Les femmes travailleuses lutter pour leurs droits
Femmes Pina SARDELLA
• Depuis 1969, en Italie comme dans beaucoup d'autres. pays européens, on a assisté au développement de la radicalisation des femmes.
Pour la première fois, les femmes ont participé aux mobilisations, sont entrées dans les organisations politiques et les syndicats. Dans le même temps, elles ont pris conscience des problèmes liés à leur condition de femmes et elles ont créé les premiers groupes et collectifs femmes.
Le résultat de cette radicalisation, qui s'est produite dans un contexte politique modifié, où les rapports de force évoluaient en faveur de la classe ouvrière et alors que les travailleurs italiens avaient réalisé les gains les plus importants obtenus par la classe ouvrière dans l'Europe capitaliste, tut une série de mesures qui reconnaissait l'égalité sur le plan légal pour les femmes.
A partir de 1971, des lois furent votées sur les thèmes suivants :
droit des mères travailleuses - droit au divorce - droit des femmes dans la famille (qui abolissait le statut du mari chef de famille) • droit à l'avortement (ce droit, cependant, d'importantes n'est pas étendu aux mineures. Les médecins ont le droit de refuser de pratiquer des avortements grâce à une clause de conscience et, en raison de la grande influence de l'Eglise catholique, beaucoup le font)
égalité des hommes et des femmes dans l'emploi. Entre autres choses, ceci implique pour les pères aussi bien que pour les mères le droit de bénéficier d'heures pour s'occuper des enfants. Le montant des pensions peut être reporté sur chacun des époux en cas de dé. cès; c'est une manière de compenser certaines discriminations passées.
Ces droits, gagnés sur le papier, sont au point de départ d'une nouvelle série de luttes qui permettent la radicalisation des femmes sur le lieu de travail, en particulier, et dans les vail, syndicats.
Ce n'est pas un hasard si ces dernières années, les syndi cats ont été obligés de se sentir concernés par les gains, les problèmes et les droits des femmes travailleuses. Les femmes commencent à jouer un rôle dans les syndicats et elles obligent les directions à prendre en charge la défense de leurs droits.
Mais le fait le plus important, et qu'il faut souligner
Italie commencent á c'est que les luttes des femmes ont une dynamique qui conduit inévitablement à un affrontement avec le capitalisme et son organisation du travail. Ceci engendre des contradictions profondes avec la stratégie adoptée par le mouvement syndical italien qui a approuvé la résolution présentée à l'Assemblée de l'EUR * en 1978.
Quelques exemples récents suffisent à démontrer comment, à partir de la lutte pour des revendications partielles et spécifiques, les femmes ont pris conscience de leurs problèmes, les ont posés au sein des syndicats et ont également soulevé le problème de la ligne politique des directions. A Mondadori, l'une des plus importantes entreprises d'édition, un groupe de femmes a commencé à se réunir. Elles réclament un local où elles pourraient inviter les femmes travailleuses à se réunir pour discuter des problèmes des femmes au travail. Parmi les problèmes abordés : la santé, la double journée de travail pour les femmes travailleuses, les diseriminations à l'égard des * Cette assemblée (qui doit son nom au Palais de l'EUR à Rome ou elle s'est tenue) fut marquée par le tournant pris par les directions syndicales et l'acceptation de la politique d'austérité du gouvernement.
de Milan. Quelques femmes, figurant sur la liste des demandeurs d'emploi de l'usine Alfa, furent embauchées et envoyées travailler aux fours. Dans d'autres usines, l'introduction d'équipes de nuit a conduit à des luttes, non seulement de la part des temmes, mais de tous les travailleurs, contre les mauvaises conditions de travail et les horaires de nuit.
Les femmes sont plus sensibles aux problèmes de la santé, de l'organisation du travail et des services sociaux. Mais la solution de ces problèmes passe maintenant affrontement avec la politique d'austérité des dirigeants syndicaux et le Plan Pandolfi gouvernemental. L'acceptation des règles du capitalisme ne laisse aucune alternative. Cela signifie l'acceptation des sacrifices pour les travailleurs, réduction de niveau de vie. Les femmes sont les premières toupar tout cela et les mières à en payer le prix.
Donner satisfaction aux revendications des femmes, ce-
June politique d'investissements dans les services sociaux et un acccroissement des dépenses publiques pour faire en sorte que ces services soient adaptés aux besoins. Cela implique la réduction de la durée hebdomadaire du travail et de meilleures conditions de travail pour tous.
Alors la lutte des femmes se situe au niveau politique. A telle enseigne que, si les syndicats, dans leur ensemble, montrent incapables de prendre en charge ces problèmes, la lutte des femmes se trouvera dans une impasse. Aujourd'hui, en Italie, c'est le mouvement ouvrier tout entier qui doit reprendre ces revendications et ces exigences nées de la radicalisation des femmes. Elles doivent faire partie d'une politique globale contre la politique d'austérité du gouvernement et contre celle des directions syndicales qui demandent des sacrifices aux travailleurs.
Les femmes italiennes ne sont pas encore en mesure de mener cette offensive politique.
Leur place dans les syndicats est encore trop marginale. Il y a aussi le poids de facteurs objec-
: c'est sur les femmes que reposent encore presqu'entièretâches ménagères et les soins des enfants. Une des tâches du mouvement ouvrier est de faire en sorte que les moyens nécessaires soient mis en œuvre pour créer des structures stables pour les femmes dans les syndicats.
Il y a eu quelques expériences importantes, telle l'Asinter-professionnelle des femmes à Turin. Dans cette assemblée, les femmes, pendant plusieurs annees, ont ens en charge des problèmes tels que le droit à l'avortement, les conditions de travail et les centres pour enfants; elles ont réussi à faire prendre en considération ces objectifs par les syndicats et à ce que la lutte pour obtenir satisfaction s'organise.
ces derniers temps, l'Assemblée inter-professionnelle des femmes, comme les groupes et les collectifs femmes, a traversé une crise assez grave. C'est le résultat à la fois des erreurs commises dans le passé lorsque le Parti radical, était à la tête mouvement et en raison de la situation marginale des collectifs femmes dans les syndicats.
La crise capitaliste a aussi contribué à l'aggravation de la crise du mouvement des femmes. Elle a aussi augmenté les difficultés de vie plus encore pour les femmes
CORD N-MENT
METALMECCAN
Beaucoup de femmes, parmi les couches radicalisées pour la première fois et qui ont contribué à créer le mouvement, sont découragées par l'activisme politique et ressentent un manque de confiance dans la politique. Aujourd'hui, il semble difficile de faire en sorte que ces femmes s'engagent à nouveau dans une lutte unitaire -ou tout au moins qu'elles le fassent dans l'immédiat.
Mais il y a une nouvelle coufait différente de travailleuses, comme cela apparaît dans les exemples cités plus haut, prolétariennes. femmes se radicalisées pour la première fois sur la de l'avortement, moment même où la direction du Parti radical abandonnait cette lutte, à partir d'un argument absurde, prétenant qu'il ment absurde, prétendant qu'il «ne devait pas y avoir de loi sur le corps des femmes».
Le mouvement ouvrier ne doit pas manquer d'accorder toute son attention à cette nouvelle couche de femmes. Un potentiel existe pour une mobilisation politique contre la crise capitaliste et solution qui irait dans le sens des intérêts de la classe ouvrière. Et c'est dans le contexte d'une telle solution que les revendications des femmes peuvent être satisfaites.
femmes dans le domaine de la promotion et le rôle marginal qui leur est fait dans la vie politique et syndicale.
Des revendications ont été transmises à la direction syndicale. Par exemple, les femmes ont demandé qu'un service médical spécialisé soit créé pour des consultations sur les problèmes de santé.
Une fois ces droits gagnés, les femmes travailleuses -qui demeurent isolées et qui sont souvent considérées avec méfiance par les hommes- ont encore à faire face à des problèmes plus généraux liés à l'organisation du travail et à ces facteurs qui ont en fait pour résultat une discrimination à l'égard des femmes, en particulier des mères, malgré la loi.
Cette élévation du niveau de conscience des femmes conduit les femmes de Mondadori à travailler avec le conseil d'usine, ce qui a abouti à la rédaction d'un document général qui présentait une série de revendications. Les femmes demandaient que ces revendications soient prises en considération lors des négociations de contrats et discutées par le syndicat dans son ensemble.
A partir de leurs problèmes spécifiques en tant que les travailleuses Mondadori, dans leur document formulaient les revendications suivantes : augmentation plutôt que diminution du nombre de catégories d'emploi où des quotas devaient être réaux femmes; droit au contrôle sur l'embauche; pas de travail à temps partiel; réduction de la durée hebdomadaire du travail afin de résoudre le problème du chômage parmi les femmes.
Lors du débat sur les revendications à avancer lors de la négociation des contrats en 1978, la coordination des femmes de la FLM s'est élevée contre la proposition de travail à temps partiel faite par la bureaucratie syndicale. Elles ont révélé l'attaque contre les femmes travailleuses que constitue la proposition par la direction du travail à temps partiel, contrôlé par le syndicat. Les femmes ont remporté une premièvictoire, en obtenant cette proposition soit retirée de la liste des revendications syndicales.
Mais les femmes de la FLM ne s'en sont pas tenues là. Elles se sont élevées à grand buit contre la double journée de travail supportée par les femmes et les discriminations dont elles sont l'objet à tous les niveaux, les conditions de vie qui poussent les femmes à demander des emplois à temps partiel et les conséquences qui en découlent aussi bien pour l'acquisition d'une qualification que pour la possibilité d'exercer une activité politique et syndicale.
Les femmes de la FLM ont dénoncé le Plan Pandolfi, qui exige des coupes sombres dans les dépenses de l'Etat et, par là, des économies sur le plan des services publics. Les femmes ressentent tout particulièrement la nécessité du maintien, de l'extension et de l'amélioration de ces services.
Sur la base de ces revendications, à partir de ces problèmes, les femmes du comité de coordination de la FLM considèrent la réduction de la durée hebdomadaire du travail comme la meilleure solution et la seule capable d'unifier tous les travailleurs et de donner une garantie contre la montée du chômage.
Ces exemples montrent que, dans les syndicats, et ailleurs, le niveau de conscience des femmes s'est élevé au cours des dernieres années. Le processus a commencé à partir de leurs problèmes spécifiques, mais rapidement a évolué. Ce qu'elles remettent en cause maintenant, c'est l'organisation du travail dans son ensemble, la stratégie des syndicats et les questions politiques. ment de la loi sur l'égalité, il avait fallu lutter et, dans certains secteurs, cela avait été dur. Ce fut le cas, en particulier, pour les jeunes sans emploi. La Loi 285 stipule que des listes de demandeurs d'emploi doivent être établies et que les ememployeurs sont tenus de les respecter. Tout d'abord, les pad'embaucher les femmes, prétendant que les postes à voir «ne convenaient pas à des femmes». Des luttes dures menées par les syndicats ont obligé les employeurs à mettre fin aux discriminations contre les femmes dans ce secteur.
De plus, récemment, il y a eu une action importante dans une grande usine automobile
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