Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

Elargissons la campagne internationale contre la répression

Inprecor n° 55, 21 juin 1979 · p. 30-32 · 1 768 mots

IVe Internationale

COMITES COLOMBIE à l'étranger s'est déroulée à Paris, les 19 et 20 mai 1979, dans le cadre de la campagne internationale pour la Défense des Droits de l'Homme en Colombie.

Nous publions ci-dessous des extraits de la déclaration adop-

Colombie LA PREMIERE RENCONTRE INTERNATIONALE tée à tée à cette occasion. (Pour une bienne, voir Inprecor n. 53)

Le niveau atteint par la répression actuellement en vigueur en Colombie dépasse celui qui existait déjà de manière institutionnelle dans la vie nationale de ce pays.

En effet, plus de 2 500 personnes, accusées de «subversion», ont été détenues au cours de cette année. Plus d'une centaine d'entre elles doivent passer prochainela campagne int contre la

DES analyse de la situation colomment devant un Conseil de guerre. Trente militants politiques, appartenant à l'opposition, ont été assassinés tances qui laissent peser de graves soupçons sur les Forces armées. D'autre part, les innombrables disparus, les nombreux cas de torture, constatés par des organismes au-dessus de tout ments qui témoignent de l'existence d'un régime de terreur qui

Elargissons

ernationale répression est en voie d'institutionnalisation.

Plusieurs institutions ont récemment dénoncé cet état de choses, parmi elles : une Commission de la Chambre des Représentants, le Conseil du District de Bogota, l'Institut médico-légal, le Conseil syndical national, le Forum national pour les Droits de l'Homme, l'Association colombienne des Juristes démocrates, le Comité de Solidarité avec les Prisonniers politiques et divers représentants de la hiérarchie ecclésiastique.

La répression ouverte, en tant que moyen de gouvernement, et la violation des droits

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RAFAEL AWAD GARCIA Notre camarade Rafael Awad Garcia, membre du Comité exécutil du Parti socialiste révolutionnaire (PSR-Colombie) est mort, il y a quelques semaines à Bogota, des suites d'un grave accident de la circulation. Il avait 23 ans. Rafael Awad avait rejoint le que Socialista» à l'âge de 17 Il fut l'un de ceux qui, au cette organisation mena le pour le trotskysme et la IVe Internationale, en 1975-76. Il participa à la fondation du PSR et fut élu membre de sa direction au premier congrès de cette organisation sympathisante de la IVe Internationale en Colombie. La jeunesse et le dynamisme de Rafael Awad ne seront pas oubliés par les militants du PSR et par tous ceux de la IVe Internationale qui l'ont connu. élémentaires de l'homme sont pas des pratiques nouvelles en Colombie. L'utilisation de la violence sous de nombreuses formes, y compris la torture, caractérise depuis très longtemps l'administration des classes dirigeantes dans le pays, mais ces pratiques se dissimulaient sous le masque d'un régime civil qui conservait institutions démocratiques.

Néanmoins, au cours de ces derniers mois, cielle a cherché à s'abriter derrière les lois elles-mêmes. L'utilisation abusive de l'état de siège qui est en vigueur depuis 30 ans, mis à part quelques mois, a permis la promulgation de lois toujours plus dont le point culminant fut le décret 1923, voté en 1978 et qui porte le nom de «Statut de sécurité».

Ainsi doté d'instruments légaux qui permettent les manœuvres les plus arbitraires l'exercice de la répression, un pouvoir militaire qui sort chaque jour davantage de l'ombre, s'est livré, les mois passés, à des excès intolérables de violence et de répression, qui réclament sans délai une internationale.

Cette lombie.

manifester sa

«Bloans.

sein de combat rable.

tatorial, le «Statut de sécurité» a réussi a réussi à assimiler le délit de et par rapport aux peines enne lum bien

Mollardgaise 29-18

1060 Vienne - Autriche des

Comité Colombie-Belgique

B.P. Ardennes 1245

1348 Louvain-la-Neuve

Belgique

Estudiantes Colombianos

P.O. Box 1496

Sofia - Bulgarie

- Comité Colombie-URSS

Moscou

Comité Colombia-Pais répressives,

Vasco Vinas 10

5 - D Hernani

Guipuzcoa - Espagne de

Droits

Prisonniers politiques en

Colombie

I rue Montmartre

75001 dans

Colombianska Kommitten

Tensta Allé 48 - N.B.

163 condamnation situation alarmante poussé les différents Comités

Colombie, existant à l'étranger, à se réunir afin de coordonner leurs efforts en vue d'une dénonciation énergique du régime juges qui s'installe aujourd'hui en Co-

Ils demandent à l'opinion publique internationale de condamnation sives de d'un régime dont les pratiques ont atteint des limites inacceptables. La législation répressive rations et la pratique de la terreur utilisée par les militaires sont les seules réponses données au désespoir croissant des masses populaires qui se voient refuser leurs droits économiques et sociaux de façon de plus en plus intolétoute légale :

Dans un régime qui ne peut plus cacher son caractère dicques;

«rébellion», dans sa définition, courues et au régime judiciaire, fense;

LES COMITES COLOMBIE DANS LE MONDE

Solidaritatskomitee mit Ko-

Maison

Apartado

Comité pour la Défense des et des

THomme

75001 • Paris - France

64 Spanja • Suède aux délits de droit commun les plus graves, afin d'éliminer ainsi tout germe d'opposition. Dans cet état d'esprit, ledit «Statut de sécurité» crée de nouveaux types de délit dont la définition reste vague, comme par exemple : «perturbation l'ordre de public», «désobéissance aux autorités», ou encore «propagande subversive», en laissant aux le soin d'en interpréter le sens à leur manière.

De plus, les pratiques répresces derniers mois ont démontré que ledit «Statut de sécurité», avec toutes ses abern'était juridiques, qu'une représentation symbolique d'une volonté d'annihiler toutes les formalités légales qui pourraient s'opposer à l'application de la répression. Les excès commis dépassent en effet possibilité d'expression

- la pratique de la torture, convertie en traitement normal à l'égard des prisonniers politi-

- l'entrave du droit de la dé-

- Kolumbien Gruppe

Savignyplatz 5

D-1000 Berlin 12 - R.F.A.

- Comité Colombie d'Amérique Latine

41 rue de Suède

1060 Bruxelles - Belgique

Comité Colombia de

38042 correos

Madrid 31 - Espagne

• U.S. Commitee against the

Human Rights violation of and Democratie Liberties in

Colombia

- Committee Colombia

Interpress Service

90-93 Cowcross St.

London E.C.1

Grande Bretagne

• Aktie Colombia

Amsterdam - Pays Bas

- Comité Colombia

Lausanne - Suisse

- Comité Colombia

Tchécoslovaquie

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• la detention des membres d la famille en qualité «d'ota ges»; - la détention, la torture et l'expulsion du pays de citoyens d'autres pays à qui la Colombie avait reconnu le droit d'asile; - la détention et la torture d'enfants, de malades, de

Get de femmes enceintes; - les manœuvres d'intimidales avocats qui assurent la défense des détenus. Certains d'entre eux ont été arrêtés, d'autres ont été vietimes d'attentats perpétrés par des groupes para-militaires. Il va sans dire que la justice ne suit pas son cours pour ces terroristes et qu'aucun d'entre eux n'a été appréhendé.

Cette situation n'est pas restée sans réponse et le peuple colombien s'est trouvé confronté à la tyrannie du régime. Le Forum des Droits de l'homme qui s'est récemment déroulé à Bogota et auquel ont participé de manière unitaire de nombreux secteurs politiques, syndicaux et populaires, a représenté

LIBERTE POUR NIDIA MARIA

VIVAS ET LUIS TORRES

La camarade Nidia Maria Vivas a été arrêtée par des militaires le 4 mai à Cali. Au même moment la demeure de ses parents était perquisitionnée.

Depuis lors, elle a été maintenue au secret dans les locaux du Bataillon Pinchincha de Cali.

Le 17 mai, Cétait au tour du camarade Luis Torres, membre de l'organisation régionale du PSR à

Baranquilla, d'être arrêté dans cette ville de la côte atlantique de la Colombie.

Luis Torres est Président du

Comité des habitants du quartier

«El Milagro» de Baranquilla. Son arrestation est survenue quelques jours après l'attaque de ce quartier pauvre par la police, sous prétexte d'occupations illégales de terrains.

Luis Torres est détenu avec d'autres dirigeants du Comité dans la prison principale de Baranquilla.

une manifestation courageuse pour montrer la volonté de défendre à tout prix les libertés

• ce des de me

des citoyens et le respect des droits de l'homme. Il donne la preuve qu'il existe actuellement une mobilisation autour des revendications essentielles, lutte qui regroupe les secteurs les plus larges de la population colombienne.

En ce sens, et malgré les efforts du gouvernement pour mettre un terme à l'une des plus vieilles aspirations des travailleurs colombiens, le mouvement vers l'unité syndicale a été encouragé par la mobilisation des quatre centrales ouvrières, le Premier Mai dernier. Le fait que le mot d'ordre de lutte contre la répression ait été au centre de cette mobilisation met en évidence l'apparition dans le pays d'un mouvement de masse qui cherche à rompre l'engrenage de la violence officielle et de la sur-exploitation issue du capitalisme multi-national, renforcé par cette même répression. LES COMITES COLOMBIE LANCENT UN APPEL PRESSANT

Conscients du fait que seul un large mouvement populaire pourra combattre la politique répressive du gouvernement dirigé par Turbay Ayala, fidèle instrument des militaires, les Comités Colombie soussignés considèrent que toutes leurs activités doivent tendre à renforcer un tel mouvement. L'expérience de la campagne menée nous amène à conclure que la sente un instrument efficace pour s'opposer à la férocité de la répression. Les protestations d'innombrables secteurs de l'opigouvernement civil démocratique que le régime colombien veut présenter à ceux qui ne connaissent pas la situation réelle du pays. La conspiration du silence dont la presse internationale entourait traditionnellement les faits de la vie politique colombienne commence à se briser, ce silence qui, en dernière instance, se plie aux exigences des relations étroites qui existent entre la diplomatie et l'information.

C'est pourquoi, venus d'horizons idéologiques différents, nous manifestons ici notre solidarité avec le peuple colombien et notre désir de lutter pour le respect des droits de l'homme dans ce pays. Citoyens de différentes nationalités, appartenant aux Comités Colombie à l'étranger, nous déclarons notre volonté de continuer à mener cette campagne internationale. • Nous combattons pour dénoncer la violence répressive et pour mettre à l'écart un gouvernement qui n'hésite pas à mentir et à présenter un masque démocratique en s'appuyant pour ce faire sur le soutien politico-militaire de l'impérialisme.

Cette première rencontre internationale des Comités Colombie lance un appel urgent à l'opinion publique pour qu'elle se joigne à nos voix de protestation et exige du gouvernement colombien : - le respect des droits de l'homme et, concrètement, la cessation immédiate des tortures; - la libération des détenus politiques et la cessation immédiate des persécutions contre les opposants au régime; - la levée de l'état de siège et de toutes les mesures sur lesquelles s'appuie l'institutionnalisation de la répression; - le respect sans restriction de toutes les libertés syndicales et des accords internationaux en matière de droit du travail; - le respect du droit d'asile pour les réfugiés politiques venus d'autres pays.

Nous lançons cet appel à tous ceux qui combattent pour la démocratie et pour les droits de l'homme, et à tous ceux qui dans le monde luttent contre l'impérialisme et l'exploitation. Et c'est à eux que nous adressons notre salut de solidarité.

Paris, le 20 mai 1979

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