Le combat, les armes à la main, du peuple nicaraguayen, sous la direction du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), contre la dictature haïe de Somoza, connaît actuellement une phase décisive qui pourra définir l'avenir de la révolution nicaraguayenne et, de façon générale, celui de la révolution en Amérique centrale.
La dictature féroce, profondément ébranlée, essaie de se défendre par tous les moyens, adoptant les mesures les plus barbares. Confronté à l'offensive sandiniste la plus profonde et la mieux organisée jusqu'à maintenant, Somoza tente de sortir de cette dure crise, qui a atteint le centre même de son pouvoir - Managua -, en quant la population civile de façon indiscriminée et en commettant un véritable génocide contre celle-ci. D'innombrables massacres et des représailles criminelles, avec des dizaines de milliers de morts, de blessés, de réfugiés, des destructions et des souffrances sans limites sont aujourd'hui le quotidien de ce peuple martyr de l'Amérique centrale.
La longue lutte héroïque qui s'est développée pendant des décennies contre la dynastie somoziste prend aujourd'hui les dimensions d'un combat révolutionnaire. Le peuple nicaraguayen a besoin en ce moment, plus que jamais, du soutien et de la
Nicaragua
Soutien, solidarité
pour le peuple en l
solidarité du prolétariat de tous les pays pour mener à bien son offensive contre la dictature, et obtenir ainsi la victoire dans sa lutte.
Cette campagne internationale en faveur de la lutte du peuple nicaraguayen doit avoir comme axe la dénonciation du rôle fondamental de l'impérialisme, en particulier nord-américain, en ce qui concerne le soutien au régime de Somoza et la survie de celui-ci. Le caractère hypocrite de la «campagne pour les droits de l'homme» du Président Carter devient clair pour tout le monde, ainsi que son soutien actif aux tyrannies les plus sanguinaires des pays semi-coloniaux, destiné à perpétuer la domination de l'impérialisme nord-américain. Ce soutien a même pris la forme de mepubliques tion militaire, de la part de de Département d'Etat américain. On l'a déjà vu hier par rapport au Shah d'Iran, et on le revoit aujourd'hui avec Somoza : l'impérialisme nord-américain est le derrempart des régimes les plus sanguinaires.
Mais il n'y a pas que l'impérialisme américain qui soutient Somoza. L'impérialisme européen, et surtout l'impérialisme japonais, le font également, particulièrement depuis quelques années, sous des formes diverses, parmi lesquelles le maintien des relations avec le dictateur. De
Déclaration du SU de la IV e Internationale utte même, il est nécessaire de dénoncer le rôle que joue, depuis quelques mois, le régime raciste et réactionnaire d'Israël, servant d'instrument de l'impérialisme yankee, lors de l'envoi d'armement pour la Garde nationale de Somoza.
Les forces impérialistes ont intérêt au maintien en place de Somoza, et de ce fait, sont le garant de sa dictature, dans un moment où, d'ailleurs, même d'importants groupes bourgeois nationaux lui ont supprimé leur soutien. Somoza et son régime représentent la clé de la domination impérialiste dans la région d'Amérique centrale. Financièrement, industriellement et commercialement, le régime de Somoza est lié aux multinationales impérialistes; cet attachement est couronné par un puissant lobby politique au sein même du Congrès des EtatsUnis, à travers lequel le dictateur possède une source permanente d'aides militaires de toutes sortes.
La défaite de Somoza ne représenterait pas seulement une victoire pour le peuple nicaraguayen. Ses répercussions seraient énormes, dans une région divisée par l'impérialisme, mais qui dès aujourd'hui commence à retrouver son unité historique dans les processus révolutionnaires en marche. Les vingt millions d'habitants de l'Amérique centrale sentiront de près les
Face aux manœuvres de l'imrialisme, la solidarité et la mobilisation internationales en appui à la lutte du peuple nicaragayen et au Front sandiniste de Libération nationale doivent être redoublées.
L'ensemble des manœuvres diplomatiques en cours à Washington dans le cadre de la réunion de l'OEA (Organisation des Etats américains) et dans différentes capitales latino-américaines, de Caracas à San-Jose de Costa-Rica, ne doivent pas faire illusion : lou d'être écarté, le danger d'une intervention impérialiste plus réel que jamais. Certes, officiellement, Carter a «laché» Somoza et réclame sa démission, mais c'est pour sauver l'essentiel, l'appareil d'Etat somoziste et sa bande conséquences de la révolution au Nicaragua. Au Guatemala, au Salvador, et au Honduras, la lutte des peuples contre les dictatures verrait des jours plus propices, car ces dictatures trouvent dans le régime de Somoza un de leurs piliers fondamentaux. De la même façon que les peuples de ces trois pays s'identifient totalement avec le destin des masses au Nicaragua, les dictateurs de ces trois pays voient, eux aussi, comme la leur la lutte que mène Somoza, et collaborent étroitement avec lui pour éviter son renversement, qui amènerait aussi le leur.
Du côté de l'impérialisme, la défense de ce bastion contrerévolutionnaire est vitale: il est une base pour mener des campagnes militaires contre Cuba, ainsi que pour accentuer la répression contre tous les mouvements révolutionnaires porteurs de danger. Les projets économiques (renouvellement du Marché commun d'Amérique centrale), militaires (Conseil de défense d'Amérique centrale) et politid'hommes en armes, la Guardia Nacional, équipée et entraînée plus qu'aucune autre latino-américaine par l'impérialisme américain.
C'est dans cette perspective qu'il faut également analyser l'activité diplomatique et les soi-disant tentatives de médiations des pays du Pacte andin. Sur le terrain, aucun des deux camps ne semble à court terme en mesure de l'emporter militairement de façon décisive sur l'autre; c'est là une situation qui peut favoriser les opérations politiques et diplomatiques actuelles et ouvrir la voie à une intervention impérialiste. Intervention qui pourrait en particulier prendre le masque d'une soi-disant force de paix, d'une force tamques (vers une stabilisation générale) de la part de l'impérialisme, sont sur le point de sombrer. Il est donc absolument évident qu'il faut s'attendre, dans ces moments d'agonie du régime somoziste, aux manœuvres contre-révolitionnaires les plus audacieuses de la part de l'impérialisme.
Dans des pays tels que le Costa-Rica et le Panama, des couches de la bourgeoisie, y compris ses groupes dirigeants, essaient d'éviter les conséquences révolutionnaires de la lutte (au Nicaragua, dans leurs propres domaines. Les bourgeoisies des autres pays voisins réagissent de la même façon, comme au Mexique, au Venezuela et en Colombie, ainsi que dans les pays du Pacte andin : il est plus facile pour ces bourgeoisies d'apparaftre comme des «libéraux» face au boucher de Managua. Elles envisagent ainsi de pouvoir intervenir plus tard dans le processus révolutionnaire, en freinant sa dynamique de révolution permanente.
pon dont l'objectif avoué serait de séparer les bellisérants, mais dont l'objectif réel serait de frustrer le peuple nicaraguayen d'une victoire possible, en maintenant intacte la Guardia nacional, en relativisant le rôle des forces sandinistes et en ouvrant la voie à une solution bourgeoise plus acceptable et qui garantisse les intérêts de l'impérialisme au Nicaragua et dans la région.
Seule la mobilisation de toutes les forces anti-impérialistes en Amérique latine, aux Etats-Unis et dans le monde entier, en appui aux combattants nicaraguayens, contre toute intervention impérialiste quelle qu'en soit la forme, peut faire échouer ces plans.
Il est de notre devoir de l'impulser.
Il est nécessaire de se solidariser avec le combat du peuple du Nicaragua et de son avant-garde, le FSLN, pour éviter son isolement. DYNAMIQUE ET STRATEGIE REVOLUTIONNAIRES
Dans le combat pour le renversement de Somoza, correct de faire des accords tactiques de lutte les plus larges possibles. Ces alliances peuvent même comprendre des forces de la bourgeoisie. Mais, par contre, il serait très dangereux d'établir des compromis avec ces secteurs dans la constitution d'un gouvernement provisoire. Seules les classes qui se sont le plus et le mieux battues contre la dynastie des Somoza, depuis des décennies - le prolétariat et la paysannerie - peuvent garantir la victoire anti-impérialiste réelle que représenterait le renversement de la dictature. Le Front patriotique national (Frente Pa-
Mexico triotico Nacional), créé récemment pour «réajuster» l'ancien Front élargi d'opposition (Frente Amplio de Oposicion), et auquel participent des forces bourgeoises anti-somozistes, comme celles représentées par Alfonso Robelo, Sergio Ramirez, Violeta de Chamorro et d'autres personnalités bien connues dans les milieux bourgeois, à côté du FSLN, ne peut pas répondre aux besoins réels du peuple nicaraguayen, à l'ensemble de ses revendications politiques, économiques et sociales. Les bourgeoises ont intérêt à restreindre la lutte pour abattre Somoza à son seul aspect politique, sans que soient abordées l'ensemble des revendications sociales exigées par les couches populaires.
Il s'est déclenché au Nicaragua un processus de révolution permanente. La lutte contre la dictature entraîne naturellement dans la même logique les revendications sociales des masses populaires (terre, travail, démocratie), dont la seule garantie sera le combat indépendant des travailleurs et des paysans pauvres. Il est également nécessaire ce comprendre que, pour repousser une intervention imperialiste, directe ou par le biais
Belize
Guatemala
Honduras El. Salvador
MANAGUA d'agents tels que le Guatemala ou El Salvador, il faut nécessairement combattre contre la dépendance capitaliste de façon régionale et qu'une rupture de classe avec la bourgeoisie est également nécessaire, ainsi que la revendication de l'indépendance et de l'autonomie des travailleurs pour pouvoir avancer dès aujourd'hui vers la victoire.
En effet, immédiatement après qu'une solution bourgeoise soit mise en place pour remplacer le dictateur Somoza, l'installation d'un régime bourgeois stable sera impossible. Le pouvoir économique des Somoza, les difficultes éprouvées pendant des décennies par certains secteurs de la bourgeoisie pour construire une opposition capable d'être une alternative crédible, la gravité de la crise économique et sociale, tout cela tend à faire des revendications immédiates des masses populaires de véritables points de débordement du cadre imposé par la propriété capitaliste des terres et des usines. C'est en effet pour éviter cette dynamique que ces mêmes secteurs bourgeois de l'opposition, avec l'accord explicite de la direction du FSLN, construisent le mur de l'unité nationale».
NICARAGUA
Costa Rica Panama
Afin d'obtenir la satisfaction de toutes leurs revendications, les paysans pauvres ainsi que les ouvriers devront réaffirmer leur indépendance de classe face aux projets de la soi-disant bourgeoisie nationale. Ils devront renforcer leurs organisations propres et entamer une lutte sans concessions contre les exploiteurs impérialistes et leurs représentants au Nicaragua. C'est seulement de cette manière qu'ils pourront suivre l'exemple du peuple cubain.
Des changements importants et des perspectives historiques nouvelles sont possibles actuellement au Nicaragua et en Amérique centrale. En ce moment crucial de la lutte contre la dictature de Somoza, la IVe Internationale lance un appel pour entreprendre une vaste campagne de solidarité à l'échelle mondiale avec le peuple nicaraguayen, avec ses organisations et avec le FSLN, son avant-garde.
Toutes les organisations syndicales et poli. ques du mouvement ouvrie: international doivent être aux premiers rangs de cette campagne de solidarité avec la révolution nicaraguayenne, qui vient de commencer.
Ceci afin de condamner et de dénoncer les énormes crimes que la dictature agonisante vient de commettre pour se maintenir au pouvoir.
Le peuple nicaraguayen aura besoin de la solidarité internationaliste la plus large pour pouvoir vaincre ses puissants ennemis impérialistes, et le prolétariat mondial lui apportera.
Les militants ouvriers, démocrates et révolutionnaires lutteront pour l'organisation: de larges campagnes de mobilisation :
* Messages de solidarité des mobilisation et des manifestations aux délégations du FSLN dans les divers pays; * Envoi d'aide matérielle (médicaments, etc.); * Les travailleurs des ports doivent empêcher tout envoi de leurs ministres au Nicaragua, dans la tradition de la solidarité avec le Vietnam (les dockers australiens) et avec le Chili (les dockers suédois); * Pour la rupture immédiate des relations avec la dictature.
A BAS LA DICTATURE
DE SOMOZA !
PAS UN CENTIME,
PAS UNE ARME
POUR SOMOZA !
DEHORS L'IMPERIALISME
DU NICARAGUA ET DE
L'AMERIQUE LATINE !
POUR UN GOUVERNEMENT
OUVRIER ET PAYSAN
AU NICARAGUA !
Le 20 juin 1979
Pérou