Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

Quelques éléments sur la santé des travailleurs dans les pays impérialistes

· Inprecor n° 67-68, 17 janvier 1980 · p. 54-64 · 7 287 mots

Grande-Bretagne

Quelques éléments sur la santé dans les pays impérialistes

Fred-Alain LEHMAN U est erise de surproduction

Best toujours une aggression contre les travailleurs. Par millions ils sont jetés au chômage, les acquis qu'ils ont arrachés au cours de la période précédente sont remis en question, l'austérité devient la loi.

Le capital développe son offensive sur tous les pour rétablir son taux de profit et imposer une augmentation du degré d'exploitation attaques au salaire, au salaire indirect (démantèlement de la sécurité sociale, limitation des prestations, mentation des cotisations, calisation des charges sociales des entreprises), salaire social dépenses dans le domaine de la santé, de l'éducation, du logement plus généralement de toutes les infrastructures sociales), attaques conditions de travail, maintien de la durée et intensification du dégradation attaque à la source même de la force de travail du travailleur, physiques et intellectuelles accrue de ses muscles, de ses nerfs, de son cerveau. Le degré de cette dépense et donc degré d'usure de la ouvrière varie en fonction de la durée et de l'intensité du travail et en fonction des conditions historiques de production et de reproduction de cette force. Il est déterminé par qu'aux tion des cadences.

fronts du travailleur.

attaques

INEGALITES DE

MORTALITE ET VALEUR augfis-

Galles, les variations hiérarchique dans la production une dépense le force profession lité et exemple une profession de la

V sera ou sociale III).

des travailleurs

les rapports de force entre le capital et la classe ouvrière et est l'enjeu d'un affrontement qui n'a cessé depuis les luttes pour la journée de travail de dix heures au XIXe siècle jusd'aujourd'hui pour les 35 heures et la diminu- standardisé

Luttes dont l'enjeu, comme nous essayerons de le montrer dans cet article. est la vie même

I DE LA FORCE DE TRAVAIL

IIIN Examinons tout d'abord les variations de la mortalité au sein de la population masculine de l'Angleterre et du Pays de

Men 1970-72, ce pays étant de tous les pays impérialistes celui qui a la plus grande d'enquête dans ce (b) Le

D'emblée remarquons que mortalité sont importantes entre les diverses «classes sociales» constituées sur la base de la profession et de la position (a). Le taux brut de mortalité différente sociale (a) L'attribution à une «classe sociale» particulière tient compte pour des personnes ayant la même classe du niveau de responsabi- décès du statut hiérarchique (par un contremaître exerçant par classe classe sociale mortalité classé dans la classe est pour les professions supérieures (classe sociale I) de

399 décès pour 100 000 hommes par année augmente régulièrement d'une classe sociale à l'autre et est pour les travailleurs non qualifiés (classe sociale V) de 989 décès pour

100000 (tableau 1). Le taux de mortalité (b)

passe de 77 à 137 soit presqu'une variation du simple au double, et est supérieure à 100

La classification par «classe sociale» se présente ainsi (17):

Professions supérieures

(ex: médecin, juriste)

Professions intermédiaires

(ex : directeur commercial, instituteur)

Travailleurs qualifiés manuels (ex : employés)

nuels (ex : maçon, mineurs, semi-qualifiés

: conducteur de bus,

(ex : concierge, manœuvre)

taux brut (nombre de décès hommes par nées) est un instrument trop grossier pour permettre une comparaison entre des populations dont la structure par clasees d'âge (nombre de personnes ayant entre 0 et 5 ans, 10-15 ans, etc.) est différente.

Le taux standardisé de mortalité

(Standardized Mortality Ratio, SMR)

permet de comparer des populations dont la structure par classe d'âge est

. Le SMR pour une classe x est égal à : (nombre de décès observés dans la classe sociale x / nombre de décès attendus dans la sociale

) 100 nombre de devraient être observés qui dans la classe sociale x si sa mortalité d'âge était identique à la de population de réféla rence; le SMR de la population de référence est égal à 100.

Page 55

Tableau I - MORTALITE PAR CLASSE SOCIALE

(pour les hommes âgés de 15 à 64 ans)

classe sociale nombre de morts

I

399

II

554

III N

580

III M

608

IV

797

V

989

Ensemble

597

FIGURE 1 (1)

Mortalité sel la cause de mort:

mari) âgés de 15-64 ans hommes

Cancers

(118.359 décès)

taux standardisé

150

Troubles mentaux (669 décès)

200 taux standardisé

Maladies du système respiratoire

(34.772 décès)

200taux standardisé

150

100

50

Affections osseuses, musculaires et du tissu conjonctif

(1.390 décès)

taux standardisé de mortalité

(SMR)

77

81

99

106

114

137

100 on la classe sociale et taux standardisés de mortalité des hommes et des femmes mariées (selon la classe sociale du femmes mariées

(3.081 décès)

des sens

(5.590 décès)

digestif

(9.557 décès)

Malformations congénitales

(1.662 décès)

classe sociale

I

II

III N

III M

IV

V

Indice

(3.193 décès)

Maladies endocriniennes et du métabolisme

Maladies du système nerveux et des organes

Maladies du système

Tableau II (1) - MORTALITE PAR CLASSE SOCIALE

(pour les femmes mariées, âgées de 15 à 64 ans, classées d'après la profession du mari)

SMR

82

87

92

115

119

135

100

Maladies infectieuses et parasitaires taux standardisé

- 200

150

100

50

Maladies du sang et des organes hématopoiétiques

(2.136 décès)

50

Maladies du système circulatoire

(163.404 décès)

200 taux standardisé

150

IGO

Maladies du système génito-urinaire

(4.976 décès)

200 xne1

150 standardisé

100

Accidents, empoisonnements et autres morts violentes

(29.683 décès)

Page 56

200 pour les travailleurs manuels qualifiés (IIIM), les travailleurs semi-qualifiés (IV) et les travailleurs non qualifiés (V), ce qui veut dire que ces travailleurs ont une mortalité supérieure à celle de la population prise dans son ensemble. On retrouve aussi une augmentation régulière de la mortalité entre les classes sociales pour diverses causes de mort et plus particulièrement pour les maladies du système respiratoire, les maladies infectueuses, les accidents, les cancers (figure 1 et figure 2). Pour d'autres causes de mort comme par exemple les maladies du système circulatoire (cause de mort principale dans les pays développés) la classe IIIN a une mortalité supérieure à la classe IIIM, mais pour ces causes aussi les classes I et II sont nettement privilégiées. L'infarctus du myocarde n'est pas la maladie des managers ; les taux standardisés de mortalité pour cette cause de mort sont respectivement de I à V : 88, 91, 114, 107, 108 et 111 (2).

De la classe I à la classe V, plus la qualification etlaposition hiérarchique diminue et plus la mortalité augmente. Une valeur plus faible des marchandises nécessaires à la production d'une force de travail moins qualifiée est associée à un taux de mortalité plus élevé. Le capital use d'autant plus la force de travail qu'elle est facilement renouvelable sur le marché ; nous verrons plus loin comment cela se manifeste dans le processus même de la production. Pour l'instant arrêtons-nous à la mise en évidence de cette tendance dans le processus de reproduction de la force de travail où elle se révèle tout aussi crûment.

La mortalité des femmes mariées et des enfants montre, en effet, en fonction de la valeur de la force de travail dont ils as-

FIGURE 2 (1) Mortalité par accidents, des classe sociale, le type et le

Partout Ensemble des - Accidents de la

Partout accidents! circulation?

300 - (16.805 décès) (9.809 décès) 2UU 100

Au travail

300 -(3.245 décès) (767 décès) ala 1 A l'exclusion des suicides et homicides 2 Véhicules à moteur surent la perpétuation sur le marché, les mêmes variations qu'au sein de la population masculine. Ainsi, les femmes mariées, dont 44 % ont cependant un emploi salarié, classées selon la classe sociale de leur mari, ont un taux standardisé de mortalité qui pour les femmes de la classe sociale I à 135 pour celles de la classe sociale V (Tableau II, voir aussi Figure 1). En ce qui concerne les enfants, ces inégalités

SELECTION DES TRAVAILLEURS ET TAUX DE MORTALITE Le capital impose, comme nous venons de le voir, un excès de mortalité aux travailleurs. Pour la période durant laquelle ils vendent leur force de travail, cette surmortalité est maximale pour les classes IV et V avant 35 ans et elle augmente régulièrement avec l'âge pour les classes IIIM et IIIN (Figure 3). ses IIIM et IIIN (Figure 3).

200 ommes agés de 15-64 ans, selon la lieu de l'accident Empoisonnements Chutes Autres? (610 déces) (1.741 décès) (3.307) (16 décès) (604 décès) (1.393) 300

200 100 Autres que les accidents de la circulation, les empoisonnements et les chutes sont encore plus importantes.

La mortalité infantile néonatale

(premier mois de vie) des enfants des travailleurs non qualifiés est le double de celle des enfants des professions supérieures alors que la mortalité post-néonatale (de 1 à 12 mois de vie) est le triple de celle des enfants de la classe sociale I (Tableau III). Les mêmes inégalités se retrouvent aussi entre 1 et 14 ans (tableau IV).

Le capital trouve donc sur le marché des vendeurs de force de travail qui dans leur ensemble présente une surmortalité.

Nous verrons maintenant comment le capital sépare le bon grain de l'ivraie, achetant sur le marché une force de travail qu'il espère vigoureuse et la rejetant après l'avoir usée. Bien que la

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taux standardisé

Page 57

classe sociale

III N

III M

IV

Morts pour 1000 naissance

FIGURE 3 (1)

Mortalité selon la classe sociale et l'âge

15 25 35 45 55 65 âge

" Mortalité de la population masculine pour chaque classe d'âge = 100 mortalité de l'ensemble vailleurs soit supérieure à celle de la population générale, de nombreuses études comparant la mortalité d'une population de travailleurs employés dans une industrie particulière à celle de la population générale ont mis en évidence des taux standardisés de mortalité inférieurs à 100 : par exemple, aux USA 87 entre 40 et 64 ans pour des travailleurs de l'industrie du caoutchouc (3), 82 pour des travailleurs des aciéries (4), 65 pour des employés (5), en Italie 89 pour des mineurs des mines de talc (6), en Finlande 90 pour des travailleurs des fonderies (7), en Grande Bretagne 75,4 pour des travailleurs âgés de 25 à 75 ans et plus exposés au chlorure de vinyl (8-9). La contradiction entre ces chiffres et ceux mentionnés plus haut s'explique par que les travailleurs inclus dans les études particulières ne sont pas représentatifs de l'ensemble des travailleurs et qu'ils ont été

Tableau III (2) - MORTALITE INFANTILE PAR

CLASSE SOCIALE en 1975-76 (Angleterre et

Pays de Galles)

neonatal postneonatal

7 - 4

2 - 8

8 - 1

3 - 0

8 - 5

3-3

9 - 5

4 - 2

10 - 9

5 - 4

14 - 4

8 - 6

HI M

IL (N+M)

sélectionnés. Cet effet de sélecdes tration sur la mortalité est couramment appelé

9-14). Il traduit le fait que pour bonne santé. Le «healthy worker effect» se mesure par la différence entre le taux standarditravailleurs.

cette sélection.

le fait jusqu'à l'âge de la retraite (Fisexe garçons SMR I II IIIN 74/79 95 filles 89|84 93 FIGURE 4 (10) 125100 HEALTHY WORKER EFFEC 2 Age de la retraite en épidémiologie le «healthy worker effect» (5, de 75 ans. obtenir et conserver un emploi les travailleurs doivent être en sé de mortalité de la population générale (par définition 100) et celui d'un groupe particulier de

Les variations du «healthy worker effect» au sein d'une population de travailleurs en fonction de l'âge, appartenance raciale ou cause de mort donnent une première idée de la façon dont le capitalisme opère

Dans un groupe de 6678 travailleurs de l'industrie du caoutchouc âgés de 40 ans et plus en 1964 et suivis pendant dix ans, le taux standardisé de moraugmente régulièrement

Tableau IV (2) - ENFANTS MORTS classés par sexe âge et classe sociale (pour la classe d'âge de 1 à 14 ans)

classe sociale ensem IIIM IV 98 112 162 100 93 120 156 100 Diminution du healthy worker effect avec l'âge chez des travailleurs de l'industrie du caoutchouc

SMR - 98 SMP-B7 95 652 75 âge 1 Décès attendus calculés sur la base des taux de mortalité par classe d'âge de la population masculine des Etats Unis en 1968 gure 4). Le taux est de 81 pour la classe d'âge 40-54 ans, 89 pour les 55-64 ans, 95 pour les 65-74 ans et 113 pour les plus

Nous verrons ci-dessous plus en détail le mécanisme de sélection à l'embauche et au cours des années de travail. Contentons-nous pour l'instant de remarquer que chez ces travailleurs, les plus jeunes sont enproches de la initiale et n'ont pas encore eu le temps de développer la pathologie chronique responsable de l'excès de mortalité cette population (cancers, maladies pulmonaires chroniques)

et que chez les plus âgés cette pathologie se développe de plus en plus; cependant jusqu'à l'âge de la retaite le taux standardisé reste inférieur à 100.

Les fluctuations de la mortalité chez des employés d'une grande compagnie aux Etats-

Unis montrent que le capital ne se résout pas de bonne grâce à cette élévation de la mortalité

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taux standandical

Page 58

avec l'âge. Pour ces employés la mortalité augmente régulièrement jusque vers l'âge de cinquante sept ans, mais diminue ensuite du fait de la mise à la retraite anticipée de ceux qui sont en moins Appartenance raciale

Les divisions leurs sont aussi un terrain sur lequel la sélection se développe. Le «healthy worker effect» est plus important pour les travailleurs noirs que pour les travailleurs blancs dans l'industrie du caoutchouc de l'étude déjà citée (Figure 6). Cela s'explique par le fait que les travailleurs noirs sont comparés à la population noire générale dont le taux est plus élevé que celui de la population blanche et par les critères de sélection plus rigoureux appliqués par aux travailleurs noirs. Cause de mort

Mais ce n'est pas la crainte de voir mourir ses travailleurs qui incite le capital à les sélectionner en fonction de leur taux de mortalité. La façon dont il s'accommode des accident travail mortels nous prouve le contraire (Figure 2). Ce qu'il craint, c'est la baisse de rendede la force de travail causé par la maladie. «healthy worker effect» varie beaucoup en fonction des diverses pathologies.

Chez des charpentiers menuisiers, pour tous les âges, la mortalité par infarctus du myocarde et autres cardiopathies ischémiques est environ 25 % inférieure à celle de la population générale, alors que pour les cancers elle est identique (Figure 7).

Le cancer est une maladie longtemps silencieuse et ses effets ne se font sentir que tardivement; son influence sur la capacité de travail est nulle pendant la majeure partie de son développement et il n'est pas facilement diagnosticable à un stade précoce. A les cardiopathies ischémiques entraînent souvent des symptômes, prémisses d'une diminution de la capacité de travail, et sont alors facilement diagnosticables ce qui

FIGURE 5 (10)

125 г

100

75 bonne santé.

50entre travail-

45

Unis en 1960

FIGURE 6 (10)

travailleurs blancs

125 г travailleurs blancs

100

75 le capital

55

Arrêtons-nous

Bretagne (9).

Sélection à l'embauche par sa comparaison plus longue.

Mortalité d'une population d'employés ICOr 50 55 60 64 age * Rapport de l'espérance de vie des employés, 1959-63, à celle de la population masculine des Etats La sélection est plus importante pour tes classes les travailleurs noirs que pour les travailleurs noirs se retrouve 65 d'emploi de sélectionner aisément les traun peu plus en détail sur la façon dont le capital opère une sélection à l'embauche puis au cours des années de travail. Examinons pour ce faire la mortalité de 7000 travailleurs exposés au chlorure de vinyl (d) durant la période 1940-74 en Grande

La mesure de la sélection à l'embauche est donnée par la dardisé de mortalité immédiatement après l'embauche et taux pour une durée d'emploi

Le tableau V donne les taux standardisés pour les différen(d) Le chlorure de vinyl est utilisé pour la fabrication du polychlorure de vinyl (PCV) dans l'industrie des plastiques. Le chlorure de vinyl est un carcinogène causant des canfoie (cancers normalement peu fréquents; pour les 7000 tracas de cancer du foie ont été trou-

FIGURE 7 (10) Le healthy worker effect varie selon la cause de mort Cancers Ensemble des causes Cardiopathies ischémiques 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 age 1 Source: Milham S. DHEW Publication No. (NIOSH) 74-129 1974. de la durée de l'emploi. Le taux continuellement de 37,4 pour les travailleurs embauchés depuis moins de 4 ans à 94,2 pour ceux qui ont été embauchés il y a plus de 15 ans. tion de la durée d'embauche pour toutes les classes d'âge. Pour la durée

0-4 ans qui donne précisement la mesure de la sélection à l'embauche, la sélec-

Best plus travailleurs âgés que pour les travailleurs jeunes; plus travailleur est âgé et plus il doit être en meilleure santé que ses contemporains pour pouvoir trouver un emploi.

Le tableau VI donne une idée de la sélection en des diverses pathologies. Pour les les maladies latoires et les maladies respirala mortalité augmente avec la durée d'embauche. L'effet sélectif est le plus important et le plus durable pour les maladies respiratoires dont le taux est toujours inférieur à celui de l'ensemble des causes. Pour les maladies circulatoires, sélectif, évident à l'embauche, est moins durable. Pour les cancers, le taux est toujours supérieur à celui de l'ensemble des causes, la sélection est négligeaSélection au cours des années

La sélection au cours des années de travail est plus difficile à mesurer que la sélection à l'embauche car une population de travailleurs est sans ces-

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proportionnelle mortalité proportionnelle'

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Groupe d'âge

0 - 4 ans

45,2

25 - 44

36,9

45 - 54

55-64

32,0

65 - 74

23,1

Total

(y compris es plus de

37,4

75 ans)

Maladie ayant provoqué le décès

0- 4 ans

Toutes

37,4 maladies

Toutes formes de

44,5 cancer

Maladies

21,5 circulatoires

Maladies

20,9 respiratoires

Groupe d'âge

25-44

45-54

55-64

65-74

Plus de 75 ans

Total

Tableau V (9) - TAUX DE MORTALITE PAR CLASSE SOCIALE d'après l'âge et depuis la date d'entrée dans l'industrie

Périodes passées dans l'industrie

5 - 9 ans

10 - 14 ans

73,4

57,3

78,7

70,5

51,4

99,0

29,8

75,8

62,9

75,1

Tableau VI (9) - TAUX DE MORTALITE PAR CLASSE SOCIALE par maladie et depuis la date d'entrée dans l'industrie

Périodes passées dans l'Industrie

5 - 9 ans

10 - 14 ans

62,9

75,1

70,6

94,0

70,3

84,7

38,8

31,3

Tableau VII (9) - TAUX DE MORTALITE PAR CLASSE SOCIALE par classe d'âge pour des travailleurs actuellement employés ou ayant quitté leur emploi, 15 ans après la date d'entrée

Actuellement en emploi

49

58

64

97

139

74,0

Total

Plus de 15 ans

104,7

62,2

73,7

65,4 sélection au

91,9

79,3

112,2

95,7

94,2

75,4

Total

Plus de 15 pathologies les maladies ans

94,2

75,4

111,8

90,7

90,7

76,9

93,0

62.6 et la durée de

Ayant quitté l'industrie

181

95

120

123

70

108,4 se modifiée par des arrivées et des départs. Certains de qui partent le font pour des raisons de santé et ceux qui arrivent ont un taux standardisé de mortalité réduit à cause de la sélection à l'embauche. On peut estimer qu'après 15 l'effet de l'embauche est devenu faible; on peut ainsi mesurer l'effet de cours des années de travail en comparant, pour la population qui a survécu 15 ans après son embauche, talité de ceux qui ont quitté l'industrie avec celle de ceux qui y sont toujours employés.

Le tableau VII montre que pour ceux qui sont toujours employés le taux est de 74 alors qu'il est de 108,4 pour ceux qui ont quitté. Cette sélection touche plus particulièrement les travailleurs de la classe d'âge 25-44 ans; 181 pour ceux qui ont quitté comparé à 49 pour ceux qui sont toujours em-

Le tableau VIII montre que la sélection au cours des années de travail porte sur toutes les mais surtout sur respiratoires et les cancers pulmonaires.

Le capital use les travailleurs dans le processus de production (le taux standardisé de mortalité augmente avec la durée d'emploi) et les rejette ensuite (le taux de ceux qui ont quitté est supérieur à 100) pour les remplacer par d'autres plus vigoureux (sélection à l'embau-

Dans ce mouvement le capital ne prend en compte la santé vie des travailleurs que dans la mesure où il doit s'assurer de trouver sur le marché une force ouvrière nouvelle pour remplacer celle qu'il a usée. L'importance du remplacement, de la sélection l'embauche et au cours des années de travail, dépendant, son tour, de la situation sur le marché de l'emploi.

Ainsi aux Etats-Unis la mortalité des chômeurs âgés de 3564 ans et ayant été sans emploi durant toute la période 1950-60 est la plus élevée de celles des autres couches de la population de même âge, sexe et ap-

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partenance raciale (Tableau IX).

Le tableau IX donne par ailleurs pour les Etats-Unis une image des inégalités de mortalité tout à fait comparable à celle que nous avons vue ci-dessus pour l'Angleterre et le Pays de Galles (la population de référence étant ici les agriculteurs plutôt que la population générale). QUELQUES POINTS REPERES HISTORIQUES

Dans sa volonté d'user sans retenue la force de travail, le capital se heurte à des limites morales et historiques.

En 1861, le rapport du Registrar General notait : «Les hommes du West Riding sont devenus les fabricants de drap de l'humanité entière... La santé du peuple des travailleurs a été sacrifiée et quelques générations auraient suffi pour faire dégénérer la race, s'il ne s'était pas opéré une réaction. Les heures de travail des enfants ont été limitées, etc.» (16).

L'évolution de la mortalité depuis cette époque est le reflet de ces limites morales et historiques que la société a opposé au capital.

En chiffre absolu, la diminution de la mortalité a été importante. Par exemple en Angleterre l'espérance de vie des hommes à la naissance était en 1876-80 de 41,9 ans (17) elle était en 1973 de 69,1 ans (18). Cela donne la mesure de la diminution de l'usure absolue de la force de travail que les travailleurs ont réussi à arracher au capital. Mais le maintien de différences importantes à chaque époque révèle combien, dans des conditions historiques données, le capital s'est efforcé d'user au maximum la force de travail.

Pour la seconde moitié du XIXe siècle, on dispose de quelques données, comme le montre le tableau X , permettant de comparer pour les hommes l'espérance de vie en fonction de l'âge de l'ensemble de la population (colonne 1), de ceux qui résident dans les ayant la mortalité la plus basse (c. 2), des classes sociales supérieures (c. 3) et de la noblesse

Maladies

Toutes formes de cancer

Cancer du poumon

Maladies circulatoires

DE

Maladies respiratoires

Ensemble

Profession

- Agriculteurs (fermiers)

et détenteurs de capitaux agricoles et des mineurs)

- Sans emploi depuis 1950

Age

0

10

20

30 données spécifiques pour l'espé-

63 districts ses sociales supérieures et de la

Tableau VIII (9) - TAUX DE MORTALITE PAR CLASSE SOCIALE par maladie pour des travailleurs actuellement employés ou ayant quitté leur emploi, 15 ans après la date d'entrée

Actuellement en emploi

89

50

75

63

74,0

Tableau IX (15) - TAUX DE MORTALITE PAR PROFESSION pour les hommes blancs âgés de 35 à 64 ans aux Etats-Unis

- Cadres supérieurs, hauts fonctionnaires

- Artisans, contremaitres, etc.

- Employés de bureau et du commerce

- Ouvriers (à l'exception des ouvriers

- Conducteurs d'engins et assimilés

- Services (y compris domestiques)

- Profession non mentionnées

Tableau X (17) - ESPERANCE DE VIE DES INDIVIDUS MALES au cours du 19e siècle

En Angleterre et au Pays de Galles

Statistiques

District sanitaire de Farr en Angleterre

(1849 - 53)

(1876 - 80)

41,9

48,6

51,5

54,4

48,2

51,3

39,9

43,4

32,5

36,5 noblesse

(c. 4), (on ne dispose pas de rance de vie des travailleurs).

L'espérance de vie était plus tricts.

faible à la naissance qu'à l'âge de 5 ans pour les 4 populations mais cette différence diminue de la population 1 à la populad'inégalités tion 4 et est respectivement de

9,6, 5,8, 3,9 et 1,2 ans. D'autre part, l'espérance de vie des clas-

Ayant quitté l'industrie

130

156

101

111

108,4

Taux de mortalité

(agriculteurs : 100)

1,48

1,00

1,24

1,37

1.47

1,57

1,60

1,64

1,71

1,67

2,91

Classes sociales Noblesse de

Bailey supérieurs et Day d'Ansell

(1800-55)

(1800-70)

51,2

52,0

55,1

53,2

50,6

49,0

42,8

41,5

35,4

35,5 qui réside surtout dans les 63 districts est encore plus grande que celle des 63 dis-

La classification anglaise en

«classes sociales» existe depuis

1911. Depuis lors la présence de mortalité fonction de la classe sociale a chaque fois été confirmée (tableau XI). Pour 1921-23, 1930-

32, 1959-63 et 1970-72 la mor-

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talité augmente régulièrement de la classe I à la classe V. Pour les autres périodes la classe V est défavorisée mais l'augmentation régulière de I à V ne se retrouve pas parfaitement en 1910-12 ou pas du tout en 1949-53.

La comparaison est cependant rendue difficile en raison des modifications dans la composition et la grandeur de chacune des classes sociales pour les différentes années d'étude. Par exemple en 1911 les mineurs, les travailleurs du textile et les agriculteurs étaient classés séparément; en 1931 un demi-million d'employés ont été transférés de la classe II à la classe III (17); depuis 1959-63 et suite aux résultats de 1949-53 qui étaient dus à des changements profonds dans la distribution de la population entre les différentes classes (1), l'attribution à une classe sociale déterminée aussi selon le statut hiérarchique (a).

Ces modifications empê chent de faire des comparaisons très précises sur l'évolution de la mortalité pour de longues périodes.

Néanmoins si pour les trois périodes de l'après-guerre, on utilise des critères de classifications identiques (ceux de 1949-53), le rapport de la mortalité de la classe V à celle de la classe I reste du même ordre de grandeur, les inégalités ne se sont pas réduites depuis 1951 (Figure 8).

Pour certaines maladies, comme par exemple la tuberculose pulmonaire, le rapport des mortalités a même considérablement augmenté alors que cette période est celle de la découverte de traitements efficaces contre cette affection (Figure 9). La {a) Le CMF (Comparative Mortality

Figure) est une standardisation dont le but est identique à celui de SMR (b), Le CMF pour une classe sociale x est égal à : (nombre de décès attendus dans la population de référence/nombre de décès observés dans la population de référence) 100, nombre de décès attendus égal nombre de décès qui devraient étre observés dans la population de référence si sa mortalité par classe d'âge était identique à la mortalité de la classe sociale x; le CMF de la population de référence est égal à 100.

- TAUX DE MORTALITE DES HOMMES PAR

Tableau XI (1)

CLASSE SOCIALE de 1911 à 1971 (1)

Période

Classe sociale concernée (2)

I

II

III

IV

V

88

94

96

93

142

1910-12 (2)

95

101

125

1921-23 (2)

82

94

1930-32 (3)

90

94

97

102

111

98

118

1949-53 (3)

86

101

94

1959-63 (3)

76

81

100

103

143

77

104

137

1970-72 (3)

81

114

(1) Les chiffres concernent généralement les hommes âgés de

15-20 ans à 64-65 ans sont tels que nous les publions, compte non-tenu des classifications ou d'autres variations.

(2) Voir note e)

(3) Taux de mortalité standardisé

FIGURE 8 (1)

Evolution de la mortalité selon la classe sociale,

1951-71: hommes agés de

15-64 ans

150 taux de mortalité'

1961

19512

1931

1971

* Les de ses 1 et en ur-

1911

195 res classes lisant les critères de classification de 1950

2 Taux de 1951 corrigés pour les erreurs conceret nants les directeurs les changements dans la classe IV

3 Taux standardisé pour

100.000 vivants âgés de

15-64 ans, référence:

population masculine

1970-72

(1)

FIGURE 9

Evolution de la mortalité par tuberculose pulmonaire selon la classe sociale, 1921-71:

hommes agés de 25-64 ans

11971

1951

1961

5000 -

10000-

1000-

5000-

1000-

100i (c)

500-

50-

10-

01-

1921 1931

05-

1 Taux standardisé pour 100.000 hommes, référence: population masculine 1971

1921 1931

1951 1961 1971

----- photo credits and running heads -----

taux de

Page 62

mortalité par tuberculose pulmonaire était en 1951 de 39 décès pour 100000 pour la classe I et 92 décès pour 100000 pour la classe V. En 1971, on avait respectivement 0,8 et 8,4 décès pour 100000. En 1951, la mortalité de la classe V était deux fois celle de la classe I, en 1971 elle est dix fois celle de la

L'évolution • de la mortalité infantile (première année vie) depuis 1911 est donnée par la figure 10.

Depuis 1951, le rapport de la mortalité de la classe V à celle de la classe I est resté inchangé (2). En 1971, comme en 1951, la mortalité de la classe V est plus du double de celle de la classe I.

FIGURE 10 (1) Evolution de la mortalité infantile selon la classe sociale, 1911-71 160140120 mortalité infantile'

601931 1951 • Décès pour 1.000 naissances vivantes CRISE ET TAUX DE MORTALITE

Après avoir donné quelques éléments de la situation à différentes époques, maintenant d'apprécier les conséquences sur la mortalité des attaques du capital contre les travailleurs durant les périodes de crise et de modification du rapport de force entre les classes.

Prenons comme exemple d'une telle période la crise des années 30 en Angleterre et au Pays de Galles. qu'au cours de cette période la valeur des actions industrielles si l'on donne l'index 100 à l'année 1928, atteignit en 1932 l'index 59 pendant que la valeur de sonnes des deux sexes âgées de

5 à. 25 ans pour l'ensemble de l'Angleterre et du Pays de comtés (g) dans lesquelles la

Dans l'ensemble de l'Angleterre et du Pays de Galles

Chômage

Mortalité

Dans les 83 villes comté

Chômage

Mortalité

- (c)

taux de mortalité respectifs des

Groupes essayons

(f) Le rhumatisme articulaire aigu est qui peut se présenter tout d'abord sous la forme d'une angine. Il peut

Rappelons atteindre la peau, le cœur, les articuaujourd'hui une affection rare. Le aigu pour évaluer l'effet d'une crise sur la mortalité durant les années 30 nette des exportations baissa à

50. Le chômage qui touchait pour la décennie 1920-29 une moyenne de 10,7 % de la population assurée atteignit en 1932 le chiffre de 22,1 %, le niveau de la décennie 1920-29 n'étant atteint à nouveau qu'en 1937.

Le tableau XII compare la mortalité par maladie cardiaque rhumatismale (f) chez des per-

Galles avec celle des 83 villes

Tableau XII (19) - EVOLUTION

ET DE LA MORTALITE PAR de 1921 à 1938

1921-3 1924-6 1927-9

1930-2

14,1

10,4

10,4

20,0

18,4

16,5

16,6

16,3

11,4

22,3

20,7

18,8

18,9

19,0

Le tableau XIII compare les

83 villes

Tableau XIII (19) - CHOMAGE (C) ET MORTALITE (M) PAR

MALADIE CARDIAQUE dans les 83 villes comtés

(classées en 10 groupes) de 1927 à 1938

1927-29

1930-32

M

C

C

M

C

24,3

23,9

20,1

41,6

41,8

13,6

19,3

34,0

19,0

29,5

31,3

13,7

21,1

20,0

22,1

14,5

21,9

25,9

22,1

24,3

11,1

21,1

22,1

19,1

15,0

9,7

17,1

18.1

17,9

16,8

17,5

17,7

19,1

10,2

14,3

11,0

18.1

16.8

16,4

16,0

6,3

16,7

14,5

17,2

8,9

4,3

11,9

8.8

10,7

8,9 une affection qui est une comd'une maladie infectueuse nerveux. C'est

75000 habitants.

crise a réduit encore plus qu'ailleurs les travailleurs au chômage.

Alors que pour l'ensemble du pays la mortalité par maladie cardiaque des jeunes de 5-25 ans des deux sexes passe de

18,4 décès pour 100000 personnes en 1921-23 à 14,2 en 1936-

38 avec un déclin assez régulier, dans les villes plus touchées par le chômage, ce taux passe de

20,7 à 17,8 avec une augmentation en 1930-32 et 1933-35. De

1921-23 à 1936-38 l'écart s'est donc creusé en défaveur de la population qui a subi le plus fortement les modifications de la situation économique.

COMPAREE DU CHOMAGE

MALADIE CARDIAQUE

1933-5

1936-8

10,0

17,4

14,2

16,4

18,4

13,2

19,2

17,8 comtés classées en 10 groupes (A à J) en fonction de

1933-35

1936-38

M

M

20,7

30,2

24,2

22,5

21,1

22.0

23,0

14,8

21,0

23.2

18,6

20,9

22,1

11,5

18,6

18.9

12,0

17,1

16,8

9,6

15,1

15,3

11,8

12,7

6,2

15,7

16,0

9,2

8,1

9,9 est justifié par le fait qu'à cette époque l'association forte mortalité par maladie cardiaque rhumatismale était établie (19-21).

(g) Les 83 villes comtés (county boroughs) sont des structures administratives de l'Angleterre et du Pays de Galles, distinctes des 62 comtés;

presque toujours

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l'importance décroissante des variations de chômage au cours de cette période (h).

Dans les villes du groupe A déjà en 1927-29, plus de 20 % des travailleurs étaient chômeurs. Durant la crise, ce taux s'élèvera à plus de 40 % et en 1936-38 est encore de 30 %. Pour ce groupe la mortalité reste de 1930 à 1938 toujours plus élevée que la mortalité générale et l'accroissement final est supérieur à celui de tous les autres

Les groupes B, C et D ont un taux de chômage d'environ 14 % en 1927-29. B a été très touché par la crise ainsi que C, alors que D l'a moins été. Seul C a en 1936-38 à peu près un niveau de chômage identique à celui de 1927-29.

La mortalité pour le groupe B montre tout d'abord une légère baisse puis un accroissement considérable en 1933-35, et peu d'amélioration par la suite. C, avec un taux plus élevé que B en 1927-29 présente une augmentation dans les six années ultérieures et une diminution en 1936-38. D qui avait de tous les groupes le taux initial le plus élevé est pourtant le seul des quatre premiers groupes à atteindre un taux plus faible en 1936-38 qu'en 1927-29.

Pour les groupes E, F, et H, le chômage avant la crise attelgnait approximativement 10 %. En 1933-35, pour E, le chômage a déjà régressé. Durant toute la période, il n'y a pas de grande différence entre les fluctuations de chômage de ces quatre grou(h) Critères de classification des 83 les groupes A à J (19) : Groupt Over 3u°, uneiployment throughout the twelve years. 8 to 20% unemployment in 1u27-20. D F 0 to 8%

I et J ont moins été touchés par la crise et leur taux de mortalité varie moins.

En 1930-32, années d'intensité maximale de la crise, le niveau atteint par le taux de mortalité dans chacun des groupes ne s'ordonne pas selon un schéma précis. Par contre, dès 1933-35 une tendance se dégage et s'affirme en 1936-38 : le taux de mortalité dépend de l'intensité de la crise.

Le taux de mortalité de 1936-38 (dans un ordre décroissant ABCDEFIGHJ) ne correspond pas à l'ordre décroissant de mortalité en 1927-29 (DEA CBHGFIJ). Il ne correspond pas plus au niveau de chômage en 1927-29 (ADCBEHGFIJ) ou

(ABDCFHEGIJ). Ce qui détermine le niveau de la mortalité en 1936-38, c'est le niveau atteint par la crise en nombre de chômeurs et en durée de chômage (ABCDEFG

En résumé : de 1927-29 à 1936-38, le taux de mortalité par cardiopathie rhumatismale diminue pour l'Angleterre et le Pays de Galles de 16,6 décès pour 100000 personnes à 14,2.

Pour l'ensemble des 83 villes comtés, le taux diminue de 18,9 à 17,8 après être monté à 19,2 en 1933-35.

Et là où l'attaque du capital a été la plus violente, le taux augmente et atteint 24,2 pour A, 22 pour B et 21 pour C.

On mesurera encore mieux le degré de surmortalité imposé à cette époque par l'attaque du capital à des jeunes de 5 à 25 ans en précisant que depuis le villes comtés dans I'NEMPLOYMENT EXPEMTENCE

Kise 15% und over 11:41 -32 and 19:3 35 103335. 1030-82 und und 7-12 -92 and 1933- -35. 1930 82 and 1933-85 32 and FF 1093 and 1993 -36. -92 und = = H3U 32 and 0- 1033 35.

début du siècle le rhumatisme juvénile était une maladie dont la sévérité était en déclin. En 1930, Glover (21) en parle comme d'une maladie en voie de tomber en désuétude et Bach (22) rapporte que de 1924 à 1935, la fréquence de maladie cardiaque a diminué de 2/3 chez les écoliers londoniens.

Lorsque le capital réussi à imposer une modification importante du rapport de force à la classe ouvrière, une maladie dont la virulence et la fréquendevient cependant plus meurtrière dans les villes à forte densité ouvrière (ce ne sont pas seulement les taux qui ont augmenté; il y a eu augmentation absolue du nombre des décès).

Dès 1939, avec un retard de plusieurs années par rapport à la reprise économique et à la diminution du chômage qui ont précédé la guerre, la mortalité par maladie cardiaque rhumatismale a repris son déclin, confirmant bien la responsabilité du capital pour l'excès de mortalité durant la crise (23).

(24-26) et Eyer (27-28) ont eux étudié, principalement aux Etats-Unis et sur de longues périodes, l'association entre le taux de chômage ainsi que d'autres indices économiques et le taux de mortalité de l'ensemble de la population.

Brenner met en évidence une association, de latence de 2 à 3 ans, entre augmentation du chômage et croissance de la mortalité par maladies cardiaques (24). Utilisant un modèle combinant le produit national brut par habitant, le taux de chômage et les variations de l'indice des prix à la consommation, il conclut que la tendance à la baisse du taux de mortalité à long terme est associée à la croissance du produit national brut alors que les phases d'interruption de cette tendance et d'augmentation de la mortalité dépendent de l'augmentation du chômage et en partie de l'inflation (25).

Eyer, au contraire, conclut à l'augmentation, sans temps de de la mortalité durant les périodes de boom économique et de sa diminution pendant les crises.

----- photo credits and running heads -----

193-00

Page 64

Ces travaux souffrent cependant d'une faiblesse méthodologique qui diminue l'intérêt de leurs conclusions : ils ne s'intéressent qu'à l'établissement d'une corrélation entre indices économiques généraux et mortalité de l'ensemble de la population; l'effet réel des crises pour ceux qui en sont frappés n'est pas mis en évidence et seul est pris en compte l'effet pour l'ensemble de la population, toutes classes confondues.

Bien qu'il ait le mérite de souligner que de les phases boom économique en régime capitaliste sont aussi certainement source de mortalité, Eyer est cependant entraîné zèle lorsqu'il veut étayer cette affirmation sous-estimant l'effet des crises.

Mais surtout une durée de latence entre les modifications économiques et leur traduction en taux de mortalité mesurée en semaines ou en mois comme le soutient Eyer est beaucoup moins vraisemblable que mesurée en années (19, 29). Les conclusions de Brenner s'en trouvent renforcées d'autant. Une nouvelle version de son modèle

(1) " Registrar General's decennial supplement for mortality. HMSO, London, 1978

(2) Morris J.N.

(2) Morris J.N. «Social inequalities undiminished.»

Lancet 1979, i : 87-90

(3) MeMichael A.J. Spirtas R. Kupper L.L. «An epidemiologic study of mortality within a cohort of rubber workers, 1964-72. JOM 1974, 16 : 458-464

(4) Lloyd J.W. Ciocco A. «Long-term mortality study steelworkers, I. Methodology.» JOM 1969, steelworkers,

11: 299-310

(5) Mc Michael A J. Haynes S G. Tyroler HA. «Obserthe evaluation of occupational mortality vation data» JOM 1975, 17: 128-131

(6)

Rubino G F. Scansetti Q. Piolatto G. Romano C A

«Mortality study of tale miners and millers.» JOM

1976, 18: 186-193

(7) Koskela R S. Hernberg S. Kärävä R. Järviner

E. Nurminen M. « A mortality study of foundry workers». Scand. J. Work Environ, and Health 1976

Fox A J. Collier P F. «Mortality experience of workers exposed to vinyl chloride monomer in the manufacture of polyvinyl chloride in Great Britain.»,

Brit. J. Indust. Med. 1977, 34: 1-10

(9) Fox A J. Collier P F. «Low mortality rates in industrial cohort studies due to selection for work and the industry», Brit. J. Prev. Soc. Med.

(10)McMichael A J. «Standardized mortality ratios and the "Healthy worker effect': Scratching beneath the surface», JOM 1976, 18 : 165-168

(11)Goldsmith H R. «What do we expect from an occupational cohort ?», JOM 1975, 17 : 126-127

(12)Enterline P E. «Not uniformly true for each cause of death», JOM 1975, 17 : 127-128

(13)Gaffey W R. «Cause-specific mortality», JOM 1975,

(14)Gaffey W R. «A critic of the standardized mortality ratio», JOM 1976, 18: 157-160 appliquée à l'analyse de la mortalité en Angleterre et au Pays de Galles pour la période 1936-76 confirme que la tendance à la diminution de la mortalité à long terme est stoppée durant les périodes d'augmentation du chômage et dans une plus faible mesure durant celles de croissance économique rapide faisant suite à une récession (26). Pour Brenner, cette évolution de la mortalité de la population dans son ensemble durant les crises résulte de l'augmentation de la mortalité des couches sociales les plus frappées par la récession et done de l'accentuation des différences de mortalité entre les classes sociales. Malheureusement, sa méthode, cenl'élaboration d'un modèle général, ne donne pas une image précise du renforcement de ces inégalités.

Le capital impose aux tramême dans les pays impérialistes, une usure supérieure à celle qui, pour un état donné de développement des forces productives, résulte de l'âge et d'autres causes naturelles de dépérissement. Que cela soit démontré pour un pays 1970-72, Occupational

Cambridge, Mass., 1973, York, 1978, p. 83 se». 85.87 Lancet, 1930, i : 499-505 (24) Brenner H. «Economic comme le Royaume Uni où le service national de santé fonctionne depuis 1948 porte un nouveau coup à l'illusion réformiste de pouvoir réellement diminuer ces inégalités dans le cadre du système.

A l'heure où le capital mène une offensive générale d'austérité contre les travailleurs, la perspective d'en finir avec ces inégalités, avec l'usure à mort de la force ouvrière se confond avec la lutte contre l'austérité, contre la logique capitaliste et pour le socialisme.

Le faible taux de décès de la classe sociale I n'est que le pâle reflet du niveau auquel la libération des forces productives de la tutelle capitaliste permettrait de faire régresser la mortalité. Débarrassés des causes de mort produites par l'anarchie capitaliste et ayant libéré les ressources nécessaires pour affronter les maladies contre lesquelles ils sont actuellement encore puissants, dans une société où ils auront pris leur destin en mains, les hommes auront aussi changé leur rapport à leur fardeau de maladies, de souffrances et de mort.

(15) Kitagawa E M. Hauser P M. «Differential mortality

States», Harvard University Press.

(16) «Report of the Registrar General of birth, deaths ind marriages in England for October 1861». eit par Marx, Le Capital, Editions Sociales, tome I, note

(17)Leete R. Fox J. «Registrar General's social classes :

origins and uses» Population Trends, 1977, 8 :1-7 statistique 1977, New-

(19)Morris J N. Titmuss R M. «Health and social chande: I - The recent history of Rheumatic heart disea-

The Medical Officer, 1944, 72 : 69-71; 77-79;

(20)Morris J N. Titmuss R M. «Epidemiology of juvenile rheumatism», Lancet, 1942, ii : 59-63

(21)Glover J A. «The incidence of acute rheumatism»

(22) Bach F. Hill N G. Preston T W. Thoraton C E.

Ann: Rheum, Dis., 1939, I : 210-241

(23)Glover J A. «War-time decline of acute rheumatism», Lancet, 1943, ii : 51-52 changes and heart disease mortality», Amer. J. Publ. Hith., 1971, 61 : 606-

(25) Brenner H. «Health cost and benefits of economic policy», Int. J. of Health Services, 1977, 7: 581-

(26) Brenner H. «Mortality and the national economy.

A review and the experience of England and Wales, 1936-76», Lancet, 1979, ii : 568-573

(27)Eyer J. «Prosperity as a cause of death», Int. J.

of Health Services, 1977, 7: 125-150

(28)Eyer J. «Does unemployment cause the death rate peak in each busines cycle ? A multifactor model of death rate change», Int. J. of Health Services, 1977,

(29) «Does unemployment kill ?», Lancet, 1979, i : 708-

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