Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IVe INTERNATIONALE

Déclaration du XIe Congrès mondial, Ve depuis la réunification, sur la scission de la Tendance léniniste trotskyste et de la Fraction bolchévique

· Inprecor n° 65, 6 décembre 1979 · p. 25-28 · 2 674 mots

IVe Internationale Nicaragua

Quatrieme Internationale

A IVe Internationale a subi une scission qui représente un coup sérieux pour notre mouvement. Etant donnée la montée générale des luttes révolutionnaires à l'échelle mondiale, dans le cadre de la crise combinée de l'impérialisme et des castes bureaucratiques au pouvoir dans les Etats ouvriers déformés ou dégénérés, étant donnée aussi la decision de ce Congrès mondial de mettre en œuvre un tournant radical vers le prolétariat industriel, afin d'approfondir notre orientation prolétarienne, nous sommes convaincus de la capacité de notre mouvement à surmonter rapidement les effets quantitatifs et politiques de la scission. Toutes les mesures nécessaires seront prises par l'Internationale et ses sections pour y parvenir.

La direction de la «Fraction bolchévique» et de la «Tendance léniniste trotskiste» ont publiquement tenté de justifier leur scission en accusant la majorité des forces de la IVe Internationale d'avoir «abandonné le trotskisme» par leur défense ce la révolution nicaraguayenne; elles ont expliqué que ce Congrès mondial n'avait pas été préparé démocratiquement. Les et de la Fraction bolchévique

A la veille du XIe Congrès mondial de la IVe

Internationale (Ve depuis la réunification)

«Fraction bolchévique» et la «Tendance léniniste trotskiste» ont fait scission de la IVe

Internationale. Le 17 novembre 1979, le Congrès mondial a adopté la déclaration suivante sur cette scission :

faits disent le contraire.

L'accusation selon laquelle la majorité de la IVe Internationale est en train de liquider le trotskisme par la réponse révolutionnaire qu'elle apporte au développement de la révolution par l'analyse nicaraguayenne, qu'elle fait de l'étape actuelle que traverse cette révolution et par son attitude fraternelle envers les combattants du FSLN ont dirigé le renversement de la dictature Somoza soutenue par l'impérialisme, est absurde. Toute autre attitude ne conduirait qu'à l'abstentionsectaire en face d'une nisme révolution en marche.

Le Congrès mondial a été préparé de façon totalement démocratique. La FB et la TLT ont eu tous les droits pour présenter leurs points de vue dans la discussion écrite et parmi les sections, selon les normes que la

FB et la TLT avaient elles-mêmes acceptées. Le démenti à leur argumentation est apporté par le fait qu'aussi bien la FB que la TLT ont scissionné juste avant le Congrès mondial, se refusant par là à présenter leurs arguments devant les délégués réunis en provenance de plus de

40 pays et qui représentaient l'organisme le plus élevé de la

IVe Internationale. Ce faisant

Déclaration du Xle Congrès mondial, Ve depuis la réunification, sur la FB et la TLT révélaient le mépris dans lequel elles tenaient la majorité des cadres de notre mouvement et leur refus des discussions et des décisions démocratiques.

La FB et la TLI avaient tous les droits pour présenter leurs points de vue sur le Nicaragua et sur tout autre point à l'ordre du jour de ce Congrès. Un secteur de la TLT qui a refusé le cours scisionniste a pu user de ces mêmes droits. Les directions de la FB et de la TLT ont présenté l'excuse, très faible, qu'il n'y avait pas eu assez de temps pour commencer la discussion sur le Nicaragua à ce congrès mondial, celui-ci se tenant quatre mois après la chute de Somoza.

Contrairement à ce qu'ils affirment, une organisation révolutionnaire comme la IVe Internationale a le devoir d'agir rapidement devant des événements aussi importants que la révolution nicaraguayenne. Cette discussion dont, et la FB, et la TLT ont décidé de se couper unilatéralement, se poursuivra au sein de la IVe Internationale à mesure que la révolution se développera, mais dans le cadre d'une campagne internationale massive de solidarité, face à

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l'hostilité de l'impérialisme contre la révolution nicaraguayenne.

Le droit de la FB et de la TLT de présenter leurs points de vue dans l'Internationale n'a pas et n'est pas remis en cause. Leur scission n'était pas justifiée politiquement et constitue donc une scission sans principe.

Les origines de la scission sont antérieures à la révolution nicaraguayenne. sieurs années, la FB a fonctionné de plus en plus comme une fraction publique, sans égards pour les décisions ou les normes de la IVe Internationale, organisant des scissions dans un pays après l'autre, créant ses propres appareil et système de finances en concurrence avec ceux de l'Internationale, transférant ses militants de pays en pays sans respecter les intérêts tions concerées et sans contrôle ou consultation des organismes réguliers de l'Internationale. Avant que ne se produisent les événements au Nicaragua, les dirigeants de la FB avaient été avertis que ce congrès mondial adopterait saires pour freiner cette opération fractionnelle publique. Cette méthode de fonctionnement fractionnel atteignit son point culminant et le plus criminel dans les opérations de la Brigade Simon Bolivar au Nicaragua.

Dès le début, la FB a conçu l'affaire de la Brigade comme une opération fractionnelle et non du point de vue des nécessités de la révolution nicaraBolivar a été mise sur pied dans le dos de la direction élue de la IVe Internationale, avec le projet explicite de modifier le rapport de forces au sein de la IVe Internationale et permettre à la FB d'en prendre la direction.

La Brigade se prétendit u unité militaire du FSLN et col lecta frauduleusement de l'ar-

Men utilisant le nom FSLN. De façon délibérée, elle trompa des organisations syndicales et des groupes de travailleurs du Nicaragua qui pensaient que la brigade représentait le FSLN. Ce comportement absolument sans principe dans le cours même d'une révolution en marche indiquait le fait que la FB mettait en œuvre à l'extérieur de la IVe Internationale les méthodes fractionnelles et sectaires qu'elle avait l'intérieur. Désormais, utilisait ces méthodes envers l'ensemble du mouvement ouvrier latino-américain et la révolution nicaraguayenne.

L'action de la Brigade Simon Bolivar fut un crime contre la révolution nicaraguayenne et la IVe Internationale.

Lors de la première réunion qu'il tint après la chute de Somoza, le Secrétariat unifié de la IVe Internationale rappela à l'ordre la Fraction bolchévique à propos de la Brigade Simon Bolivar. Le SU prévint la FB devait comme une fraction publique

Amérique centrale. Parce qu'ils savaient que ce Congrès mondial demanderait à la Fraction bolchévique de mettre fin à ses violations des statuts et des normes de la IVe Internationale et leur demanderait de mettre un terme à leur fonctionnement en fraction publique, les dirigeants de la FB décidèrent de scissionner.

L'aventure criminelle de la Brigade Simon Bolivar était vouée à l'échec et s'acheva en désastre. A ce moment, la direction de la Fraction bolchévique changea sa ligne publique : elle avait tenté de se couvrir du du FSLN, elle désormais publiquement le FSLN, en le désignant comme un instrument de consolidation de l'Etat bourgeois au Nicaragua. Cela préparait l'étape pour la constitution du bloc avec la TLT et le Comité pour la reconstruction de la trième Internationale (CORQI).

La TLT et le CORQI réagirent de façon sectaire devant la révolution nicaraguayenne. Il y a un parallèle avec ce qui se produisit lors des révolutions algérienne et cubaine. deux cas, la majorité des forces trotskistes à l'échelle mondiale montrèrent leur capacité à avoir des rapports corrects avec des révolutions en marche et avec les combattants révolutionnaires qui s'étaient mis sur le devant de la scène au cours même du processus révolutionnaire. Dans le même temps, elles défendirent et appliquèrent le programme trotskiste dans ces révolutions. Mais, dans les deux cas, des tendances sectaires apparurent au sein du mouvement trotskiste qui tournèrent le dos à ces révolutions en marche. Ce n'est que tout récemment, par exemple, 20 ans apres l'événement, que des dirigeants du CORQI viennent de se rendre compte qu'un Etat ouvrier avait été établi à Cuba. Partant fait . que ces révolutions avaient été dirigées par des révolutionnaires qui ne reprepas la totalité du programme léniniste, ces sectaires en déduirent que la position correcte consistait à dénoncer ces révolutionnaires comme des traîtres. Ils n'accordèrent pas d'importance à ce que les Cubains et les Algériens étaient en de faire concrètement dans le cadre de la mobilisation et de l'organisation des masses, ni à l'ampleur des mesures anti-impérialistes et anti-capitalistes qui avaient été adoptées.

Une telle position sectaire peut conduire à des conséquendésastreuses, profondément le trotskisme aux yeux des masses engagées dans le processus révolutionnaire. Jusqu'à un certain point, c'est ce qui s'est passé au Nicaragua. En plus des positions prises par la FB, les positions de l'OST costaricaine (Organisation socialiste des travailleurs), dont les dirigeants appartiennent à la TLT et celles de la Ligue marxiste révolutionnaire au Nicaragua en fournissent l'exemple. Le journal de l'OST, par exemple, présente les mesures monétaires prises par le gouvernement nicaraguayen comme des mesures contre la classe ouvrière. Sur le même thème et celui de la répression au Nicaragua, le CORQI la FB et la TLT ont organisé en commun un meeting à Paris, le 13 novembre. La LMR a essayé de donner l'impression fausse que le Nicaragua aujourd'hui est un point chaud de la répression ouvrière. Ces forces ont refusé d'orga. niser une campagne internationale anti-impérialiste de solidarité et d'aide au Nicaragua sous le prétexte qu'avec cette campagne nous ne ferions qu'ai-

Run gouvernement «bourgeois», le gouvernement nica-

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raguayen. Mais organiser des meetings comme celui du 13 novembre ne peut qu'aider et conforter la campagne internationale de l'impérialisme et de la réaction capitaliste contre la révolution nicaraguayenne en présentant ceux qui ont renversé la tyrannie sanglante soutenue par l'impérialisme pendant 45 ans comme des tyrans eux-

Quelque critique que fassent les révolutionnaires, y compris sur la violation de la démocratie ouvrière, cette critique doit se situer dans un autre cadre, celui de la solidarité inconditionnelle avec la révolution, de la défense de cette révolution contre l'impérialisme qui va tenter de la bloquer de façon sanglante, à mesure qu'elle

Get d'une attitude fraternelle envers les révolutionnaires nicaraguayens.

Sous l'impact de la révonicaraguayenne, CORQI a renversé de réunification de la IVe Internationale. Il y a quelques années, le CORQI, qui représente des forces qui avaient refusé de se joindre à la réunification de la IVe Internationale en 1963, s'est rapproché de la IVe Internationale pour tenter d'entamer une discussion. Récemment, le CORQI avait reconnu que la IVe Interationale et ses sections étaient des organisations révolutionnaires et était d'accord pour discuter avec nous sur la base des documents préparatoires pour ce congrès mondial.

L'objectif était de tester les possibilités d'une fusion avec la IVe Internationale. Lorsqu'apparurent des divergences sur le Nicaragua au sein de la IVe Internationale et qu'apparut la convergence temporaire entre les positions de la FB, de la TLT et du CORQI, une majorité au sein de ce dernier réagit selon ses vieux réflexes sectai-

Ils excluèrent de facto des discussions de leur conférence internationale une délégation du Secrétariat unifié de la IVe Internationale avaient auparavant invitée à assister à cette conférence. Plus, ils décidèrent d'inviter à cette conférence la TLT et la FB;

qu'ils décidèrent d'appuyer leur rupture publique avec la IVe Internationale.

De nouveau, les publications du CORQI commencèrent à attaquer la IVe Internationale, ses sections et organisations sympathisantes, et cela se marqua par une attaque particulièrement calomniatrice contre le tion «révisionniste» qui a trahi la cause du marxisme-révolutionnaire.

Ce retournement du CORQL, en ce qui concerne la réunification, est lié à une politique à courte vue qui recherche de préavantages temporaires. Pour ce faire, ont tourné le dos à la nécessité objective. poursuivre cours en vue d'explorer les possibilités pour une unification de principe avec la IVe Internationale, qui représenterait une contribution majeure à la solution de la crise de direction révolutionnaire pour les batailles de classes à venir dans nombre de pays-clés. Le caractère irresponsable et sans principe de cette décision en est souligné par l'analyse même que fait le CORQI de la situation mondiale et de la nécessité de surmonter la crise de direction pro-

Le CORQI, la TLT et la FB ont publié un appel à la constitution «d'un comité paritaire pour la réorganisation (reconstruction) de la IVe Internationale». Il s'agit d'une opération visant à approfondir la scission et à attaquer la IVe Internationale. Son contenu en est la liquidation de la IVe Internationale et du trotskisme mondial, en tant qu'organisation. Ils ont appelé à une «Conférence ouverte» de tous ceux qui cherchent à détruire la IVe Internationale. Cette «Conférence ouverte» • ne sera rien d'autre qu'un club de discussion dont l'unique base d'accord sera l'opposition à la construction de la IVe Internationale comme parti mondial

Il est clair que le CORQI, la TLT et la FB ne sont pas d'accord sur les questions-clés de la lutte de classes aujourd'hui et qu'ils sont opposés à mettre en pratique les résolutions qui seraient adoptées par une majorité. C'est-à-dire qu'ils sont op-

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posés au centralisme démocratique. Leur projet ne les conduit nulle part. De la même manière, le CORQI avait déjà échoué à construire selon ces principes une alternative à la IVe internationale. Il n'en sultera que la démoralisation et la perte de centaines de cadres de valeur.

Par ces actions, le CORQI, la FB et la TLI ont aujourd'hui tourné le dos à la construction de la IVe Internationale en tant qu'organisation. La nécessité de construire simultanément partis révolutionnaires de la classe ouvrière à l'échelle nationale et le parti mondial de la révolution socialiste est un élément programmatique tondamental du marxisme. Nous sommes à l'époque de l'impérialisme, une epoque de l'internationalisation croissante des forces productives productives et des luttes de et des luttes de classe, une époque de révolution et de contre-révolution mondiales. Toute tentative, sur quelque base que ce soit, construire des partis révolutionnaires nationaux sans travailler dans le même temps à la construction d'une internationale révolutionnaire conduira ses auteurs à de graves erreurs dans le cours de la lutte des classes, non seulement à l'échelle internationale mais encore dans leurs propres pays.

En réaffirmant et en défendant l'intégrité de la Quatrième Internationale comme parti mondial, comme organisation fondée sur le centralisme démocratique tel qu'il s'applique à l'échelle internationale, XIe Congrès mondial (Ve depuis la réunification) réaffirme et défend l'intégrité programdu marxisme révolutionnaire,

La IVe Internationale appelle le CORQI, la Fraction bolchévique et la Tendance léniniste trotskiste à renverser leurs cours. Le Congrès mondial affirme que le Parti socialiste des travailleurs (PST) d'Argentine - l'organisation la plus nombreuse qui appuie la Fraction bolchévique - devrait devenur la section argentine de la IVe Internationale. Nous maintenons notre ligne générale sur la question des fusions et regroupements de principe. Nous réaffirmons notre conception fondamentale selon laquelle la construction de partis ouvriers révolutionnaires de masse et d'une internationale ouvrière révolutionnaire de masse ne peut être atteinte seulement par le recrutement individuel vers des noyaux existants, que sont la IVe Internationale et ses sections, mais passera nécessairement par des fusions avec des organisations qui existent déjà ou qui apparaîtront dans le cours de la lutte révolutionnaire elle-même. Le Congrès mondial réaffirme sa conviction que la manière avec la- • коропато quelle la IVe Internationale et ses sections répondront aux ouvertures de processus de fusions sera un test important pour juger de leurs capacités révolutionnaires.

Nous ne renverserons pas le cours qui consiste à rechercher la réunification des forces trotskistes, commencée en 1963, sous l'effet de cette scission actuelle. Nous sommes prêts à discuter avec le courant représenté par Lutte ouvrière, selon les lignes suivies par le SU ces derniers années. En ce qui concerne le CORQI, cela devra être précédé d'une mise en cause de son cours actuel et l'affirmation que la IVe Internationale et toutes ses sections sont des organisations trotskistes, que le rôle de telles discussions est l'unification avec la IVe et ses sections, dans sa totalité. Dans la pratique, il devra agir en conformité avec ce qui précède.

Indépendamment de tout préalable, nous prendrons toute initiative qui permette de nous rapprocher de ce but, tout en défendant l'intégrité de notre organisation et de ses frontié es organisationnelles prér ses. Nous conseillons aux sections nationales de faire de même.

La IVe Internationale ne bougera pas d'un pouce de sa position de principe selon laquelle toute discussion de ce type ne peut avoir comme but que le renforcement de la IVe Internationale comme parti mondial fondé sur le centralisme démocratique.

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