Hugo BI
De nouvelles et graves menaces veau sur nos camarades péruviens et en particulier sur Hugo Blanco.
Après qu'il ait été arrêté à l'aéroport d'Arequipa, alors qu'il se rendait à un congrès de paysans dans le sud du Pérou, pui ramené à Lima pour être mis « à la disposition de l'Assemblée constituante» dont il est membre, Hugo Blanco s'est vu accusé par la dictature militaire entre autres de « sabotage de la production», « d'atteintes à la sécurité publique», d'«attaque contre l'Etat», de «sabotage de la réforme agraire».
Les militaires - qui ont rendu publiques leurs accusation le 14 juin - préparent ainsi la campagne électorale qui devrait s'ouvrir au Pérou quelques temps après la fin des travaux de la Consti-
Dans la mesure où il est membre de la Constituante et bénéficie de l'immunité parlementaire, c'est cette dernière qui devrait statuer sur les accusations portées contre Hugo Blanco. Mais la dictature espère que la Constituante - dont la dissolution est prévue pour le 14 juillet - n'aura pas le temps avant cette date de statuer sur les accusations portées contre Blanco.
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son qu'encourt Hugo Blanco.
vent être retirées !
Elle escalade de la répression, à nouveau menacé
Dans ce cas, et alors qu'il n'y aurait plus d'immunité parlementaire, ce serait aux tribunaux et peut-être même aux tribunaux militaires qu'il re-
C'est, à l'évidence, la préparation d'une campagne des militaires visant à empêcher Hugo Blanco de participer aux futures élections prévues pour le début de l'année prochaine. Si les accusations étaient maintenues et qu'elles devaient être traitées par un tribunal militaire, à nouveau c'est l'exil ou de lourdes peines de pri-
Cette offensive s'inscrit dans une nouvelle vague de répression et d'intimidation contre le mouvement ouvrier péruvien, comme l'explique Hugo Blanco dans sa déclaration du 15 juin a Lima publiée ci-dessous et à laquelle il est nécessaire d'assurer la plus grande diffusion.
Les accusations portées par Hugo Blanco doi-
Les militants ouvriers et les syndicalistes toujours emprisonnés au Pérou doivent être libérés !
Au cours des dernières semaines, la Junte militaire a accru la répression et les violations des droits de l'homme au Pérou et l'Assemblée constituante, dominée par une majorité bourgeoise, n'a rien fait pour s'y opposer.
On a tiré sur les ouvriers de l'usine Cromotex. Les mineurs ont dû supporter de nombreuses attaques, y compris l'expulsion de leurs enfants de l'école, expulsion exigée par la Southern Peru Copper Company, la société américaine propriétaire de la mine de Cuajone. Les attaques contre les enseignants continuent. Les paysans d'Alto Piura ont été tués simplement parce qu'ils travaillaient dans les champs.
Face à ces attaques, l'aile droite de l'Assemblée constituante s'est placée non dans le camp du peuple, mais dans celui de la dictature. Bien plus, ils ont laissé la répression s'exercer contre les membres de l'Assemblée constituante elle-même. Les premiers frappés ont été Victor Quadros et Hernan Cuentas, tous deux députés de gauche et dirigeants des mineurs, et qui ont été mis en accusation par le gouvernement. L'Assemblée constituante a rejeté les accusations dont ils faisaient l'objet mais aucune protestation ne s'est élevée contre ces attaques.
TAN TARA.M L'APPEL D'HUGO BLANCO
Il s'est produit la même chose pour moi. Au moment de mon arrestation, je n'ai pas été
«arrêté pour avoir commis un délit», motif autorisant la police à mettre en état d'arrestation un membre de l'Assemblée constituante. La police elle- même n'a pu prétendre que j'avais commis quelque délit que ce soit.
Mais ils ont prétendu que, depuis le mois d'août dernier, je n'avais pas arrêté de commettre des délits, bien qu'ils n'aient jamais porté contre moi aucune accusation officielle en face de l'Assemblée.
Les charges relevées contre moi sont liées précisément à mes fonctions au sein de la commission agraire de l'Assemblée constituante. Elles sont liées aussi à mes fonctions en tant que membre de la commission des droits de l'homme.
Par exemple, lorsque je suis allé à Huancavelica - un des délits dont m'accuse la police -ce fut à la demande des paysans. Ils avaient informé la commission des droits de l'homme qu'un paysan, un Indien, avait été assassiné par la police.
Lorsque je me rendis dans le département d'Ayacucho, dans le district de Cangallo, ce fut parce que les habitants accusaient la police d'avoir tué deux étudiants. Et nous en avons eu, en effet, la confirmation.
Lorsque je suis allé à Canete, ce fut à la suite de plaintes de paysans. J'ai été envoyé là-bas par la commission pour étudier des cas d'attaques contre des paysans de la région.
A Alto Piura, ce fut aussi parce qu'une plainte avait été déposée après le massacre de paysans, effectué par la police et les forces gouvernementales.
Telles furent, en effet, mes activités en tant que membre de la commission des droits de l'homme et de la commission agraire de l'Assemblée constituante, et ces activités sont maintenant qualifiées de «délits» que j'aurais commis entre août et mai dernier.
En d'autres termes, mon seul crime est d'avoir rempli mes fonctions!
La Junte militaire attend que l'Assemblée constituante ajourne ses travaux, le 15 juillet, le 15 juillet, pour pouvoir poursuivre les députés de gauche. De nombreux responsables de la police l'ont laissé entendre à diverses reprises lorsque les membres de gauche de l'Assemblée sont allés enquêter sur des cas de prisonniers politiques ou syndicaux. Apparemment, la police ne se retient d'intervenir qu'à grand-peine.
Etant donné qu'il n'y a aucun espoir que la majorité bourgeoise de l'Assemblée constituante fasse quoi que ce soit pour le respect des droits de l'homme au sein du peuple péruvien et que, d'autre part, elle est sur le point d'ajourner ses travaux, les attaques contre nous et contre le peuple péruvien vont se faire encore plus dures. Nous en appelons donc aux peuples d'Amérique latine, des Etats-Unis, du Canada et d'Europe, à tous les défenseurs des droits de l'homme, ouvriers du monde entier, pour qu'ils fassent entendre leurs voix contre les attaques qui sont faites au Pérou. Les voix de la classe ouvrière et des défenseurs des droits de l'homme, tout autour du monde, doivent empêcher la vague de répression que prépare la Junte militaire pour après le 15 juillet.