Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FEMMES

Manifeste des femmes espagnoles

Inprecor n° 62-63, 1er novembre 1979 · p. 25 · 520 mots

Femmes

les en délogeait par la force et la violence, arré. femmes de Bilbao,

Manifeste des femmes espagnoles 1l femmes qui avaient été arretees en octobre 76 puis relâchées sous liberté provisoire ont été jugées au Tribunal de Bilbao. Deux d'entre elles étaient accusées d'avoir pratiquée des avortements, les autres d'avoir interrompu volontairement leur grossesse. Les peines demandées allaient de 60 ans (sic!) à 6 mois de prison, et de 11 ans à 1 jour de privation de leurs droits civiques. Juste avant le procès, 5 autres femmes étaient arrêtées à Sardanola.

La justice espagnole n'y va pas de main morte ...

Mais trop, c'est trop. Ce procès a été l'étincelle qui a permis d'embraser un feu qui couvait depuis longtemps. A l'initiative des groupes féministes d'Euzkadi, relayés par la coordination nationale du mouvement des femmes, festations ont eu lieu dans tout le pays durant le week-end précédant le procès. Le samedi 20 octobre, plusieurs centaines de femmes s'enferdans le Tribunal de Bilbao. La police tant tout le monde et prenant les identités. Le même soir, 800 femmes remettaient cela en s'enfermant cette fois-ci dans l'Hôtel de Ville. Même scénario à Madrid, même violence de la police. Le dimanche, les manifestations massives qui eurent lieu dans les principales villes du pays (10000 à Bilbao, 5000 à Barcelone, etc.) n'empêcherent pas les policiers de jouer de la matraque ou de tirer des balles de caoutchouc pour disperser la foule. Bilan : plus de 200 personnes blessées dans l'ensemble du pays.

Mais les femmes n'ont pas désormé pour Face à des nouvelles arrestations qui avaient eu lieu à la veille du procès, la riposte fut immédiate : en trois jours, 1300 femmes - dont de nombreuses personnalités, des militantes du PS, du PC, etc - signaient un manifeste où elles déclaraient avoir avorté (voir ci-contre).

AMNISTIA

PARA TINUERES

DERECHO AL

ABORTO! NIKI

Face à la violence des troupes policières, un grand nombre de femmes se sont organisées pour porter plainte, intentant un procès en justice aux forces de l'«ordre».

Face à la volonté de la bourgeoisie de les faire plier, elles ont appellé à de nouveaux rassemblements au moment des procès et à une manifestation nationale devant le Tribunal de Bilbao. Elles ont pris leur téléphone pour demander que s'organise un mouvement de solidarité internationale et l'envoi de télégrammes au juge exprimant le soutien aux inculpées et réclamant le droit à l'avortement.

• DERNIERE MINUTE : Alors que deux mille cinq cents personnes rassemblés devant le palais de justice ae Bilbao, exigeaient la libération des inculpées, le Tribunal a décidé d'ajourner le procès sine die. MANIFESTE DES FEMMES ESPAGNOLES

«Face au procès pour l'avortement contre 11 face aux arrestations de Sardanola, et devant la répression croissante à propos de l'avortement, nous, femmes, exigeons : - l'amnistie de toutes les femmes et de tous les hommes inculpés pour avortement; - la libération immédiate et sans caution des femmes arrêtées à Sardanola; - la modification de la loi et l'introduction du droit à l'avortement libre et gratuit.

Conscientes des conséquences et des répercussions pénales que nous risquons d'encourir, nous, soussignées, déclarons :

J'AI AVORTE VOLONTAIREMENT.»

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