Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

INDOCHINE

Les réponses de l'impérialisme aux nouveaux progrès de la révolution indochinoise

Inprecor n° 56-57, 5 juillet 1979 · p. 31-48 · 14 647 mots

Indochine Chine URSS et Russie États-Unis

Les réponses de l'impérialisme de la révolution indochinoise

Le renversement du regime Pol Pot par les rebelles cambodgiens et les troupes vietnamiennes en décembre 1978 et janvier 1979, ainsi que l'invasion du Vietnam par l'armée chinoise en février-mars 1979 placent de nouveau la révolution indochinoise au centre de la scène politique mondiale.

La révolution vietnamienne, au centre de la révolution indochinoise, affecte le sort de 50 millions de personnes. Elle détermine l'avenir de plus de 300 millions d'autres qui vivent en Asie du Sud-Est, région dont les voies maritimes ainsi que les ressources en matières premières - telles l'étain, le tungstène, le pétrole et le caoutchouc -sont d'une importance vitale De plus, le Vietnam a été durant de nombreuses années le terrain central ments entre l'impérialisme et la révolution mondiale.

La défaite magistrale que les impérialistes ont subie en 1975 a marqué un tournant dans la politique internationale qui avait cours depuis la Deuxième Guer-

Mondiale. clairement les limites de Washington quant à sa capacité à, tout à la fois, conserver son hegemonie militaire au plan international, utiliser armée contre toute manifestation de la révolution mondiale, concurrencer efficacement rivaux capitalistes, maintenir un systeme economique stable et entın, sauvegarder la paix sociale à l'intérieur de ses propres frontières. La défaite de l'im périalisme US en Indochine, suivie de la récession à l'échelle mondiale de l'économie capitaliste en 1974-75 ont renversé les rapports de forces entre les classes au profit de la classe ouvrière.

Indochine aux nouveaux progrès

Il est essentiel de bien comprendre les répercussions qu'ont entraînées ce changement afin de saisir la nature des développements qui se sont produits er Indochine en 1978-79 Voici comment se dégagent les lignes de forces de la nouvelle situa-

L'axe de la situation politique mondiale demeure celui de la lutte de classes entre d'une part les capitalistes, surtout l'impérialisme, et d'autre part la classe ouvrière et ses alliés.

Malgré la défaite physique qu'il a subie en Indochine en 1975, l'impérialisme n'a pas pour autant abandonné la partie et fui. Il a essayé, dans des conditions infiniment plus défavorables, de trouver le meilleur moyen d'asseoir ses intérêts les masses laborieuses indochinoises et de l'Asie du Sud-Est dans son ensemble. Son but reste le même : affaiblir et finalement détruire l'Etat ouvrier vietnamien.

Face à la disparition totale des rapports capitalistes de proau Sud Vietnam 1978, face au renversement du régime Pol Pot et aux dangers que ces evenements représentaient pour le maintien du capitalisme en Asie du Sud-Est, l'impérialisme a intensifié sa pagne contre la révolution vietnamienne. Il a lancé une offensive dans le but de stopper les avancées de la lutte des classes.

Un nouvel assaut contre-révolutionnaire de l'impérialisme, tel est le cadre politique qui permet de comprendre la fiere sipn du Vietnam par la Chine. Après 1975, vu sa position de faiblesse, l'impérialisme américain ne pouvait se permettre d'intervenir ouvertement par les armes : c'était courir un trop grand risque étant donné le sentiment anti-guerre qui existait chez les travailleurs aux EtatsUnis. Les autres initiatives contre-révolutionnaires (isolement diplomatique et boycott économique du Vietnam, aide militaire aux régimes capitalistes voisins ainsi qu'à l'aile droite des guérilleros laotiens et cambodgiens) étaient insuffisande Pour renverser la situation impérialisme à son avantage. C'est pour ces raisons qu'ils ont eu besoin d'une invasion* du Vietnam par la Chine.

La position affaiblie de l'impérialisme a contraint les gouvernements capitalistes a politique de detente, avec Moscou et Pekin. qu'il n'ait jamais abandonné son but final, qui est de détruire les deux plus grands Etats ouvriers et d'y restaurer le capitalisme, l'impérialisme a dû modiobjectifs immédiats. Au lieu de chercher à endiguer puis à repousser l'ennemi, il a cherché un autre terrain d'entente avec Moscou et Pékin, fondé sur l'opposition mutuelle aux changements révolutionnaires et sur la collaboration pour en empêcher les développe-

L'impérialisme a aussi cherché à établir avec ces Etats ouvriers des échanges commerciaux importants.

La trahison contre-révolutionnaire de Moscou et de Pékin, qui constitue le fondement de la détente, n'implique aucune modification de leur politique.

contraire, cette s'inscrit dans la droite ligne de la coexistence pacifique, elle-meme issue de l'opposition stad'auto-preservation bureaucratique → à toute poussée de la re volution mondiale. Ce qui a

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changé ces dix dernières années, c'est l'attitude de Washington qui a décidé, aujourd'hui, de répondre aux ouvertures des castes bureaucratiques.

Cependant, dans le cadre de la détente, Moscou et Pékin ont réagi différemment aux attaques de l'impérialisme contre la revolution vietnamienne.

A cause de la situation geographique, l'impact des développements de la révolution indochinoise menace plus directement Pékin que Moscou. Et cela est d'autant plus vrai actuellement que la caste bureaucratique de Pékin connaît de graves tensions internes. Cela explique donc que Pékin ait exprimé ouvertement sa haine viscérale des progrès de la révolution vietnamienne, tandis que Moscou, tout aussi hostile aux avancées de cette même révolution, ne ressentait pas son impact comme aussi menaçant.

En outre, l'Asie du Sud-Est

CONFLIT SINO-SOVIETIQUE a situation politique inter lationale actuelle, marquée par les accords de détente Washington-Moscou et Washington-Pe. kın, a intensifié le conflit sino soviétique à l'avantage des impérialistes.

Moscou et Pékin craignent chacune que les rapports de l'imperialisme avec l'autre ne s'établissent au détriment propre projet de détente. Chacune des castes bureaucratiques lutte pour son influence sur les organisations de masses à l'échelle mondiale et plus particulièrement son influence sur les gimes des autres Etats ouvriers, afin de renforcer sa propre position de négociation avec l'impérialisme. Moscou possède, et de loin, la plus grande puissance et dispose donc d'une capacité de négociation supérieure à l'échelle mondiale. Mais Pékin exerce une influence significative sur les pays d'Asie du Sud-Est qui Jouxtent la Chine, elle est donc déterminée à résister aux tentatives de Moscou de déranger son jeu diplomatique dans cette ré-

Cette rivalité ne fait qu'affaiest l'une des rares régions dans le monde où Pékin ait un poids politique et militaire significatif En clair, c'est là où la Chine, pressée par l'impérialisme, aura e plus à taire la preuve de se capacites contre-révolutionnaires. Moscou, par contre, a une plus grande marge de manoeuvre vis-a-vis de l'impérialisme.

négociations avec Washington, le Kremlin a cherché à hausser la barre en concluant une alliance formelle avec Hanoi.

Pour tenter de contenir la révolution vietnamienne, les imperialistes se sont tournes vers Pékin pour une aide militaire et vers Moscou pour une aide diplomatique. Tandis que Pékin envahissait le Vietnam, Moscou faisait pression sur Hanoi pour que soit conclu sur le Cambodge un accord du type de celui de Genève qui soit acceptable par les impérialistes. LA PRESSION IMPERIALISTE ET LE hlir l'ensemble des Etats ouvriers face à l'impérialisme. Chaque caste bureaucratique fait, en effet, des concessions de plus en plus grandes à l'impérialisme afin de contrebalancer l'influence de l'autre.

La concurrence entre Moscou et Pékin n'a pas pour origine une course à l'expansion de leur de l'un ou l'autre de ces pays. Elle n'exprime pas un jeu de manoeuvre visant à se placer pour préparer une guerre d'ampleur entre ces deux puissances mondiales (bien que des guerreéclairs soient possibles aux fron-

Le conflit sino-soviétique s'inscrit lui-même dans le cadre fondamental de la lutte des classes à l'échelle mondiale, qui oppose la classe dominante aux travailleurs et à leurs alliés. Sur les questions décisives - comme les révolutions -Moscou et de Pékin ne sont pas des agents indépendants. castes peuvent se retrouver dans des situations où elles sont contraintes de défendre. contre les attaques impérialistes, les Etats et les rapports de production dont elles tirent leurs privile res. Mais les interêts fondamen taux de ces castes sont opposés aux intérêts des travailleurs. Elles ont besoin de trouver des arrangements avec l'impérialisme, elles se comportent donc fondamentalement comme des courroies de transmission de la pression impérialiste contre la classe ouvrière.

Le conflit sino-soviétique résulte du fait que la pression impérialiste vis-a-vis de chacune des castes bureaucratiques nationales prend différentes formes et opère selon des rythmes divers; cela entraîne des réponses divergentes et conflictuelles de leur part parce qu'elles sont en concurrence pour établir des relations favorables avec l'impérialisme.

A la fin des années 50 et au debut des années 60, l'impérialisme commença à abandonner son attitude extrémiste d'"endiguement/refoulement" vis-àvis de l'Union Soviétique. En même temps, il maintint un comportement très agressif à l'égard de la Chine, où la révolution socialiste était plus récente et son impact se manifestait encore dans le monde colonial

Les efforts de Moscou pour s'attirer les faveurs de l'impérialisme nécessitaient qu'elle trahisse l'Etat ouvrier chinois qui était confronté à un boycott économique impérialiste et à des pressions militaires. Le retrait de l'aide économique soviétique, le refus de défendre la Chine dans le conflit qui l'opposa à l'Inde et l'absence de garantie pour défendre la Chine en cas d'attaque militaire de l'impérialisme sont autant d'exemples significatifs. La différence au niveau des intérêts matériels se reflétait aussi au plan politique. Pekın, sous la contraintc d'une très forte pression impé rialiste, répondit par une escalade verbale anti-impérialiste et par des mesures économiques de type autarcique, tout en dénonçant le "révisionnisme" soviétique. Moscou ne pouvait pas accepter que lexemple de la révolution chinoise mette en question le cadre politique manolithique qu'elle tentait de maintenir.

Aujourd'hui, en Asie du Sud-

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Est, c'est la jeune révolution exposée aux agressions les plus dures et directes des impérialistes. Et c'est vers Pékin aussi bien que vers Moscou que les impérialistes se sont tournés pour obtenir une aide, en tentant d'exploiter à leur avantage le conflit sino-soviétique.

De ce point de vue, le conflit sino-soviétique a été l'un des facteurs des dernières évolutions de la situation en Indochine mais il est subordonné à l'af frontement des forces de classes de l'impérialisme d'une part, et de celles des ouvriers et des paysans, d'autre part, parce que e contlit sino-sovietique est lui meme un produit de la pression impérialiste.

Les plus grandes puissances impérialistes - les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne de l'Ouest, la France et la Grande-Bretagne - se sont toutes concurrencées pour établir des relations commerciales avec Pékin comme avec Moscou. Les capitalistes japonais au début ont Pris l'avantage dans cette batailconcurrentielle vis-à-vis de Pékin. Mais les capitalistes britanniques et les américains sont en train de reprendre du terrain en nérociant des accords

L'INVASION

Le 17 février 1979, les troupes de la République Populaire de Chine envahirent la République Socialiste du Vietnam, declenchant ainsi une guerre frontalière de grande ampleur. Moins de 3 semaines plus tard, Pékin commença de retirer ses troupes, bien qu'elle ait conquis certains territoires et menace de remettre le feu aux poudres.

Des pertes matérielles et humaines considérables furent infligées au peuple vietnamien. Mais Washington et les staliniens de Pékin n'avaient pas réussi à atteindre leur objectif essentiel.

Les origines de la guerre de frontière sino-vietnamienne résident dans l'escalade de la campagne US contre la révolution vietnamienne et contre la menacommerciaux importants et des contrats de vente d'armes. De son côté, Pékin a également profité de cette concurrence en obtenant de meilleures conditions commerciales avec Tokyo.

Malgré la faiblesse de sa position, l'impérialisme américain a prouvé qu'il avait conservé de grandes possibilités économiques vis-à-vis de ses rivaux. Il a egalement montré sa capacité à tirer avantage sur le plan économique de son hégémonie militaire.

La campagne de propagande de imperialisme qui s'est dé roulée pendant l'invasion du Vietnam par Pékin a révélé qu'une donnée importante de sa stratégie politique présente consistait à essayer de renverser le sentiment antiguerre qui existe dans les masses et a créer un climat qui fasse accepter à nouveau tion à une vaste échelle des troupes impérialistes contre la révolution mondiale. des préparatifs pour de nouvelles guerres qui se cachent derrière les déclarations de maintien de la paix et de stabilité. Cette campagne est fortement liée à l'offensive économique capitaliste contre la classe ouvrière de tous les pays impérialistes. DU VIETNAM ce de poussées anticapitalistes en Asie du Sud-Est.

Les principales préoccupations des impérialistes étaient les suivantes : 1) Les mesures anticapitalistes prises entre 1975 et 197° au Sud-Vietnam qui ont conduit à la réunification du pays, à l'expropriation des dernières places fortes capitalistes du Sud et à la consolidation d'un Etat ouvrier dans tout le Vietnam. 2) Le renversement du régime contine et a ol et et un bouleversement des plans de l'impérialisme qui comptait se servir du régime Pol Pot comme d'un barrage contre l'extension de la révolution socialiste en Asie du Sud-Est. 3) La menace Brandissante de mobilisations masses anticapitalistes en Asie du Sud-Est, particulièrement en Thaïlande où la dictature de Kriangsak a eté attablie et ou ses opposants encouragés, aussi bien dans les campagnes et dans les villes. Au Laos, la révolution sociale s'est approfondie sous l'impact des derniers événements.

Dans leur effort pour contenir les progrès de la révolution socialiste en Asie du Sud-Est, Washington et les autres principaux gouvernements impeiralis tes ont tente d'étayer les régimes capitalistes de l'alliance régionale de l'ASEAN (Indonésie, Malaisie, les Philippines, Singapour et la Thailande). Washington, entre autres, augmentait son aide militaire à la dictature militaire thailandaise. Bangkok a également servi de canal pour assurer l'aide militaire fournie aux guérillas de droite au Laos et au Cambodge.

Hanoï a considéré qu'elle etait obligée de prendre l'initiative de renverser le régime ennemi de Pol Pot, ceci comme une mesure défensive. L'objectif immédiat le plus important des impérialistes a été de contraindre Hanoi à retirer ses troupes du Cambodge, pour pouvoir ainsi plus facilement faire tomber le nouveau gouvernement cambodgien et imposer un gouvernement pro-impérialiste à la place

Mais pour pouvoir liquider le nouveau gouvernement établi au Cambodge, il fallait un effort militaire beaucoup plus important que celui que pouvaient fournir les forces khmères Serei et celles de Pol Pot. Plutôt que d'affronter le sentiment antiguerre dans leur propre pays et d'intervenir militairement de façon directe, les impérialistes ont preteré s'assurer les services de Pékin. Contre la promesse de relations diplomatiques plus importantes et d'une plus grande aide économique, les staliniens de Chine se sont efforcés de "donner une leçon" au Vietnam. Leur objectif consistait à mener

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à bien une expédition punitive afin de prouver qu'ils constituaient une force contre-révolutionnaire digne de confiance, luttant contre l'extension de la révolution indochinoise. Le but était de forcer le Vietnam à se retirer du Cambodge, comme le voulaient les impérialistes.

De la part de l'impérialisme, il y avait un objectif supplémentaire : utiliser cette guerre à des fins propagandistes pour discréditer le marxisme et affaiblir le mouvement ouvrier. Cet objectif était particulièrement important pour Washington qui s'est engagée dans un effort constant retourner l'opinion antiguerre de la population americaine, de manière à lui faire accepter à nouveau l'intervention de troupes dans d'autres

Les événements-clés qui se sont produits avant et pendant l'invasion du Vietnam ont confirmé la collusion qui existe entre l'impérialisme et les staliniens de Pékin.

L'expropriation des derniers bastions capitalistes du Sud-Vietnam et la consolidation de l'Etat ouvrier d'un bout à l'autre du pays ont recueilli l'hostilité unanime des impérialistes du monde entier. Ceci incluait une campagne de propagande hypocrite en faveur des chands et commerçants expropriés (le "bateau du peuple") et des anciens fonctionnaires du régime de Saigon (désignés comme les victimes d'un prétendu Goulag vietnamien); par la poursuite des pressions économiques et diplomatiques excontre le Vietnam; par un soutien économique et militaire de l'impérialisme aux pays capitalistes avoisınants; par le renouvellement et le passage à une nouvelle étape dans les relations diplomatiques et économiques avec le regime de Pol Pot; enfin par l'établissement accéléré de relations plus étroi tes avec Pékin, particulièrement de la part de Washington et de Tokyo.

Des consultations concernant les plans d'invasion de Pékin se déroulèrent à Washington et à Tokyo. Au cours des visites effectuées dans ces capitales, Deng a annoncé publiquement l'intention de Pékin de "punir"

le Vietnam. Bien qu'au départ Washington ait feint l'innocence, le Departement d Etat a ré vélé par la suite qu'il avait été informé à l'avance des plans d'invasion.

Au cours de l'invasion elle-même, les impérialistes ont manifestement adopté une position de "comme si de rien n'était" vis-à-vis de Pékin. Leur but était de montrer clairement Ju'ils approuvaient totalement invasion. sans toutefois en prendre directement la responsabilité. Cette attitude s'est notamment vérifiée au cours des cérémonies consacrant l'établissement de relations diplomatiques normales ton et Pékin; à l'occasion de missions économiques à un haut niveau et de négociations d'accords économiques importants avec Washington et Londres; enfin par les efforts continus de Bonn et de Tokyo pour consolider leurs importants accords commerciaux avec Pékin. En outre, la plupart des media des pays capitalistes ont approuve plus ou moins directement l'invasion de Pékin.

Pour dissuader l'aide soviétique au Vietnam, Washington a déployé au large des côtes vietnamiennes une partie de sa force de trappe nucléaire et ceci pendant le déroulement de la guerre. Enfin, Washington s'est vantée publiquement d'augmenter son aide militaire au régime thaïlandais.

Les impérialistes ont lancé campagne diplomatique concertée de soutien à une solution au conflit qui, sous couvert d'impartialité, correspondait totalement à leurs objectifs. Cette campagne a consisté à proposer le retrait simultané des forces vietnamiennes du Cambodge et des troupes chinoises du Vietnam et la tenue d'une conférence du type de celle de Genève pour imposer un gouvernement ostensiblement neutre au Cambodge mais en fait capitaliste et pro-impérialiste). Naturelle-

Pékin a immédiatement accepté cette formule de retrait mutuel, de même que la proposition d'un gouvernement "neutre" au Cambodge, dirigé par une personnalité capitaliste comme Sihanouk.

L'invasion du Vietnam n'a toutefois pas atteint les objectifs principaux de l'imperialis me. Les troupes vietnamiennes n'ont pas été contraintes de se retirer du Cambodge et il n'y a pas eu installation d'un régime pro-impérialiste dans ce pays Au contraire, au moment les combats faisaient rage à la frontière sino-vietnamienne, les forces de Pol Pot étaient chassées des dernières capitales de province qu'elles tenaient. Les luttes des masses travailleuses dans toute la région en ont été facilitées. La capacité des impérialistes et des staliniens à stopper les progrès de la révolution a été amoindrie.

Les staliniens de Pékin ont également dû reculer. Bien qu'ils aient montré leur volonté d'aller jusqu'à faire la guerre pour prouver leur utilité à l'impéria lisme, ils ont révélé leurs pro pres taiblesses. Ils ont dévasté les régions occupees, mais ils ont été incapables d'administrer une défaite militaire à l'armée vietnamienne pour la "punir" Sur le plan politique, le recul est clair. Le mécontentement, voire l'opposition à la guerre ont fait leur apparition en Chine. Ceci va créer des difficultés au régime Deng dans la période à venir, et pourrait bien ouvrir la porte à l'expression d'une op Position ouvrière et paysanne à a politique stalinienne. Les staliniens chinois ont également recueilli une condamnation universelle de la part du mouvement ouvrier; Jamais ils n'ont été aussi isolés qu'aujourd'hui.

Malgré l'amélioration des relations diplomatiques merciales avec les impérialistes, l'Etat ouvrier chinois est devenu olus vulnérable à la pression de l'impérialisme et plus faible fac‹ au danger que constitue l'ultime recours de l'impérialisme aux moyens militaires pour restaurer le capitalisme.

Bien qu Hanoi ait reussi a or ganiser la défense militaire du Vietnam, elle a été incapable, à cause de son caractère stalinien, de mener une campagne internationaliste afin de soutien du peuple chinois, 1 compris des soldats de l'armée chinoise. Au Cambodge, Hanoï cherche toujours à trouver un

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modus vivendi avec l'impérialisme, plutôt qu'à promouvoir la révolution socialiste.

Cependant, le retrait de l'armée chinoise du Vietnam, ainsi que la consolisation de la victoire contre les alliés de Pol Pot vont y encourager l'action des masses. L'impulsion donnée à la révolution socialiste ailleurs en Asie du Sud-Est, particulièrement au Laos et en Thaïlande, va finalement contribuer à miner l'emprise de la bureaucratie de Hanoi sur les masses vietnamiennes elles-mêmes.

L'attitude de Moscou face à l'offensive actuelle de l'impérialisme contre le Vietnam, a été ondamentalement la meme que lors du point culminant de l'intervention militaire massive américaine. Son aide économique et militaire au Vietnam a été bien en-deçà des besoins de ce pays et a été utilisée comme moyen de pression sur Hanoi atın qu'elle s'aligne sur la politique étrangère soviétique. Les staliniens de Moscou se sont faits les complices de la pression diplomatique de Washington sur Напої.

La crainte essentielle de Moscou était de voIr l'alliance Washington-Pékin altérer les relations américano-soviétiques. Fidèle à sa position, Moscou a systématiquement couvert l'impérialisme US. La manifestation la plus évidente de cette caution est apparue lors du discours de Brejnev, le 2 mars 1979, à propos de la guerre frontalière sino-vietnamienne. Il a désigné la Chine comme étant "la menace la plus grave à la paix dans le monde"" , tout en omettant soigneusement de mentionner le rôle de Washington dans l'invasion. La concurrence entre Moscou et Pékin pour gagner les faveurs de l'impérialisme a conduit les staliniens d'URSS à mener une campagne raciste anti-chinoise dans leur pays.

Contrastant avec la ligne de collaboration de classe de Moscou, la position de la direction castriste a été caractérisée par : 1) l'affirmation de la nécessité d'aider la révolution vietnamienne à s'étendre le plus possible: 2) la mobilisation des masses cubaines dans un esprit de solidarité internationaliste avec la révolution vietnamienne; 3) la dénonciation de Poconflit de Washington dans 4) la révélation des objectifs de Washington et de Pékin visant à restaurer un régime pro-impérialiste au Cambodge; 5) la différenciation entre le régime de Pékin (condamné pour sa trahison) et le peuple chinois (avec lequel la solidari-

La position de Cuba s'inscrivait dans la droite ligne de sa politique prolétarienne et internationaliste, telle qu'elle a été par le fameux d'ordre du Che : "Créons deux, trois, de nombreux Vietnam !".

Si le gouvernement cubain a attirme qu'il était prêt, si on le lui demandait, à envoyer des troupes pour aider le Vietnam, ce n'était pas seulement une déclaration d'internationalisme, un défi lancé à l'impérialisme et une condamnation de Pékin, mais aussi une critique nette (dans le cadre des contraintes diplomatiques Havane) de l'attitude mesquine de Moscou qui n'a pas soutenu le Vietnam. Cette prise de position des Cubains a aidé le Vietnam a echapper aux pressions de l'impérialisme qui qu'il se retire du Cambodge.

La position révolutionnaire prise par la direction cubaine - qui s'exposait à nouveau à des représailles de la part de Washington - confirme qu'elle continue à penser que le sort de Cuba dépend avant tout de la défense et de l'extension de la révolution mondiale. Populariser cette position, c'est aider les travailleurs et les paysans indochinois. Après une telle prise de position, le prestige de la direction castriste va se trouver rehaussé aux yeux des travailleurs révolutionnaires dans le monde entier.

Dans son offensive permanente contre la révolution mondiale, l'impérialisme s'est servi de la guerre frontalière sino-vietnamienne pour lancer une campagne de propagande dont voici les thèmes principaux : 1) Washington et les autres puissances impérialistes ne sont pas responsables de l'invasion du Vietnam; c'est une guerre qui trouve ses origines dans les rivalités entre les pays socialistes" et qui n'a aucun lien avec une quelconque attaque l'impérialisme contre les changements révolutionnaires en Asie du Sud-Est; le rôle de l'impérialisme dans de tels conflits serait celui d'un "honnête médiateur" qui vise à aider à restaurer la paix et la stabilité. 2) Les Etats ouvriers ont une propension innée à la guerre; les communistes (et les socialistes) sont voués à des conflits fratricides; le marxisme, qu pretend que le socialisme ellminera les causes de la guerre, a désormais fait la preuve de sa faillite. 3) Le conflit sino-soviétique et la concurrence qui existe entre Hanoï et Pékin pour le partage de zones d'influence en Asie du Sud-Est representent le cadre principal de la guerre frontalière; le conflit sino-soviétique pourrait bien nous mener à une troisième guerre mondiale; la situation politique internationale entre dans une nouvelle période marquée par les

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guerres entre les Etats ouvriers. 4) La guerre existe pour des raisons vieilles comme le monde, indépendantes des systèmes économiques et sociaux, problèmes tels que le nationalisme et les haines nationalistes. la lutte pour l'influence, le besoin de répondre aux atteintes sur l'aréne internationale. 5) Après que les troupes impérialistes eurent évacué l'Indochine en 1975, l'instabilité inhérente à cette région arriérée et reculée a éclaté en guerre.

Le propos de cette campagne le propagande visait à taire accréditer l'idée qu'une action di plomatique et militaire "éclairée" des impérialistes, et particulièrement de Washington, pouvait contenir leffet destablisateur des développements qui menacent la paix dans le monde. Pour reprendre les termes du "Wall Street Journal" : "L'engrenage provoque par le desorare ne peut etre evite que si les Etats-Unis recommencent à s'affirmer de nouveau".

Cette tentative de l'impérialisme US de se débarrasser du sentiment antiguerre existant dans les masses n'a rencontré que très peu de succès auprès de la classe ouvrière américaine. Une intervention militaire directe des Etats-Unis contre d'autres pays ne recueillerait qu'une profonde suspicion et une opposition massive.

Toutefois, l'offensive idéologique capitaliste à l'échelle mondiale est parvenue à exercer une pression sociale chauvine et à renforcer la désorientation et la démoralisation parmi les sec-

OUVRIER VIETNAMIEN

La victoire des forces de libération du Vietnam, le 1975, a été saluée par une explosion de jole populaire chez les ouvriers et les paysans.

Les ouvriers se sont emparés des usines pour empêcher que les capitalistes ne se livrent au sabotage et au pillage avant de teurs petits-bourgeois du mouvement ouvrier et des couches radicalisées; ces derniers en effet font écho aux thèmes de propagande promulgues par l'impe-

Nombre de ces courants ont, en particulier, avancé pour l'essentiel la même solution politique au conflit que l'impérialisme : le retrait réciproque du Vietnam et de la Chine. Généralement, les explications que les petits-bourgeois l'impérialisme luttant contre les changements révolutionnaires en Asie du Sud-Est. Ils ont en général minimisé le rôle permanent de l'impérialisme.

A l'inverse de ces courants capitulards, la position des marxistes-révolutionnaires Sur la guerre a centré son tir sur les impérialistes et insisté sur les slogans suivants : Bas-les-pattes devant le Vietnam ! - Halte à la campagne impérialiste contre la révolution vietnamienne ! — Solidarité avec la lutte des masses camlandaises contre la domination impérialiste ! - Aide économique massive pour reconstruire l'Indochine!

Dans ce cadre-là, les marxistes-révolutionnaires ont demandé le retrait immédiat des troupes chinoises du Vietnam. Les révolutionnaires ont appelé 'Union Soviétique à fournir aux Vietnamiens toute l'aide militaire dont ils avaient besoin - sans conditions - pour repousser l'attaque de Pékin, tandis qu'ils avertissaient la bureaucratie du Kremlin qu'aucune attaque ne devait être portée contre la Chine. LA CONSOLIDATION DE L'ETAT s'enfuir. Des comités d'usines quartiers ont été créés afin d'organiser la vie économique et sociale; ils étaient en général dirigés par des cadres du

L'action des masses a montré qu'elles désiraient un renversement rapide du capitalisme et la réunification du pays.

Les impérialistes ont laissé derrière eux un pays complètement dévasté et une économie brisée. Le nombre de chômeurs s'élevait à 3 millions et demi. Les sans-abri se comptaient par centaines de milliers. La prostitution, la drogue et la maladie étaient très répandues dans les villes. D'immenses surfaces de terre, Jadıs tertiles, étaient labourees par les bombes, détoliées et stériles. Des millions de paysans avaient dû se réfugier dans les villes.

Dans un premier temps, les dirigeants du PC vietnamien ont cherché à garder un gouvernement séparé et à conserver des rapports de production capitalistes dans le Sud du pays. Ils espéraient que cela les aiderait à obtenir de l'aide et à établir des relations commerciales avec les impérialistes; ils espéraient aussi que les capitalistes restant lans le Sud participeraient al renouveau de l'économie

Le Duan a exprimé dans son discours du 15 mai 1975 la politique du PCV. Il prévoyait une le Nord mais la creation d'une "construction socialiste" "économie nationale démocratique et prospère" dans le Sud Le Gouvernement Revolution-

Provisoire s'est installé dans le Sud le 6 juin 1975, en tant qu'entité politique séparée du Nord.

La mobilisation de masse des travailleurs qui a émergé à la libération a été passablement refroidie par cette politique de collaboration de classe, mais pas écrasée ni éliminée.

Même si le nouveau régime n'accordait pas les droits démocratiques aux masses, il jouissait d'un prestige suffisant, er l'absence de toute alternative de gouvernement capitaliste, pour garder le contrôle des masses sans recourir à une grande répression.

La politique qui consistait à courtiser l'impérialisme et à rechercher son aide pour le renouveau de l'économie sur des bases capitalistes échoua. Washington renia sa promesse faite en 1973 d'une aide de 2 2 milliards de dollars pour la reconstruction et imposa à la place un sévère blocus économique. Les échanges avec les autres puissances impérialistes étaient réduits

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au minimum car elles n'avaient de riz, la colère populaire monaucune confiance en la capacité du PCV à stabiliser le capitalisme dans le Sud et préféraient utiliser plutôt la pression économique pour affaiblir le régime.

Les capitalistes vietnamiens restés dans le Sud ont fait de nouveaux investissements et ont profité de leur contrôle quasi-total sur le commerce. Le Vietnam est resté condamné à l'inflation, au chômage et à la pé-

Pour les alliés déclarés du Vietnam, les choses n'allaient pas mieux. Pékin demandait qu'on lui paie le riz. Moscou ignominieusement les prêts avec intérêt, d'ailleurs insuffisants par rapport aux besoins du Vietnam, et refusait d'accorder les credits a long terme que réclamait Hanoi.

Dans une telle situation, soumis à la pression constante des masses, le PCV a été forcé de modifier son orientation et de cesser d'agir comme le garant rapports capitalistes de production

L'étape du gouvernement ouvrier et paysan a été franchie après août 1975, au moment de la nationalisation des banques, de l'arrestation de grands magnats du commerce et de la mise en place d'une réforme monétaire. Ces décisions ont été accompagnées de manifestations populaires de colère contre les commerçants spéculateurs et les accapareurs.

En novembre 1975, il a été décidé de former une Assemblée Nationale pour l'ensemble du pays. En juillet 1976, cette assemblée s'est réunie et a formellement institué la réunification.

Mais Hanoi hésitait à exproprier les capitalistes du Sud, espérant toujours une aide, des echanges commerciaux, des credits et des investissements (tout particulièrement dans le pétrole off shore) de la part des impérialistes.

Début 1978, il était toutefois évident que ces derniers maintenaient et renforçaient leur pression diplomatique, économique et militaire. De plus, les inondations puis les sécheresses catastrophiques des années 1976-77 ayant contraint le pays à une réduction drastique de la ration ta contre les commerçants spéculateurs qui se livraient au marché noir et qui profitaient de leur contrôle sur le commerLa tentative d'appliquer un plan structures économiques inadéquates a échoué, aggravant dangereusement la désorganisation, staliniens du Sud ont tissé des liens étroits et bénéfiques avec les capitalistes.

En mars 1978, les cadres de l'armée organisèrent des milliers de personnes pour s'emparer des magasins et des biens des gros commerçants. L'expropriation de 30 000 entreprises fut annoncée. Peu après, des manifestations de masse étaient organisées pour en finir avec le marché noir. En mai, on introduisit une monnaie unique pour tout le pays.

Ces mesures ont été le signal de l'unification économique du Vietnam, qui a donné naissance à un Etat ouvrier de 50 millions de personnes, le plus important après l'URSS et la Chine.

Le Vietnam est un Etat ouvrier déformé. La caste parasitaire qui domine les ouvriers et les paysans ne peut être éliminée que par une révolution politique et letablissement de la democratie ouvrière.

La révolution sociale au Vietnam compte de grandes réalisations à son actif malgré les graves difficultés que lui ont causées la guerre impérialiste. le blocus économique qui s'en est suivi et, enfin, les catastrophes naturelles.

Le capitalisme a été aboli et le Vietnam est libéré de la domination impérialiste. Le chômage a été massivement réduit. L'éducation et la santé progressent de manière régulière, l'analphabétisme diminue et des épidémies jadis courantes sont aujourd hui vaincues. Le rationnement, qul instaure un system lus équitable de distributior de la nourriture, atténue les effets désastreux de la pénurie. Environ un million de personnes ont été convaincues qu'il leur fallait quitter les villes surpeuplées pour rejoindre nouvelles zones économiques"

où l'agriculture est relancée dans des conditions de vie extrêmement difficiles. L'instauration d'une planification économique nationale pour tout le Vietnam ouvre la porte à une élévation significative du niveau de vie.

Ces conquêtes, consolidées par la mobilisation des masses, contrastent violemment avec le désastre social que connaît le Cambodge à la même période.

Les masses vietnamiennes ont beaucoup de critiques à faire au PCV en ce qui concerne les privilèges de ses membres, ses praantidémocratiques, corruption et sa mauvaise administration. Mais elles sont prêtes à se battre pour défendre leurs acquis contre n'importe quelle attaque.

Vers la tin de Tannée 1977, alors que le Vietnam s'acheminait vers l'élimination des dernieres places-fortes capitalistes, les imperialistes entamèrent une nouvelle offensive. Leur but immédiat était de contenir la révolution, de l'attaiblir, de destabiliser économiquement le Viet nam et d'empêcher l'extension de la révolution au Laos, au Cambodge et à la Thaïlande.

Le régime de Pol Pot, concert avec les efforts des impérialistes, rompit ses relations avec Hanoï et entreprit une escalade des incursions en territoire vietnamien, surtout dans les régions dites des "nouvelles zones économiques" . Pendant ce temps, le régime de Pol Pot commença à se réconcilier avec la dictature de Kriangsal en Thaïlande et avec les autres réde l'ASEAN. Pékin son côté montrait une hostilité croissante contre le Vietnam, renforçant ses troupes à la frontière. Ainsi, Phnom Penh et Pékin faisaient montre de leur collusion l'impérialisme contre la révolution vietnamien-

Malgré de très nombreuses ouvertures diplomatiques de la part d'Hanoï, Washington réaffirma son refus de reconnaître le gouvernement vietnamien. Avec les expropriations massires du printemps 1978, lhosti ité de l'impérialisme envers l Vietnam alla croissant. En septembre 1978, au moment même où Hanoï lança un appel au se-

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cours pour une aide alimentaire, Carter renouvela l'embargo américain contre le Vietnam.

Face à cette hostilité et à cet encerclement, Hanoi s'est sentie forcée d'agir tant qu'elle en avait encore l'occasion et de prendre une initiative militaire contre Pol Pot, avec le concours des rebelles cambodgiens. La décision de renverser le régime Pol Pot, qui devenait de plus en plus pro-impérialiste, a été un acte d'autodéfense de la part de l'Etat ouvrier vietnamien. La chute de Pol Pot a constitué un pas en avant pour la révolution vietnamienne et pour les ouvriers et les paysans cambodgiens.

Parallèlement à leur pression économique et militaire, les impérialistes ont lancé une campagne d'intoxication autour des trois axes suivants : 1) Ils se sont lamentés sur le destin "tragique" des "réfugiés des bateaux , qui ont, paraît-il, fui l'oppression existant au Vietnam. En fait, la plupart de ces "réfugiés" sont des marchands qui ont été expropriés, les mêmes que ceux qui ont quitté le Vietnam volontairement après avoir perdu leurs propretes et leurs privilèges. Les impérialistes, dont les bombes ont délogé des millions de personnes, ont hypocritement fermé leurs propres portes aux "réfugiés des bateaux 2) Ils disent qu'il existe un "Goulag" au Sud du Vietnam et prétendent que le regime est tout aussi répressit que le prece-

"camp de part des fonctionnaires et des officiers de l'ancien régime, dont beaucoup sont coupables de crimes de guerre. Ils n'ont pas été traites de la maniere horrible dont ils traitaient jadis les combattants révolutionnaires qui tombaient entre leurs mains.

Il n'y a pas, au Sud du Vietnam, de camps de prisonniers équivalents au "Goulag" de Staline, dans lesquels des millions de dissidents ouvriers ont péri. La propagande capitaliste qui est faite sur ces camps arrive à point pour détourner l'attention tion d'autres authentiques

"Goulag" capitalistes ailleurs en Asie du Sud-Est, comme en Indonésie ou dans les Philippines. Elle est aussi destinée à justifier la guerre impérialiste au

Get à poser les jalons intervention militaire de l'impérialisme ailleurs. 3) Ils ont prétendu que le Vietnam était une puissance expansionniste, cherchant à agrandir son ancienne "zone d'influence" et à dominer les peuples d'Indochine. Cette campagne d'intoxication vise à discréditer la résistance aux manoeuvres impérialistes, de même que l'alliance entre le Laos et le Cambodge et le renversement du régime Pol Pot.

La Quatrième Internationale dénonce et condamne ces mensonges et dit la vérité sur le

En mars 1970, un coup d'Etat appuyé par les Américains a renversé le régime de Sihanouk au Cambodge et l'a remplacé par la dictature militaire de Lon Nol. La situation de tension qui couvait depuis longtemps explosa.

Le PC vietnamien avait soutenu le régime capitaliste foncier de Sihanouk, en échange de

. l'Est du Cambodge lui servait de base militaire. Lorsque le régime de Lon Nol, appuyé par l'armée US et l'armée de Saïgon, fit mouvement pour ces bases, les Vietnamiens s'autodéfendirent. Ils s'allièrent au Parti Communiste Cambodgien et menèrent la guérilla contre Lon Nol. Un soulèvement de paysans balaya le pays et une armée de 50 000 d'entre eux fut mobilisée. Les "Khmers rouges" devaient gagner rapidement le contrôle de presque toutes les campagnes.

Tout comme le PCV, le Parti Communiste Cambodgien était un parti stalinien. Lié à une tendance internationale du mouvement ouvrier, le PCK était petit-bourgeois de par son programme, sa composition et sa direction. Il préconisait le maintien d'un capitalisme réformé plutôt

Vietnam, les ravages de la guerre, la pression economique de l'impérialisme ainsi que les ef fets des dernières sécheresses et inondations qui pèsent lourdement sur les peuples du Vietnam, du Laos et du Cambodge. La Quatrième Internationale rejette la faute, d'abord et avant tout, sur l'impérialisme et appelle à une assistance massive pour la reconstruction de ces pays. Nous appelons à l'établissement de relations diplomatiques complètes avec le Vietnam et le nouveau gouvernement du Cambodge, ainsi qu'à la cessation du économique américain. Nous exigeons que les impérialistes cessent leurs livraisons d'armes en Asie du Sud-Est et retirent immédiatement la Septième Flotte ainsi que toutes leurs bases militaires ! LA LUTTE DE CLASSES AU CAMBODGE que l'établissement d'un Etat ouvrier. C'est pour cela qu'il a créé le Front Uni National du Cambodge (FUNK), dirigé par le prince Sihanouk et comprenant d'autres propriétaires fonciers capitalistes.

Au moment des accords de Paris, en janvier 1973, le PCV a pressé les dirigeants du Parti Communiste Cambodgien parvenir à un accord avec la dictature de Lon Nol. La plupart des dirigeants khmers semble s'être opposée à cela. Du coup, les staliniens vietnamiens réduisirent considérablement leur assistance militaire, laissant les combattants cambodgiens isolés lors du plus sauvage bombardement américain qu'ait connu la guerre d'Indochine.

L'aile du PCK dirigée par Pol Pot, leng Sary et Khieu Samphan s'est servie de cette attitude comme prétexte pour éliminer du parti tous ceux qui etaient suspects de sympathies "pro-vietnamiennes En même temps, ils se sont livrés à une répression de grande envergure dans les zones libérées qu'ils contrôlaient le plus étroitement, volant la terre des paysans pauvres tout en expropriant les exploiteurs, et déportant la population.

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La chute de Phnom Penh, le 17 avril 1975, plaça les dirigeants du PCK à la tête d'une nation dont la structure économique et sociale avait été brisée par la guerre civile et les bomardements Us. Mourir de taim était un danger réel pour la masse de la population. Dans ces conditions, seule l'installation d'un gouvernement des ouvriers et des paysans et la mobilisation des masses exploitees et opprimees, en vue de renverser le capitaliste, auraient pu stopper la catastrophe économique et sociale et créer les conditions du progrès.

Mais l'aile Pol Pot, leng Sary. Khieu Samphan des Khmers rouges a suivi une autre vole.

Lorsqu'il prit le pouvoir, le gouvernement Pol Pot prit des mesures radicales de nationalisations, expropriant non seulement les impérialistes, la bourgeoisie cambodgienne et les propriétaires fonciers, mais s'emparant aussi de la propriété des paysans les plus pauvres, des petits commerçants des villes et même des colporteurs. Les forces de Pol Pot ont exécuté, emprisonné et supprime non seulement les anciens fonctionnaires du régime mais des dissidents de toutes sortes, réels ou imaginaires. Les ouvriers des villes et les autres personnes scolarisées et qualifiées étaient particulièrement suspects.

Dès son installation à Phnom Penh, le gouvernement a lancé une répression brutale contre les ouvriers et les pauvres des villes, les envoyant de force à la campagne et les traitant comme ennemis. Peu de temps apres, le gouvernement prit des mesures brutales pour disperser les paysans pauvres à travers tout le Cambodge, les contraignant à se regrouper dans des camps de travail agricoles. Il est même arrivé que des ustensiles de cuisine et des vêtements ap partenant aux paysans pauvres soient confisqués. Ces mesures visaient à atomiser les masses rurales et urbaines afin d'empêcher une quelconque resistance Le prix en tut d'énormes souf frances humaines : la mort, la régime de Pol Pot a démonté voire éliminé les services publics de toutes sortes. La semaine de 7 jours de travail a été instaurée et le temps de travail journalier augmenta. Le travail des enfants a été institué. L'éducation de haut niveau et l'éducation la plus élémentaire furent supprimées, ainsi que les de santé. Les voies de communication et de transport ont été réduites au strict minimum ou se sont effondrées.

Pendant ce temps, les Khmers rouges se voyaient octroyer des privilèges qui leur permettaient de mieux vivre. Pour faire passer cette réduction brutale des espérances et du niveau de vie des masses, le régime a institué une répression totalitaire qui englobait tous les aspects de la vie de l'individu. Les "nationalisations" et les "collectivisarégime Pol n'avaient rien à voir avec l'expropriation des capitalistes et des propriétaires fonciers pour laquelle paysans s'étaient battus. Les ouvriers étaient atomisés; la production industrielle et manufacturière reculait. La mobilisation paysanne qui avait conduit les Khmers rouges au pouvoir était matée. Les forces sociales capables de lutter contre le capitalisme étaient écrasées. L'appar el de da capitalists qui avait existé dans était réduit à néant mais l'émergence d'un gouvernement ouvrier et paysan n'était pas possible. Toutes les chances de réalisation d'une alliance politique entre le prolétariat et les travailleurs pauvres des campagnes étaient détruites. L'expropriation soudaine et brutale des paysans pauvres a été un cour dur pour les intérêts des travail. leurs. La classe ouvrière n'était pas capable de remplacer les fondements en ruine de la société cambodgienne par un nouvel ordre social. La prétendue suppression de l'argent n'a pas, et ne le pouvait pas, supprimé la circulation des marchandises, ni l'utilisation de marchandises comme moyen d'échange. Cette suppression était une administrative temporaire dont le but et l'effet principal ont été une réduction plus grande de la consommation profit de celle de l'appareil privilégié.

Sans une révolution complète - qui constitue un progrès économique très net pour les masses travailleuses et qu'elles veulent défendre contre toute tentative de renversement - la seule consé quence possible après les vagues de nationalisations et d'expro priations commises par une dipetite-bourgeoise est d'augmenter l'accumulation du capital privé par la petite-bourqui se trouve dans la bureaucratie Tarmee, dans les camps de travail agricoles et dans les différents rouages de l'économie. A cet égard, et bien qu'ayant une aux autres Etats capitalistes où de telles nationalisations ont eu lieu, plutôt qu'à la Chine et au Vietnam.

La nationalisation de la propriété privée n'est pas suffisante en soi à l'établissement d'un Etat ouvrier. La prise de pouvoir des travailleurs en tant que classe dirigeante par la transfor mation des rapports de production au profit des ouvriers et de leurs alliés est elle aussi nécessaire. Ceci a été démontré très clairement par les révolutions russe puis cubaine au cours desquelles les dirigeants révolutionnaires ont consciemment guidé le soulèvement des masses. Cela a aussi été démontré par les révolutions socialistes déformées du fait de leur direction stalinienne - deuis les bouleversements en Europe de l'Est et en Chine, jusqu'aux transformations sociales qui ont atteint, lan dernier, un point décisif au Vietnam. Les nationalisations et les camps de travaux forcés du Cambodge ne sont pas une conquête ouvrière et ne constituent en aucune manière une étape pour résoudre les problemes economiques et sociaux auxquels sont confrontées les masses cambodgiennes.

En dépit d'une prise de distance temporaire vis-à-vis de l'impérialisme, le régime Pol Pot a trouvé que le soutien de celuici lui était nécessaire comme dernier recours contre les ouvriers et les paysans, surtout face au processus révolutionnaire qui se développait au

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Vietnam. L'alliance de Phnom Penh avec Pékin se resserra également quand cette dernière demanda de plus en plus ouvertement une aide impérialiste.

Au départ, les impérialistes manifestèrent d'abord une grande méfiance face au régime des Khmers rouges et exploitaient leur brutalité à des fins anticommunistes. Mais lorsque le processus révolutionnaire s'approfondit au Vietnam, les impérialistes et les régimes capitalistes voisins commencèrent à regarder le Cambodge d'un autre oeil. Depuis le début, le régime de Pol Pot avait recours au chauvinisme antivietnamien et provoquait des conflits armés à la frontière, dans l'espoir de geler les effets de la révolution vietnamienne. Ces incidents de frontière se transformèrent en frontalière 1977, obligeant le Vietnam à faire évacuer des centaines de milliers de personnes qui habitaient dans les régions menacées. Le 31 décembre 1977, le Cambodre rompit ses relations avec le

Le régime de Pol Pot a alors établi des relations diplomatiques avec la Thaïlande, Singapour, la Malaisie et l'Indonésie. Il se préparait aussi à établir des relations diplomatiques avec l'Australie.

Les incidents de frontière enre le Cambodge et la Thaïlande s'espacèrent; par contre, ils augmentèrent entre le Laos et le Cambodge.

Les comptes rendus de la presse capitaliste commencerent à relativiser les violations des droits de l'homme au Cambodge. La propagande capitaliste se concentra plutôt sur la menace

"l'expansionnisme vietna. A l'automne 1978, le Département d'Etat américain insista sur la nécessité système d'Etats indépendants" faisant allusion au Cambodge. L'impérialisme japonais commença à faire des plans pour venir en aide au régime de Pol Pot et pour essayer de le rendre économiquement viable, ce qui contrebalancerait l'exemple redoutable de la révolution vietnamienne.

Les oppositionnels cambodgiens, qui répondaient à la pression des ouvriers et des paysans, espéraient toutefois obtenir le soutien de la révolution vietna-

Au milieu de l'année 1978, après que le gouvernement cambodgien eut rompu ses relations diplomatiques avec le Vietnam, après que Phnom Penh eut lanattaques de plus en plus meurtrières à la frontière, malgré les représailles vietnamiennes, et après qu'elle eut rejeté toutes les propositions de négociation, montrant par la que le Cambodge se sentait assuré d'un appui puissant, Hanoi abandonna son but premier qui était de régler les différends pacifiqueCambodge recevait de la Guine, Cambodge recevait de la Hanoi avait de bonnes raisons de croire que ce pays ne tarderait pas à être appuyé par les Etats-Unis, économiquement, diplomatiquement et militairement; cela faisait partie des efde l'impérialisme pour maintenir le Vietnam sous sa pression.

Face à cette situation, Hanoï renforça ses liens avec les oppositionnels à l'intérieur du PCK et de l'appareil khmer rouge.

sestime de Combes

Une guérilla s'engagea alors dans l'Est du Cambodge, contre le régime de Pol Pot. D'autres rébellions se produisirent ail-

Le besoin de défendre l'Etat vietnamien conduisit Hanoi à envoyer massivement des troupes au Cambodge, en décembre 1978, pour aider les rebelles à établir un nouveau gouvernement.

La Quatrième Internationale salue la chute de Pol Pot comme un progrès de la révolution cambodgienne. En effet, elle crée une situation d'ouverture pour le combat des masses en faveur d'un gouvernement ouvrier et paysan qui puisse prendre les mesures nécessaires et faire déboucher les mobilisations sur la construction d'un Etat ouvrier.

La ligne de collaboration de classe des staliniens vietnamiens et du nouveau gouvernement Heng Sarim au Cambodge empêche un tel progres de se realiser. Néanmoins, confrontés aux pressions de l'impérialisme et aux exigences des masses, ils peuvent être contraints d'aller plus loin qu'ils ne l'avaient prévu et de prendre des mesures anticapitalistes.

Immédiatement après la chute de Pol Pot, le nouveau gouvernement de Heng Sarim et ses supporters vietnamiens ont été soumis à une pression politique très forte dans trois domaines-clés : 1) La réorganisation et la relance de la production agricole; les progrès à faire pour réparer les dommages provoques par les camps de travaux forcés de Pol Pot. 2) Le renouvellement et l'expansion de la production industrielle et manufacturière; l'assurance donnée aux viennent dans les villes et les viel lages d'avoir un gagne-pain. 3) L'instauration de structures administratives et militaires qu puissent mobiliser et armer le masses pour protéger la population des expéditions punitives des Khmers rouges. Heng Sarim ait d gouvernement Bien que le

• compter Jusqu'à un certain point sur les mobilisations populaires, on ne peut lui faire aucune confiance pour mener à bien les mesures nécessaires. Car elles exigent l'intervention active des ouvriers et des paysans. Le but de la Quatrième Internationale est de soutenir et de participer aux luttes des paysans et des ouvriers cambodgiens afin d'aider à la construction d'un parti d'un parti marxiste-révolutionnaire de masse au Cambodge, qui soit authentiquement internationaliste.

L'approvisionnement en nourriture et en médicaments, l'aide à la reconstruction sont des besoins immédiats et déterminants. On doit lancer une campagne internationale qui demande a tous les gouvernements paticulièrement à ceux des pay: imperialistes qui portent la plus grande responsabilité dans cette affaire, d'accorder une aide massive pour la reconstruction du Cambodge et de conjurer le danger de famine. La campagne doit aussi exiger la reconnaissance du nouveau régime de Phnom Penh et la cessation du soutien impérialiste et chinois aux forces de Pol Pot et aux Khmères Serei.

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LE CHANGEMENT EN ASIE

La victoire des forces de libération du Vietnam en 1975 a modifié le rapport de forces dans toute l'Asie du Sud-Est au profit de la classe ouvrière et de ses alliés.

Les plus grands progrès de ces dernières annees, en dehors du Vietnam, ont été réalisés au Laos, l'un des pays les plus petits et les plus pauvres d'Asie.

Après la signature des accords de Paris en 1973, un gouvernement de coalition comprenant le Pathet Lao stalinien et des forces pro-impérialistes, s'est mis en place à Vientiane. Mais après la victoire de Vietnam, des mobilisations, d'ouvriers, d'étudiants, et de pauvres des villes, précipitèrent leclatement de la coalition. En décembre 1975, le Pathet Lao liquida la coalition et prit seul la responsabilité du gouverne-

Dans les trois années qui ont suivi, suivi, le gouvernement de le

Caysone Phoumvihane a suivi un cours anticapitaliste croissant, bien qu'oscillant quelque peu. L'armée royale a été démantelée, la monarchie abolie. Les grands propriétaires fonciers ont été expropriés et la ciers ont été terre distribuée aux paysans qui n'en avaient pas. Les privilèges de la caste des prêtres bouddhistes ont été sérieusement élagués. Les usines étrangères ont été expropriées et la plupart des entreprises dirigées par des laonues des entreprises mixtes. L'éducation et la santé ont connu un rapide développement. Bien qu'une bonne part du commerce soit encore aux mains du privé, un rationnement des biens de biens de première nécessité a été introduit.

Le gouvernement de Phoumvihane vihane essaie aujourd'hui de essaie mettre fin à la culture et au trafic de l'opium qui sont très répandus. (L'opium était la principale exportation nationale sous l'ancien régime et la plus grande partie du capital marchand se concentrait dans ce secteur; continuer à produire de l'opium facilite la pénétra-

REVOLUTIONNAIRE DU SUD-EST tion economique imperialiste et expose a un danger militaire de la part des armées de mercenaires liées au trafic de l'opium;

puissantes et soutenues par l'impérialisme.)

L'agitation populaire a pendant continue de se développer. Les ouvriers dans les syndicats, et les paysans luttant pour la terre, ont refusé de se laisser intimider. Les dirigeants capıtalistes ont alors changé de cap

Un nouveau coup d'Etat a conduit le général Kriangsak Chamanand au pouvoir en 1977. Il a essayé de contenir les mobili1975 au sations en organisant des élections et en introduisant pour la première fois un salaire minimum en Thaïlande. Mais vu la situation provoquée par la crise économique, les ouvriers et les paysans se sont encore plus appauvris sous son gouvernement.

Une guerre des paysans s'est déclarée dans la campagne thailandaise, surtout au Nord et au Nord-Est du pays. Elle est soutenue par la Fédération des Paysans de Thaïlande, qui a organisé de grandes manifestations de masse à Bangkok vers le milieu des années 70. Il est actuellement rapporté par la presse que des paysans insurgés dirigés par le Parti Communiste Thailandais opèrent dans 46 des 73 provinces que compte le pays.

Le gouvernement de Kriang. sak considère l'exemple de la révolution vietnamienne comme quoi il a cherché à propulser le régime Pol Pot afin d'amortir le développement de la révolution. Mais Bangkok a connu une grande défaite lorsque Pol Pot a été renversé; de plus l'approfondissement continuel de la révolution laotienne met désormais la menace révolutionnaire aux frontières de la Thaïlande. Kriangsak a non seulement demandé à Pékin de conseiller au PC thailandais de se modérer, mais il est allé à Moscou pour obtenir son aide dans l'affaire du Cambodge.

Ces choix font du gouvernement laotien un gouvernement ouvrier et paysan, même s'il est dominé par un parti stalinien qui assure son propre contrôle sur les mobilisations de masse et qui ne permet pas aux ouvriers et aux paysans de décider démocratiquement. Le gouvernement laotien a construit une forte alliance avec le Vietnam, qui s'est concrétisée par la signature en juillet 1977 du pacte militaire et économique valable pour 25 ans. C'est pour cela que les media des pays capitalistes dénoncent le Laos comme étant un "fantoche" du Vietnam. En fait, le Laos et le Vietnam se sont de plus en plus rapprochés parce qu'il y a eu un développement de la révolution sociale dans les deux pays.

La Quatrième Internationale rejette la campagne contre-révolutionnaire de dénigrement de la révolution laotienne. Mais nous n'accordons aucune confiance aux staliniens laotiens qui ont montré leur peur de voir s'étendre la révolution en signant un accord "anti-subveravec la Thaïlande et en donnent leurs bases au Laos. Nous sommes pour la construction d'une direction marxiste-révolutionnaire indépendante au Laos, tout comme au Vietnam et au Cambodge.

Dans les autres pays d'Asie du Sud-Est, l'exemple des révolutions vietnamiennes tiennes, combiné aux effets de la crise économique de l'impérialisme, a produit une agitation sociale grandissante.

La Thaïlande est le pays qui a été le plus touché. Il a déjà été par un soulèvement la dictature de Thanom Kittikachorn. Une contre-offensive capitaliste a été lancée en octobre 1976 et un coup d'Etat militaire de droite a installé le général Thanin Kravichien au pouvoir. Une répression sanglante a alors commencé.

Ailleurs dans la région - en Birmanie, en Malaisie, aux Philippines et en Indonésie -, la crise sociale continue à se développer, même si les formes en sont moins vives qu'en Indochine.

L'impérialisme US se rend compte que ses satellites de l'ASEAN ne peuvent seuls ré-

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sister à l'extension de la révolution. L'intervention massive et directe des forces militaires impérialistes sera nécessaire. De là découle l'actuelle campagne de propagande qui fait apparaitre 'expansionnisme vietnamien" ou la "concurrence sino-soviétique" en Asie du Sud-Est comme la source d'une guerre possible dans la région. Se protégeant derrière cet écran de fumée, l'impérialisme a annulé le retrait d'une partie des troupes US de Corée du Sud et est en train de renforcer la Septième Flotte, de réarmer le Japon et de s'assurer des liens militaires avec le régime de Taiwan.

La Quatrième Internationale dénonce les agissements de l'impérialisme en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est. Nous défendons inconditionnellement les mesures prises par la révolution vietnamienne en réponse aux agissements de l'impérialisme.

Mais nous n'accordons aucune confiance politique à Hanoï.

La direction stalinienne chinoise se montre de plus en plus ouverte dans le développement de sa ligne contre-révolution-

Cette attitude était déjà flagrante au début des 1970. Le gouvernement de Mao établissait des relations amicales avec le gouvernement Nixon, au moment même où Washington écrasait le Vietnam sous les bombes. Politiquement, il n'y a pas eu vraiment un grand pas de

Centre cette forme de complicité avec l'impérialisme et la forme plus directe que Pékin a adoptée en envahissant le Vietnam en 1979.

Les staliniens de Pékin ont toujours recherché une politique de coexistence pacifique. Même à l'apogée de ses discours gauchistes en 1968, le régime de Mao faisait de nettes ouvertures à Washington. Mais l'impérialisme américain ne décida d'accepter l'offre tenace présentée par Pékin que lorsqu'il commenca à connaître des difficultés plus importantes en Indochine.

Hanoi n'a pas l'intention de se saisir de ces occasions pour étendre la révolution à l'Asie du Sud-Est. Comme à Pékin et à Moscou, la caste au pouvoir au Vietnam recherche une entente de collaboration de classe avec l'impérialisme US. Les déclarations de Pham Van Dong à l'occasion de sa tournée en Asie du Sud-Est, sud-ESt, In 1970, et dans lesquelles il s'opposait à la lutte des paysans en Thaïlande, indiquent la volonté des dirigeants de Hanoi d'agir contre les ouvriers et les paysans révolutionnaires si l'impérialisme est prêt à la détente avec le Vietnam.

Cependant, les mesures prises par Hanoï pour défendre l'Etat ouvrier sont un encouragement pour les ouvriers et les paysans au Vietnam et ailleurs dans la région; elles peuvent faciliter les mobilisations de classe qui mèneront la révolution sociale lus loin que les dirigeants stainiens traîtres ne l'entendent WASHINGTON ET PEKIN

Le tournant de Washington en faveur de la détente avec Pékin délivra les staliniens chinois des contraintes auxquelles les soumettait leur attitude officielle, dictée par l'hostilité de l'impérialisme américain. Pékin abandonna tous ses scrupules et soutint effrontément les pires dictatures capitalistes d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine. dictature du Shah en Iran, à celle de Pinochet au Chili; elle avalisa l'intervention des troupes françaises et belges au Laire, appuyées par les Etatsla Grande-Bretagne; aujourd'hui, elle salue le traité militaire signé entre l'OTAN d'une part, les Etats-Unis et le Japon de l'autre; elle appelle l'impérialisme américain nir" la révolution cubaine.

Pékin a misé sur une relation de détente privilégiée avec Washington au détriment de Moscou. Les accords commerciaux deviennent de plus en plus nombreux. Cependant, pour Washington, c'est sa relation avec Moscou qui reste décisive. L'Union Soviétique possède un poids militaire qualitativement plus important. De plus, Moscou conserve une influence bien plus grande dans le mouvement ouvrier international que Pékin et peut de ce fait intervenir plus efficacement pour modifier le cours des choses dans beaucoup de pays, et faire en sorte qu'il tourne en faveur de l'impérialisme. Dans la plupart des régions

'influence de Pékin dans la classe ouvrière est limitée. Néanmoins, puisque Pékin parle au nom de 900 millions de personnes, son soutien verbal extrême à l'impérialisme ne fait pas que jeter le discrédit sur le stalinisme chinois, mais est fort utile au capitalisme mondial.

Néanmoins, les staliniens chinois ont la capacité d'influencer directement les évolutions de la situation en Asie du Sud-Est.

Durant la longue guerre d'Indochine, Pékin n'a cessé d'exhorter les combattants de la libération à la modération. Aujourd'hui, les Chinois appliquent toujours cette ligne : 1) Pékin fait campagne pour défendre les marchands et commerçants capitalistes expropriés du Vietnam du Sud et se montre âprement hostile à l'extension et à la consolidation des frontières de l'Etat vietnamien dans le Sud. 2) Pékin fait des efforts pour saboter le gouvernement

3) Pékin soutient la répression brutale des ouvriers et des paysans par le régime Pol Pot au Cambodge, et parvient à rapprocher ce régime de l'impérialisme et des pays capitalistes de la région. 4) Pékin cautionne ouvertement le bloc régional capitaliste de l'ASEAN destiné à empêcher la révolution de s'étendre dans la région.

Pékin exerce une influence significative sur les partis staliniens d'Asie du Sud-Est, y compris sur le PC thailandais qui joue un rôle déterminant dans les luttes des paysans dans les campagnes.

Bien que Pekin prétende con tinuer à soutenir les luttes qui se déroulent en Thailande, elle agit de manière à les trahir. La Far Eastern Economic Review, source d'information reconnue à Bangkok, décrit ainsi la réacde son gouvernement l'actuelle politique de Pékin :

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"Les actes comptent plus que l'expansion pour conquérir de solument tenir les promesses les paroles. Nous ne voyons aucune preuve de renforcement du soutien chinois aux insurgés. Donc, dans ce cas, les actes sont différents des paroles. " (10 поvembre 1978). Bangkok se rend très bien compte que le rôle de Pékin en Thaïlande est d'essayer d'empêcher la lutte des classes de mettre en danger l'ordre dominant.

On dit aussi que Bangkok voit le rôle de Pékin en Asie du Sud-Est comme un tout: "Il ne semble pas que les Thailandais soient totalement d'accord avec laccusation de Hanoi qui présente le controle de Pékin sur les insurges communistes, l'influence des Chinois d'outre-mer et leur poids économique comme autant d'armes destinées à assurer sa domination en Asie du Sud-Est. Les Thailandais voient l'influence de la Chine, de l'intérieur, comme un soutien potentiel au régime, si toutefois la politique étrangère de la Thaïlande est conforme aux intérêts fondamentaux de Pékin. " (ibid.).

Ces lignes tion tout à fait exacte des objectits de Pékin. Contrairement à ce que dit Hanoï, Pékin ne vise pas à dominer l'Asie du Sud-Est et à la transformer en une "zone d'influence" chinoise. Elle ne vise pas non plus à conquérir ou à dominer le Vietnam, ni à renverser le gouvernement de tant qu'Etat ouvrier, la Chine n'a pas de tendance expansionniste ancrée en elle et qui viserait à exploiter ou à dominer les masses travailleuses d'autres pays. De ce point de vue, son comportement est fondamentalement différent de celui d'un Etat capitaliste. Bien au contraire, l'Etat ouvrier chinois subit la pression constante de l'impérialisme et de ses têtes de pont capitalistes dans la région.

Le gouvernement de la Chine est dominé par une caste parasitaire. Le but fondamental de cette caste stalinienne est de conserver ses privilèges dans le cadre d'un Etat ouvrier. Ces privilèges se situent dans la sphère de la consommation. La caste n'accumule pas de capital et ne subit pas de contrainte nouveaux marchés et pour in-

Ce que cette caste recherche avant tout, c'est pouvoir s'orienter vers la stabilité, sous la double pression des impérialistes et de la lutte des classes.

Vis-à-vis des impérialistes et des Etats capitalistes voisıns domines par l'imperialisme, comme ceux de l'ASEAN, Pékin recherche la coexistence pacifique, c'est-à-dire des garanties contre une attaque et, si possible, l'établissement de relations amicales, l'obtention de technologies et l'instauration de rapports commerciaux.

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•Siemreap CAMBODGE Ho Chi MinhV ille •(Saigon) / npong s

Vis-à-vis des travailleurs et des paysans chinois, ainsi des masses laborieuses du monde entier, Pékin recherche aussi lạ tranquillité, à savoir le maintien du statu quo. Les bureaucrates chinois écrasent constamment tout mouvement vers la démocratie ouvrière; leur but est de désamorcer l'impact destabilisateur crises revolutionnaires dans les autres pays; ils ont enfin besoin d'obtenir des progrès sur le plan économique, afin de prévenir le mécontentement des masses. Xiaopingse erneme actuellement sous des pressions internes particulièrement fortes et doit abcontenues dans les "Quatre Modernisations". C'est la conséquence des échees économiques hérités de l'époque de Mao - la stagnation de la production agricole au strict niveau de la subsistance pendant deux décennies et la stagnation du développement industriel - combimécontentement populaire dû à la très forte répression politique et culturelle qui a suivi la prétendue Révolution Culturelle. Cette pression interne à la Chine a rendu la bureaucratie particulièrement impatiente d'obtenir une aide technologique avancée de la part de l'impérialisme occidental.

Cest ce cadre politique qui explique l'invasion du Vietnam par la Chine.

En échange de meilleures relations diplomatiques avec les impérialistes et d'une aide économique et commerciale, Pékin a entrepris de faire tout ce qu'elle pouvait pour empêcher un changement révolutionnaire de se produire, notamment en Asie du Sud-Est. L'invasion du Vietnam par Pékin était un acte au service de l'imperialisme contre l'exemple menaçant de la révolution vietnamienne.

Ce cadre politique clarifie également l'implication du conflit sino-soviétique en Asie du Sud-Est.

Ce qui motive prioritairement à la fois Moscou et Pékin, c'est leur objectit de coexistence pacitique avec limperialisme. Chaque pays considère l'autre comme un rival par rapport à cet objectit (rivalité que les impérialistes ne cessent d'exacerber et d'exploiter).

Malgré des attaques verbales très dures, ni Pékin, ni Moscou ou de conquérir l'autre. Elles ne rivalisent pas pour le contrôle de "zones d'influence" qui permettraient de se protéger contre une offensive économique ou militaire de l'autre. La tension qui existe entre ces deux puissances en Asie du Sud-Est n'est pas un prolongement de la tension qui existe à la frontière sino-soviétique.

La situation n'est pas non plus comparable à celle de 1956 lors de l'invasion de la Hongrie

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par Moscou ou à celle de 1968 lors de l'invasion de la Tchécoslovaquie; ces invasions visaient à réduire à néant toute manifestation pouvant mener à une révolution politique. Là, le Kremlin cherchait à faire échec à un processus qui menaçait la position privilegiée de la caste bureaucratique sur son propre territoire.

Des guerres frontalières peuvent avoir lieu entre Moscou et Pékin pour des raisons politiques un conflit important a déjà éclaté sur l'Ussuri en 1969), de même qu'elles sont possibles entre Hanoï et Pékin. Mais la classe dominante de ces Etats ouvriers - c'est-à-dire la classe ouvrière - ne permettra pas que les rivalités interbureaucratiques se développent au point de mettre en danger leur conquête de classe la plus fonda-

Le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale a publié trois déclarations au cours des derniers développements qul se sont produits en Indo* le 16 janvier 1978, une déclaration intitulée 'guerre' de frontière entre Hanoi et Phnom

", adoptée à l'unanimité par le Bureau du SU et publiée au nom du SU dans Inprecor/ Intercontinental Press du 20 janvier 1978, no 20. * le 1er février 1979, un éditorial consacré à l'intervention du Vietnam au Cambodge et publié dans Inprecor/IP no 44. * le 21 février 1979, une déclaration intitulée ."Troupes chinoises hors du Vietnam tée par la majorité du Bureau du SU et publiée dans Inprecor

La ligne et les analyses contenues dans ces trois textes sont fondamentalement erronées. On peut dégager cinq erreurs essentielles. 1) L'incapacité à prendre comme point de départ la lutte des classes et à voir la responsabilité mentale, l'Etat ouvrier lui-même.

C'est pourquol, la violence verbale du conflit sino-soviétique ne laisse pas augurer d'une nouvelle période de guerres importantes entre Etats ouvriers. Elle est plutôt le signe que les castes staliniennes de chaque pays ont désespérément besoin de renforcer leurs liens coexistence avec l'impérialisme et que chacune considère l'autre comme un âpre rival dans cet effort qui leur est commun.

Loin de mener à une période de "guerres mondiales entre les pays socialistes", ", la politique criminelle des castes staliniennes de Pékin et de Moscou érole la chape de plomb qu'elle ont peser sur les travailleurs chinois et soviétiques, avançant alors d'autant le jour du règlement de compte final et de la LES ERREURS DE LA MAJORITE DU SU des impérialistes dans les con-

Ni l'éditorial du ler février 1979, ni la déclaration du 21 février 1979 ne prennent note du renversement des rapports de production capitalistes au Sud-Vietnam comme un facteur des

Aucun de ces textes ne reconnaît l'impulsion positive donnée à la lutte de classes au Cambodge comme résultat du renversement du régime de Pol

L'éditorial du 1er février, principal texte sur le Conflit Vietnam-Cambodge, traite la campagne actuelle de l'impérialisme contre le Vietnam comme un facteur très peu important, la mentionnant tout juste dans la conclusion de la résolution.

Il n'est fait aucune mention dans ces trois textes de la signification du récent tournant des imperialistes envers le régime

Il n'est accordé aucune considération à l'impact positif pour la lutte des classes dans toute l'Asie du Sud-Est qu'ont été les nouveaux développements au Vietnam et au Cambodge.

La déclaration du 16 janvier 1978 décrit, à l'époque, conflit entre le Vietnam et le Cambodge comme une "guerre

, un lier sanglant". Malgré une analyse correcte de la possibilité de voir ce conflit dégénérer "en un conflit échelle»militaire à plus grande

, il n'est fait aucune mention des objectifs impérialistes en Indochine, autres que leur tentative d'utiliser le conflit à des fins de propagande anticommuniste.

L'éditorial du ler février

979 dit que, en ce qui concer le la guerre entre le Vietnam et le Cambodge, les marxistes-révolutionnaires concentrent "leur feu, comme toujours, contre l'impérialisme". Mais l'impérialisme n'est pas présenté comme la cause du conflit. Les impérialistes ne sont accusés que du péché d'hypocrisie -défendent la "souveraineté nationale" du Cambodge après avoir, quelques années auparavant, couvert le pays de bombes, et ils essaient de tirer un bénéfice politique de la situation en l'utilisant comme "prétexte contre le Vietnam. L'objectit réel des impérialistes, d'installer un gouvernement qui leur soit favorable au Cambodge, passe sous la table.

Malgré la volonté de concentrer le "feu contre l'impérialisme". ee comme etant de la pessentée comme étant de la ponsabilité des bureaucraties au pouvoir" en URSS, en Chine, au Vietnam et au Cambodge, "sans faire quelque distinction que ce soit entre elles".

La déclaration du 16 janvier 1978 ne fait pas mention particulière de la nature de classe du Cambodge. L'éditorial du 1er

1979 laisse qu'il s'agit d'un Etat ouvrier, puisqu'il dit que le conflit Vietnam-Cambodge, est l'une de ces "guerres fratricides et des menaces d'actions militaires" entre les Etats ouvriers.

Ceci est faux.

La déclaration du 21 février 1979, à propos de l'invasion du Vietnam par Pékin, présente les impérialistes comme seulement "d'exploiter" le conflit à leur avantage. Elle note que Pékin a agi en réponse au

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en garde contre toute attaque soviétique et le nationalisme.

renversement du régime Pol Pot, mais rejette les objectifs de l'impérialisme au Cambodge comme étant une cause du conflit. La collusion directe entre Pékin et Washington n'est pas mentionnée. (Par exemple, les consultations de Deng Xiaoping avant le conflit, a Washington et à Tokyo.) Pékin n'est présentée que comme apportant une aide objective à l'impérialisme dont le but est d'affaiblir le Vietnam et de renforcer les Etats capitalistes de la région.

La résolution du 21 février affirme que l'agression de Pékin "s'inscrit dans un contexte politique plus large qui lui donne sa ventable signification et sa les bureaucraties sometique tee Le conflit entre chinoise, dont le Kremlin porte la responsabilité bistorique (...) constitue le cadre dans lequel s'insèrent les affrontements entre les directions chinoise, namienne et Romere rouge.

Ainsi donc, l'axe des declarations du SU était faux. 2) L'incapacité à promouvoir une ligne marxiste-révolutionnaire correcte durant les conflits.

Les erreurs graves contenues dans la ligne politique proviennent directement des évaluations incorrectes que nous venons de voir ci-dessus.

La résolution du 16 janvier 1978 appelait à la "cessation immediate des affrontements armés" entre le Vietnam et le Cambodge et disait que "la question des frontières devait etre resolue par des negocia-

Bile ne posses pas pa neee

de défendre l'Etat ouvrier vietnamien contre les attaques de l'impérialisme au-travers du gouvernement de plus en plus profévrier 1979 fut publié pour "protester contre linvasion du Cambodge par l'armée régulière vietnamienne". Il préconisait le "retrait immédiat de l'armée réguliere du Vietnam du Cambodge". : Il n'a donc pas soutenu les mesures militaires défensives prises par l'Etat ouvrier vietnamien.

Bien que faisant cas de l'opposition au régime de Pol Pot la ligne de retrait immédiat, s elle avait été appliquée, aurait eu pour effet de faciliter les ettorts des partisans de Pol Pot pour rétablir un régime pro-impérialiste au Cambodge, menaçant du même coup la révolution vietnamienne. La ligne de cet éditorial n'offrait aucune perspective aux masses cambodgiennes, leur permettant d'affirmer leurs intérêts propres.

La déclaration du 21 février 1979 sur l'invasion de Pékin n'a pas eu comme axe principal des mots d'ordre dirigés contre l'impérialisme.

Malgré l'appel correct pour le retrait immédiat des troupes chinoises du Vietnam et la mise soviétique éventuelle contre la Chine, la résolution n'a pas appelé Moscou à fournir au Vietnam tout le matériel nécessaire à sa défense. Cela a donné l'impression qu'il s'agissait d'un appel pacifiste au retrait des troupes de Pékin.

Une autre erreur, bien que moins grave, a été la manière dont la résolution du 16 janvier 1978, puis celle du 1er février 1979 ont appelé à construire les "Etats Unis Socialistes d'Indochine" et à constituer une "Fé dération Démocratique et Socialiste des Peuples d'Indochi-

. Bien que cet objectif soit correct, les deux résolutions le présentaient de telle sorte qu'il apparaissait comme un substitut abstrait à la réponse à donner au problème central immédiat que connaît la révolution indochinoise. La manière dont ce mot d'ordre a été posé suggère que le problème essentie était de surmonter le conflit fratricide que se livraient les Etats ouvriers indochinois ainsi que le danger d'une domination vietnamienne sur les peuples laotien et cambodgien.

Ce cadre politique était faux. Ce n'était qu'une autre façon de dire que le problème réel était celui de l'expansionnisme vietnamien.

Bien au contraire, le problème essentiel au Cambodge aujourd'hui est double : 1) Ecraser ce qui reste des forces réactionnaires de Pol Pot. Au lieu de se montrer hostiles aux forces vietnamiennes, les masses cambodgiennes ont apprécié l'aide et la protection qu'elles ont reçues du Vietnam pour lutter contre Pol Pot. 2) Franchir des étapes dans la réorganisation de l'économie et de la société cambodgiennes par l'établissement d'un Etat ouvrier.

La perspective d'une fédération socialiste indochinoise n'a de sens que dans ce cadre-là. 3) Incapacité à donner une explication correcte des conflits.

Les trois résolutions maintiennent que la responsabilité principale dans les conflits reVient aux bureaucraties des Etats ouvriers. Les deux explications essentielles de leurs agissements sont le conflit sino-

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a) Le conflit sino-soviétique

La résolution du 16 janvier 1978 affirme que "le conflit sino-soviétique à joué un rôle direct dans la détérioration des relations entre le Vietnam et le Cambodge", Il est dit que Moscou a agi "dans la peur des sympathies pro-chinoises de Sibanouk et des Khmers rouges" Le but de Pékin était "de résister au développement de l'influence vietnamienne (et soviétique) dans la région". "les directions chinoise et soviéalie dans le conflit opposant couvrent chacune leur le Vietnam au Cambodge.

L'éditorial du 1er février 1979 explique que par la poli-

¡que qu'elle a menée au fil de

"la bureaucratie soviétiau a créé le cadre pour le déroulement de la tragedie qui se joue aujourd'bui" et que cratie chinoise à son tour utilisa son hégémonie sur la direction du PC cambodgien pour lancer une campagne systématique antsovietique et antivietnamien-

, enfin que "la bureaucratie vietnamienne a transformé la conception de fédération (indochinoise) en une formule chant avec peine la domination et le contrôle du Vietnam". "Dans ces conditions" , poursuit la résolution, "il était inévitable que le nationalisme bostile aux traditionnel Cambodge, reprenne corps et fournisse à la fois à la bureaucratie chinoise et à ses agents à Phnom Penh la base indispensable pour leurs campagnes irres ponsables contre l'Etat ouvrier vietnamien."

Bien que l'éditorial affirme que "chacune des bureaucraties"

"les armes à la main" afin "de défendre ses propres inté rêts immédiats", elle n'explique à aucun moment quels étaient les intérêts matériels en jeu.

Les deux textes tendent à présenter les conflits comme decoulant d'idées fausses. La déclaration du 16 janvier 1978 dit ceci : "Si la théorie stalinienne du socialisme dans un seul pays' n'avait pas triomphé, la violence de l'affrontement entre le Vietnam et le Cambodge serait inconcevable. " L'éditorial du 1er février 1979 dit que les conflits "représentent la maturation des fruits empoisonnés de la théorie stalinienne du socialisme dans un seul pays'"

La déclaration du 21 fevner 1979 sur la guerre de frontière entre la Chine et le Vietnam dit qu'en plus de la stabilité capitaliste en Asie du Sud-Est, la bureaucratie soviétique (...) maintenir la stabilité dans la zone de l'ASEAN tout en y tendant sa propre influence en mettant a profit ses hens avec le régime vietnamien" dis que d'un autre côté, Pékin considère la région comme "devant faire d'influence Partie de sa zone

Dans toutes ces explications, les facteurs décisifs dans la rivalité sino-soviétique sont absents ou jugés peu importants : la concurrence entre les castes pour leurs relations avec les impérialistes et la défense de leurs privilèges dans le domaine de la consommation en essayant de contenir la lutte de classes et d'empêcher l'extension de situations révolutionnaires.

Rejetant tous ces considérants, l'éditorial du ler février 1979 dit que Hanoï a commis

"irresponsable" Cambodge et la déclaration du 21 février estime que Pékin a montré son "aveuglement" en envahissant le Vietnam. Cependant, Hanoï et Pékin ont en fait agi rationnellement du point de vue de leur propre caste dirigeante. Pourtant, malgré les mestaliniennes de Hanoï, son action a coïncidé avec les intérêts des travailleurs miens et cambodgiens; l'action de Pékin a, au contraire, nui aux intérêts des ouvriers chinois et à la défense de leurs conquêtes sociales.

Au lieu de voir que les castes bureaucratiques ne sont pas, par nature, expansionnistes, on atfirme que les Etats ouvriers dominés par les couches bureaucratiques ont une propension naturelle à faire la guerre, fondée sur leur désir d'étendre leurs zones d'influence. La déclaration du 21 février dit que "la logique infernale des conflits interbureaucratiques s'impose

" Pire, "la débâcle subie par les forces américaines en Indochine et l'affaiblissement des positions de l'impérialisme en Asie orientale rendent plus difficiles les pressions impérialistes directes et ont facilité l'expression, sous une forme militaire, des oppositions de bureaucraties qui développent une orientation fondée sur la conception de la construction du socialisme dans un seul pays'" . Si l'on poussait cet argument jusqu au out de sa logique, 1l remettrait en cause la position trotskyste qui rejette la notion d'une propension naturelle à la guerre des Etats ouvriers, même bureaucratiquement dégénérés ou déformés. b) Le nationalisme

La declaration du 16 janvier 1978 et l'éditorial du ler fe vrier 1979 mettent tous les deux l'accent sur le nationalisme et le désignent comme l'une des causes du conflit entre le Vietnam et le Cambodge. Elles attribuent non seulement aux régimes vietnamien et cambodgien, mais aux masses elles-mêmes, une forme virulente de nationalisme. Aucune distinction n'est faite entre le nationalisme des masses et celui des gouvernements. De même qu'aucune distinction n'est faite entre le nationalisme de la caste bureaucratique du Vietnam et ce lui du régime capitaliste de Pol Pot au Cambodge. La déclaration du 16 janvier 1978 mentionne que "le poids du stalinisme internationalement et l'éducation stalinienne des directions vietnamienne et cambodgienne expliquent en partie le regain et l'extension du nationalisme en Indochine.

L'éditorial du ler février 1979 explique qu'elles (les guerres fratricides) "représentent la maturation des fruits empoisonnés de la théorie stalinienne du "socialisme dans un seul pays, c'est-à-dire du messianisme nationaliste, marquent de plus en plus de points au sem des PC bureaucratisés"

S'il est vrai que les castes staliniennes conçoivent et presentent leurs propres intérêts en des termes nationalistes, n'est pas là la raison fondamentale de leurs entreprises. En défendant leurs propres intérêts de caste, elles les identifient faussement à ceux de la nation toute entière. Leur nationalisme n'est rien d'autre qu'un

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masque derrière lequel se cachent leurs intérêts en tant que caste parasite. De la même manière, les régimes capitalistes identifient leurs intérêts de classe à ceux de la nation toute entière. Là aussi, il est nécessaire de creuser derrière l'idéologie pour dégager les intérêts matériels de classe qui sont en jeu.

Hanoï a été guidée par la nécessité de défendre ses intérêts de caste face à la pression grandissante de l'impérialisme, principalement face au recours que faisait l'imperialisme au régime Pol Pot, avec la volonté de l'utiliser contre l'Etat ouvrier vietnamien. Hanoï s'est donc dressee contre le regime Pol Pot tout en essayant de maintenir le couvercle sur les luttes ouvrières et paysannes.

De son côté, le régime capitaliste de Pol Pot était guidé par la nécessité de défendre ses intérêts de classe contre la menace d'extension stimulée par l'exemple de la révolution socialiste vietnamienne.

Bien que les deux gouvernements aient eu recours à des appels chauvins, leur vision idéologique n'avait pas les mêmes origines. L'incapacité à distinguer les racines objectives du nationalisme a amené la majorité du SU à écrire une résolution qui tombe dans le piège d'une explication non-matérialiste du conflit.

Le nationalisme des masses laborieuses est d'une autre nature. Bien que les ouvriers et les paysans puissent être amenés à suivre les idéologies chauvines différents gouvernements, ce n'est pas là la seule origine de leur nationalisme. Il reflète en effet souvent non pas une idéologie fausse, mais une reconnaissance de rialle, de lei en táies du très fort nationalisme dirigé contre l'impérialisme qui a prévalu chez les ouvriers et les paysans vietnamiens, laotiens et cambodgiens lors des interventions militaires de l'impérialisme en Indochine. En tant qu'expression, même partielle, des intérêts de classe réels des ouvriers et des paysans, ce nationalisme a été et demeure de nature progressiste, faisant avancer plutôt que reculer le développement de l'internationalisme prolétarien. Il est faux de parler, comme le fait l'éditorial du 1er février 1979, du "nationalisme hostile aux Vietnamiens, traditionnel Cambodge" comme s'il s'agissait d'une donnée constante dans la conscience des masses. De la même façon qu'il est faux d'affirmer, comme le fait la déclaration du 16 Janvier 1978, qu'il y a eu un nationalisme en Indochine" et de laisser entendre que pour les masses, "l'animosité bistorique a été délibérément intensifiée par l'impé-

"vision a le longtemps isolées".

Au contraire, le nationalisme anti-impérialiste des masses qui s'est dressé contre les impérialistes a rapproché et non pas éloigné les peuples cambodgien et vietnamien.

Mieux, il n'y a aucune preuve que laction vietnamienne au Cambodge a suscité une hostilité nationaliste des masses cambodgiennes. Au contraire, il est prouvé que les masses cambodgiennes ont soutenu le nouveau cours pris par les événements et y ont vu le moyen de faire avancer leurs intérêts - situation que l'on ne peut expliquer si l'on s'en tient au cadre fourni par les déclarations du SU.

On doit aussi noter que l'éditorial du 1er février néglige d'expliquer comment la "resurhistorique" envers le Vietnam n'ait pas été évidente. Encore une fois, le processus révolutionnaire au Laos a progressé et rapproché le Laos et le Vietnam.

Il est vrai qu'aussi longtemps nue les staliniens auront le pou voir à Hanoï, la possibilité du Vietnam de dominer en grande puissance existe. Mais il est faux de dire que c'est un problème décisif aux yeux des masses laotiennes et cambodgiennes aujourd'hui. En fait, au point où en sont les initiatives prises aujourd'hui pour faire avancer la révolution socialiste au Cambodge et pour approfondir la révolution sociale au Laos, cette menace ira en diminuant, de même que le pouvoir de la caste stalinienne vietnamienne.

Les textes du SU sont incapables de rendre compte des processus idéologiques parce qu'ils n'ont pas su distinguer correctement les processus sociaux en cours au Laos, au Cambodge et au Vietnam; en conséquence de quoi la ligne proposée s'avère rausse. 4) Incapacité à faire une estimation correcte des conséquences du conflit.

Cette erreur est directement issue de l'analyse et de la ligne incorrectes contenues dans les trois résolutions.

La déclaration du 16 janvier 1978 affirmait qu'un conflit

Plus lage dentre le Vietae et

coup dur porté aux luttes révolutionnaires en cours en Asie du Sud-Est", L'éditorial du 1er février 1979 caractérisait le conflit plus large qui éclatait alors desastreux . C'est exactement l'inverse qui s'est produit.

L'éditorial du 1er février dit: "Il est d'autant plus impératit, pour défendre les intérêts de l'Etat ouvrier vietnamien contre l'impérialisme, d'exiger le retrait immédiat du Cambodge de l'armée vietnamienne". Dans les faits cependant, le retrait de L'armée vietnamienne correspondait précisément à l'objectif des impérialistes visant à attaquer l'Etat ouvrier vietnamien.

L'éditorial du 1er février af firme également que la présence prolongée des troupes vietnamiennes au Cambodge "entretiendra en outre le sentiment national cambodgien contre l'occupation étrangère et risque de déclencher une résistance massive et à long terme - même sous forme de guerre de guérilla prolongée - qui, dans les condi tions actuelles, pourrait faciliter la tâche de la dictature réactionnaire thai et de l'impérialisme :

June contre-offensive contre la révolution vietnamienne pour la premiere fois depuis leur défaite éclatante de 1975"

Dans les faits, une résistance de droite s'est développée, sou-

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tenue par les impérialistes et armée par Bangkok; le retrait immédiat des troupes vietnamiennes rendrait donc la tâche plus facile à l'impérialisme, et non plus difficile

" est vrai qu'une presence prolongée des troupes vietnamiennes au Cambodge peut susciter une hostilité massive, cela se produirait seulement dans le cas où Hanoï voudrait empêcher les masses cambodgiennes l'affirmer leurs interets propres

Les impérialistes n'auraient alors rien à gagner à soutenir les luttes des paysans et des ouvriers cambodgiens pour leur indépendance contre les staliniens de Hanoï.

Ainsi, les trois textes tirentils des conclusions qui sont à l'opposé de l'impact réel des récents développements de la lutte des classes en Indochine. 5) Incapacité à contrer la campagne de propagande imperialiste et à offrir une alternative claire à la désorientation de la gauche petite-bourgeoise.

Les résolutions du 1er et du 21 février 1979 soulignent, et c'est juste, que les impérialistes se sont saisis des événements en Indochine pour lancer une cammuniste et elles affirment la nécessité de combattre cu te campagne.

Toutefois, très peu de choses sont dites quant au contenu spécifique des arguments utilisino-vietnamienne. sés par les impérialistes. L'omission est flagrante.

En fait, les analyses et la lime avancées dans l'editorial et la déclaration des 1er et 21 fe. vrier de cette année exigent le retrait immédiat des troupes vietnamiennes du Cambodge; refusent de demander une aide soviétique militaire au Vietnam; mintmisent le rôle primordial de l'impérialisme dans les conflits; et expliquent au contraire que les conflits se sont développés dans le cadre de la querelle sino-soviétique et de la résurgence du nationalisme. Ces positions ne pouvaient que désarmer les révolutionnaires face aux arguments soulevés par les impérialistes dans leur campagne de propagande.

L'éditorial du ler février 1979 dénonce "les tentatives du capital international et de petits-bourgeois demoralisés, de faire grand bruit autour de la tragédie cambodgienne'". peu plus loin, toutefois, dans ce même éditorial, utilisant le même ton, il est question "du deroulement de la tragédie qui se joue aujourd'bui" bodge et du "désastre" qu'elle constitue. C'est tout le contraire qui s'est produit. Cela a ouvert une possibilité nouvelle pour la révolution cambodgienne pour la première fois depuis trois ans et demi.

Les leçons que l'on peut tirer du renversement du régime

Pol Pot par le Vietnam sont comparées à celles que l'on a pu tirer de "(...) l'écrasement de la Révolution hongroise de 1956 ou du Printemps de Prague de 1968 „par les tanks soviétiques... Mais ce sont là des exemples qui illustrent l'écrasement des ouvriers par le stalinisme (encouragé par les impérialistes). Le renversement du régime Pol Pot, au contraire, a constitué un progrès pour les travailleurs (ce à quoi les impérialistes s'opposaient).

De ce point de vue, il était impossible que l'éditorial du 1er février 1979 prenne le contre-pied de ce qu'il a lui-même appelé la "désorientation, le cynisme et la démoralisation dans des secteurs importants de la classe ouvrière et du mouvement anti-impérialiste à l'échelle internationale dans les pays coloniaux et semi-coloniaux

Il était faux d'affirmer qu' "aujourd bui, l'immense capital de sympathie conquis par la Révolution vietnamienne parmi les travailleurs du monde entier a été très largement compromis"

Cela n'a pas été le sentiment des travailleurs du monde entier, mais bien celui des nombreux petits-bourgeois radicalises en proie à la démoralisation. Et ce sentiment de défaite n'a malheureusement pas été efficacement combattu par les déclarations de la majorité du Bureau du SU de la Quatrième Internationale.

La ligne incorrecte et le ton déchirant des textes publies au nom du SU ont contribué à désorienter nombre de sections de l'Internationale. Beaucoup d'entre elles ont publié dans leur presse des prises de posi con identiques à celles du su et parfois plus extrêmes encore.

Ces erreurs doivent être rectifiées afin d'empêcher d'autres dégâts politiques de se produire.

Seul un débat approfondi et complet peut permettre de clarifier les problèmes et d'ouvrir la voie à une réorientation de la Quatrième Internationale en fonction d'une vision correcte des conflits en Indochine et de leurs implications pour les marxistes-révolutionnaires.

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