al Livio MAITAN
L'appréciation qui a été faite par la plupart des commentateurs sur les résultats des élections italiennes du 23 juin : la situation n'est pas radicalement changée, l'instabilité n'est pas surmontée, la réalisation d'un équilibre politique aussi bien gouvernemental que parlementaire reste très difficile, est fondamentalement correcte. Toutefois, il ne faut pas ignorer une série de déplacements qui se sont produits au niveau électoral et qui reflètent les développements assez significatfs des deux dernières années.
Tout d'abord, quelques données sommaires : 1) les partis et les formations se réclamant du mouvement ouvrier perdent globalement 3,1% ux élections le prix de:
à la Chambre et 2,1% au Sénat (le PCI perd 4% à la Chambre et 2% 0,2% partout; l'extrême-gauche gagne 0,7% et obtient au total presque 800 000 voix); 2) la DC perd respectivement
0,4% et 0,6%, alors que les petits partis du centre et centre-droite avancent de 0,9% à la Chambre et de 2,6% au Sénat. Le centre, dans son ensemble, progresse de 0,5% à la Chambre et de 2% au Sénat; 3) la droite fasciste - MSI - perd respectivement 0,8% et 0,9%; 4) le Parti radical (PR) enregistre un succès important, en augmentant son score de 2,3% à la Chambre et de 0,5% au Sénat. Il faut enregistrer aussi le
Le PC paie,
nationales,
sa politique
succès de listes locales, dans certaines villes ou régions (le cas le spectaculaire est celui d'une liste locale qui a atteint 30% à Trieste); 5) les abstentions ont augmenté de près d'un million et demi en dépassant au total les 4 mil. lions à la Chambre (presque considérable). En même te est ce qui pour l'Italie est il y a eu une augmentation d'à peu près 40% des bulletins blancs ou nuls (plus de 1400 000 à la Chambre).
Pour mieux illustrer la portée du scrutin, il faut ajouter les précisions suivantes : - il y a une différence entre les voix à la Chambre et les voix
Sénat, qui, en partie du moins, reflètent une orientation
différente des électeurs plus jeu- - l'échec du PCI est plus sen- dans tous nes (au Sénat ne votent que ceux qui ont dépassé vingt-cinq ans). C'est le PCI qui souffre le plus de ce décalage, en partie à cause de la présence généralisée de l'extrême-gauche à la Chambre et de son absence presque totale au Sénat, en partie à cause d'une influence plus limitée parmi les générations nouvelles. L'organe du PCI a lui-même siqu'alors qu'en 1976, on pouvait estimer que 40% des électeurs jeunes pour ce parti, le score actuel se situe autour de 28%. Ce sont surtout les radicaux qui semblent avoir profité des orientations de certaines couches de - les tendances nationales s'accentuent - parfois même sensiblement - dans les grandes villes qui sont les centres principaux de la lutte politique et qui reflètent avec une sensibilité et une rapidité plus grandes les changements ou les phénomènes nouveaux. Ainsi, le PCI enregistre des pertes supérieures à la moyenne nationale (nous nous référons à la Chambre, élue par un électorat plus large) à Rome, Naples, Turin, Gênes, Palerme, Cagliari, Bari; il reste au niveau de la moyenne nationale à Milan et il perd moins que la moyenne à Bologne, Florence, Venise et Trieste. Ce qui est encore plus significatif, c'est sensiblement - de plus que la moyenne nationale qui est de 4% - dans des centres de la banlieue ouvrière de Turin (où les abstentions ont été parfois très élevées et où les radicaux ont remporté des succès) et de Milan et dans des quartiers populaires de Rome. La DC perd 4,2% à Milan, 3% à Turin, 2,6% à Gènes, 2,4% Bologne, 2,3% à Florence, 4% à Cagliari et 13,8% à Trieste, elle reste, en gros, stable ou progresse dans une mesure insignifiante ailleurs (Rome, Naples, etc.). Quant au PR, c'est justement dans les grandes villes qu'il est apparu comme une force considérable (en gros, le quatrième parti) : 7,1% à Rome, 5,9% à Naples, 6,6% à Turin, Gènes, 4,7% à Bologne, 6,6% à Palerme, 6,5% à Venise, ete.): Venise, etc:
sible dans le Sud, notamment dans les grandes villes ou des centres significatifs : moins 10,3% à Naples, moins 8% à Palerme, moins 5,9% à Cagliari, moins 6,5% à Bari, moins 5,5% dans la province de Tarente, moins 8,1% dans la province de Catane, moins 6,5% dans la province Reggio de Calabre, moins 8,9% à Caltanisetta.
La première constatation qui s'impose est que le PCI régresse aux élections politiques pour la première fois depuis 1946 et dans des proportions qui, pour la tradition électorale italienne de l'après-guerre, sont sans aucun doute appréciables (2). Cela est d'autant plus important que le but principal de la DC et des formations bourgeoises en général était surtout d'affaiblir le PCI. Ce but a donc été atteint. Des deux grands partis ouvriers, c'est le PSI qui a maintenu ses positions, à savoir le parti qui dans la période la plus récente avait pris les attitudes les plus ambiguës, ne ménageant pas ses attaques contre le PCI et faisant flèche de tout bois.
La deuxième constatation est que le maintien de ses positions - avec des reculs dans des villes importantes - implique pour la DC un échec quant à son deuxième but, l'augmentation de son pourcentage en atteignant 40%. La progression, extrêmement modeste à la Chambre, des autres partis du centre, ne compense pas ce piétinement, même si, du point de vue des sièges, il y a eu un progrès du centre (et également du centre gauche). Quant au parti fasciste, il n'a pas récupéré entièrement ce qu'il avait perdu à la suite du départ des députés et sénateurs qui avaient donné naissance à Démocratie Nationale (qui n'a eu aucun élu et ne dépasse pas 0,6%), mais il apparaît relativehomogène 1976 et, pour ainsi dire, plus radicalisé à droite.
L'extrême-gauche a amélioré son score aussi bien en chiffres absolus qu'en pourcentage (plus 0,7%) et elle obtient six sièges à 1976). Soit dit en passant, cela confirme que dans un pays très politisé et fortement différencié
Uses secteurs politiques, où, de surcroît, il existe un système, tionnel, des forces similaires. ou relativement similaires, obtiennent des résultats globalement si elles se présentent séparément. Il s'agit d'une sorte de «loi» qui a joué en 1948 lors du bloc PCI-PSI sous le drapeau du FDP, en 1968, lors de l'éréunification entre socialistes et sociaux-démocrates, en 1976, à l'occasion de l'accord unitaire de l'extrême-gauche autour de Démocratie prolétarienne. Ce qu'il est plus important de souligner, en cas, c'est que l'extrême-gauche apparaît aujourd'hui moins capable qu'en 1976 de présenter une alternative globale; que l'aile représentée par la NSU n'a pas su ou voulu se démarquer du Parti radical ni que sa force la plus significative sur le terrain électoral est le PDUP, qui, tout en critiquant le compromis historique, et en jouissant de soutiens importants dans la «gauche syndicale», n'a pas été capable d'exprimer une stratégie qualitativement différente de celle des réformistes et défend des conceptions carrément gradualistes sur la transition au socialisme (ou la «fuoriuscita» du capitalisme, pour utiliser sa terminogie) (3). Précisons que le PDUP avait réalisé un accord avec le MLS, formation qui reste damentalement maoïste, dont
Best encore plus droitière et qui s'est partiellement intégré à la bureaucratie syndicale (notamment de l'UIL démocrate) (4).
Comme nous l'avons indiqué, conjointement à l'échec du PCI, succès du PR représente le fait saillant des élections du 3 juin. Il faut dire que ce succès s'est produit à un moment où le PR a très sensiblement accentué une évolution qui, en 1976, ve. nait de s'amorcer. Alors que pendant toute une période, il est apparu comme l'instrument de batailles pour les droits démocratiques où les partis ouvriers majoritaires, et surtout le PCI, ne s'étaient engagés que très tard (par exemple, la ba-
taille pour le divorce), ensuite il a commencé apparaître comme un pôle de cristallisation de tous les mécontentements, en prenant le plus souvent le PCI comme cible principale. Déjà en 1976, il avait pu capter une partie de la base électorale potentielle de l'extrême-gauche. Maintenant, le phénomène a pris des dimensions beaucoup plus grandes et, dans les listes radicales retrouvés, à côté des radicaux «historiques», des anciens leaders de Lotta Continua (parmi lesquels le député sortant, Pinto, dirigeant des chômeurs napolitains en 1975), des anciens députés du PCI, des anciens socialistes, comme Sciascia - élu à Palerme sur la liste du PCI, lors des élections municipales de 1975 - et d'autres, tels Macciochi (des secteurs de «l'autonomie», oubliant pour un instant le P 38, ont appelé eux aussi à voter pour le PR). Qu'est-ce qu'un tel cucktail pourra donner à l'avenir, c'est matière à spéculation. Disons pour le moment que le phénomène une nouvelle manifestation de la crise de cette petite bourgeoisie qui a subi une radicalisation à partir de 1968-69, et dont un secteur a abouti à des attitudes «anti-régime», grosses d'ambiguités et qui une idéologie faramineuse où s'additionnent et se combinent un libertarisme socialisant, un esprit à la «nouveaux philosophes» et un poujadisme de gauche sui generis et qui exerce une influence même sur des franges des nouvelles générations ou-
La question se pose de savoir si c'est surtout le PR qui a profité du déclin du PCI. La réponse n'est pas simple: elle ne pourra être donnée avec certitude que plus tard, sur la base d'une analyse très détaillée du scrutin. Comme dans d'autres occasions, il y a eu probablement des déplacements multiples et il serait simpliste, sinon carrément erroné, de se baser exclusivement sur les pourcentages bruts, en plus ou en moins. Par exemple, il est possible, même probable, qu'une partie non négligeable des électeurs de DP de 1976 ait voté en 1979 pour les radicaux (rappelons que toute une aile de ce qui reste de Lotta continua a soutenu le PR, alors que d'autres ont soutenu la NSU) qu'à leur tour les listes d'extrême-gauche de 1979 ont arraché au PCI plus de voix qu'on pourrait le croire sur la base d'un calcul trop simple. Toutefois, il est incontestable qu'une partie des anciens électeurs du PCI, y compris dans des bourgs ouvriers, ont voté pour le PR : le PCI lui-même l'affirme dans ses premières analyses («il y a une proportionnalité assez précise entre notre fléchis-
Get le progrès radical dans des zones et des villes comme Rome, Turin, Trieste, neo, alors que le phénomène serait moins accentué dans le Sud», écrit «l'Unità» ). Le PSI, quant à lui, ne semble pas avoir profité du recul du PCI, sauf dans des cas peu nombreux et dans des proportions extrêmement modestes (notamment au Sud). Remarquons en que le PSI a gagné quelque chose au sud, un peu moins au centre tandis qu'il a perdu au nord. Les calculs sont encore problématiques en ce qui concerne les partis du centre : il s'agit, en tout cas, de quantités négligeables. Par contre semble avoir été touché sement par le phénomème labstentionisme et l'augmentation des bulletins nuls : les commentateurs sont d'accord là-dessus. Du point de vue des forces sociales, voilà ce qu'écrit l'Unità : «Il est assez fondé de dire que les pertes les plus grandes ont été subies par le PCI dans les quartiers en désagregation de la banlieue et, en général, dans les zones de dépression sociale. Des pertes sensibles ont été enregistrées également dans les zones de couches
Substanciellement solide, mais non dépourvu de quelques phénomènes de mobilité, le vote des zones ouvrières; le vote paysan a été consolidé.» On appréciera l'euphémisme qui vise à minimiser les pertes ouvrières; mais, en gros, l'analyse semble correspondre à la réa-
SIGNIFICATION DU RECUL DU PCI
Nous n'avons pas besoin d'insister beaucoup sur le fait que le PCI a payé le prix de la politique menée depuis l'été 1976 dans le cadre de la stratégie plus générale de compromis histori-
Désormais, les dirigeants du PCI eux-mêmes doivent reconnaître explicitement ce que nous avions souligné à plusieurs reprises : il est plus facile d'écridans les résolutions que le parti est en même temps parti de gouvernement et parti de lutte que de traduire ces intentions dans la pratique quotidienne (voir, par exemple, l'interview d'Occhetto dans La Republica du 7 juin). Et, à plus forte raison, lorsqu'on contexte de difficultés économiques persistantes et que le gouvernement qu'on soutient applique une ligne d'austérité - et non dans les interprétations sophistiquées et nébuleuses des «berlinguériens», mais très prosaïquement, en réduisant
INDEX DES SIGLES
D.C. Democratia Cristiana (Démocratie chrétienne)
FDP Fronte Democratica Popo-
Clare (Front démocratique populaire) MLS Movimento dei Lavaratori por il Socialisme (Mouvement des Travailleurs pour le Socialisme) NSU Nuova Sinistra Unite (Nouvelle gauche unie) PCI Partito Comunista Italiano
(Parti communiste italien) PDUP Partito d'Unite proletaria
(Parti d'Unité prolétaire) P.R. Partito Radicale (Parti radical) PSI Partito Socialisto Italiano
(Parti socialiste italien)
UIL Unione Italiana dei Lavatori
(Union italienne des Travailleurs)
«Mouvementiste», ceux qui croient
Men la simple «spontanéité du mouvement» «fuoriuscita», signifie littéralement
«sortie au-dehors de»
le niveau de vie des masses, directement ou par le biais de l'inflation, et en augmentant le chômage.
En 1975-76, le PCI avait gagné sur tous les terrains. La classe ouvrière lui faisait confiance plus que jamais auparavant. Son influence augmentait dans les couches moyennes; des secteurs de la bourgeoisie elle-même estimaient que le PCI aurait pu jouer un rôle capital pour remettre de l'ordre dans la maison en réduisant la DC à la portion congrue. Les ouvertures tous azimuts de sa politique, de ses élaborations théoriques et de ses proclamations «pluralistes» visaient exactement à obtenir de tels résultats. Mais, au fur et à mesure que sa politique a été soumise à la vérification pratique, un effet boomerang a commencé à se faire sentir: Trois ans après 1976, sentir:
CRITIQUE
COMMUNISTE passez vos commandes !
c'est sur tous les terrains que le PCI est en perte de vitesse.
Son recul électoral est le reflet d'un triple phénomène : 1) une crise de confiance de secteurs de la classe ouvrière, y compris dans les citadelles de l'Italie du Nord, où le PCI paie aussi le prix principal des orientations opportunistes des directions syndicales (même s'il n'est pas le seul responsable) et, plus particulièrement, de la façon dont a été ou est menée la campagne actuelle pour la révision des contrats; 2) une crise de confiance encore plus profonde et manifeste de la part de couches de la petite bourgeoisie, de secteurs de l'intelligentsia, et souvent sous des formes encore plus spectaculaires, de couches populaires de l'Italie du Sud (par exemple, prix 20 F
• • • le numéro 27 de « critique communiste » dans des métropoles en crise permanente et sans issue, comme Naples ou Palerme);
3) une perte d'influence et de prestige parmi ces secteurs de la bourgeoisie moyenne et d'entrepreneurs, qui avaient flirté avec le PCI, à partir des élections locales de 1975, dans l'espoir que celui-ci tire pour eux les marrons du feu.
Comme nous l'avons déjà dit, la crise a pris des dimensions beaucoup plus importantes parmi les jeunes générations. Les données électorales ne font que confirmer un phénomène qui s'était traduit dans l'incapacité du PCI de gagner d'une façon stable une influence large dans le mouvement étudiant et dans cette faillite de la FGCI comme organisation de masse, que le dernier congrès du Parti avait dû explicitement admettre.
Denis Berger
La forteresse lézardée
(A propos du XXIII Congrès du PCF).
•
Alain Brossat
Coucou, le revoilà : l'Homme
Roland Lew
•
La Chine aujourd'hui, les comptes ne sont pas apurés
Documents
Salut de la LCR au III° Congrès de l'OCT
•
•
Lettre à l'OCT
Réponse de l'OCT ébat : « L'emprise du réformisme »
Antoine Artous et François Ollivier
A trop vouloir prouver...
Michel Lequenne
A propos de l'influence réformiste
Henri Weber
Encore une fois sur l'emprise des appareils réformistes
•
Pierre Frank
Le « socialisme réellement existant » était-il historiquement nécessaire ?
Jean-Pierre Garnier
Lucien Sfez sou le purgatoire autogéré
(A propos de « l'Enfer et le Paradis »
Blandine Barret-Kriegel, Jean-Marie Vincent
Debat sur « La formation de la théorie de l'Etat chez Karl Marx »
DIFUSION GALLEF vient de paraître
Un changement s'est opéré par ailleurs dans l'état d'esprit, y compris des électeurs qui ont continué à voter pour le PCI (et qui représentent toujours - il ne frut pas l'oublier - une force très grande). En 1975-76, le PCI apparaissait à leurs yeux comme porteur d'une perspective politique nouvelle et son renforcement sensible avait été l'expression d'une radicalisation qui non seulement se poursuivait, mais même s'élargissait et s'approfondissait. Aujourd'hui, on ne saurait dire la même chose : la politique de collaboration nationale a mis à nu le contenu réel de la stratégie de compromis historique; les militants et les électeurs ont subi une déception profonde, leur vote correspond à un choix de classe que beaucoup d'entre eux considèrent comme inévitable, faute d'alternative crédible, mais il n'a plus la même signification et le même potentiel qu'il y a trois ans. QUELLES PERSPECTIVES ?
La DC, répétons-le, n'a atteint qu'à moitié son but dans la mesure où, au recul du PCI, n'a pas correspondu une avancée de sa part. Toutefois, elle peut mesurer avec une satisfaction légitime le chemin parcouru dans les quatre dernières années. En 1975, non seulement elle pouvait craindre ce fameux dépassement (en pourcentage de voix) par le PCI, dont la presse italienne a parlé fréquemment, même au cours de la campagne qui vient de se terminer, mais elle était contestée de plus en plus ouvertement par des secteurs très larges et très influents de la classe dominante qui se posaient le problème de se donner un nouvel instrument politique. Aujourd'hui, malgré toutes les critiques, même virulentes, que la grande presse ne cesse de lancer contre le parti dirigeant et ses gouvernements, son rôle irremplaçable n'est absolument pas remis en question et il n'y a eu que des franges dérisoires d'électeurs qui, le 3 juin, ont choisi de se déplacer vers le Parti libéral ou d'autres partis du centre.
Les résultats des élections lui assurent, en tout cas, des conditons plus favorables dans la confrontation avec le PCI. Elle peut dire que le verdict du scrutin confirme son choix de proposer au PCI une collaboration dans le cadre de l'unité nationale, mais sans une participadu PCI lui-même au gouvernement. A moyen terme, après son congrès, prévu pour l'automne, elle pourra miser sur une collaboration privilégiée avec le Parti socialiste, avec l'apport ou non des petits partis de l'ancien centre-gauche, avec ou sans le soutien extérieur - direct ou indirect - du PCI. En réalité, l'ofensive sur ce terrain a été déclenchée par des déclarations et des entretues de dirigeants démocrages-chrétiens immédiatement après le scrutin.
Or le PSI se trouve dans une position inconfortable. Il n'a pas réussi à gagner une force contractuelle supplémentaire, mais son choix peut tout de même s'avérer décisif. Aussi bien l'ouverture vers la DC avec un retour à la formule gouvernementale des années 60 qu'un alignement à l'opposition à côté du PCI lui créeraient des problèmes sérieux du point de vue de son orientation d'ensemble et de sa situation intérieure. Il est presque inévitable que des conflits sérieux s'ouvrent dans son sein et qu'il traverse encore une fois l'une de ces périodes tourmentées qu'il a connu à plusieurs reprises à partir de sa reconstruction en 1944-45.
Le PCI lui aussi devra faire face à des situations difficiles. Pour la première fois depuis la fin de la guerre, le groupe dirigeant ne peut plus avancer pour défendre sa ligne l'argument apparemment incontestable de l'augmentation constante de son influence. Un débat, y compris au sommet, est inévitable. Déjà au cours des derniers mois, le choix de ne plus soutenir le gouvernement Andreotti avait été critiqué de deux points de vue différents : certains estimaient qu'il aurait dû le faire plus tôt, d'autres soulignaient le danger de précipiter une crise gouvernementale dont l'issue ne pouvait être qu'une nouvelle dissolution anticipée du Parlement. Aujourd'hui et dans la phase qui s'ouvre, il y aura fort probablement une tendance souhaitant une relance du processus de révision politique et idéologique, dans le but de créer des conditions supplémentaires pour une politique d'unité nationale ou de compromis historique de longue
haleine, et une autre plus fa- haleine, vorable à un raidissement de la vorable ligne, ligne, à une réaffirmation de l'identité du parti, donc à une accentuation de l'orientation accentuation de esquissée à partir de la fin de l'été 1978 et concrétisée par la sortie de la majorité gouvernementale. Les ont donné au PCI une leçon qu'il ne saurait prendre à légère. Mais cela ne pas que le choix d'un retour à l'opposition pour toute une période soit facile
Il ne faut pas perdre de vue que s'il maintient le point de vue exprimé même scrutin - soit participation au gouvernement de deux ouvriers, soit opposition - et si le PSI le suit, on débouchera sur une crise politique ment grave, voire sur une confrontation majeure. Est-ce que les théoriciens du historique qui visait justement à éviter une telle perspective, sont prêts à l'affronter aujourd'hui, avec un rapport de forces qui a évolué, même ment, à leur désavantage ? Que feraient-ils surtout face à un éventuel gouvernement DC-PSI faisant sur le papier concessions programmatiques et leur demandant l'appui de l'extérieur ?
Le but de cet article n'est pas de faire un bilan d'ensemble de la dynamique de la situation limiterons donc à mettre en deux appréciations, l'une et l'autre erronées. La première implique pour ainsi dire pessimiste : les élections confirmeraient qu'il y a reflux, que la classe ouvrière sérieusement affaiblie, que la classe dominante est en train de mener à bien son œuvre de que le rapport de forces, même d'extrême-gauche).
appréciation mentalement impressioniste estompe des données esElle voile le que le rapport de force, meme dans le miroir électoral, n'est pas qualitativement changé, pas que la DC a subi une usure supplémentaire, que tout gouactuel, sera faible et précaire, dans la mesure où, au-delà de l'orientation éventuel entre DC et PSI (ou devra s'efforcer d'imposer une politique d'austérité, ouverte élections ou camouflée, ou camouflée, sans la possibila signifie derniers mois, n'a pas perdu pour lui. sa combativité disposée à avaler passivement des couleuvres, que les nouvelaprès le petites partis quent aucunement une stabilisation politique extrêmed'ignorer ou tains changements compromis tendances, partielletraction de la classe quelques couches geoisie radicalisée,
• serbie de age ment étudiant, crise d'identité
politique d'une partie considérable de la jeunesse. Nous nous couler inévitablement de telles tendances doit inciter les marxistes révolutionnaires à se battre mouvements de masse pour que les soient menés sans aucune concession nationale qui sacrifie les intérêts de la classe ouvrière et des autres exigences de la restructuration de l'économie capitaliste et de la «normalisation» bourgeoise, et pour faire surgir des luttes fonda- cette alternative sans laquelle les luttes partielles large mesure, de leur contenu. de l'union nationale, dit la déclaration des GCR, qui, dans l'impossibilité de présenter des dans le contexte ter pour programmatique
PSI et PCI), tout gouvernement ouverte lité de réduire le chômage ou de juguler l'inflation, que la classe ouvrière, comme le démontrent aussi les luttes des et n'est pas les formes de la crise de couches bourgeoises n'implidu régime.
L'erreur symétrique serait minimiser cercertaines et qui se sont reflétées aussi sur le terrain électoral et que nous avons indiquées, ne serait-ce que schématiquement, dans notre analyse du scrutin :
désarroi et perte de confiance parmi des couches ouvrières, déclin partiel de la force d'atouvrière organisations sur exploitées, des couches de la petite-bourle mouve-
La conscience des difficul-
NOTES combats à l'ordre du jour mocratique couches exploitées aux se vident, dans une très l'exigence de la relance dit la
4 députés (il
2.
candidats, avaient appelé à votoutes les listes du mouvement ouvrier, soppose l'exigence de la victoire des métallurgistes et des autres cutégories industrielles pour leurs contrats; l'exigence d'une bataille pour les 35 heures et d'une véritable grève générale qui batte l'arrogance patronale et ne se contente pas d'enregistrer les rapports de forces issus de ces dix années de lutte, mais vise à les transformer sur le terrain du gouvernement et du pouvoir (…..)
Il faut travailler pour que le débat diplomatique sur les formules parlementaires n'affaiblisse pas la force et l'unité du mouvement ouvrier. Pour qu'au réaffirmée plus haut niveau l'indépendance mouvement svndical face à la bourgeoisie et face aux manœuvres diplomatiques entre ci et les bureaucraties ouvrières Il faut travailler pour que les militants des partis réformistes, face aux résultats électoraux, se posent le problème d'une persdifférente qui rompe avec les illusions sur l'hypothèse compromis historique capitalisme réformable. Aujourd'hui, il faut renforcer ceux qui se sont battus avec pour l'unité du mouveouvrier, pour son indépencance, pour l'affirmation de sa force mobilisée contre les patrons et les solutions bourgeoises (...)». 1) Nous nous basons sur les chiffres donnés par la presse italienne jusqu'au 6 juin, qui sont susceptibles de quelques modifications. 2) Il est difficile d'apprécier les résultats de 1948, le PCI étant alors unifié avec le PSI dans le Front dépopulaire. Le mouvement ouvrier dans son ensemble marqua un recul par rapport à 1946 mais ce fut propablement l'électorat du PSI qui a déserté en faveur des socciaux-démocrates et de la DC. 3) «L'Unità» du 6 juin s'est félicitée explicitement du succes relatif du PDUP-MLS - en opposition à la NSU - à Milan et à Bergame. 4) Sur la base des accords établis avant le scrutin, le PDUP aura
Men avait 3 parmi les députés de DP en 1976) et le MLS,