Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NUCLEAIRE

Une première journée d'action internationale contre le nucléaire

· Inprecor n° 55, 21 juin 1979 · p. 20-21 · 1 180 mots

Écologie Syndicalisme

D'après les informations recueillies à ce jour, plus de 200 000 personnes ont manifesté contre le nucléaire à la Pentecôte.

Ces manifestations se déroulées dans une centaine de lieux différents répartis entre 30 pays du monde entier, dont le Japon, les continents européen et nord-américain, des formes diverses allant de la marche au meeting, en passant par l'occupation de sites.

Dans la ville d'Ontario, au Canada, une femme et 4 hommes se sont lancés en parachute sur l'emplacement prévu pour la plus grande centrale nucléaire du monde. A Long Island d'action int

(New-York), 600 personnes ont été arrêtées ; en Euskadi, une manifestation sont

Station contre un site destiné à SOuS tre l'interdiction faite de pénétrer sur le territoire français. Ils avaient en tre la centrale trer que l'irradiation ne connaît pas de frontière. C'est d'ailleurs pour cette raison que la plupart

Ur

contre l pacifique frontières. 5 000 personnes s'est terminée par la mort d'une participante, Bas, tuée par les balles de la police. En Ecosse, les syndicats se sont joints à une marche de protesl'armement nucléaire à Faslane, près de Glasgow. Des eyclistes allemands ont occupé un pont sur le Rhin, pour protester conqui leur était d'économie laire effet choisi de manifester conde Cattenam (Moselle), dans le but de monle première ernationale e nucléaire des lieux de manifestation en en Europe ont été choisis près des

Enfin, à Gasselte, aux Pays-

30 000 personnes venant pour la plupart de la région, se sont rassemblées pour protester contre les plans du gouvernement qui prévoit d'enterrer les déchets radio-actifs dans les marais salants. En tête de la manifestation, le maire de la ville, dont le conseil municipal a mis sur pied un programme d'énergie, corolindispensable, selon les élus, de la lutte anti-nucléaire. UN DEBUT PROMETTEUR

Rappelons tout d'abord comment cette mobilisation a pu se

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realiser. Début 1978, la coordination nationale anti-nucléaire suisse avait pris l'initiative d'appeler les différents mouvements anti-nucléaires nationaux et ré gionaux à une conférence internationale. La participation des pays européens y était représentative des mobilisations dans les différents pays puisque les organisations nationales les plus importantes étaient représentées. Il y a eu également des contacts entre les USA, l'Australie et le Japon.

Au cours de ces deux conférences, il a été proposé de mettre sur pied, par le biais d'une action concrète, un travail commun, permanent et structuré au niveau international, de tout le mouvement anti-nucléaire et de défense de l'environnement. C'est pourquoi des rassemblements ont eu lieu cette année à la Pentecôte et se reproduiront en principe dans les années à venir, comme démonstration de force d'un mouvement existant à l'échelle internationale.

Lors de ces deux rencontres, il a également été possible, sur la base d'expériences déjà riches bien que différenciées, de nombreuses luttes nationales, voir un premier débat qu'il se dessine dans les cinq revendications du mouvement.

revendications sont nues au premier plan des discussions : sur la répression et sur la publication des plans de

, qui apparaissent comme déterminantes après les affrontements l'Etat bourgeois Brokdorf, Malville, Gösgen, ete.

L'introduction de la revendication contre l'armement nucléaire est également significative; jusqu'à présent en effet, elle était à peine reprise par le mouvement, bien que les dangers de l'armement nucléaire soient considérables. Il faut avancer cette revendication parallèlement à celles qui concernent l'usage «pacifique» du nucléaire; ces dernières n'en seront alors que plus crédibles. L'ACTUALITE DE LA LUTTE CONTRE LES CENTRALES NUCLBAIRES

L'accident survenu à la Centrale d'Harrisburg, qui a donné un formidable encouragement au mouvement américain et qui a contribué au succès des ras- succès des rassemblements de la Pentecôte, a l'acuité et la nécessité historique de la lutte contre les centrales nucléaires pour défendre l'intérêt fondamental des personnes : vivre. Bien que rien ne soit encore joue, il ne fait aucun doute que la bourgeoisie des principaux pays «à énergie nucléaire» est dans une situation difficile; elle se trouve confrontée à des couches de plus en plus larges de la population qui s'opposent à la construction des centrales nucléaires. Ce qui se dessine aujourd'hui, c'est une offensive encore plus grande du mouvement : l'heure semble avoir sonné pour les adverles manifestations de la Pentecôte se - le ne petre tec. sont déroulées comme prévu. Elles ont eu lieu juste avant les élections; au centre des préoccupations se trouvait le problème des déchets radio-actifs, de leur retraitement et de leur élimination. Si elle veut poursuivre son programme nucléaire, geoisie est contrainte de trouver

«solution», quelqu'elle soit. En RFA, ni la coalition SPD-libéraux, ni la CDU veulent prendre la responsabitransformer Gorleben en gigantesque poubelle nucléaire pour toute l'Europe de l'Ouest; on peut considérer que c'est un demi-recul de la bourgeoisie. L'autre dépot d'ordures atomiques, La Hague, dans le nord-ouest de la France, con... An manenne diffioultóc

Après le succès des deux réfé. rendums organisés en Suisse et en Autriche et qui ont montré une forte opposition au nucléaire, un autre est prévu en Suède, qui pourrait bien donner mêmes resultats. Aujourd'hui, sont également à l'ordu jour la lutte contre la prochaine génération de centrales nucléaires, les sur-générateurs, ceux de Malville, de

REVENDICATION DU MORATOIRE

Malgré un rapport de forces favorable anti-nucléaires, il faut toutefois se garder de tout triomphalisme. aurait fallu - et c'est, ô combien, significatif - des milliers de morts à Harrisburg pour éventuellement contraindre la bourgeoisie à un arrêt complet de l'industrie et de la construction nucléaires. Cependant, presque partout, et même s'il y a des progrès, la participation active du mouvement ouvrier pour la défense des revendications antinucléaires fait défaut.

Sans cette participation, la lutte anti-nucléaire ne peut être décisive. Sans elle, la revendication du moratoire ne peut aboutir, car elle passe nécessairement par des débats au sein des syndicats, des partis communiste et socialiste et par l'unité d'action entre les militants anti-nucléaires et le mouvement ouvrier.

Ce n'est pas un hasard si cette revendication n'est pas très développée dans le mouvement, parfois même violemment rejetée. Pour beaucoup d'organisations, le mot d'ordre «Le nu-

? Non, merci» suffit ; pour elles, le problème du rapport de forces est à peine posé, le mouvement ouvrier n'existe pas C'est une faible consolation, pour cette composante non-politique, voire a-politique, du mouvement, que de condamner l'absence certes injustifiée des directions syndicales et des partis ouvriers et, pire, leur soutien au nucléaire et leur collaboration avec «l'Etat nucléaire». Pour nous marxistes-révolutionl'explication d'ordre de moratoire et l'action simultanée dans les syndicats doit être l'occasion de convaincre les nouvelles générations qui à la politique par la lutte anti-nucléaire et pour la défense de l'environnement, du rôle historique et stratégique de la classe ouvrière. LA CONFERENCE INTERNA TIONALE Elle aura lieu à Bâle les 30 juin et ler juillet. Une participation importante est attendue, notamment des autres continents, grâce aux efforts de coordination qui ont commencé à être faits. En plus du bilan de la Pentecôte et de la préparation des prochaines journées dans les années à venir, seront à l'ordre du jour les grandes manifestations européennes prévues à l'automne contre les poubelles de Gorleben et de La Hague, ou

Bonn et Paris, OU encore à Bruxelles.

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