Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRAN

Sept nouvelles arrestations à Ahwaz

Inprecor n° 56-57, 5 juillet 1979 · p. 8-9 · 1 512 mots

Iran Syndicalisme IVe Internationale

Farzinpour ; Mahmoud Kafaie ; Hojabr Khosraji; d'un nouveau code pénal, rédigé par le Conseil

Téhéran - Sept autres membres du Parti socialiste des travailleurs iraniens (PST) ont été arrêtés dans la ville pétrolière d'Ahwaz, le 23 juin. II s'agit de : Haid Abid ; Kambiz Lajejardi ; Firooz Ali Hashemi ; Kia Mahdevi. Le «crime» dont les sept se sont apparemment rendus coupables est d'avoir organisé une campagne en défense de leur neuf camarades arrêtés auparavant. Le Comité d'Iman local, responsable des arrestations, a refusé de révéler les accusations portées contre les sept ; mais on sait qu'ils ont été enlevés alors qu'ils distribuaient des tracts sur le cas des neuf militants aux travailleurs du pétrole, en face du siège de l'entreprise pétrolière nationalisée. Ils faisaient aussi signer une pétition de masse et avaient déjà obtenu ces signatures de nombreux ouvriers, protestant contre la répression à l'égard des neuf militants socialistes.

L'élargissement de la campagne de défense des trotskystes arrêtés gêne apparemment le régime Khomeini-Bazargan. La presse a rendu compte presque quotidiennement des arrestations et des autres formes de répression dont a été victime le PST, ainsi que des protestations sur le plan national et international contre ces arrestations. Une conférence de presse, tenue le 24 juin, pour dénoncer les nouvelles arrestations, a été soutenue par des écrivains connus et par l'avocat défenseur des militants de l'organisation des Fedayins arrêtés; les journalistes y participèrent largement.

La campagne de défense lancée par le PST et la IVe Internationale a inspiré les autres organisations et leur a servi d'exemple. Les arrestations de membres des Fedayins et des Moudjahidins, dont certaines s'étaient produites quelques mois auparavant, mais étaient restees secretes, ont alors été mises en lumière. Le PSI a montré la nécessité de défendre tous ces cas, aussi bien que ceux des travailleurs du pétrole et des métallurgistes, arrêtés dans la province Khuzistan, théâtre d'une vague de protestations massives de la part des Arabes, revendiquant leurs droits nationaux et culturels.

Le régime capitaliste redoute que le programme de lutte de classe mis en avant par le PST ne rencontre un succès croissant parmi les

Iran

Sept

nouvelles arrestations

à Ahwaz

ouvriers, les paysans et les autres couches populaires qui ont renversé la monarchie Pahlavi. Les objectifs réels du régime ont été mis en évidence par la publication, le 24 juin, d'une partie de la Révolution islamique, et qui prétend instituer de nouveaux tribunaux pour juger les « crimes contre-révolutionnaires» ; parmi crimes, se trouve tout ce qui pourrait favoriser le «séparatisme» en Iran, susciter des grèves, et toutes les interventions en direction des usines. Le premier est destiné à repousser toute tentative de la part des nationalités opprimées de combattre pour leurs droits ; et le deuxième, bien entendu, va contre les luttes menées par les ouvriers pour améliorer leurs conditions de vie, luttes qui ont commencé d'une manière dispersée et inégale dans les usines.

Face à la répression, les camarades du PST ont mis en avant, non seulement leur campagne de défense, mais aussi leur travail politique général. Leur journal Kagar (Le Travailleur) est vendu plus qu'aucun autre journal de gauche, environ 30000 exemplaires sur le plan national. 3000 sont vendus dans les kiosques à Téhéran.

L'impact grandissant des trotskystes provoque la consternation parmi les staliniens pro-Moscou du Parti Tudeh. Après un débat télévisé diffusé nationalement entre le dirigeant du PST, Babak Zahraie, et le porte-parole de Khomeini, l'idéologue Abu Al-Hassan Bani Sadr, les staliniens ont lancé une campagne de calomnie sur le thème que le trotskysme est le «valet de l'impérialisme».

Fidèles à leur ligne de soutien au régime capitaliste Khomeini-Bazargan, les staliniens dénoncent le combat que mènent les Arabes du Khuzistan pour leurs droits et ils ont refusé de défendre les neuf militants socialistes, les accusant d'avoir fomenté la rébellion arabe, en collusion avec l'impérialisme. Ceci n'était que l'écho de la même accusation, faite par Radio-Moscou, dans son émission en Farsi.

Le régime, faisant volte-face, a présenté à la télévision le procès public de deux tortionnaires de la SAVAK. L'un d'eux, surnommé Tehrani, fit un témoignage detaillé des crimes qu'il avait commis. Lisant une longue déclaration écrite, au cours de neuf sessions du tribunal, Tehrani essaya de discréditer les organisations de gauche

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en les accusant soit d'être des produits complets ment à mettre en marche à l'aide de ce témoide la SAVAK, soit d'être contrôlées par la Russie, gnage. Le Parti Tudeh dit que le témoignage de

Cuba, la Chine ou la Libye. Ce nouveau « converti» à la République islamique a essayé de montrer que la cible principale de la SAVAK était la gauche et que, même si les moyens avaient pu être mauvais, les fins, elles, ne l'étaient pas. Les staliniens sautèrent dans le train que le Conseil de la Révolution islamique se prépare apparem-

LA CAMPAGNE

La campagne de solidarité pour demander la libération immédiate des neuf camarades du PST s'est encore amplifiée durant les deux dernières semaines. Voici quelques exemples significatifs de la campagne en cours:

Suède

Le 8 juin le KAF (Section suédoise de la IVe Internationale) organisait une manifestation de solidarité devant l'ambassade d'Iran, à Stockholm.

Le Syndicat suédois des dockers a fait parvenir le télégramme suivant au gouvernement Bazargan : « Au début, notre syndicat attendait beaucoup de votre régime, après le renversement du Shah et après que vous vous soyiez libérés de la domination de l'impérialisme américain. Mais, dans la dernière période, nos espoirs et notre attente ont été mis en question à la suite des nouvelles que nous recevons. Il est absolument évident que vous ne réprimez pas seulement des réactionnaires appartenant à l'ancien régime, mais aussi des progressistes appartenant à des partis politiques et à des syndicats, ainsi que des militants ouvriers qui luttent pour le socialisme en Iran.

Nous demandons que vous libériez immédiatement les neuf membres du PST qui ont été arrêtés et que vous mettiez fin à la répression contre ces secteurs progressistes du mouvement ouvrier.»

Des télégrammes ont été aussi envoyés par le Syndicat suédois des marins, et par la

Section syndicale des métallurgistes de l'usine Volvo (véhicules industriels).

Suisse

183 délégués qui participaient au Congrès du Parti so-

Aci, avant SAVAK ait pu INTERNATIONALE cialiste suisse (PSS), le président de l'Union syndicale suisse, ainsi que quatre députés du PSS ont fait parvenir au gouvernement Bazargan et à l'ambassadeur d'iran à l'ONU à Genève, un télégramme qui affirme : « Les soussignés demandent la libération immédiate des camarades du PST. Ils exigent la garantie des droits démocratiques au nom desquels la révolution iranienne a renversé la dictature du Shah.». Sri-Lanka

Le secrétaire général du Ceylon Mercantile Union (CMU) a fait parvenir le message suivant au gouvernement Bazargan : « Je veux vous faire part de ma profonde consternation et protester contre l'arrestation et l'emprisonnement des neuf membres du Parti socialiste des travailleurs, des trois membres du Syndicat des travailleurs du pétrole et de vingt métallurgistes pour avoir soutenu les revendications des Arabes concernant leurs droits, dans la province du Khuzistan, arrestations effectuées par les membres du Comité d'Iman local.

Les masses révolutionnaires iraniennes qui se sont soulevés contre le Shah d'Iran et son régime pro-impérialiste haissable furent saluées avec enthousiasme par notre Syndicat; ainsi que la vaste majorité du peuple ceylanais ; en raison, en particulier, des répressions notoires exercées contre les ouvriers, les minorités nationales et les autres opprimés par le régime du Shah.

Nous espérions que le renversement du Shah et de son appareil d'Etat répressif conduirait à la complite libéra-

Tehrani «prouvait» que les maoïstes et les autres militants étaient des agents de la SAVAK. Mais les masses voient clair dans ce jeu et leur haine des assassins est si forte que le tribunal fut forcé d'ordonner l'exécution précipitée de ceuxmême que le second agent de la témoigner.

DE SOLIDARITE tion de tous les peuples d'Iran opprimés et à l'établissement d'un vrai régime populaire et démocratique en Iran. Je vous demance de prendre des mesures immédiates pour libérer tous ceux qui au Khusistan et

Men Iran se sont battus pour cela et qui une fois de plus se trouvent victimes de la répressIon.»

RFA

Un message de protestation contre les arrestations des camarades du PST a été envoyé au gouvernement Bazargan par

Peter von Oertzen, membre du

Comité exécutif du SPD (Parti social-démocrate).

Grèce

Signé par le secrétaire général du Syndicat des employés des transports, par trois membres de la direction du Syndicat des travailleurs du livre et de la presse, par un membre du Comité central de l'EDA, par le président de l'Association grecque des juristes, un télégramme au gouvernement bazargan, à l'ambassadeur d'Iran en Grèce et à l'Ayattolah Khomeini affirme : «Nous demandons la libération immédiate des militants arrêtés et le respect des droits démocratiques d'expression, d'organisation et d'action pour tous les militants de la révolution iranienne comme une garantie et une barrière contre les forces de la contre-révolution.»

Syndicats internationaux

Le syndicat international des travailleurs de l'alimentation, dont le siège est à Genève, a fait parvenir un message de protestation contre l'arrestation des neuf camarades du

Parti socialiste des travailleurs.

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