Inprecor 1974–2004

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ETATS-UNIS

Salt II : un cadre pour la course aux armements

· Inprecor n° 55, 21 juin 1979 · p. 18-20 · 1 686 mots

Paix et armements URSS et Russie Écologie Indochine

D'après ses partisans, le traité Salt II sur l'armement, annoncé le 9 mai, est un pas en avant vers la paix.

«Il va freiner la course aux armements nucléaires et diminuer la possibilité d'une guerre nucléaire», a déclaré le secrétaire d'Etat Cyrus Vance.

Le rejet de ce traité, a averti le Président Carter, «porterait un coup important à la paix dans le monde et la mettrait en question» .

Mais la vérité est que l'arsenal nucléaire du Pentagone va augmenter grâce au traité proposé. Les accords Salt Il servent simplement à couvrir les préparatifs de guerre que Carter réalise actuellement.

Comme cela a été le cas lors des discussions acharnées au sujet du traité du Canal de Panama en 1977, la classe dominante a organisé un débat bidon afin de faire glisser vers la droite le cadre de base des discussions po-

D'un côté, il y a les «faucons», qui se plaignent que les accords Salt II vont gêner l'expansion de l'arsenal nucléaire des EtatsUnis. De l'autre côté, les «colombes» insistent pour que le traité Salt II soit approuvé, car il ne s'ingérera en rien dans les fabrications d'armes du Penta-

«En quoi leurs critiques considèrent-ils les accords Salt II

Etats-Unis comme un obstacle ou même une entrave au développement de l'armement américain qu'ils préconisent ?», ont demandé les éditorialistes du New York Times, partisans du traité Salt, dans le numéro du 11 mai.

Les travailleurs n'ont pas le moindre intérêt à choisir un camp dans ce débat truqué. par leur nom - un volet de la couverture politique pour l'expansion de la machine militaire de la classe dominante US. DE SALT I A SALT II

Depuis que le traité Salt I a été signé en 1972, les arsenaux nucléaires de l'Union soviétique et des Etats-Unis ont presque doublé. Selon le discours du 5 mars du sénateur Mark Hatfield, le nombre de têtes nucléaires soviétiques est passé de 2100 à 4000, et celui des têtes nucléaires de l'arsenal du Pentagone de 4600 à 9000.

Le même processus se renouvellera sous les accords Salt II. Les reportages des médias capitalistes ont été soigneusement centrés sur les clauses concernant le nombre de lances-missiles. Même si l'on regarde le problème sous cet angle, le nombre de lances-missiles US actuellement en service va augmenter de 2058 à 2250.

Mais ces chiffres passent sous silence l'augmentation du nombre de têtes nucléaires utilisables - c'est-à-dire la force de frappe effective - qui est garanti par le expliquait le 5 mai :

Salt Il : un cadre

nouveau traité. Les bombardiers US, dont chacun compte pour un lance-missiles, sont maintenant capables de transporter jusqu'a vingt missiles de croisière nucléaires, même s'ils n'ont pas encore été déployés. Le traité Sait permettra aux futurs bombardiers de transporter jusqu'à vingt-huit missiles de croisière.

Chaque nouveau missile MX - une arme pour laquelle le Sénat a voté des crédits de 265 millions de dollars le 3 mai - portera dix têtes nucléaires, et chaque missile Trident Il peut porter 14 têtes nucléaires. Chaque tête nucléaire peut être lancée sur une ville différente, et le traité Salt II permet un maximum de plus de 17000 têtes nucléaires pour chaque camp, alors que le Pentagone en possède actuellement 9 à 10000.

Quand il était secrétaire à la Défense, Robert MeNamara estimait que 100 armes nucléaires tombant sur les Etats-Unis ou l'Union soviétique tueraient au moins 35 millions de personnes et détruiraient presque les deux-tiers de la capacité industrielle de l'un ou l'autre pays. Et MeNamara sous-estimait probablement l'impact réel. UN CADRE POUR LA COURSE AUX ARMEMENTS

Résumant ses prévisions dans un éditorial intitulé «Nous soutenons Salt», la New Republic

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«Grâce à leurs avantages en sous-marins et en bombardiers, les USA ont actuellement deux fois plus de têtes nucléaires que l'Union soviétique; en 1985, nous en aurons 12000, et l'Union soviétique 8000».

On nous présente donc un «traité de limitation de l'armement» dont les partisans prévoient une augmentation de 25% du nombre des armes nucléaites déployées par le Pentagone dans les six années à venir.

là une limitation de l'armement, qu'est-ce course aux armements?

La vérité c'est que le traité Salt II va simplement établir un cadre particulier pour la course à l'armement nucléaire. A l'intérieur de ce cadre, il y a le développement du système de missiles MX (qui coûte 40 milliards de dollars), le sous-marin Trident (1,5 milliards de dollars chacun), et le missile de croisière.

Ceux qui acceptent le cadre nécessaire de soutenir le traité, car sans lui l'augmentation du budget de l'armement pourrait être encore plus importante. COMMENT FONCTIONNE LA FRAUDE

Mais le but d'ensemble du débat Salt, du point de vue de la classe dominante, est justement d'essayer de préparer l'opinion publique à de telles augmentations du budget de l'armement, en jouant sur une soi-disant menace soviétique, tout en présentant en même temps Carter comme l'homme de la paix. Cela sera certainement un des thèmes principaux de la campagne électorale en 1980.

Carter, qui a promis de continuer à augmenter le budget militaire d'au moins 3% en dollars réels chaque année, est maintenant en mesure de senter son nouveau programme d'armement comme une concession nécessaire aux sénateurs «faucons», qui autrement refuseraient de voter pour le traité Salt.

Comme l'a écrit le reporter du New York Times, Hedrick Smith, le 10 mai, «l'administration espère attirer les modérés sceptiques et les conservateurs son côté en promettant d'étendre les programmes militaires».

Richard Burt rapportait le jour suivant que «certains membres du Congrès prédisent qu'à moins que Carter n'affirme bientôt son soutien au MX, il ne pas obtenir l'approbation du Sénat pour son traité».

Kenneth Bacan a carrément expliqué la tactique aux lecteurs du Wall Street Journal, dans un article du 12 décembre :

«Même si un pacte sur le contrôle de l'armement est ratifié... le débat a des chances d'avoir comme résultat que beaucoup de gens se sentent moins sûrs de la force des Etats-Unis, soient plus inquiets au sujet des intentions de l'Union soviétique, et, par conséquent, soient plus favorables à l'augmentation des dépenses US pour la défense.»

Une analyse similaire a été faite par Joseph Harsch, dans le Christian Science Monitor du 18 janvier. «Le facteur de limitation de la fabrication des armes américaines ne sera pas le nouveau niveau des accords Salt», a déclaré Harsch, «mais plutôt la limite jusqu'à laquelle le Congrès acceptera de s'engager dans la voie des fusils plutôt que dans celle du beurre».

Si les travailleurs voulaient réellement des fusils plutôt que du beurre, toute cette mascarade des accords Salt ne serait pas nécessaire pour la classe dominante. Le gouvernement capitaliste doit enrober son programme militaire en prétendant contrôler l'armement, en raison du désir de paix des travailleurs américains.

Le sentiment anti-guerre, profondément accentué par la guerre du Vietnam, a obligé le gouretirer les forces US d'Indochine. Il a, depuis, beaucoup limité les possibilités d'intervention militaire de Washington. La popularité des slogans contre les armes nucléaires lors de la manifestation anti- de :

nucléaire massive du 6 mai a Whashington a montré que ce sentiment est encore très vivant. LE PROGRAMME DE GUERRE DE CARTER

Depuis qu'il est entré en janvier 1977, a eu une politique conséquente - dans les limites qui lui étaient imposées par l'état d'esprit anti-guerre de la classe ouvrière américaine - d'augmentation des dépenses d'armement et d'incitation l'intervention militaire à l'étranger.

Cette politique est le reflet du cours fondamental de l'écoimpérialiste qui mène nécessairement à la guerre. Le capitalisme américain est fondé sur la domination de l'économie mondiale et il doit défendre les profits que lui procure cette domination face aux luttes ouvrières et paysannes.

pas surprenant que les mesures les plus agressives de Carter aient visé les zones où le système impérialiste est fortement remis en

En Afrique, Carter a encouragé et appuyé l'invasion de l'Ethiopie par la Somalie à la mi-1977, puis il a lancé une campagne virulente contre le gouvernement l'intervention de celui-ci pour l'attaque (soutenue par les impérialistes) contre la révolution éthiopienne. Cartes a répondu en envoyant deux bateaux de guerre US en Mer rouge.

En Indochine, il essaie de renforcer l'encerclement impérialiste du Vietnam. Des armes ont été fournies à la dictature Thaï et à des forces de droite au Kampuchea et Carter a poussé le régime de Pékin à envahir le Vietnam.

En Afghanistan, Washington est engagé dans une opération de déstabilisation destinée à renverser le régime prosoviétique.

Mais les opérations les plus importantes ont eu lieu au Moyen-Orient au début de la révolution iranienne. Il s'agit

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- l'envoi de nouvelles armes à

Get à l'Egypte, une valeur de 5 milliards de - ballons d'essai en vue de l'établissement de bases les et aériennes US en Israel et en Egypte, et d'un traité qui ouvre la voie à l'installation de bases américaines terrestres au Sinai; - la fourniture d'armes américaines au Yémen du Nord, pour la somme de 540 millions de dollars, ainsi que de l'envoi d'un certain nombre de «conseillers» américains; - l'envoi d'une flotte US, comprenant le porte-avion Constellation, dans le Golfe d'Aden pendant le conflit enl'Océan indien;

nava-

- l'établissement d'une force d'intervention

Orient.

se tentative pour restaurer le militaire service

Comme la expliqué le jour-

Drew Middleton, questions des tentative de conscription est liée à «la conviction que dans la prodécennie, tre le Yémen du Nord et celui peut-être du Sud, au mois de mars derricains

- pians pour la création d'une tinentale.»

«cinquième flotte» US dans

En impérialistes forte de

100 000 hommes au Moyenmême temps que opérations, il a fait une sérieuobligatoire.

naliste du New-York Times, spécialiste militaires, la réinstaurer la nérale guerre être appelée à intervenir et à combattre pour la défense des intérêts améhors d'Europe cond'autres termes, les sont tout à fait conscients qu'ils auront à mener de nouvelles guerres dans le style de celle du Vietnam s'ils veulent contenir les mouvements sociaux qui menacent leurs profits.

Carter ne mène pas une politique contradictoire. Le traité Salt Il proposé n'est pas une démarche isolée vers la paix dans une politique géd'agression impériaAu contraire, Salt Il fait partie de la politique de politique de de l'impérialisme. Nucléaire

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