Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

1879-1979 : LEON TROTSKY

Message de Pierre Frank au Comité d'organisation pour le « centenario de Leon Trotsky »

· Inprecor n° 65, 6 décembre 1979 · p. 29-31 · 1 914 mots

URSS et Russie Stalinisme

1879-1979 : LEON TROTSKY d'organisation pour le «Centenario de Leon Trotsky»

Message de Pierre Frank au Comité

C marade Pierre Frank, adressée au colloque de commémoration qui s'est tenu à Mexico pour le Centaire de la naissance de Léon Trotsky.

trotskysme, entre mouvement international.

taire de Léon Trotsky.

Chers amis, chers camarades,

Je regrette énormement de ne pouvoir assister aux cérémonies et aux réunions que vous organisez pour le centenaire de la naissance de Léon Trotsky et de pouvoir y participer seulement en adressant le présent message.

Il n'est pas besoin de rappeler à tous ceux qui répondront à votre appel que Léon Trotsky a été un génie comme il n'en naît que trois ou quatre dans un siècle et qu'il a consacré sa vie entière au service de la classe ouvrière et de sa lutte pour le socialisme. Mais il faut rappeler que, parmi les grands révolutionnaires de l'histoire, il a été un des plus, sinon le plus calomnié. Il est vrai que les plus odieuses de ces calomnies, qui ont servi à perpétrer son assassinat, n'ont généralement plus cours. Mais la vérité historique sur sa personne et son œuvre est encore loin d'avoir triomphé.

Un exemple suffira à le prouver:

les 250 millions de citoyens soviétiques n'ont pas encore la

E texte qui suit est une intervention du caPierre Frank, exclu du PCF en 1929, pour à la direction de notre De 1932 à 1933, Pierre Frank fut le secrépossibilité de connaître l'histoire vraie des révolutions de 1905 et de 1917 de leurs pays parce que faire connaître la place éminente qu'y a occupée Léon Trotsky serait dangereux pour les successeurs de Staline siègent aujourd'hui au Kremlin. C'est pourquoi les cérémonies du 100è anniversaire, à Mexico et dans de nombreuses villes du monde, ne sont pas de pieuses manifestations à la mémoire d'un grand homme, mais un moment d'une lutte qui se poursuit pour faire triompher la vérité historique et faire progresser la marche de toute l'humanité vers le socialisme. Dans ce message je voudrais me limiter à souligner, aussi souligner, suceinctement que possible, la continuité progression constante qui ont marqué pensée et l'action politiques de Léon Trotsky. Il a été au début du siècle le plus jeune membre de la rédaction de l'Iskra, il avait à peine plus de 20 ans

. quand il fut associé aux côtés de Plekhanov et de Lénine à l'œuvre de pénétration et d'organisation du marxisme auprès du jeune prolétariat russe. C'est au cours de la révolution de 1905 qu'il donnera pour la première fois sa mesure toute personnelle, aussi bien sur le plan de l'action que sur celui de la théorie. Il présidera les travaux du premier soviet de l'histoire, le Soviet de Petrograd. La révolution écrasée, s'il conserve ses hésitations dans le domaine de l'organisation du parti par rapport à Lénine - elles ne disparaitront que quinze ans plus tard-, il est en fait seul avec Lénine à tirer des enseignements de la révolution un enrichissement du marxisme. Mais il le fait avec beaucoup plus d'audace que Lénine en ce qui concerne la perspective de la prochaine révolution dans l'Empire des tsars. Il n'a que vingt-sept ans quand il formule la théorie de la révolution permanente selon laquelle la prochaine révolution russe sera une révolution dirigée par le prolétariat, entraînant avec lui la paysannerie, et donnera naissance à un Etat ouvrier qui abolira l'exploitation capitaliste.

Cette perspective se réalise en octobre 1917 et, dans cette ré-

Trotsky se trouvera aux côtés de Lénine, aux postes les plus responsables. Il jouera notamment un rôle essentiel dans la création, pratiquement à partir de zéro, de l'Armée Rouge qu'il mènera à la victoire contre la coalition des armées

Page 30

blanches et des corps expéditionnaires des puissances capitalistes alliées et ennemies de la première guerre mondiale réunies.

D'autre part, en août 1914, il avait été de la poignée de militants qui ne se laissèrent pas entraîner dans l'abandon de l'internationalisme prolétarien par les partis de la Ilè Internationale, il participera au premier regroupement tenu à Zimmerwald en 1915 dont il rédigera l'appel aux travailleurs. En 1919, il participera à la création de l'Internationale communiste. Dans ces années où il était pourtant très occupé par les problèmes spécifiques du jeune Etat ouvrier, il consacrera une importante partie de son temps aux travaux de cette Internationale pour aider à la formation de jeunes partis communistes et répondre aux nouveaux problèmes de stratégie et de tactique qui se posaient à eux et au mouvement ouvrier.

Il apparaissait alors au sommet de sa gloire et de sa puissance et ne pouvoir s'élever plus haut. Mais l'histoire, en prenant un cours inattendu, allait lui permettre de fournir, dans des conditions exceptionnellement adverses, les manifestations les plus éclatantes de son génie et de son caractère. Environ cinq ans après la vietoire d'Octobre 1917, commença un des plus tragiques accidents de l'histoire, la dégénérescence bureaucratique de l'Union soviétique dans laquelle devaient périr lamentablement le Parti bolchevik et l'Internationale communiste. Au début, la majorité du Bureau Politique ne comprit pas le danger qui menacait. Minoritaires, Lénine et Trotsky se prépa raient à le combattre. Mais Lénine mourut et Trotsky resta seul à engager la bataille. Il montra alors que les années de pouvoir n'avaient en rien émoussé ni ses convictions révolutionnaires ni ses capacités d'analyse et d'orientation politique ni sa puissance de combat. Tandis que des hommes comme Zinoviev et Boukharine se faisaient involontairement les marche-pied de Staline, Trotsky expliquait les conditions qui favorisaient le développement de la bureaucratie, définissait les nouvelles tâches résultant de la situation et fut à l'initiative de la planification et l'industrialisation de l'Union soviétique. Il préparait pour une échéance qui devait être plus lointaine qu'il ne le prévoyait la révolution politique antibureaucratique destinée à rétablir la démocratie ouvrière en Union soviétique, condition pour passer du «socialisme réellement existant» avec son goulag qui continue à sévir, au véritable socialisme.

En même temps il menait la lutte contre les conséquences de la politique de la bureaucratie hors des frontières de l'Union soviétique, politique qui allait provoquer de très lourdes défaites des masses. En s'élevant contre la politique d'alliance, en réalité de subordination au Kuomintang de Tchang Kai-Chek, il généralise la théorie de la révolution permanente, l'étendant à la Chine et, par suite, aux pays coloniaux et semi-coloniaux. Il formulait ainsi la plus grande acquisition du marxisme-révolutionnaire de• puis Marx en montrant que, dans le 20ème siècle, le socialisme était l'objectif de la lutte, non seulement dans les pays capitalistes économiquement dévemais aussi de la très grande majorité du genre humain exploitée et opprimée par l'impérialisme. Cette théorie de la révolution permanente deviendra le pivot de la lutte contre le «socialisme dans un seul pays» de la bureaucratie. Il sonnera également l'alarme contre le danger hitlérien montant en Allemagne, appelant - hélas en l'unité d'action, au front unique des grands partis ouvriers, dénonçant avec une lucidité incomparable la plus grande défaite que la classe ouvrière allait connaître dans son histoire et la nouvelle guerre mondiale qui en résulterait.

Enfin, dans cette période de réaction forcenée, restant fidèle à l'internationalisme prolétarien, il entreprend de créer, face à la décomposition des Interationales ouvrières, malgré les forces très minimes qui étaient rassemblées autour de lui, une nouvelle Internationale, la Quatrième Internationale. Il consacre pendant cinq ans l'essentiel de ses forces jusqu'au dernier jour de son existence à ce travail dont il a dit qu'il était «le plus important» de sa vie, «plus important que 1917, plus important que l'époque de la guerre civile».

Tandis qu'il mène un combat d'idées, avec sa plume, moyen de livres, de brochures et d'articles, il se heurte non à d'autres idées mais à des calomnies, à des répressions monstrueuses qui frappent dans les «procès de Moscou» tous ceux qui ont dirigé la révolution d'Octobre et qui exterminent ses enfants. Il sait qu'autour de lui Staline prépare son assassinat. Ce demier sera commis à la fois à l'apogée des crimes de Staline et au moment où le continent européen étant écrasé sous la terreur nazie, Hitler s'apprête à faire la guerre à l'Union soviétique. Pendant tout ce temps Trotsky reste ferme, inébranlable, ne perdant aucune minute, poursuivant son activité sans la moindre défaillance.

Permettez-moi, pour terminer, quelques mots plus personnels. Je voudrais d'abord associer au nom de Trotsky celui de sa compagne Natalia, au chevet de laquelle j'ai été à la fin de sa vie à Paris. Elle aussi a témoigné jusqu'au bout d'une fermeté de caractère sans pareille qui contribua certainement pour beaucoup à celle qu'avait manifestée Trotsky dans les noires années de son exil. Je suis sûr qu'elle aurait voulu que je répète ici ce qu'elle m'a dit, à savoir combien Trotsky et elle étaient reconnaissants à votre ancien Président Lazaro Cardenas pour leur avoir accorder, dans ces années, ce droit d'asile qui leur était partout dénié, surtout par ces riches pays capitalistes qui s'affichaient comme les prétendus champions de la démocratie. Ce qui eut été un simple geste dans les temps euphoriques du capitalisme florissant était devenu un acte de courage, un acte de courage encore très rare aujourd'hui même.

Je suis un des survivants de ces militants peu nombreux qui se joignirent à Léon Trotsky voici plus d'un demi-siècle quand commença son demier

Page 31

Payés par Hitler exil. Certains d'entre eux ainsi que d'autres qui nous avaient rejoints entre temps ont péri dans le combat. D'autres abandonné une lutte qui était si pénible et si peu prometteuse de succès rapides. Je voudrais cependant dire qu'après tant d'années où les difficultés se sont accumulées aux difficultés et où des espoirs un peu plus tangibles ne sont apparus que récemment, c'est un très grand bonheur de ma vie que d'avoir connu Trotsky et d'avoir pu participer au combat à côtés. Combien d'hommes et de femmes ont, des années durant, été les dupes des crimes et des mensonges déversés contre Trotsky et contre nous, combien ont confondu un «socialisme»

TUR

UKRAINE

Dans 1 'Humanité du 28 Janvier 1937 souillé de tant d'infamies avec aujourd'hui ont tons certes les traces des coups reçus, mais quel bonheur pour clair, agir vigoureusement, faire front à l'adversité bonheur de m'être inspiré de son exemple, force considérable et de pouvoir ses n'avons, avec lui et grâce lui, pas gâché notre vie mais, au contraire, montré pendant tout ce temps la seule voie qui

AU PROCÈS DE MOSCOU et le Japon

Mesl salnie le socialisme tout court, qui déplorent les efforts dévoyés et perdus de leur existence et qui ne parviennent guère à se réorienter. Nous porplus en moi de m'être tourné très tôt nité vers l'homme qui a su parler

! Quel émancipation. d'y avoir puise une dire que, dans la longue marche que nous avons effectuée et qui n'est pas terminée, nous

Paris, le 25 mènera à la victoire et qu'em prunteront les grandes masses.

Je suis sûr que les jeunes générations d'aujourd'hui et celles de demain s'engageront de plus nombreuses dans cette voie et qu'un jour l'humatoute entière célébrera

Léon Trotsky comme l'un des plus grands pionniers de son

Pierre FRANK, ancien secrétaire de

Léon TROTSKY octobre

1979.

La cris

VAI

VII

MI

DE LA

35.000 roubles ont été payés par le Japon

Le aux espions ain:

trotskistes cert laie

Les nou

(Voir nol

3.500 accidents de chemin de fer ont été provoqués par les assassins ce m voir la de les à la lemar

(Lire en pege.

temps l'article

Marcel de

Dẻi

CACHIN et.

en munis

7o page. le compte que sc rendu des débats.)

barbar

Une erreur sur cette page ?