A la fin de la semaine passée et au début de celle-ci, plus de | ment Suarez, en boycotant la solidarité avec Euskadi. Le PCE,
ESPAGNE pour les libertés, tous avec Euskadi !
800 000 travailleurs d'Euskadi étaient en grève. Plusieurs centaines de milliers d'entre eux ont participé à des assemblées, des rassemblements et des manifestations. C'est ainsi que tout un peuple a protesté contre les crimes de la monarchie et exprimé sa ferme volonté de lutter et de continuer à lutter pour les libertés. Que veut le peupie basque ? La police (antiémeute et garde civile) a attaqué durement. A Renteria elle a assassiné Rafael Gomez Jauregui et il y a eu de nombreux blessés par balles. Une vague d'indignation a parcouru toute l'Euskadi. La grève s'est étendue rapidement et il y eut d'autres affrontements avec les forces répressives. Celles-ci ont de nouveau tiré, blessé et tué. Le combat pour l'amnistie s'est transformé en une lutte pour la dissolution des corps de répression, pour le plein exercice des libertés, pour que l'on établisse les responsabilités, en une grève générale politique contre le gouvernement de la monarchie, contre la "démocratie" de Suarez et Martin Villa. Et le peuple basque n'était pas seul. De Barcelone, Vigo, Salamanca, Valance, Madrid et de bien d'autres endroits encore est montée la colère. Il y a eu des grèves et des manifestations. Les possibilités d'étendre la lutte d'Euskadi étaient données. La solidarité avec le peuple basque pour lutter avec lui sur ses objectifs était nécessaire. Cette extension de la lutte à tout l'Etat espagnol pouvait déboucher sur un processus amenant à la grève générale qui aurait mis l'amnistie totale et les libertés à portée de la main. Les responsabilités du PCE Mais le PCE et le courant majoritaire des Commissions ouvrières, à qui incombait une grande responsabilité dans cette extension, se sont encore une fois portés à l'aide du gouverne-
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Déclaration
du Bureau politique
de la LCR
le PSUC (le PC en Catalogne, NdIR), la Coordination générale des Commissions ouvrières, ont réuni leurs efforts pour démobiliser et réduire la solidarité avec le peuple basque à une pure protestation verbale. C'est là la cause principale qui a fait que le gouvernement Suarez reste debout, que Martin Villa conserve la responsabilité des corps de répression assassins, que le gouvernement continue à faire attendre l'amnistie à sa guise. Pendant toutes ces journées, le PC a répété à satiété : "Puisque nous voulons des élections libres et dans la paix, nous ne pouvons pas appeler à la mobilisation en solidarité avec Euskadi". Nous voulons des élections libres, mais celles-ci le sont-elles? N'y a-t-il pas eu tout le peuple d'Euskadi en lutte pour l'amnistie et contre le gouvernement pour démontrer que ces élections ne sont précisément pas libres ? L'attitude de la direction du PCE s'affronte ouvertement à la liberté pour laquelle combat le peuple. II prétend que les "élections Suarez" , la "liberté Suarez", la "démocratie retaillée Suarez" ', I' "Etat fort de la monarchie" seraient acceptés par les travailleurs et le peuple comme un cadre de liberté. La solidarité avec Euskadi menaçait de tout jeter à terre, menaçait de transformer la solidarité en bataille politique contre ces élections, pour des élections libres; voilà pourquoi le PCE l'a boycotée. Quiconque défend la démocratie en la basant sur le "Pacte constitutionnel" avec la bourgeoisie et le gouvernement, "pour éviter le progrès de la droite" , comme il l'affirme, finit pas se mettre sur le même terrain que le gouvernement face aux aspirations et aux mobilisations des travailleurs et du peuple; voilà le prix que les organisations réformistes, le PCE et le PSOE, paient pour leur politique d'accords avec la bourgeoisie. Mais la collaboration avec la bourgeoisie, les tergiversations à l'égard de Suarez et de la monarchie, ne conduisent absolument pas à la démocratie. Lors de toutes les mobilisations des derniers mois, celles de l'Aberri Eguna (journée nationale basque, NdIR), celles du 2 mai, et celles qui se déroulent à présent en Euskadi, le gouvernement et les corps répressifs ont clairement démontré ce qu'ils entendent par "liberté" . Leur réforme a pour but de consolider un "Etat fort" dans lequel ils essaieront de canaliser le mouvement
ESPAGNE ouvrier et populaire vers des voies parlementaires, dans lequel ils essaieront de négocier avec les organisations réformistes un "pacte social" qui permettrait de sauver le capitalisme, mais dans lequel, à l'aide de la répression, ils essaieront de limiter au maximum l'activité des travailleurs dans les entreprises, les quartiers, les champs et dans la rue.. Lorsqu'il agita le fantasme du "coup d'Etat", le PCE affirma que la "déstabilisation" du processus électoral ne pouvait aider que la droite. Mais un danger de coup d'Etat - qui est d'ailleurs irréel dans les conditions d'aujourd'hui - ne se combat pas à l'aide de concessions et de démobilisations. Salvador Allende agit ainsi au Chili pour éviter que Pinochet n'arrive au pouvoir, et Pinochet fit son coup d'Etat avec toute son armée. La meilleure arme pour combattre ce prétendu danger, c'est impulser la lutte pour le démantèlement total des institutions répressives héritées du franquisme, pour la dissolution des corps répressifs, pour l'élimination des couches supérieures fascistes de la hiérarchie militaire. C'est surtout doter le mouvement de masse d'une capacité de riposte résolue et efficace contre toute intention de coup d'Etat militaire à travers son organisation et sa mobilisation, renforçant sa capacité d'autodéfense, suivant l'exemple d'Euskadi. Si la "déstabilisation" de la réforme Suarez est accompagnée d'une unité, combativité et organisation plus grandes des travailleurs, si on offre un programme de lutte clair à tous les secteurs exploités et opprimés de la population, cette "déstabilisation" ne pourra guère profiter à la droite. La "déstabilisation" de la dictature franquiste grâce à l'extension de la lutte des masses a conduità l'"ouverture" et à la réforme. La "déstabilisation" du gouvernement Arias-Fraga, à travers les luttes de Madrid, de Vitoria et d'Euskadi, a conduit à la réforme Suarez et à d'importantes conquêtes pour le mouvement ouvrier. La grève générale contre Suarez pourrait conduire à la conquête de toutes les libertés. Non à la trêve électorale La lutte pour l'amnistie totale, pour toutes les libertés, ne permet pas de répit; ce que nous pouvons attendre du 15 juin, ce ne sont pas des élections libres : ce ne sont pas des élections constituantes, la loi favorise ouvertement les formations bourgeoises, les principaux moyens de communication - télévion, radio, presse officielle - sont sous le contrôle exclusif de l'appareil gouvernemental, les futures Cortes verront dans tous les cas leurs possibilités limitées pour n'importe quelle réforme constitutionnelle importante qui devra passer par tout un labyrinthe légal entre les deux Chambres. Dans la propagande électorale, on ne pourra même pas aborder des thèmes comme la monarchie, "l'unité nationale" ', l'armée, etc. On ne peut rien espérer de ces élections. Ceux qui essaient de centrer toute l'attention des travailleurs sur les élections, au dépens de leur mobilisation, tombent dans des illusions niées par l'expérience quotidienne des derniers mois.
Pour nous, la participation à la campagne électorale de la part des partis ouvriers doit offrir l'occasion d'impulser la lutte pour les libertés, de proposer à des millions et des millions de travailleurs un programme avec des objectifs clairs et le moyen de les atteindre. Une campagne qui organise la lutte contre ces élections frauduleuses mêmes, contre les Cortes du 15 juin; une campagne qui s'appuie sur la mobilisation des travailleurs et des peuples opprimés. Les assemblées de travailleurs et de districts en Euskadi et de nombreuses forces politiques et syndicales ont à nouveau appelé à la grève générale pour lundi prochain si le gouvernement ne décrète pas l'amnistie totale. Cet appel offre une nouvelle occasion pour étendre le combat sur tous les fronts au niveau de tout l'Etat espagnol. C'est par la grève générale étendue à tout le pays que passe la lutte pour l'amnistie totale, pour la légalisation de tous les partis, pour le libre exercice des libertés, pour le droit d'autodétermination des nationalités. Par là passe la lutte contre les élections non libres du 15 juin, pour la dissolution des Cortes qui vont en sortir, pour la convocation à des élections libres à une Assemblée constituante. Par là passe la lutte pour le démantèlement de toutes les institutions franquistes, pour la dissolution des corps répressifs, pour le châtiment des responsables des crimes contre le peuple. En résumé, c'est par là que passe la lutte contre la monarchie de Juan Carlos, institution suprême de l'Etat que prétend consolider la bourgeoisie et que passe la lutte pour la République. Tous avec l'Euskadi, tous en lutte le lundi 23 mai si le gouvernement ne décrète pas l'amnistie totale ! - Pour l'amnistie totale et immédiate ! - Pour la légalisation de tous les partis! • - Pour l'élection libre d'Assemblées constituantes nationales des diverses nationalités pour garantir l'exercice du droit à l'autodétermination : - Pour la dissolution des corps répressifs : - Pour le châtiment des responsables des crimes contre le peu- A bas le gouvernement Suarez, à bas la monarchie ! - Pour la convocation à des élections libres à une Assemblée constituante ! - Pour la République ! L'action unie du mouvement ouvrier et populaire pour les libertés et contre les projets des capitalistes de faire payer aux travailleurs les effets de la crise économique doit conduire à la formation d'un gouvernement des partis ouvriers responsables devant les organisations de travailleurs et qui s'appuie sur leur mobilisation pour avancer vers les objectifs du mouvement. - Tous avec l'Euskadi le lundi 23 mai. Bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire.
19 mai 1977.