Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Le FSLN renforce les syndicats, les milices et les comités de défense

Inprecor n° 62-63, 1er novembre 1979 · p. 18-19 · 1 344 mots

Nicaragua Syndicalisme

les milices et les comités de défense Managua. - Le gouvernement et les organisations de masse ont redoublé d'efforts pour mettre un terme au terrorisme contre-révolutionnaire après l'assassinat le 4 octobre dernier du militant du FSLN, Marcel Pallais Checa. Le cadavre criblé de balles de Pallais avait été découvert près du Campus de l'Université centro-américaine aux premieres heures du 5 octobre.

Pallais avait été chargé de faire stopper les sabotages Complexe cations de Villa Fontana. On généralement sont des partisans de la dictature Somoza, licenciés par Pallais, qui seraient impliqués dans sa mort.

Immédiatement après l'assassinat de Pallais, de l'Armée populaire sandiniste (EPS) étaient déployées sur les principales artères de Managua. Des contrôles étaient mis en place et tous les véhicules étaient fouillés, à la recherche nuits de suite, il y eut une dides tirs terroristes dans Managua.

Le FSLN a continué d'encourager les gens à alerte contre les activités contre-révolutionnaires.

sandinistes (CDS), «les yeux et les oreilles de la revolution», restent egalement en

L'assassinat de Pallais a été le plus récent incident la résurgence l'activité contre-révolutionnaire depuis septembre dernier. En réponse, le FSLN a lancé une campagne «Contrôler le somozisme pour défendre la révolution», au travers des

Le FSLN renforce les syndicats, CDS. Il a également pris des mesures économiques et sociales qui vont dans le sens d'un approfondissement du processus révolutionnaire entamé avec le renversement de Somoza en juillet.

A travers la campagne «Contrôler le somozisme», les CDS sont en train d'être organisés sur la base des pâtés de maison afin de collationner les faits sur les incidents suspects et sur les activités des somozistes connus qui pourraient être impliqués dans des crimes contre-révolutionnaires.

Le FSLN a pris également d'importantes réorganiser et renforcer milices. De nombreux combattants ont d'ores et déjà été incorporés à l'EPS, qui reste un élément essentiel pour prévenir la possibilité toujours exisd'une invasion par des unités de la Garde nationale à partir du Honduras et du Salvador, intervention étre soutenue ouvertement ou de façon détournée par Washington et ses dictatures clientes du Centre amérique. D'autres combattants ont également rejoint la Police nationale sandiniste.

Comme la Révolution a entrepris de remettre en route la production et d'entamer les projets de reconstruction dans un pays ravagé par la guerre, le service milicien à plein temps est en train d'être remplacé par des exercices d'enttraînement et de manœuvre s'effectuant par période.

Face aux menaces intérieures et extérieures contre la revolution, le FSLN a annoncé qu'il avait l'intention d'étende l'envoyé spécial d'Intercontinental Presse/Inprecor dre les milices pour développer la préparation des masses à l'auto-défense (cf. encadré sur Tomas Borge). FAIRE PARTICIPER LES MASSES

Des manifestations et des meetings se sont tenus à Managua et dans d'autres villes du pays, pour expliquer la nécessité de la campagne «Contrôle du somozisme» et pour encourager les masses à y participer.

Le 3 octobre, le Comsandiniste, Wheelock, s'adressait devant l'un de ces meetings qui regroupait plusieurs milliers de personnes à la Maison du gouvernement, au centre de Mana-

«Les efforts entrepris par l'armée et le Ministre de l'Intérieur ne sont pas suffisants pour abattre la contre-révolution, expliqua Wheelock. Nous ne gagnerons que si les travailleurs et les paysans se préparent eux-mêmes à contrôler la richesse productive de notre

Wheelock déclara les entreprises quees aux somozistes «nous avons besoin de syndicats qui puissent participer pleinement aux décisions.. Il ne doit plus y avoir ni exploiteurs ni exploités. Il faut établir des relations justes et équitables. Les travailleurs doivent connaître leur métier afin d'être capables de diriger leur production. La tâche de l'Etat n'est que d'administrer. Les travailleurs sont les véritables propriétaires de la richesse nationale.»

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DES MESURES ECONOMIQUES ET SOCIALES

Parallèlement à cette extension du contrôle ouvrier sur la production prise en charge par les syndicats, les dirigeants du FLSN se préparent à répondre à la terreur somoziste et aux menaces militaires de Washington dans les Caraibes en approfondissant les transformations sociales dans d'autres directions également.

Parmi les mesures récemment prises ou annoncées, les mesures suivantes sont parmi les plus importantes :

«intervention» du gouvernement dans plus de 200 entreprises immobilières dont les propriétaires tentaient de contourner les lois en refusant aux locataires l'approvisionnement en eau, l'électricite, les services de ramassage des ordures. Désormais, les locataires verseront directement les loyers à l'Etat et recevront en échange ces services.

(Dans les premiers mois de la Révolution cubuine, des « interventions» ont souvent précédé des nationalisations directes. Le gouvernement devrait nommer des directeurs pour gérer ces entreprises, en liaison avec les comités de travallleurs).

June importante augmentation des pensions de sécurité sociale. Sous la dictature, les pensions aux personnes agees, aux invalides, aux veuves et aux orphelins n'avaient pas augmenté depuis 1963, date à laquelle elles étaient déjà insuffisantes. Des parements retroactifs seront faits aux personnes qui n'avaient pas reçu de pension à cause de vices dans les textes législatifs. - l'Institut nicaraguayen de la Réforme agraire (INRA) a annoncé qu'il envisageait de nouvelles expropriations de terres dans les provinces de Masaya, Nueva Segovia, Madriz et Esteli, notamment dans les zones où coexistent d'immenses propriétés foncières privées, à côté de centaines de petites propriétés parcellaires. Dans une conférence de presse, le 4 octobre, le Ministre de

Réforme agraire, Jaime

Wheelock, a rappelé que dans la «Nouvelle déclaration des droits», adoptée en août 1979, du Nicaragua, la propriété de la terre est sujette à d'éventuelles restrictions pour cause «d'utilité publique et d'intérêt social».

Ainsi aucune propriété n'est forcément à l'abri d'une intervention, celle-ci jugée nécessaire pour l'amélioration de la condition des paysans pauvres. rées, cela représentera un nouveau coup au droit de propriété des propriétaires fonciers «anti-somozistes». - le 5 octobre, le procureur d'Etat, Ernesto Castillo, a annoncé qu'en plus des enquétes en cours sur l'extension des biens somozistes - soumis à une expropriation immédiate -son cabinet va également procéder à des sur les affaires effectuées par plusieurs capitalistes «anti-somozistes» importants.

C'est ainsi que Castillo a expliqué que les groupes financiers de la Banco America et de la Banque Nicaraguayenne, les deux princentres de pouvoir de l'opposition capitaliste à Somoza, allaient subir de telles enquêtes : «Le Gouvernement de Reconstruction tionale, a-t-il déclaré, traitera durement tous ceux qui ont effectué des opérations avec les secteurs somozistes», a déclaré Castillo. - enfin le Ministère de l'économie a établi un contrôle à-dire en d'autres termes par le biais de Comité de quartier de surveillance des prix. Des mesures de contrôle similaires pour d'autres produits de prémière nécessité devraient être annoncés bientôt.

LES MANOEUVRES BOURGEOISES

Tandis qu'aucune oppositions ouverte à ces mesures n'a été exprimée par les petits partis politiques bourgeois -les social-démocrates, les sociaux-chrétiens et les Conservateurs démocratiques, il y a de signes de plus en plus évidents que les forces bourgeoises cherchent les moyens de mettre un frein à la Révolution. La Chambre de Commerce a organisé plusieurs meeungs pour faire pression en vue de la convocation du «Conseil d'Etat», cette assemblée législative prévue dans le programme du Gouvernement de reconstruction qui avait été publié juste avant la chute de Somoza.

Depuis ce moment, le gouvernement dirigé par les Sandinistes a suivi un cours qui montre qu'il est nettement plus représentatif des intérêts des travailleurs et des paysans que les forces qui avaient mis sur pied le «Conseil d'Etat». Aucune date n'a été fixée pour la convocation de ce Conseil d'Etat. Moïses Hassan, membre de la Junte a déclaré le 5 octobre qu'en tout état de la composition de ce Conseil d'Etat devrait être réconsidérée, dans la mesure où un grand nombre de groupes auxquels des sièges avaient été confiés n'existent plus.

Le refus du FSLN de se plier aux exigences des capitalistes sur la convocation immédiate d'une assemblée non représentative et dominée par la bourgeoisie est cohérent avec le cours radical général suivi par le front. Quand des accords passés avec des forces bourgeoises avant la chute de Somoza obstruent le chemin de ce cours, les sandinistes s'appuient désormais de plus en plus sur les principes énoncés dans la Nouvelle déclaration des droits du 21 août, en les interprétant dans le sens des intérêts des travailleurs et des paysans nicaraguayens.

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