« IL n'existe pas de jardin caché à l'ombre de l'industrie de mort... Ou bien, nous détruisons le programme nucléaire tout entier, serons tous étranglés par l'Etat nucléaire».
C'est par ces paroles Walter Mossmann, compositeur, a inauguré le rassemblement auquel ont participé plus de 100000 personnes à Bonn, le 14 octobre.
C'est en autocar, clette, en caravane, dans quatorze trains spéciaux, que les opposants au programme nucléaire du gouvernement de l'Allemagne de l'ouest se sont rendus au rassemblement. Les fermiers de Lüchow-Danneberg (le district autour de Gorleben, site projeté pour la construction de l'usine de retraitement des déchets nucléaires) sont venus avec leurs tracteurs. Un groupe d'étudiants de Francfort-sur-le Main : avait loué un bateau vapeur.
La manifestation, appelée par Association nationale des comités de citoyens pour la protection de l'environnement (BBU) et soutenue par plus de 120 groupes, était la première action d'ampleur nationale conouest-allemand.
ou bien nous
Borckdorf que chanteurtion nationale fut possible.
contenait quatre revendications:
- arrêt du programme nucléaire, bicy-
- pas d'usine de retraitement, à
Gorleben ou ailleurs,
- fermeture immédiate de toutes les usines nucléaires,
- arrêt des poursuites et des inanti-nucléaires.
Grande-Bretagne,
Bretagne, France, lidarité.
burg (Pennsylvanie, centrale où a eu lieu la catastro-
Nucléaire
100 000 personnes à Bonn le programme nucléaire
Les mobilisations précédentes avaient été dirigées contre des cibles spécifiques, l'usine de différents, ou les installations de Gorleben. Le succès de la marche du 31 mars contre le projet de Gorleben, à laquelle avaient participé plus de 50000 personnes, fut la base grâce à laquelle l'appel à une manifestavons lutter.»
L'appel à la manifestation a tourné emplois.
culpations contre les militants
Cette manifestation fut ausle si placée sous le signe de l'internationalisme car des délégations importantes venues de France,
Hollande,
Suisse et Autriche étaient présentes. Des orateurs de Grandehebdomadaire
Australie et
Etats-Unis exprimèrent leur so-
Cathy McCaughlin d'Harris-
USA), la phe en mars dernier, a dit au rassemblement :
«Dans chaque pays, les politiciens tiennent des langages mais les résultats sont partout les mêmes. Tout ce qu'ils font engendre la peur, la destruction et la mort... Nous devons y mettre fin. Nous vivons tous à Harrisburg. C'est tous ensemble que nous pou-
Jakob Moneta, rédacteur en chef du journal de l'IG-Metall,
Men ridicule l'argument du gouvernement qui prétend que l'industrie nucléaire est nécessaire parce qu'elle crée des
«C'est un scandale, a-t-il dit, que des centaines de milliers de travailleurs allemands soient privés de leur droit fondamental au travail. Mais si gouvernement voulait réellement créer des emplois, il pourrait diminuer la durée du travail hebdomadaire, sans réduction de salaire ou augmentation des cadences. Une diminution de la durée du travail d'une heure permettrait non seulement d'améliorer les conditions de vie de tous ceux qui ont un emploi, mais cela créerait également 350000 nouveaux emplois pour les chômeurs.»
Moneta est aussi l'un des fondateurs de lAKL (Groupe d'action pour la vie), une organisation de syndicalistes, qui a fait de la prise en charge par le DGB (Association des syndicats ouest-allemands) de la lutte contre le nucléaire sa campagne centrale.
Rien qu'à Hambourg, le Comité AKL - l'un des 30 qui existent dans le pays a pu réunir les signatures de plus de 180 syndicats pour l'appel à la manifestation, malgré le soutien officiel du DGB au programme nucléaire du gouvernement. Certaines sections syndicales ont aussi organisé des transports en autocar de leurs membres à la manifestation.
La division qui s'agrandit dans les rangs du Parti socialdémocrate au gouvernement et son partenaire dans la coalition, le petit Parti pour une Démocratie libre, s'est aussi reflétée dans la manifestation de Bonn.
La direction nationale du FDP, les Jeunes démocrates et l'Association de l'Université libérale, firent une déclaration demandant «la nationalisation des industries d'énergie, la décentralisation des unités de production de l'énergie... et l'interdiction de l'exportation des technologies écologiquement dangereuses.»
La déclaration soulignait aussi que «la lutte contre les implantations nucléaires mène nécessairen cat à une confrontation avec l'économie capitaliste et l'ordre social». Le triomphe des revendications antinucléaires aboutira à un «affaiblissement» du capital, poursuivait la déclaration.
Pour la première fois, Bonn, des porte-parole officiels de la Social-démocratie manifestaient ouvertement sous leur propre banderole. Un grand nombre de manifestants portaient des pancartes disant :«Je suis un social-démocrate et je suis contre l'énergie nucléaire».
Par ailleurs aussi, opposition au sein du SPD à la politique nucléaire se fait sentir. A la suite de la Conférence du 13 octobre du SPD de la région Rhin du nord-Westphalie, le président des Jeunesses socialistes, a déclaré au quotidien de Berlin, Tageszietung, qu'il s'attendait à un grand nombre de démissions au sein du parti si la ligne et le programme nucléaire du chancellier Helmut Schmidt passaient lors du prochain congrès du parti en décembre. C'est ce congrès qui devra établir la plateforme électorale du SPD pour les élections de 1980.
La politique actuelle du SPD est exprimée dans une déclaration officielle votée par le congrès du parti à Hambourg : «Il est impossible d'abandonner l'usage de l'énergie nucléaire pour le moment», mais «on peut envisager de renoncer à l'utilisation de l'énergie nucléaire dans le futur».
Les pressions politiques qui ont obligé la direction du SPD à parler d'abandon de la politique nucléaire «dans le futur» furent soulignées par Gehard Stoltenberg, premier président du Parti chrétien-démocrate du Schleswig-Holstein, dans une tribune libre du numéro du 12 octobre du journal Die Zeit.
Stoltenberg, un des plus fermes partisans du programme nucléaire, se plaint de ce que «depuis trois ans, nous avons vu de nombreux membres Bundestag à Bonn voter à plusieurs reprises l'accroissement du programme nucléaire, approuver des millions de marks de crédit pour ce programme et qui, une fois de retour dans leur circonscription, font des discours émouvants contre «l'énergie nucléaire» ou «l'Etat
Get qui s'opposent véhémentement à des projets d'implantation nucléaires spécifiques lors des élections locales régionales (Landtag)».
L'importance de la manifestation de Bonn paraît indiquer clairement que le temps de la politique à double sens est dépassée.
Roth/Levy-IP/I