tendance gauche. Le «tournant français», l'«entrisme» i dans la social-démocratie, firent l'objet de débats intenses dans les rangs de l'Opposition de gauche internationale, trouve des aspects importants dans les réponses faites par Trotsky à tel militant ou telle section.

Mais 1934, c'est aussi l'assassinat de Kirov

(1er décembre), l'emploi de la terreur de masse en URSS qui annonce les purges sanglantes des

Procès de Moscou. Trotsky dissèque minutieusement les mécanismes policiers et s'efforce de mettre en garde l'opinion publique mondiale...

***

L'Institut Léon Trotsky a, par ailleurs, publié, également aux EDI (Editions et documentation internationales), le premier numéro des

Cahiers Léon Trotsky, publication à caractère scientifique, qui paraîtra trois fois par an. Outre un compte-rendu parallèle en français et en anglais (partiellement différent) de la conférence de fondation de la IVe Internationale, on y trouvera un article de Pierre Broué sur «quelques proches collaborateurs de Trotsky»; un inédit de Trotsky «sur la philosophie du surhomme»; une note de George Breitman «quand

1) Le Programme commun, signé en du 40ème Congrès, etc. Ces re-

1972, prévoyait une croissance écocontinue de

C'était avant la crise économique.

des contradictions qui s'expri-

Le PC et le PS discutèrent sa actualisation» à partir de juin 1977.

2) Si on retenait les critères de représentativité employés par la direc

C'est au travers de la CGT tion, 824 cellules, cela représenterait un peu plus de 20000 adhérents.

de chauvinisme,

En fait il s'agit de quelques milliers

3) Seule la majorité est déléguée à l'échelon supérieur.

ouvrière.

de l'Education na-

5) Fédération tionale, syndicat unitaire

LES OEUVRES COMPLETES DE TROTSKY le journal de Hitler imprimait une lettre de

Trotsky»; une chronique bibliographique recensant les livres et revues traitant de Trotsky et du mouvement trotskyste dans le monde... etc.

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Descartes, 75005 Paris.

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1933-1940, sans compter l'ouverture des archives de Trotsky à

Harvard (USA), le ler janvier 1980, date à laquelle une délégation de l'Institut sera sur place pour plusieurs mois - que des concours extéves, etc. Camarades peu ou moyennement sérieux, s'abstenir !

Institut Léon Trotsky : 29 rue Descartes, 75005

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Trotsky à Lénine et Zinoviev; les sources d'I. Deutscher; Joseph Hansen sur l'assassinat de Trotsky, etc.

Jean-François GODCHAU g

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