Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

INDOCHINE

Le conflit sino-vietnamien : Résolution du Secrétariat unifié de la IVe Internationale

· Inprecor n° 56-57, 5 juillet 1979 · p. 19-30 · 9 464 mots

Indochine IVe Internationale Chine URSS et Russie

se sont fait sentir dans les ex- chinoises au Vietnam. Les con-

Nous publions ci-dessous les textes des deux résolutions diseutées par le Secrétariat unifié de la

IVe Internationale, lors de sa réunion du 31 mars au 4 avril 1979.

La première résolution, «La crise sino-indochinoise», été adoptée par le Secrétariat unifié. La seconde résolution, intitulée «Les réponses de l'impérialisme aux nouveaux progrès de la révolution indochinoise», a été présentée par une minorité du

Secrétariat unifié. 1. Après avoir, des années durant, poursuivi en Indochine une guerre dévastatrice et avoir accumulé les ruines, l'impérialisme américain essuyait une défaite majeure en 1975. L'échec de l'intervention américaine, provoqué par la résistance opiniâtre des peuples indochinois ainsi que par la montée des mobilisations et du sentiment anti-querre aux Etats-Unis, traduisai a modification en cours des rap ports de forces mondiaux aux dépens de l'impérialisme. contribuait à l'accentuer. Le combat héroïque des peuples d'Indochine montrait que la victoire était possible même face à la puissante armée américaine Le profond sentiment d'hostilité, parmi les masses, à une nouvelle guerre, la crise sociale en Amérique du Nord, comme la situation internationale découlant de la défaite impérialiste, rendaient extrêmement difficile au gouvernement américain le recours à l'envoi d'un large corps expéditionnaire pour assurer le maintien de l'ordre néocolonial.

Le crédit de Washington en tant que gendarme du monde capitaliste était entamé. Dans ces conditions, une crise de dipolitique impérialiste rection s'est ouverte. Ses effets directs

Indochine colonies portugaises d'Afrique, dans toute l'Afrique australe, en Ethiopie et plus récemment en Iran et au Proche-Orient. En Indochine, la victoire d'un processus de révolution permanente - combinant libération nationale et révolution prolétarienne - dans la region permit l'établissement au Vietnam, au

Sombre de no

veaux Etats ouvriers. En Asie du Sud-Est - et avant tout en Thaïlande - la défaite américaine favorisait le développement de luttes de libération et un essor des mobilisations des masses urbaines et des paysans pauvres.

En fait, c'est l'ensemble du système de domination impérialiste en Asie orientale, tel qu'il avait été mis en place par Washington durant les années 50 et 60, qui s'est vu profondé ment ébranle 2. Avant même la défaite de l'impérialisme, des tensions s'étaient manifestées entre les directions des Partis communistes vietnamien, cambodgien et chinois, sur le plan politique, économique, diplomatique et frontalier. Elles ont progressi vement pris une forme militaire et ont débouché, moins de 4 ans après la victoire, sur l'entrée des troupes régulières vietnamiennes au Kampuchea, comme

Sur 1e au chan a oe

Le conflit

sino-vietnamien

flits opposant les Etats ouvriers bureaucratisés ont atteint une gravité sans précédent.

Aujourd'hui, des ressources indispensables au relèvement socio-économique des pays indochinois, dévastés par la guerre impérialiste, et à la satisfaction des besoins fondamentaux des masses laborieuses sont détournées à des fins militaires. Les conflits opposant les Etats ouvriers bureaucratisés ont atteint une gravite sans precedent. E impérialisme poursuit une politi que contre-révolutionnaire active dans la région. Après quelques vacillations, suite à la dé faite de 1975, L'impérialisme américain a accentué à nouveau sa pression en Asie orientale : maintien d'une forte présence militaire en Corée du renforcement de l'armée de la dictature de Park; soutien massif au regime thaïlandais et plus generalement aux regimes PASEAN; consolidation dans le Pacifique de ses forces aéro-navales et de ses bases insulaires; liens "spéciaux" avec Taïwan; blocus économique du Vietnam.

Ces mesures visaient à briser la dynamique issue de la victoire de la révolution vietnamienne, dont l'impact parmi les masses laborieuses d'Asie orientale fut considérable, à contenir et à écraser le plus rapidement possible les mouvements anti-impérialistes de libération nationale.

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idéologues de la bourgeoisie développèrent une vaste campagne anti-communiste, axée autour du Cambodge et du Vietnam, campagne qui s'engagea dès l'annonce de la défaite américaine en Indochine.

Il revient au mouvement ouvrier international de se mobiliser pour défendre les révolutions indochinoises en butte aux manœuvres impérialistes alors qu'elles sont affaiblies par les conflits inter-bureaucratiques. Il lui revient aussi de tout raire pour mettre un terme aux combats militaires entre Etats ouvriers bureaucratisés, affrontements pour lesquels les ouvriers et les paysans paient un lourd tribut de sang. Ce qui s'exprime de façon si dramatique, c'est une nouvelle fois le prix que l'humanité doit payer pour le retard de la révolution mondiale. 3. Face à l'escalade impérialiste en Indochine, les directions chinoise et soviétique avaient toutes deux dû poursuivre, quelles qu'en aient été les limites, leur aide matérielle à la révolution indochinoise. Après la défaite de l'impérialisme et avec l'affaiblissement de sa ca-

Sur le plan international, les pacité d'action en Indochine, le conflit sino-soviétique allait, par contre, peser d'un grand poids dans l'évolution de la situation régionale.

A l'origine de ce conflit -outre la position alors objectivement différente de l'URSS et de la Chine face à l'impérialisme - on trouve la volonte de la bureaucratie soviétique de préserver son contrôle sur le mouvement communiste mondial, facteur essentiel pour le maintien

Le maintien du monolithisme était considéré par la direction soviétique comme un élément important pour assurer la stabilité de sa domination intérieure. Pour mener à bien sa politique le coexistence pacifique aver 'impérialisme, il lui fallait affir mer son emprise sur des zones stratégiques clés, afin d'éviter des développements incontrôlés Confrontée à la révolution chinoise dont elle n'avait pu empêcher la victoire et à une direction sur laquelle elle n'arrivait pas à garantir son contrôle, elle choisissait d'isoler et d'affaiblir l'Etat ouvrier chinois.

Ceia conduisit 1960, à couper l'aide technique à la Chine, a porter de tre raves coups à l'économie et : retirer son soutien militaire à

Pékin, malgré la menace de l'impérialisme. Puis le Kremlin a installé aux frontières de la Chine jusqu'à un tiers de ses forces armées.

Dans le cadre des changements d'attitude de l'impérialisme face à Pékin, la caste bureaucratique chinoise affirme ses intérêts nationaux propres contre le Kremlin. En proie à une grave crise intérieure, elle s'attache à une politique de coexistence pacitique pour repon-

Besoins liés à ses op tions économiques, pour réta blir un statu quo dans la région et limiter au maximum les prolongements de la victoire des révolutions indochinoises.

Bien qu'Hanoï n'ait pas pour de stimuler les luttes anti-impérialistes dans les pays de l'ASEAN, l'orientation de la direction vietnamienne - qui tend à une unification de fait de l'Indochine sous son contrôle -et les liens qu'elle a tissés avec la bureaucratie soviétique cons-

Run facteur susceptible de compromettre les plans de la direction chinoise dans cette région, qu'elle considère comme devant faire partie de sa zone

Incapable d'assurer son contrôle sur le Parti communiste vietnamien (PCV), la bureaucratie chinoise tente d'isoler et d'affaiblir l'Etat ouvrier vietnamien par des méthodes analoẠNH CHỊ EM THUONG BINH, BENH BINH QUYET TRỌN ĐƠI LAI NGƯỜI CON TRUNG HIÊU CUA DÁNG CỦA NHAN DAN

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Sihanouk à Pékin, avant d'aller plaider à l'ONU la cause du Kampuchea démocratique

Nol au Cambodge, porté au et Pékin avec le Vietnam et le gues à celles utilisées contre elle par la bureaucratie soviétique : isolement diplomatique, dénonciation politique, arret de l'aide économique, pression militaire. 4. Dès avant 1975, la défense des intérêts particuliers de la bureaucratie soviétique puis chinoise a coûté fort cher aux peuples d'Indochine. Les accords de Geneve de 1954 les rustraient d'une grande partie les succès remportés sur le ter rain contre l'impérialisme français. La passivité de l'URSS permettait à Washington de renforcer le régime Diem et d'engager une nouvelle guerre d'agression. Le Kremlin, en comptant parcimonieusement son aide, laissait se prolonger l'intervention américaine. Quant à Pékin, il était aussi opposé à la reprise de la résistance armée au Sud-Vietnam en 1960. Il était plus facile pour Moscou de justifier la faiblesse de son appui au Vietnam, étant donné le refus de Pékin d'appeler publique ment à la constitution d'un réel front uni de défense des révolutions indochinoises, malgré les pressions exercées en ce sens en 1964 par le PCV, le PC japonais et d'autres partis communistes d'Asie, ainsi que par la direction cubaine. La direction soviétique refusait, quant à elle, de rompre effectivement avec le régime Lon pouvoir en 1970 par un coup d'Etat fomenté par la CIA, parce qu'elle craignait l'influen e de Pékin sur le PCK et mê me sur Sihanouk.

Suite aux nouveaux tournants de la politique internationale de la bureaucratie chinoise, réalisés après la fin de la révolution culturelle, les implications de la combinaison de la coexistence pacifique et du conflit sino-soviétique se sont fait en Indochine avec plus de force. En juillet 1971, Nixon est invité publiquement à se rendre à Pékin. En 1972, il rencontra Mao et se rendit ensuite à Moscou. L'isolement de la révolution indochinoise s'accentua au moment où l'escalade militaire impérialiste ne cessait de s'aggraver. Par la suite, la bureaucratie chinoise adoptait officiellement la "théorie des trois

. L'URSS devenait, aux yeux de la direction maoiste, "l'ennemi principal" de la Chine et par là - logique toute bureaucratique - des peuples du monde. 5. Des divergences s'étaient depuis longtemps manifestées entre les directions vietnamienne, soviétique, chinoise et cambodgienne. Apres la victoire des révolutions indochinoises, elles allaient s'inscrire dans un contexte nouveau. Du fait des rapPorts respects ne pen Nosans

Cambodge, vu l'âpreté avec laquelle les bureaucraties soviétique et chinoise défendent leurs intérêts propres et vu l'articulation spécifique de leur politique de coexistence pacifique avec la contre-offensive régionale de l'impérialisme - qui repo se sur des moyens d'action diminués par la défaite de 1975 → le conflit sino-soviétique a constitué le cadre au seín duquel les rapports conflictuels entre les régimes vietnamien, cambodgien et chinois se sont développés. 6. Quel que soit le poids dont pèse le conflit sino-soviétique dans la crise qui déchire la péninsule indochinoise, on ne saurait réduire cette dernière à de simples duels inter-bureaucratiques se développant dans un monde dont l'impérialisme serait absent. Washington n'assiste pas passivement aux affrontements en cours. Il n'a pas manqué de voir les possibilités que lui offraient l'aggravation du conflit sino-sovietique en Asie ainsi que la politique de coexistence pacifique de la bureaucratie chinoise.

Cent ans de domination coloniale et néo-coloniale, près de quarante ans de guerre, ont laissé les pays d'Indochine exsangues. Le bouleversement de

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reconnaître la conforter les régimes de au rang d'ambassade, alors mêl'écosystème dû à l'escalade militaire américaine est profond; l'infrastructure économique a été systématiquement détruite, les animaux de trait indispensables à l'activité agricole ont été décimés, les réseaux d'irrigation ont beaucoup souffert. Quant au coût humain et social de cette guerre impérialiste, il est incommensurable : 600 000 personnes auraient trouvé la mort au Cambodge en 5 ans d'intervention américaine, les déplacements forcés ont frapé plus de 50 o/o de l'ensem ble des populations du Sud Vietnam, du Laos et du Cambodge. La situation qui prévalait lors de la libération du Sud-Vietnam est significative : plus de 16 o/o de la population tuée ou invalide, 56 o/o sans habitat. Il y avait 3,5 millions de chômeurs dont les revenus auraient dû faire vivre 4,5 millions de personnes dépendantes. C'est dire l'ampleur dramatique des difficultés économiques et sociales qui se dressaient devant les révolutions indochinoises au lendemain de la victoire. Il ne pouvait qu'en résulter des tensions sociales et politiques sur le plan national et régional.

li n'y a pas lá seulement le résultat objectif de la domination de la guerre impérialiste mais aussi la marque d'une politique consciente. L'impérialisaméricain a accumulé les afin d'affaiblir à l'avance les régimes qui allaient naître de la victoire des révolutions qu'il n'arrivait pas à briser. Il a poursuivi cette politique d'étranglement, après l'effondrement de ses forces en 1975, en instaurant le blocus économique des pays d'Indochine, en refusant toutes ouvertures sur le plan diplomatique alors même que Hanoi avait abandonné tout préalable à la normalisation des relations avec les Etats-Unis, en multipliant les pressions sur le Laos à partir de la Thailande, en aldant les généraux thais à organiser des groupes contre-revolurionnaires méos, laos et khmers. 8. L'enlisement de ses forces en Indochine et la montée du mouvement anti-guerre aux Etats-Unis contraignirent Washington à

• République populaire de Chine et à réviser profondément strategie asiatique de "containment and roll back" (endigue ment et refoulement). Il définissait une nouvelle orientation aul tenait plemement compte de la volonté de la bureaucratie chinoise de mener une politique de coexistence pacifique avec l'impérialisme. Cette orientation commençait à être appliquée avec la visite de Kissinger et Nixon en 1971 et 1972 ce chane man pratical doriencaine en Asie - qui autorise le tournant de la politique étrangère chinoise - s'est encore exprimé dernièrement à l'occasion de la signature des traités sino-Japonais et sino-américain qui incluent la clause "anti-hégémonique" exigée par Pékin.

L'impérialisme américain n'est pas prêt à payer l'alliance avec Pékin d'un abandon de sa politique de coexistence pacifique avec Moscou. Elle reste indispensable pour maintenir autant que possible le statu quo dans des régions aussi impor tantes que l Europe occidentale, le Proche-Orient et l'Amérique Latine. Bien que l'URSS ne pèse pas aujourd'hui d'un poids déterminant en Asie orientale, elle manifeste sa bonne volonté, par exemple, en donnant des assurances au régime thaïlandais. Washington accorde de même une grande importance politique a la signature d'accords sur les armements strategiques avec la bureaucratie soviétique.

Mais il compte avant tout sur bureaucratie chinoise . pour l'aider à rétablir la stabilité de la domination néo-coloniale en Asie orientale, région importante sur le plan économique comme strategique. Il a besoin de son accord pour préparer la reconnaissance internationale des "deux Corées" et geler ainsi la situation dans la péninsule, pour créer un climat favorable à la poursuite du réarmement Japon - souhaité conjointement par les bourgeoisies nippone et américaine - et à la reconsolidation de son dispositif militaire dans l'océan pacifique, pour éviter que ses liens avec Taïwan n'entravent les relations sino-américaines, pour

ASEAN, pour essayer de colmater la breche ouverte des 1973 en Thailande, pour attaiblir et isoler les révolutions indochinoises.

L'intérêt économique du marché ouvert par l'orientation en matière de développement de la direction Deng Xiaoping choix n'ex plique pas a lui seul le chinois de la politique asiatique de Washington. D'autant plus que les expériences passées d'accords commerciaux entre les puissances impérialistes et les Etats ouvriers bureaucratisés indiquent la distance séparant les promesses de contrats et leu éalisation effective. La faibles e relative des moyens de ere nent de la Chine risque révéler assez vite. tient avant tout à des considérants stratégiques. Pour des raisons politiques qui lui sont propres, la bureaucratie chinoise s'accorde aujourd'hui avec Washington et Tokyo pour tenter de restaurer un nouveau statu quo en Asie orientale. ment exprimée lors de l'intervention chinoise au Vietnam, intervention dont il avait certainement été question lors de la visite de Deng Xiaoping aux Etats-Unis en janvier 1979. Le contraste est en effet très grand entre l'attitude concrète qui fut la sienne à cette occasion et celle qu'il a adoptée au lendemain du renversement du régime Pol Pot par les armées vietnamiennes et le Front uni naional du Kampuchea pour f salut national (FUNKSN) - voi re celle qui fut la sienne, en janvier 1978, quand le conflit vietnamo-cambodgien fut rendu public.

Le gouvernement américain n'a pas lancé une violente campagne anti-chinoise, à l'instar de celle qu'il avait déclenchée contre le Vietnam et malgré de tardives et timides déclarations diplomatiques demandant simplement le retrait des troupes chinoises du Vietnam et des troupes vietnamiennes du Cambodge. Il a maintenu la visite de son ministre des Finances à Pékin et a signé de nouveaux accords économiques, il a élevé sa représentation diplomatique

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me que les combats faisaier: rage. 10. L'impérialisme américain cherche à utiliser à fond les conséquences du conflit sino-soviétique en Asie afin de porter des coups contre les révolutions indochinoises. Il sait dans quelles difficultés économiques, sociales et politiques le Vietnam, le Laos et le Cambodre sont plonges. Il cherche a es aggraver, afin de juguler la dynamique révolutionnaire régionale que sa défaite a stimulée et de ternir aux yeux des masses d'Asie du Sud-Est l'image exemplaire qui fut celle du combat des peuples d'Indochine. L impérialisme réagit aujourd'hui à la victoire des révolutions indochinoises comme hier à toutes les victoires révolutonnaires, en taisant son possible pour rendre plus difficile la stabilisation des nouveaux régimes, en accumulant les facteurs de crise et en multipliant les pressions contre-révolutionnaires. 11. Si l'impérialisme s'est acharné ainsi contre les luttes de libération des peuples d'Indochine c'est qu'il a perçu très tôt l'enjeu réel du processus de révolution permanente dans toute la péninsule. Dès les années quarante, l'intervention américaine s'explique par des objectifs internationaux : 1) Vietnam - ou l'ampleur des mobilisations sociales est la plus grande - la dynamique de la révolution asia2) créer ainsi les bases d'une nouvelle offensive contre révolution chinoise; 3) garantir les conditions générales du maintien de l'ordre impérialiste en Asie orientale. Il en va de même durant les années soixante, l'administration Kennedy décida d'engager l'escalade meurtrière de la guerre d'Indochine. Elle s'insère offensive impérialiste déclenchée contre les développements de la révolution coloniale à la suite de la victoire de la révolution cubaine. Cette contre-attaque se portera entre autre sur Saint-Domingue, le Brésil, l'Indonésie et le Congo.

Ce sont des considérants de même nature, dans un contexte international différent, ul dictent la politique impe ialiste depuis 1975. L'enjeu de luttes engagees dans la peninsule s'est effectivement vu con firmé dès la victoire d'avril 1975 qui ouvre la voie à l'instauratior l'un Etat ouvrier au Sud-Viet nam et marque le début d'un rapide processus de réunification entre le Nord et le Sud du pays. Au Sud-Vietnam, bourgeois s'est désintégré avec l'effondrement de l'armée saigonnaise qui en était l'ossature Loin de tenter d'utiliser et de relever des pans de cet appareil néo-colonial, le communiste vietnamien a achevé de le disloquer. Sur le champ, il a dissous l'ensemble des for ma pis poin des bonge gires militaires hauts fonctionnaires de l'armée et de l'administration Thieu. De fait, la direction politique et administrative du entier devenait unique. Larmée du Nord et l'armee de liberation du Sud étaient fusionnées. Une nouvelle structure administrative voyait le jour, sous la direction du PCV, sous forme de Comités de gestion militaire provisoires, puis de Comités populaires civils. Une reorganisation administrative generale était mise à l'étude et l'ensemble du pays était redécoupé en 35 nou1976. Sur cette base, des élections à l'Assemblée nationale se déroulèrent le 25 avril 1976. La fondation officielle de la nouvelle République socialiste du proclamée le 2 juillet 1976 économiques prises au lendemain de la victoire allaient dans le même sens que les mesures administratives, politiques et militaires. L'Etat etendait rapidement son contrôle sur le gros des entreprises industrielles (dont les propriétaires avaient bien souvent pris la fuite), les grandes plantations et les avoirs impérialistes. Un ré seau de commerce d'Etat voyait progressivement le jour, alors que le monopole étatique du commerce extérieur était immédiatement instauré. Le système bancaire était nationalisé De premières mesures d'harmomonétaire entre le Nord et le Sud étaient adoptées en septembre 1975; l'ancienne monnaie était brusquement retirée de la circulation au Sud-Vietnam et remplacée par un nouveau dong dont la parité avec celui du Nord était fixe. I s'agissait notamment de placer les fortunes privées sous contrôle de la Banque nationale. La priorité était donnée à la relan ce de l'agriculture où la réforme agraire s'étendait. Les mesures de collectivisation restaient très prudentes vis-à-vis des petits paysans proprietaires du Me kong. Cependant, grâce à la natonalisation des plantations e i la constitution des "Nouvelle zones économiques" ", le secteur collectif et étatique de l'agriculture était rapidement renforcé La nécessité d'avancer vers la grande agriculture socialiste etait systematiquement soulignée.

L'étude d'un plan central de développement unique pou l'ensemble du pays, touchant les grandes branches industrielles et s appuyant sur ces premieres mesures de nationalisation et d'étatisation, était rapidement mise en chantier. Elle allait donner naissance au plan quinquennal 1976-80, adopté au IVème congrès du PCV en décembre 1976, et mis en application des 1977. Cependant, le sabotage systématique de la bourgeoisie commerçante sino-vietnamienne bloquait la mise en oeuvre des mesures décidées par l'Etat dans le domaine de la distribution. Ceci avait des répercussions négatives sur les rythmes de la collectivisation de T'agriculture comme sur le dé roulement des plans dans le secteur industriel nationalisé. Cette bourgeoisie commerçante, re groupee notamment à SaigonCholon, réussit à limiter les effets des mesures monétaires successives prises par le régime, en dispersant ses avoirs et en produisant de la fausse monnaie.

Face à cette résistance et à ce travail de sape, et suite à trois années de conflits sociaux et politiques croissants, , l'Etat décidait la nationalisation de tout le secteur capitaliste commercial restant et prenait des mesures définitives d'unifica-

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se tourner de plus en plus ex- direction pratique du Front en tion monétaire.

Le processus de réunification du pays a pu s'engager grâce aux mesures de destruction de Etat bourgeois prises des l victoire acquise. Il était d'ail leurs déjà en germe dans l'organisation des zones libérées et de la résistance avant avril 1975. 13. Vu l'impact régional de la défaite américaine, l'impéralisme a vu avec inquietude la réunification du Vietnam, fort de plus de 50 millions d'habitants et disposant d'une armée importante et entraînée. Il s'est de même inquiété de la politique en Indochine de la direction vietnamienne, qui s'est illustrée par la signature en juillet 1977 du "traité d'amitié et de coopération" entre la République socialiste du Vietnam et la République démocraque et populaire du Laos, ondée officiellement le 2 dé cembre 1975.

La situation en Thaïlande fournissait un autre sujet d'inquiétude. La chute de la dicta ture des généraux Thanom et Prapass en octobre 1973, l'ouverture d'une période semi-démocratique qui vit trois ans durant un développement considé rable des luttes sociales et politiques, rurales et urbaines; le renforcement qualitatif durant cette période - y compris après le sanglant coup d'Etat d'octobre 1976 - des forces de guérillas dirigées par le Parti communiste thai, allié maintenant au Parti socialiste; tout cela manifestait la fragilité du pouvoir bourgeois en Thaïlande.

Incapable de reprendre l'initiative d'une intervention militaire contre-révolutionnaire directe, Washington n'en décidait pas moins de poursuivre une politique de "déstabilisation" des régimes indochinois, mettant à profit pour ce faire les conflits Vietnam-Kampuchea et Viet nam-Chine. Dans l'ensemble, les puissances impérialistes suivaient une orientation proche de celle du gouvernement américain face au régime vietnamien. 14. la crise croissante de ses Les pressions impérialistes, relations avec Pékin, la situation économique héritée de la guerre et les difficultés supplémentalres provoquées par les calamités naturelles ont conduit Hanoi à clusivement vers URSS et ses alliés pour rechercher des appuis internationaux, aide économique, technique et militaire. La dépendance objective du Vietnam à l'égard de Moscou s'ag gravait. Le rapprochement poliavec Moscou se faisait plus net. En juin 1978, le Vietnam devenait membre du Comait un traite damitie en novembre, il signait un coopération" avec l'URSS.

Washington et Pékin - chacun pour ses raisons propres -ne pouvaient dès lors qu'accroître leurs pressions contre le Vietnam.

V 15. L'évolution de la situation au Kampuchea, après la prise du pouvoir du Kampuche communiste (PCK) et l'orientation suivie par le régime de Pol Pot allaient ajouter un facteur de crise spécifique en Indochine.

La relance des luttes des masses ne s'est opérée, au Cambodge, qu'après 1967. Ce retard n'a pas empêché que les lignes de force de la dynamique sociale a l'oeuvre au Vietnam et au Laos se dégagent aussi au Cambodge.

Des 1963, les dirigeants du PCK commencèrent à préparer de nouvelles bases de guérilla. En 1967 une révolte paysanne éclate dans la province Battambang. Elle offre une nouvelle base sociale à la lutte engagee par le PCK. La repression se durcit. C'est dans ce contexte que les guérillas "khmères rouges" commenceront à se déve-

Le coup d'Etat de 1970 -qui sanctionne l'échec du Sihanoukisme et la volonté du gouvernement des Etats-Unis d'isoler par tous les moyens les forces du Front national de libération (FNL) au Sud-Vietnam puis l'entrée des troupes américano-saïgonnaises dans le pays précipitent la crise de la société néo-coloniale au Cambodge. Ils permettent au Front uni national du Kampuchea (FUNK) de se developper rapidement avec l'aide des FNL. Dans le FUNK, le PCK étend son influence et assure la isolant les éléments fidèles au prince Sihanouk qui s'est réfugié à Pékin.

Sur le terrain les luttes paysannes se radicalisent alors que des mobilisations urbaines éclatent contre le régime Lon dustrielleste des plantations et dustrielles _grands moyens domaines fonciers, la petite propriété .paysanne revêt une grande importance au Cambodge. Dans les zones libérées par le FUNK, l'usure comme la puissance exploitatrice de l'ancienne administration sont brisées. Des coopératives voient le jour et un mouvement radical de travail collectif est engagé. 16. Sur la lancée des mobilisations sociales qui alimentent depuis des années la lutte de libération, la victoire des forces du FUNK, en avril 1975, ouvre la voie à l'instauration d'un Etat ouvrier au Kampuchea. L'armée de Lon Nol s'est effondrée. Les structures politiques et administratives du pouvoir bourgeois sont systématidissoutes. est placé en résidence surveillée. Une répression très ample frap pe les secteurs bourgeois de la société comme le personnel administratif et militaire de l'ancien régime.

Arrivée au pouvoir, la direc tion du PCK dicte brutalement une série de mesures anti-capitalistes : nationalisation de l'industrie et des plantations, abolition de la propriété privee a décision autoritaire de collectiviser très vite l'ensemble de la vie économique et sociale dans les campagnes, suppression quasi complète des échanges commerciaux et monétaires. Les liens de dépendance avec l'impérialisme sont rompus, les investissements étrangers sont tous saisis. Pour un temps, le pays se ferme totalement, exception faite de ses rapports avec la Chine. Il ne se rouvrira sur le plan commercial que très progressivement et très timidement, sous un strict controle gouver nemental, Il en va de meme sur le plan diplomatique.

Les bases économiques, sociales, étatiques et politiques du capitalisme et de la domination

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impérialiste sont détruites. Le nouveau pouvoir noue des liens, dans les zones proches du Cambodge avec le mouvement de libération national thailandais animé par le PCT. 17. Le régime ne se contente as de reprimer avec une rare rutalte les torces bour geoises. Ses décrets aboutiront à la déportation de la majorité des masses laborieuses. La population de la capitale est intégralement évacuée en quelques jours; ce qui se produira aussi pour d'autres centres urbains et dans des villages nouvellement libérés. Les impératifs conjoncturels (le danger de famine avec l'arrêt du pont aérien alimentaire des Etats-Unis alors que depuis 1970 les zones du Cambodre contrôlées par le gouverne ment Lon Nol dependaient to talement de cette aide; la surconcentration de réfugiés à Phnom Penh; l'absence, vu les dommages de guerre d'un système de transports susceptibles d'acheminer rapidement la nourriture) ne peuvent expliquer à eux seuls l'ampleur, la rapidité et la forme de ces mesures autoritaires de déportation. Par ces décisions, la direction du PCK assure son pouvoir bureaucratiue en détruisant la capaciti l'action collective des masse: qui avaient souffert très durement durant les cinq années précédentes. Cette combinaison de mesures anti-capitalistes et de méthodes terroristes de gouvernement contre les masses rappelle les précedents de la periode de collectivisation forcée dans l'URSS de Staline - qui a fait des millions de victimes -et des mesures prises contre les populations baltes en 1939-40. 18. L'établissement d'un nou-

Evel Etat ouvrier - aux déformations bureaucratiques extrêmes - au Kampuchea ne peut se comprendre que dans le cadre de la victoire d'un proces sus de révolution permanente dans la région dont le moteur historique a été la révolution vietnamienne. Au Cambodge, en effet, la crise agraire, bien que manifeste dans les années soixante, était encore d'une ampleur limitée. Le degré d'industrialisation du pays était particulièrement bas. Le prolétariat urbain et rural, le semi-prolétarat agraire et la paysannerı ans terre étaient des couches sociales relativement peu nombreuses generalement peu concentrées. Les rythmes de la révolution cambodgienne ont donc été considerablement accélérés par l'intégration du pays scr de evolutions al de

La politique du régime Pol

Pot aura des consequences extrêmement graves au Kampuchea comme en Indochine. Le coût humain des mesures de déportation de la population dans les conditions sanitaires et all mentaires prévalant fut terriblement lourd. Politiquement et socialement atomisées, les masfurent plongées dans la passivité. Le gouvernement instaura un régime de travail forcé et se lança dans un nationalisme débridé - qui vira rapidement à la xénophobie. Il prend des mesures ,répressives contre des minorités chinoises et vietnamiennes qui composaient pourtant une bonne partie des forces prolétariennes urbaines ou rurales (ainsi que petites-bourgeoises). L'appel la mobilisation face au "danger extérieur" vient justifier l'effort intense et prolongé qui est exigé des masses pour assurer la production. L'orientation économique autarcique de la direction Pol Pot qui pousse jusqu'à l'ab surde la politique stalinienne de "construction du socialisme dans un seul pays"", , aboutit à imposer un terrible fardeau au peuple travailleur pour "surmonter l'arriération du pays".

L'armee et l'appareil du PCK deviennent la seule armature du régime.

La politique étroitement nationaliste de la direction Pol Pot-Saloth Sar s'explique partiellem etat imposie au début dest ment années soixante à la tête du PCK contre l'ancienne tradition "indochinoise" du mouvement communiste au Cambodge. Formée à Paris dans les années cinquante, elle tire à sa façon le bilan des accords de Genève d'où les communistes khmers ont été exclus. Leur orientation nationaliste sera ultérieurement nourrie par l'attitude de l'URSS à l'égard de Lon Nol et par un certain nombre de désaccords avec la direction vietnamienne (sur l'opportunité de reprendre la lutte armée en 1967, sur les implications pour le Cambodge des accords de Paris en 1972/ 73).

Des divergences se sont fait jour au sein du PCK et jusque son équipe dırigeante dans l'armée. Une politique de purges physiques des oppositions va décimer tous ceux qui suspects de sympathies pro-vietnamiennes. Des foyers d'opposition apparaîtront dans plusieurs régions en 1978.

La politique du régime Pol Pot mettait en danger les bases de l'Etat ouvrier au Kampuchea. Elle ne pouvait, a terme, que favoriser la réapparition en for ce d'oppositions tes et pro-impérialistes liées: la dictature thaïlandaise. Les de collectivisations forcées dans l'agriculture ont les résultats "positifs" obtenus sur le plan de la production à très court éphémères quel prix élevé, à moyen et long termes, devaient payer les tra vailleurs pour ces choix. Momentanément le régime bénéficiait de la faiblesse des forces contre-révolutionnaires, désintégrees, après leur défaite en 1975. Mais les mesures terroristes appliquées contre les masses par le régime offraient un terrain favorable à une relance de mouvements contre-révolutionnaires, surtout si une opposition préte à défendre les acquis sociaux de la révolution ne prenait pas les devants.

VI 20. bodgien n'a jamais erends Le conflit vietnamo-camtiellement relevé de différends sur les questions frontalières. Dès 1975, il s'affirmait comme un contlit politique et concen trait l'ensemble des facteurs de crise à l'oeuvre dans la région au lendemain de la victoire. La politique de la bureaucratie cambodgienne tendait à nier les intérêts objectifs qui liaient la lutte des trois peuples d'Indochine après la victoire et qui s'étaient déjà exprimés dans le

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combat commun pour la libération. Elle donnait prise à des manoeuvres de l'impérialisme qui jouait des tensions entre les divers Etats indochinois. Cela apparut clairement au moment où la Thaïlande organisa le blocus mementané du Laos. Elle grippait les mécanismes que le régime vietnamien voulait mettre en place à l'échelle de toute l'Indochine, sur les plans économique, diplomatique, politique et militaire. Enfin, le Kampuchea devenait un élément important du conflit sino-vietnamien et, par là, sino-soviéti21. Pékin a apporté un soutien

Phnom Penh, quelles que soient les différences d'intérêts et de positions qui séparaient la direction Xiaoping de celle de Pol Pot. Le Cambodge dependait tres largement de l'aide financière, diplomatique, chinoise. L'armée cambodgienne a eté renforcée grâce à la venue de très nombreux conseillers militaires. Son armement s'est amélioré jusqu'à comprendre une importante artillerie à longue portée et des Mig 19. L'alliance sanctionnée lors de la venue triomphale de Pol Pot à Pékin, en septembre 1977, alors que de violents militaires éclataient à la frontière vietnamienne. En 1978, la RPC continuera à renforcer le potentiel cambodgien, tout en contribuant a preparer des zones de gueilla dans le pays, au cas ou le régime de Pol Pot serait renver

Alors que les rapports conflictuels avec la Chine s'aggravaient, le problème militaire posé à Hanoï n'était pas négligeable. Une force armée d'environ 70 000 hommes s'était constituée là, ravitaillée et encadrée par des soldats chinois. Bien que ces forces ne fussent pas à même d'ébranler la puissance militaire vietnamienne, elles posaient de sérieux problèmes dans toute une région du Vietnam.

L'automne 1977 marqua une nouvelle dégradation majeure des relations sino-vietnamiennes. Les heurts croissants à la frontière khméro-vietnamienne en étaient le symptôme le plus net. Ils annonçaient les évenements de l'année 1978. C'est au cours de cette dernière année que la direction vietnamienne décida d'en finir avec le régime de Pol Pot. Pour ce faire, elle envoya, en décembre ses armées régulières. En 1978 Pékin prend prétexte des mesures de nationalisation du commerce privé — qui frappent largement les couches bourgeoises d'origine chinoise de Saïgon-Cholon - pour lancer une vaste campagne de dénonciation politique du régime vietnamien et pour annoncer officiellement l'arrêt de son aide économique, pratiquement interrompue depuis des mois.

année-là, 160 000 "hoas" (Vietnamiens de souche chinoise) du Vietnam en direction de la Chine donnera aussi lieu à de graves tensions trontalleres. En 1978, toujours, le traité sino-japonais fut signé et le traité sino-américain fut 22. C'est dans ce contexte que

Hanoi a lancé une vaste offensive au Cambodge en décembre 1978-janvier 1979 dans laquelle des éléments du FUNKSN ont été intégrés. Les armées vietnamiennes, fortes de plus de 100 000 hommes et compredivisions regulieres, ont, en quelques semaines, capture Phnom Penh puis occupé des positions importantes sur l'ensemble du territoire. Les forces khmers rouges engagerent, des lors, des opérations de guérilla.

marxistes-révolutionnaires se sont clairement opposés, depuis le début des heurts frontaliers, à une politique qui pourrait conduire à une occupation militaire du Cambodge par les forces régulières vietnamiennes et au remplacement de la direction Pol Pot par une équipe totalement dépendante de la présence des troupes d'Hanoï. Ils ont condamné l'intervention vietnamienne.

Une autre chose aurait été de soutenir, aussi bien politiquement que matériellement, le développement d'une opposition au régime Pol Pot, opposition qui, tout en maintenant les acquis fondamentaux de la révolution cambodgienne, se serait engagée à abolir les mesures de terreur du gouvernement Pol Pot. Ces mesures mettaient déJa gravement en question certaines des conquêtes chèrement payees par le peuple cambodgien dans sa lutte de hberation. Elles risquaient, en outre, de favoriser demain la contre-révolution. Nul ne pouvait rester indifférent face à la gravité extrême de la politique suivie par Phnom Penh et aux souffrances quelle intigeait au peuple khmer et aux minorités ethni-

Mais il était inadmissible de renverser le régime Pol Pot grâce à la puissance des armées regulières vietnamiennes. tel fut bien le cas. Des foyers d'oppositions sont certes apparus au Cambodge dans plusieurs régions en 1978, mais ils restaient encore très faibles. Le FUNKSN n'a été fondé que peu avant l'intervention vietnamienne. Vu l'ampleur des purges qui avaient eu lieu dans les rangs du PCK et de l'armée, et vu la passivité politique de la population, le développement du FUNKSN ne pouvait que plantation populaire et de prouver sa capacité à renverser, essentiellement à partir de propres forces, le régime de Pol Pot. C'est ainsi seulement qu'une opposition cambodgienne pouvait affirmer en pratique une autonomie reelle de decision et une independance politique concrete vis-a-vis de la bureau-

L'intervention vietnamienne allait à l'encontre de cela, comme d'ailleurs la politique du gouvernement vietnamien avant la rupture totale des liens avec Phnom Penh, en décembre thui Hanoi denlorse l's card'hui Hanoi dénonce les mes de Pol Pot" , il a fait silence sur le drame vécu par la population cambodgienne et a, au contraire, longtemps loué officiellement les succes du régime Pol Pot. Par ce double choix du silence politique et de l'intervention militaire, Hanoi fait le jeu des forces qui visent à utiliser le sentiment nationaliste pour tenter de réinstaurer au Cambodge la domination capitaliste et impérialiste.

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23. Il ne s'agit pas là d'un simple jugement moral, mais bien d'un jugement politique sur une question dont Lénine avait, son temps, perçu l'importance. Dans son rapport présen. Programme du parti, sur le mars 1919, devant le VIlème congres du PC (b) R, il dénonçait la tentation prêtée aux bolchéviks d'aider par la force de leur armée au renversement de la bourgeoisie dans les pays voisins de la Russie. C'est au nom de l'importance du fait national qu'il rejetait une telle perspective. "Dans les différents pays, la différenciation du prolétariat et de la bourgeoisie suit des voies qui lui sont propres. devons agir, en l'occurence, avec la plus grande circonspec-

Notamment à l'égard des différentes nations, car il n'y a rien de pire que la méfiance d'une nation (...); il n'existe pas encore de decret prescrivant à toutes les nations d'adopter le calendrier révolutionnaire bolchévique, et si un tel décret avait été rendu il ne serait pas appli qué. (...) Il faut tenir compte du fait que la révolution prolétasuit (en Pologne) des voies qui lui sont propres et on ne peut pas dure : A bas le droit des nations à l'autodétermination ! Nous ne reconnaissons ce droit qu'aux masses laborieuses!' (...) Il faut (...) ne rien décréter de Moscou."

Ce qui était vrai pour un Etat bourgeois secoué par l'essor de la lutte des classes, l'est, à fortiori, dans le cas d'un Etat ouvrier. La bureaucratie vietnamienne a voulu plier les rythmes de la lutte au Cambodge au calendrier de Hanoi. Cela empoisonnera les rapports entre Vietnamiens et Khmers, le nouveau régime étant trop clairement dépendant de l'appui que lui accorde Hanoi.

De façon générale, l'intervention vietnamienne au Cambodge repose à nouveau avec acuité le problème de la fédération sociaiste indochinoise. L'unité de la révolution indochinoise est une nécessité du point de vue des intérêts objectifs des masses. Elle est indispensable à la défense et à l'élargissement des acquis de la révolution indochinoise face à l'impérialisme. Mais pour être effective, cette unité doit être librement acceptée par les populations concergarantı, ainsi que le respect durable des intérêts des populations minoritaires qui doivent bénéficier en pratique de droits égaux à ceux de la population majoritaire. Sans de telles garanties, l'unification de l'Indochine, même si elle prend la forme d'accords entre Etats formelleindépendants, jouer à terme qu'en faveur de l'Etat le plus puissant, — ou plutôt en faveur de sa bureaucratie - c'est-à-dire en faveur du Vietnam. Seule l'instauration d'une véritable Fédération des Etats unis socialistes d'Indochine, garantissant pleinement le droit à l'autodétermination, peut permettre d'atteindre ces objectifs.

Le problème des moyens réels dont une direction se dote pour assurer le respect des droits des minorités n'est pas une question d'importance secondaire. n'est pas par hasard si Lénine consacre plusieurs notes à ce sujet parmi ses derniers écrits, après avoir pris la mesure des que le chauvinisme grand-russe provoquait en Géor-

Il souligna la distinction qu'il fallait établir non seulement entre le "nationalisme de la nation qui opprime et celui de la nation opprimée" , mais aussi plus rénéralement entre le "nationa lisme d'une grande nation et celui d'une petite nation" rapport au second nationalisme, nous, les nationaux d'une grande nation, nous nous rendons presque toujours coupables, à travers l'bistoire, d'une infinité de violences, et, même plus, nous commettons une infinité d'injustices et d'exactions sans nous en apercevoir (...). Aussi l'internationalisme du côté de la nation qui opprime ou de la nation dite 'grande' (encore qu'elle ne soit grande que par grande simplement comme l'est, par exemple, l'argousin) doit-il consister non seulement dans le respect de l'égalité formelle des nations nais encore dans une megalite compensant de la part de la nation qui opprime, de la grande nation, l'inégalité qui se manifeste pratiquement dans la vie ...). Volla pourquor dans le cas considéré, l'intérêt fondamental de la solidarité prolétarienne (...) exige que nous n'observions

June attitude purement formelle envers la question nationale (...)" (notes 31.12.1922).

Il est important de rappeler ces lignes alors que le gouvernement vietnamien prétend garantir l'égalité des nations chinoises au travers de traités qui se présentent formellement comme liant entre eux des Etats totalement indépendants, mais qui sanctionnent de fait une intégration étroite, sous contrôle de Hanoï, du Laos, du "nouveau" Kampuchea et du Vietnam; alors que se développe dans ce dernier pays une vaste propagande visant à exalter "les quatre mille ans d'histoire" de la "grande" nation vietnamienne; alors que l'histoire pré-coloniale et coloniale de ces pays, comme la place centrale combat pour la libération nationale dans ces révolutions, fourni un terrain favorable à l'exacerbation des nationalis-

L'intervention vietnamienne tend à renforcer le pouvoir de la bureaucratie vietnamienne au même, comme Indochine. Elle contribue à accentuer les tendances nationa-

Get le poids des éléments militaires dans la société. Il est illusoire d'espérer que la direction vietnamienne, qui défend dans son propre pays le monopole bureaucratique de l'information et des décisions politiues et qui inscrit - en rappor vec la bureaucratie soviétique - son orientation internationale dans le cadre de la coexistence acifique, puisse soit stimuler a mobilisation des masses pour qu'elles disposent directement lu pouvoir. soit instaurer des rapports égalitaires entre les peuples et les Etats du Vietnam, du Laos et du Cambodge.

Aujourd'hui, il n'y a pas de solution allant dans le sens des intérêts fondamentaux des ouvriers et des paysans cambodgiens, dans un contexte dominé par la présence dans le pays des armées vietnamiennes.

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des incidents à la frontière sino- bodge. Pékin ne peut donc es-

Il faut aider la population laorieuse cambodgienne a cons ruire des conseils et organisa tions de masse, lui fournir une aide alimentaire et technique, assurer l'armement des masses, ceci afin d'éviter qu'un nécessaire retrait des troupes miennes puisse être mis à profit - dans la situation précaire du Cambodge - par des forces capitalistes et impérialistes et afin de permettre aux populations de se défendre contre toutes actions de représailles des forces de Pol Pot. Une telle orientation n'est que la continuation, dans la situation présente, de la politique correcte qui consistait i aider les masses et à s'appuyer sur elles et leurs organisations Pour combattre le régime Pol

L'intervention au Kampuchea n'a pas non plus jugulé les menaces que la Chine faisait peser à la frontière nord du Vietnam. Là encore le fait qu'Hanoï ne se soit pas seulement limité à riposter aux attaques des corps de bataille khmers mais ait renversé le régime Pol Pot, a permis à la bureaucratie chinoise comme à l'impérialisme américain de lancer une nouvelle campagne de dénonciation du Vietnam. Campagne qui, en retour, a facilité l'intervention chinoise au Vietnam en février 1979.

VII 24. Le gouvernement chinois a utilisé le prétexte de l'initiative militaire d'Hanoï au Cambodge pour attaquer le Vietnam. Cependant, cette intervention s'insère, on l'a vu dans un cadre plus large qui lui donne sa véritable signification et sa portée réelle. Elle illustre de manière crue la politique contre-révolutionnaire dans laquelle la bureaucratie chinoise est engagée en Asie orientale et doit être dénoncée comme telle.

Pékin a maintenu la fiction d'une mesure de rétorsion *limitée", , liée à la multiplication oeuvre, sa durée et la nature des obiectifs visés (notamment plusieurs centres urbains), l'intervention chinoise était un véritable acte de guerre.

La direction chinoise n'a d'ailleurs pas caché certains aspects de son orientation contrerévolutionnaire. Elle a fait reproche aux puissances impérialistes preuve de "faiblesse" face au "social-impérialisme" en Afrique et au Proche-Orient; elle a affirmé sa volonté de faire montre de plus de "fermeté" en Asie du Sud-Est, zone stratégique, vu notammemt la présence des détroits qui relient l'o céan Pacifique à l'océan Indien Dénonçant en Hanoi un "Cuba de l'Asie" ', la direction chinoise avoué sa volonté d'affaiblir par tous les moyens, y compris des moyens militaires, l'Etat vietnamien et de le contraindre à distendre ses liens avec Moscou.

L'importance considérable qu'accorde aujourd'hui la direction chinoise à cet objectif, s'est vu confirmée par sa décision d'intervenir ainsi au Vietnam. Car la bureaucratie chinoise a dû payer pour ce faire un prix non négligeable. Elle a permis au Vietnam de reprendre l'initiative diplomatique envers une série de pays semi-coloniaux qui avaient pour la plupart désavoué son intervention au Cambodge, au moment même où son propre prestige avait été atteint auprès des mouvements de libération nationale. Elle semble avoir dû faire face à des oppositions au sein de la population chinoise, voire au sein de l'appareil du parti et de l'Etat. Enfin, l'opération elle-même a probablement été fort coûteuse économiquement en hommes comme en matériel. 25. intervention au Vietnam Les résultats immédiats de semblent fort limités. Hanoï n'a pas été contraint de faire monter en première ligne le gros de ses forces régulières pour contenir la poussée des troupes chinoises, pas plus qu'il n'a eu besoin de rapatrier de nombreuses divisions opérant au Campérer tirer profit de telles inttiatives qu'à moyen terme. Or il sait le prix économique et social que le régime vietnamien va devoir payer pour assurer sa défense dans un état permanent de tensions militaires

La direction soviétique a très clairement signifié, à l'occasion du discours de Breinev comme dans ses actes, qu'elle avait pour priorité la poursuite d'une poli tique de coexistence pacifique avec l'impérialisme, qu'elle n'était pas prête à remettre en cause son orientation internationale pour s'engager trop avant aupres du Vietnam, qu'elle maintenait le même cap dans ses rapports avec la bureaucratie chincise.

Pékin peut donc poursuivre sa politique d'étranglement du régime vietnamien, à la condition anil baille nos "trop seule loin" Il faut donc s'attendre a poursuite et a laggravatio le la politique de la directio chinoise d'affaiblissement du ré gime vietnamier.

VIII

26. La propagande bourgevise

Use déchaîne. Elle profite de l'occasion pour faire oublier un siècle de guerres impérialistes qui ont coûté des dizaines et des dizaines de millions de morts à l'humanité. Elle veut faire croire, d'une part, que l'URSS et ses alliés pourraient déclencher une offensive contre les puissances impérialistes et, d'autre part, qu'un danger de troisième guerre mondiale existe à cause des conflits entre des Etats ouvriers bureaucratisés. La première fonction de cette campagne est claire : créer un climat plus favorable parmi les masses laborieuses, avant tout aux Etats-Unis, pour justifier par avance une intervention des forces armées américaines contre une nouvelle percée de la révolution mondiale. Nous devons dénoncer systématiquement cette campagne d'intoxication qui couvre une tentative de relance des activités contre-révolutionnaires directes de l'impérialisme après sa défaite en Indochine. Nous devons dénoncer le danger permanent de querre mondiale entretenu par

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l'impérialisme

Nous devons aussi expliquer les fondements de la politique contre-révolutionnaire de la bureaucratie au pouvoir dans les Etats ouvriers, dont les crimes facilitent la propagande impérialiste.

La prétention des bureau27. craties à mener à bien la "construction du socialisme" dans "leurs" pays respectits et la défense de leurs intérêts pro res de castes parasitaires impll uent une politique de coexis tence pacifique avec l'impérialisme et la liquidation de toute perspective internationaliste prolétarienne. C'est ce qui a conduit la bureaucratie soviétique à transformer l'Internationale communiste, d'instrument au service de la révolution mondiale en instrument au service de ses intérêts diplomatiques propres, avant de décréter sa dissolution. Cest au nom du messianisme chauvin - pendant du nationalisme bureaucratique - que la direction stalinienne a commencé à purger le mouvement communiste mondial de ceux qui s'opposaient à l'établissement de sa dictature en URSS et dans l'IC, puis à nettre au ban les directions porees au pouvoir par des revolutions qui se sont développées contre la volonté du Kremlin, la direction yougoslave d'abord, la direction chinoise ensuite. La mise au pas sanglante puis la dissolution de l'IC sont le pendant international montée du pouvoir bureaucratique en URSS même.

Depuis la dénonciation par Staline du "schisme" lave en 1948, les conflits entre Etats ouvriers bureaucratisés n'ont cessé de prendre des formes de plus en plus graves. C'est encore le cas aujourd'hui avec la présence massive de troupes soviétiques à la frontière chinoise, avec l'aide militaire de Pékin à l'armée du régime Pol Pot, avec la multiplication des incidents à la frontière vietnamo-khmer, avec l'entrée en force des troupes régulières vietnamiennes sur l'ensemble du territoire cambodgien et avec l'intervention chinoise au Vietnam.

La dynamique de confrontation en cours est extrêmement dangereuse et doit être jugulée à tout prix. Elle s'impose au detriment des besoins des masses indochinoises et chinoises engagées dans des heurts san-

Elle porte un tort considérable au mouvement ouvrier international. Elle constitue des precedents qui pourraient avoir à la frontière sino-sovietique comme en Europe de Est, des implications dramatiques à l'heure où la domination de la bureaucratie soviétique sur les Démocraties populaires se voit à nouveau contestée par le prolétariat et où s'aggrave le conflit sino-soviétique. 28, Il faut se garder de porter

Run jugement conjoncturel ou sectoriel sur ces questions. Il n'y aurait rien de plus dangereux que de se laisser aller à la tentation d'un faux "réalisme" politique qui pousserait des tractions du mouvement révolutionnaire à rechercher laquelle des bureaucraties soviétique ou chinoise est, conjoncturellement,

"moins contre-révolutionnai-

, et à diviser le monde en "deux camps" , avec d'un côté l'URSS, le Vietnam et Cuba, et, de l'autre, les Etats-Unis et

La politique des bureaucraties chinoise et soviétique répond aux mêmes intérêts et aux mêmes objectifs : assurer le monolithisme politique et le contrôle de "leur" zone d'influence pour garantir le maintien dans leurs pays respectits du monopole du pouvoir que ces bureaucraties exercent et qui est la source de leurs privilèges sociaux; se donner les moyens d'une politique de coexistence pacifique en étant à même de

Run rôle direct dans le maintien du statu quo international. Au soutien de Pékin à Pinochet répond celui de Mos-

Le conflit sino-soviétique n'est pas dû à un "expansionnis me économique" analoque à celui manifesté par l'impérialisme, mais à la volonté de chacune de bureaucraties d'assurer les meilleures conditions politiques intérieures et internationales de préservation de leur monopole socio-politique du pouvoir d'Etat dans leur pays.

C'est la politique mondiale des bureaucraties soviétique et chinoise qu'il faut juger. Elles sont toutes deux contre-révolutionnaires. C'est aux fondements mêmes du conflit inter-bureaucratique qui oppose la Chine et TURSS qu'il faut s'attaquer. Parallèlement à la dénonciation de la politique de l'impérialisme il faut souligner l'actualité du combat pour la revolution politique et l'instauration de véritables régimes de démocratie socialiste. Car seule la révolution politique peut mettre un terme au pouvoir de la bureaucratie et donc à l'existence des conflits entre Etats ouvriers bureaucratisés. Face à la propagande impérialiste, il faut réaffirmer que ces castes bureaucratiques ne représentent 5 %% en rien le socialisme et que, sous le pouvoir effectif des travailleurs et des paysans il n'y aura plus Jamais de guerre et le nationalisme déclinera de manière décisive.

IX 29. flits qui déchirent l'Indo- Les unplications des conchine et opposent la Chine au Vietnam sont évidemment très graves pour les masses en Asie du Sud-est. C'est particulièrement vrai en Thaïlande où se trouve le mouvement anti-impérialiste combattant le plus important de la région. La victoire des révolutions indochinoises avait considérablement amélioré les conditions dans lesquelles il poursuivait sa lutte.

Or, la résistance thaïlandaise subit aujourd'hui de plein fouet le contrecoup de la crise indochinoise et de l'aggravation des conflits sino-vietnamien et sino-soviétique en Asie orientale. Elle risque l'isolement politique et matériel. Moscou, Pékin, Hanoi et hier Phnom Penh ont tous courtisé, chacun à leur tour, le régime de Bangkok afin de se concilier ses bonnes grâces diplomatiques. La direction chinoise déclare maintenant ouvertement qu'elle voit dans la Thailande de Kriangsak, une nouvelle "ligne de défense" ré: gionale face au danger hégémoniste. La direction vietnamienne cherche à rassurer à tout prix l'ASEAN afin de rompre lisolement diplomatique

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dont elle est l'objet. Moscou fait de même.

La résistance thaï - qui organisations rassemble des d'horizons politiques divers — pourrait devenir l'enjeu du conflit sino-vietnamien et subir des pressions visant à lui faire prendre position publiquement en faveur d'une des parties en cause (ce qu'elle s'est jusqu'ici refusée à taire). Ceci ne terait qu'accentuer les divisions de la résistance thai et paralyser sa canacité d'action.

Son isolement serait d'autant grave que l'impérialisme américain et la bourgeoisie thai vont essayer de profiter de la situation pour porter des coups sévères à un mouvement dont les succès récents les inquiètent. Il est du devoir de tous les milianti-impérialistes d'affirmer de façon active leur solidarité avec les luttes de libération en Thaïlande et dans toute l'Asie du Sud-est et d'appeler à un front uni des Etats ouvriers en défense de ces combattants révolutionnaires.

Ce soutien aux luttes anti-impérialistes en Asie du Sud-Est est une tâche indispensable qui se combine étroitement avec celle de la défense des révolutions indochinoises. L'extension de la révolution en Thailande et dans la région porterait un coup décisif à la tentative impérialiste d'étouffer les Etats ouvriers indochinois. Des conditions objectives plus favorables existeraient alors pour surmonter les difficultes économiques, socia les et politiques qu'ils connaissent.

De façon plus générale, de nouveaux progres des luttes anticapitalistes et anti-impérialistes - notamment aux EtatsUnis et au Japon - auraient les mêmes effets. 30. Il revient aussi au mouvement ouvrier international de se mobiliser en défense des révolutions indochinoises en butte aux manoeuvres impérialistes, alors qu'elles sont affaiblies par les conflits interbureaucratiques. A moyen et long termes, la politique de la bureaucratie chinoise ne peut des intérêts de la défense de l'Etat ouvrier chinois qui risquerait à nouveau d'être menacé par un renforcement de la présence impérialiste dans la région.

Aujourd'hui, Washington ne va pas se contenter de chercher à stabiliser le pouvoir néo-colonial en Thailande. Il vient d'augmenter considérablement son aide militaire à l'armée thaï. Il est à craindre qu'il n'accentue à nouveau ses pressions au Laos, grâce aux restes de l'armée contre-révolutionnaire du général méo Vang Pao et à la présence en Thailande de groupes lancien regime et aux du sud du pays, alors que l'influence chinoise Jans le nord du pays reste im-

La réapparition sur la scène internationale du prince Sihanouk et les appels qu'il lance à une réunion d'uné nouvelle conférence internationale l'Indochine peuvent donner au› Etats-Unis l'occasion d'une of fensive politique et diplomatirienne, parallělement à une ten- que sur la question cambodtative de relancer l'activité subversive des groupes "khmers serais" de droite. Ils poursuivent leur politique de blocus économique et d'isolement diplomatique de la révolution vietnamienne.

Le mouvement ouvrier international doit dénoncer les presSIons exercées sur les révolusoit mis fin au blocus économique du Vietnam par les EtatsUnis et pour qu'une aide économique, sans condition, soit attribuée aux trois pays d'Indochine par les puissances qui • portent là responsabilité de quaannées de dévastations meurtrières ! Il doit dénoncer le blocus économique du Cambodge menacé par la famine ! Il doit exiger la reconnaissance diplomatique par les gouvernements bourgeois des régime: indochinois ! Il doit s'opposer à la campagne de propagande impérialiste engagée à l'encontre des révolutions indochinoises et au soutien militaire accordé la dictature thaïlandaise ! Il doit exiger le retrait de la VIlème flotte américiane du Pacifique et le démantèlement des bases américaines ! Face au danger, historiquement toujours pré sent, d'agression impérialiste, il doit appeler à la constitution d'un front uni des Etats ou31. Sil faut tirer une leçon ultime des derniers eve nements indochinois, devant les souffrances que continuent d'endurer ces populations, c'est l'urgence du combat pour la renaissance conjointe bles traditions d'internationalisme prolétarien et de démocratie socialiste

Ce combat, les militants de la Quatrième Internationale l'ont engagé depuis la fondation de leur mouvement, en réaction à la dégénérescence stalinienne du premier Etat ouvrier et de l'Internationale communiste. quarante ans d'histoire du mouvement ouvrier, ce combat n'a rien perdu, bien au contraire, de son actualité

C'est le combat pour la construction de l'Internationale révolutionnaire de masse, pour la révolution mondiale, pour la fédération des Etats-Unis socialistes du monde.

Le Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale - le 6 avril 1979 -Nota bene : La crise qui secoue la péninsule indochinoise ne peut se comprendre sans tenir compte de Pensemble des facteurs analysés dans la résolution adoptée par le Secrétariat unifié de la IVe Internationale, le 6 avril 1979. Sans cela, il est impossible d'adopter une position d'ensemble correcte face à ces conflits.

Les déclarations du Secrétariat unifié de janvier 1978 et janvier 1979 estompaient l'articulation des conflits inter-bureaucratiques et de la relance d'une offensive impérialiste, dans le cadre de la politique de co existence pacifique. Elles ne soulignaient pas suffisamment l'actualité des tâches de défense des révolutions indochinoises face à l'impéria lisme. La déclaration de février 1979, axée sur l'intervention chinoise au Vietnam, ne faisait pas le point sur la nouvelle situation politique au Kampuchea et dans la région après l'entrée des armées régulières viet. namiennes au Kampuchea et sur l'orientation qui devait alors être celle des marxistes-révolutionnaires.

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