Inprecor 1974–2004

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CEYLAN

Déclaration du Parti marxiste révolutionnaire : Nous soutenons le droit à l'auto-détermination du peuple tamil

· Inprecor n° 60, 4 octobre 1979 · p. 31-32 · 1 427 mots

Colombo, 16 août 1979

• Le Président J.R. Jayewardene a fait une déclaration devant le Parti parlementaire du gouvernement (Gouvernment Parliamentary Party), le 3 juillet 1979, concernant le Front uni de Libération tamil (Tamil United Liberation Front - TULF) et la revendication de création d'un Etat séparé, «l'Eelam») à Celyan. Au cours de cette déclaration, Président a précisé qu'il serait obligé de «tenir compte» des démarches faites auprès de lui pour que le «mouvement Eelam soit banni et le TULF interdit».

Le Parti marxiste-révolutionnaire pense qu'il est indispensable d'adopter une position correcte vis-à-vis de la revendication de «l'Eelam», qui doit être considérée dans son contexte réel, politique et historique.

La revendication d'un Etat séparé («Eelam») a été adoptée par le TULF (composé du Fedeal Party et du Tamil Congress) quelque temps avant les dernieres élections générales de juillet 1977 et avait été avancée par le TULF lors de la campagne électorale. Elle n'avait pas été

Ceylan reprise par le Ceylon Workers' Congress (CWC), la plus grande organisation des travailleurs des plantations, Indiens d'origine tamile (qui vivent pour la plupart dans la province centrale et l'Uva), bien que le CWC ait fait nominallement partie du TULF, jusqu'aux élections générales. Par conséquent, on doit considérer et traiter la revendication de l'Eelam comme une revendication avancée d'une manière spécifique par le TULF et ayant des implications politiques pour les Tamils et les gens de langue tamile vivant dans les provinces du Nord et de l'Est, là où le TULF a présenté des candidats à presque harles en de ors de deux provinces, le TULF n'a présenté qu'un seul candidat.

Le RMP pense que le Président a peut-être raison lorsqu'il affirme que les Musulmans de la Province de l'Est (qui parlent tamil et sont environ 250000) ne soutiennent pas cette revendication (tout au moins dans leur majorité), étant donné les résultats des dernières élections générales et les déclarations des dirigeants politiques et des organisations musulmanes par la suite. D'un autre côté, il faut souligner que le TULF a rem-

Nous soutenons

du peuple tamil

porté tous les sièges dans la province du Nord, où les Tamils ceylannais sont plus de 750000 et où ils représentent l'écrasante majorité de la population. Il a obtenu plus de 56% des voix des électeurs inserits dans la Province du Nord et 68,5% des vois des électeurs qui sont allés aux urnes dans cette région.

En ce qui concerne la Province de l'Est, il faut dire que les Tamils de Ceylan sont plus de 300000 et qu'ils représentent un peu plus de 40% de la population. candidats TULF ont obtenu le soutien de plus de 31 % des électeurs qui ont voté dans cette On peut donc correctement en que le TULE a obtenu le soutien d'une majorité significative des électeurs tamils de Ceylan dans cette province, tout

Province du

Puisque • le TULF a mis en avant la revendication de l'Eelam comme objectif fondamental tout au long de sa campagne des élections générales, le RMP considère que l'on doit admettre que cette revendication reçu le soutien politique des masses tamiles du Nord et de l'Est, même

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si l'appui électoral donné au même, être considéré comme une preuve de leur adhésion à cette revendication en tant que telle. Le soutien réel apporté à la demande d'Eelam chez les Tamils des Provinces du Nord et de l'Est ne peut être vérifié que par un référendum sur cette question. En l'absence d'un tel référendum, cependant, il serait irréaliste de ne pas reconnaître que la demande reconnaître la demande d'Eelam bénéficie, moins, d'une sympathie massive au sein du peuple tamil du done autorisé à traiter avec le gouvernement sur cette base. Toute mesure d'interdiction d'interdiction afin de l'empêcher de défendre cette revendication, ou de suppression des droits de toute personne qui apporterait son soutien à cette revendication ou la défendrait, doit être dénoncée comme une mesure anti-dé. mocratique et être combattue en tant que telle.

Le RMP pense que la revendication de l'Eelam a acquis un caractère de masse au sein du peuple tamil du Nord et de l'Est pour deux raisons poli tiques importantes : tout d'a bord, le peuple tamil de ces deux provinces n'a pas été autorisé à exercer son droit à l'auto-détermination, même sur la base limitée d'une certaine forme d'autonomie régionale depuis que Ceylan est devenu un état unifié indépendant en 1948. Deuxièmement, il a été soumis à une discrimination en ce qui concerne la langue, l'éducation, l'emploi et la possibilité, pour les paysans sans-terre, de s'installer dans les Provinces du Nord et de l'Est, de la part des divers gouvernements qui ont dirigé le pays après que les Britaniques aient remis l'administration de Ceylan aux mains de leurs collaborateurs locaux en 1947. On a alors refusé aux Tamils toute égalité réelle et un traitement correct en tant que citoyens dans le cadre de l'Etat unifié existant à Ceylan.

Le RMP pense aussi que les tendances séparatistes se sont renforcées au sein des masses tamiles dans le Nord et l'Est, pour deux raisons subjectives importantes : la première étant les attaques racistes contre le peuple tamil en mai-juin 1958 plus recemment, 1977. Les blessés, les morts, les destructions qu'ils ont subir à deux reprises en 20 ans, ont provoqué dans tout le peuple tamil à travers le pays un sentiment d'insécurité. La deuxième raison est la répression dont a été victime le peuple tamil du Nord et de l'Est, par le biais de la loi d'Etat d'Urgence, avec la détention sans procès de ses dirigeants politiques et d'autres personnes, et les contrôles militaires, à des périodes diverses, et sous les différents différents gouvernements de. puis 1956.

D'une manière générale, on s'accorde pour reconnaître que tout peuple, appartenant à une race distincte, caractérisé par une origine, une langue et une histoire commune, et vivant sur un territoire délimité, a droit à «l'auto-détermination». C'est un droit démocratique fondamental, qui, par définition, est le droit pour un peuple de choisir de manière indépendante sa propre forme de gouvernement. Le peuple tamil du Nord et de T'Est, comptant aujourd'hui plus d'un million de personnes, est d'une race distincte, a une langue et une culture commune et a vécu pendant des siècles dans ces régions de Ceylan comprises maintenant dans les Provinces du Nord et de l'Est. Ce sont des faits historiques, faisant partie de la réalité sociale et qui ne peuvent être niés Le RMP, par conséquent, déclare que le peuple tamil des Provinces du Nord et de l'Est ont droit à l'auto-détermination, en tant que peuple distinet.

Le caractère démocratique de la revendication de l'Eelam n'est en aucune manière affecté par le caractère de classe, l'idéologie ou la politique du TULF, ou de sa direction. On ne peut pas non plus la qualifier de raciste parce qu'elle est liée à une race particulière (les Tamils) des Provinces du Nord et de l'Est.

C'est à eux et à eux seuls de décider si le peuple tamil du

Nord et de l'Est doit ou ne doit pas exercer son droit à l'autodétermination, en vue de l'établissement de son propre état indépendant, ou s'il doit exercer ce droit dans un cadre moins large, a l'intérieur d'un état fédéral (comme le demande le Federal Party d'une manière purement formelle) ou dans un état unifié, avee certaines formes d'autonomie régionale.

Il n'y a qu'une seule voie par laquelle le peuple tamil du Nord et de l'Est pourrait être persuadé de modérer ses revendications en vue de l'exercice de l'auto-détermination allant jusqu'à la création d'un état séparé gouverné par lui-même : ce serait de reconnaître ses droits démocratiques pour ce faire, et, en même temps, d'abolir toute forme de discrimination à son égard, afin qu'il puisse béné. ficier d'une réelle égalité et d'un degré d'autonomie acceptable, à l'intérieur d'un état unique.

C'est dans ce but que classe ouvrière et toutes les a. - tres forces à Ceylan doivent lutter, et s'opposer à toute mesure visant à supprimer ou diminuer les droits démocratiques du peuple tamil, de toute manière, que ce soit sous le prétexte de «preserver Punité nationale» ou d'empêcher «une division du pays» ou pour toute autre raison.

Par conséquent, le Parti marxiste-révolutionnaire dénonce l'état d'urgence imposé dans le district de Jaffna depuis le 11 juillet 1979, les contrôles militaires auxquels sont soumis les habitants de ce district, répression qui s'exerce contre eux, la suspension de leurs droits démocratiques et de leurs libertés civiques grâce à cette loi et il exige la levée immédiate de l'état d'urgence. Bala TAMPOE Secrétaire du Parti Marxiste-Révolutionnaire (Section ceylannaise de la IVe Internationale)

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