Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Au seuil d'une année décisive

· Inprecor n° 71, 6 mars 1980 · p. 25-33 · 6 967 mots

Italie Syndicalisme France

La menace d'une nouvelle récession, les plans de rationalisation industriels et les attaques du pouvoir démocrate chrétien constituent un nouveau défi

Franco TURIGLIATTO LE 15 janvier 1980, dix- neuf millions de travailleurs se sont mis en grève dans toute l'Italie. Il y a plus de dix ans que les trois confédérations syndicales n'avaient plus organisé une telle mobilisation, tant par le nombre des catégories qui y participèrent que par sa durée. Pendant un jour entier, les travailleurs de l'industrie, de l'agriculture et du secteur public ont fait grève. Par contre, la grève dans les transports publics - sur le plan national et municipal -fut de courte durée.

UNE GREVE MASSIVE...

SANS OBJECTIFS PRECIS

La participation fut très élevée dans toutes les branches. Dans le secteur public, où la force des syndicats autonomes est la plus grande (or ils n'avaient pas appelé à la grève), la participation à la mobilisation oscilla entre 30 et 70 %.

Malgré un climat fort hivernal, les trois manifestations centrales, - à Milan, Rome et Venise, - regroupèrent des dizaines de milliers de travailleurs. Les mots d'ordre visant le gouvernement du démocrate-chrétien Cossiga furent très largement repris par les manifestants. A Turin, une fois de plus, les directions centrales ont tout fait pour éviter que les cortèges partant des quartiers ouvriers confluent dans une manifestation centrale. Par contre, les piquets de grève à la porte des principales entreprises furent très importants, quand bien même les briseurs de grève ne se manifestèrent pas.

pour le mouvement ouvrier italien

La grève peut donc être considérée comme un succès. Une fois de plus, les travailleurs italiens ont répondu massivement à l'appel de la mobilisation, démontrant par là que le niveau de combativité se maintenait, qu'une volonté effective de riposte à l'attaque patronale existait et, enfin, que la recherche d'une solution politique de rechange restait fortement présente dans la conscience des tra-

Cependant la grève n'a pas eu de résultat immédiat, ni économique, ni politique. L'explication de cette apparente contradiction est simple. Les directions syndicales se sont vues contraintes de déclarer la grève sous la triple pression de l'attaque patronale, des provocations gouvernementales et de la combativité ouvrière. Mais, elles ont immédiatement tenté d'en limiter la portée en met-

Men avant des objectifs fumeux et vagues visant à réduire le potentiel anti-capitad'une telle mobilisation. bureaucraties ouvrières ne voulaient point que la mobilisation débouche sur une épreuve de force. Elles désiraient seulement faire la preuve, par la grève, qu'elles étaient des interlocuteurs à prendre au sérieux et avec lesquels il fallait rechercher «une collaboration plus constructive».

Alors qu'initialement, il pouvait sembler qu'une telle grève ait eu pour but de faire tomber le gouvernement anti-ouvrier anti-ouvrier de Cossiga, les directions syndicales ne cessèrent de répéter qu'elles n'avaient aucunement cette intention. Leur seul but était de critiquer les manques et fautes de la politique écono-

Italie mique du gouvernement. Ce dernier devrait préciser mieux ses mystification grande opérée par les directions réformistes est la suivante : afle gouvernement Cossiga ne dispose pas d'une politique économique. Or, sa politique est très simple et très question tous les acquis des travailleurs, soutenir et aider

Uses projets de restructuration industrielle.

Le sommet de la bêtise fut atteint lorsque la presse du PCI affirma que la grève se fit contre le fait «qu'il y a un manque de gouvernement» («il non godirections syndicales ont critiqué la méthode avec l'offensive patronale avait été lancée en fin d'année, mais non pas ses objectifs. Elles n'ont d'ailleurs pas assigné à la grève le but de contraindre le gouvernement à reculer. Pour accroître la confusion parmi les masses, un document commun a été rédigé avec la Confindustria (association patronale) sur les questions de l'énergie.

Enfin les bureaucrates syndicaux placèrent aussi la condamnation de l'intervention soviétique en Afghanistan et le mot d'ordre de retrait des troupes au centre de la grève.

Dès lors, si l'on considère le manque d'objectifs de lutte concrets, l'ambiguité comme l'inadéquation des mots d'ordre avancés et l'insuffisance de la préparation à cette mobilisation, on peut mieux saisir la signification de son ampleur. Mais, simultanément, il est possible de comprendre pourquoi elle n'a pas abouti à des résultats immédiats.

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La bourgeoisie est consciente de la capacité de la classe ouvrière et de la nécollaboration pareils réformistes pour qu'elle puisse faire aboutir ses plans. Deux luttes, qui se sont terminées quelques jours grève générale, l'équilibre instable des rapports de forces entre classes : la difficulté pour le patronat de frapper sans retenue, mais aussi celle des travailleurs de consolider des gains.

Nous faisons allusion lutte des travailleurs d'Olivetti, l'entreprise multinationale d'électronique qui occupe environ 30000 salariés, et a celle de la Montefibre, qui fait partie du grand trust pétro-chimique Montedison. Dans le premier cas, les patrons voulaient réduire drastiquement l'emploi (4500 licenciements), que l'entreprise réel développement. voulait faire la rationalisation de production. Dans le second cas, le patronat voulait simplement couper une branche d'autant plus que tout le secsecoué par une crise structurelle aiguë.

La riposte des travailleurs fut très vive. La population des deux localités (Ivrea et Pallanza) participa à la mobilisation. Les deux luttes se conclurent par des compromis. La Montedison a accepté de remettre en marche l'entreprise qu'elle avait déjà pratiquement travailleurs sont payés et travaillent par roulement. Les négociations sont relancées pour discuter des restructurations.

Dans le cas d'Olivetti, la direction de l'entreprise a renoncé aux 3000 licenciements prévus pour 1980. 750 travailleurs sont suspendus, bien que payés. Ils devront suivre des cours de recyclage dans l'attente de pouvoir être réintégrés par Olivetti ou de trouver un autre emploi. A la fin de l'année, la direction et les syndicats se rencontreront pour examiner si le projet de licenciement de 1500 travailleurs toujours valable pour 1981. Enfin, et ceci a une importance centrale dans le cours de la bataille, l'Etat s'est engagé à effectuer une série de com- série de commandes à Olivetti et attribuera, à fonds perdus, 100 milliards de lires pour la recherche.

Ainsi, les directions syndicales sont intervenues pour exiger que l'Etat assure les profits d'une entreprise multinationale!

1979 : UNE ANNEE

DIFFICILE, UNE ANNEE

DE LUTTE POUR LES

TRAVAILLEURS Durant la dernière année, les forces de la classe ouvrière n'ont pas été entamées. Elle a mené de grandes batailles et a remporté quelques Néanmoins, elle reste soumise à une forte attaque de la part de l'ennemi de classe.

En tout 45 contrats de branche ont été négociés. Ils concernaient huit millions de travailleurs de l'industrie, du commerce et de l'agriculture. Actuellement se déroulent les négociations contractuelles pour trois millions de salariés du secteur public. Les heures de grève la période janvier-août 1979 se sont élevées à 87 millions, contre 26 millions en 1978. Au cours de l'année, dans le secteur automobile, les heures de grève s'élèvent à 9 millions. Les plateformes contractuelles des diverses catégories se sont quelque peu éloignées de la politique des trois grandes confédérations décidée lors du congrès de l'EUR (en janvier 1978). Les principales revendications concernaient les salaires (une augmentation mensuelle d'environ 40000 lires), une réduction partielle du temps de travail, un contrôle accru sur la politique de l'entreprise et sur les conditions de travail.

Le patronat a opposé une résistance très dure. Il cherchait à infliger une défaite politique à la classe ouvrière. Il manifesta habilité tactique réelle, mettant à profit toutes les indécisions des directions syndicales et sachant taire usage des déclarations officielles faites par les syndicats lors du congrès l'EUR. Il concentra le tir sur les thèmes suivants : croissance de la productivité et mobilité de la force de travail. Seule la ténacité des travailleurs, l'ampleur des mobilisations de masses et les extraordinaires grèves, avec piquets massifs devant les portes des entreprises et les initiatives dans la ville de Turin en juillet 1979 ont permis de déjouer les plans du capital (voir Inprecor numéro 58).

La plateforme patronale a été battue et quelques résultats, bien que limités, ont été obtenus : 20000 lires pour tous immédiatement et deux augmentations 15000 lires durant la durée des contrats (trois ans); une réduction de l'horaire de travail (40 heures) pour certains dès 1980, pour d'autres en 1981. Les 40 heures de travail seront certainement regroupées sous la forme de jours supplémentaires de vacances et cette réduction ne concernera que quelques teurs. L'objectif d'une diminution quotidienne du temps de travail n'a donc pas été atteint. De même échoua la revendication d'une extension du Statut des travailleurs aux entreprises de moins de 50 salariés; ceci aura permis d'accroître les possibilités d'organisation et d'activités syndicales, spécialement en ce qui concerne le «travail au noir».

Malgré le succès partiel de la lutte contractuelle, la situation économique des travailleurs s'est dégradée. Pour la première fois depuis des années, les augmentations obtenues à l'occasion des contrats et celles produites par l'application de l'échelle mobile des salaires, (sous forme de rattrapages uniformes), n'ont pas compensé la croissance des prix. L'inflation en 1979 a dépassé 20 %, alors que la croissance des salaires ne fut que de 16 % (voir tableau 1).

L'échelle mobile actuelle possède donc une efficacité sans cesse décroissante pour la défense du pouvoir d'achat. Une partie des produits achetés couramment par les travailleurs n'est pas incluse dans la liste de servant à établir l'indice des prix (par exemple, l'essence). A cela, s'ajoute l'attaque portée aux salaires par la croissance de la ponction fiscale, produite en partie par le pas-

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TABLEAU 1

Année Prix à la consommation

1976 16,8

1977 17,0

1978 12,1

1979 20,0

Source : FLM - Fédération unifiée de sage d'un seuil d'imposition à un autre sous l'effet de la simple élévation du salaire nominal. En outre, l'augmentation de diverses taxes frappe aussi fortement le revenu des travailleurs.

Le gouvernement fut un des principaux protagonistes de l'accélération de l'inflation dépasse maintenant 1 % par mois et 3 % pour des villes comme Turin —, grâce à des mesures telles que : augmentation des tarifs de l'électricité de des tarifs de 50 %, du téléphone de 30 %, du péage des autoroutes de 20 %, des primes d'assurance de 20 %, du prix des transports ferroviaires de 20 %. Le prix de l'essence est passé de 500 lires à 650 lires le litre, etc. Enfin, le gouvernement a supprimé ou réduit toute une série d'aides sociales destinées aux couches les plus défavorisées.

Le chômage frappe deux millions de personnes. Quant à ceux disposant d'un emploi précaire ou travaillant au noir (un deuxième marché du travail existe en fait), personne ne peut sérieusement en évaluer le nombre. Des plans de restructuration, sont par centaines, en préparation. Les principales entreprises du secteur de la chimie pourraient fermer leurs portes d'un jour à l'autre. Des dizaines de milliers de postes de travail sont en danger.

Durant l'automne 1979, le patronat épaulé par le gouvernement et les tribunaux bourgeois a lancé une attaque très dure contre les syndicats et les formes de luttes ouvrières. Dans toute l'Italie, les plaintes déposées devant les tribunaux contre les travailleurs et leurs délégués se comptent par centaines. A

Revenus des salariés Revenus du capital dans l'industrie dans l'industrie

(croissance en % annuel)

22,9 40,1

20,7 14,8

13,0 20,5 15,0-16,0 ? la métallurgie. Turin seulement, elles s'élèvent à 400. Si les chiffres sont peu précis, c'est tout simplement parce que les directions syndicales ne tiennent pas à les recenser publiquement, comme elles se refusent à organiser une riposte commune et unifiée à cette atteinte à l'activité syndicale dans l'entreprise.

Le cas le plus significatif à de l'attaque patronale à l'activité ouvrière et aux structures des syndicats dans l'entreprise, est le licenciement des soixante-et-un ouvriers de la FIAT. Dans cette entreprise clé de l'Italie, dès le début 1979, une vague de luttes se développa. Elle partit des ateliers de peinture de la Mirafiori. Les revendications portaient sur les rythmes de travail. La lutte était conduite par le conseil d'entreprise de ce secteur de la Mirafiori. La direction de la FIAT lança une vaste campagne d'intoxication sur le thème de la «violence» des luttes ouvrières. Elle tenta de tirer un trait d'égalité entre les des travailleurs l'activité des groupes terroristes. Parmi les soixante-et-un licen-

Use trouvent deux ouvriers membres de la Ligue communiste révolutionnaire (section italienne de la IVe Internationale). Pour créer la confusion parmi les travailleurs, la direction de l'entreprise mit sciemment dans le «lot des licenciés» des travailleurs qui étaient quelque peu en retrait durant les luttes de la dernière période, des cadres syndicaux connus et des militants des formations extrémistes de «l'autonomie ouvrière».

Les directions syndicales n'ont manifesté aucune capacité ni volonté de riposte sérieuse à cette attaque qui doit pourtant préparer une mise en question plus large des positions syndi cales. Toute la contre-attaque fut menée sous un angle purement défensif, sans même une tentative de prendre le contrepied de la campagne de presse calomnieuse de la bourgeoisie. Les luttes des mois de juin et juillet 1979 à la FIAT ne furent donc pas défendues. Mieux, des dirigeants du PCI et du PSI les ont simplement dénoncées. Après quelques mobilisations, la bureaucratie a placé l'action sur le terrain

La FLM - le syndicat unifié de la métallurgie - a porté plainte contre la FIAT pour agissements anti-syndicaux. Mais elle ne réclamait pas, dans le cours du même procès, la réintégration des soixante-et-un licenciés. Les demandes de réintégration furent déposées une à une. Ainsi les syndicats laissaient au tribunal le choix de juger si tel ouvrier avait effectivement commis les «actes de violence» dont la direction de la FIAT l'accusait. Le résultat ne pouvait qu'être négatif Le juge accepta toute l'argumentation de la FIAT. Il plaça le syndicat sur le banc des accusés faisant ainsi la preuve que la loi bourgeoise se trouvait, par nature, du côté du capital. Ainsi apparut plus clairement que les quelques jugements un peu plus aux travailleurs prononcés par les juges durant les étaient avant tout le résultat indirect des mobilisations de masse. Le sort des recours déposés par chacun des soixante-et-un licenciés est donc des plus incertains.

LE GOUVERNEMENT

COSSIGA Le gouvernement Cossiga, ces derniers mois, fut un instrument utile à l'offensive bourgeoise. L'actuel gouvernement est formé par la Démocratie chrétienne et par deux petits partis bourgeois, le PSDI (Parti social-démocrate italien) et le PLI (Parti libéral italien). Il fut mis en place à la suite d'une loncrise gouvernementale, après les élections de juin 1979. Trois tentatives échouèrent du-

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rant cette crise. Andreotti ne put pas former un gouvernement d'unité nationale disposant de l'appui explicite du PCI, alors qu'il n'aurait pas disposé d'un poste gouvernemental. Craxi, le dirigeant du PSI, échoua dans la formation d'un nouveau gouvernement de centre-gauche dont le PSI aurait été l'axe. Pandolfi, le démocrate-chrétien qui donne son nom au plan d'austérité, ne réussit pas à former un gouvernement de «techniciens».

Où résidait la difficulté ? Le PCI ne pouvait pas soutement sans disposer au moins de quelques postes. La DC, à son tour, ne voulait pas du PCI dans le gouvernement. Elle refusait aussi un gouvernement par un socialiste. Le PSI, de son côté, ne voulait pas soutenir un gouvernement qui n'incluait pas le PCI, sans avoir préalablement l'assurance de recevoir une contrepartie pour son appui à la DC.

Dès lors, on se mit d'accord sur un compromis transitoire : un gouvernement à trois - DC, PSDI et PLI - disposant de l'abstention du PRI (Parti républicain italien) et du PSI. Ce gouvernement est composé d'un personnel bourgeois de bien peu de relief. Cossiga, ministre de l'Intérieur à l'époque du rapt de Moro, est véritablement un ministre-policier. . l'Instruction publique, on trouve l'ultra-réactionnaire Valitutti et,à la Santé, l'industriel Altissimo. Le minisla Fonction publique, Giannini, en arriva à déclarer dans une interview accordée à la presse qu'il considérait «la politique sans issue» et que, dès lors, il envisageait de «se retirer à l'étranger» et que son opinion grande partie des ministres» !

Ce gouvernement ne dispose donc pas d'une grande cré. dibilité. Cependant il possède une fonction précise de véritables attaques de commando contre la classe ouvrière. Sachant qu'il pouvait chuter d'un jour à l'autre, le gouvernement cherche à frapper le plus fort possible, à créer la confusion dans les masses ouvrières, à affaiblir le mouvement ouvrier organisé. Mis plusieurs fois en minette dant a Parleme gra le à des décrets, réduisant quasiment à zéro le rôle du Parle-

Une autre question se pose alors : pourquoi a-t-il pu survivre aussi longtemps ? Il n'y a qu'une seule explication : la passivité passivité des organisations ouvrières réformistes. listes ont continué à s'abstenir, aidant activement le gouvernement dans les moments les plus difficiles. Les communistes ont fait une opposition constructive, c'est-à-dire qu'ils ont critiqué le gouvernement le bousculant un sans l'empêcher de Le PCI a lancé une série d'initiatives pour expliquer le manque d'efficacité de ce gouvernement, mais il l'a fait a partir d'initiatives sectaires. Il s'est bien gardé d'impulser une mobilisation qui puisse conduire à faire tomber ou faire reculer le

Les directions syndicales ont, à leur façon, donné leur appui au gouvernement. Sur les questions fiscales, elles n'ont accompagné leurs négociations avec le gouvernement d'aucune mobilisation. Une véritable trêve a été déclarée par les syndicats, alors que le gouvernement multiplie les provocations contre eux. Depuis plusieurs années, cela ne s'était pas vu en Italie : refus de rencontrer les directions des confédérations, mesures dilatoires et enfin réponses négatives sur toutes les questions.

Outre les mesures d'austérité, le gouvernement Cossiga a adopté un décret sur la «mobilité des travailleurs» (élargissement du droit de licencier) et a modifié les bases du système assure la quasi-totalité du salaire lors de l'interruption du travail (cassa integrazione). Ces deux mesures s'inscrivent dans la perspective d'une politique massive de licenciements, ce que, jusqu'à maintenant, le patronat n'a pas pu faire lie. La possibilité de transférer des travailleurs, de les mettre à la cassa integrazione dépendait directement d'un entre la direction de l'entreprise et le syndicat. Ainsi, des travailleurs se trouvent en cassa ou, encore, il existe des accords dans lesquels il est spécifié que, si après deux ans, les travailleurs ne trouvent pas un autre travail, ils devront être réintégrés dans l'entreprise. Les décisions gouvernementales tendent à enlever au syndicat son contrôle sur «la mobilité du travail» et à supprimer des clauses comme celles des deux ans d'attente et de la réintégration possible. Les travailleurs être mis en cassa integrazione durant plus de deux ans. Selon les syndicats, dans le seul Piémont - une des régions les plus industrielles du pays, vrai, — il y a plus de 10000 travailleurs qui pourraient être mis immédiatement au chômage par l'introduction de ce maximum de deux ans.

gouvernement «compromis pour une courte transition» a porté des coups sévères dans le domaine de la scolarisation et aussi dans celui des droits et libertés démocratiques. Dans les écoles, il est prévu que les assemblées ouvertes seront interdites et que l'expulsion d'un établissement scolaire pourra s'effectuer sans du Conseil de l'école. Sur le plan universitaire, des vigiles armés devront interdire l'entrée des locaux aux inscrits. Les grandes assemblées et réunions dans les universités ne pourront être organisées que par des instances étatiques et par les conseils régionaux

Ces mesures sont prises sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme. Il est indiscutable que la vie politique et sociale marquée ce phénomène, qui, loin d'être mis en échec par les mesures de répression adoptées ces dernières années, n'a fait que s'aggraver.

groupes militaristes n'ont cessé de prendre des initiatives provocatrices contre des agents de police, contre fonctionnaires, des cadres d'entreprise et des aussi des actions de sabotage dans les entreprises et frappent parfois des représentants des or-

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tions ont été effectuées dans d'une solution de rechange ! grâce aux initiatives d'obstrucganisations ouvrières. La bourgeoisie ne pouvait rêver d'un meilleur prétexte pour mettre en route un train de mesures visant à réduire les droits et libertés démocratiques. Pour la bourgeoisie et le patronat, les organisations terroristes ne représentent pas la cible la plus importante, ce sont les mobilisations ouvrières et leur radicalisation sous l'impact de l'attaque capitaliste qui inquiètent les couches dominantes. Dès lors, la campagne d'intoxication des mass media a pour fonction de mettre en rapport luttes ouvrières et terrorisme. Cossiga a utilisé une initiative terroriste contre l'école de formation de cadres de la FIAT (séquestration, rafales dans les jambes, etc.) pour mettre en place un dispositif de répression plus solide. Le général Della Chiesa, qui se trouvait déjà à la tête de la branche anti-terroriste des carabinieri gendarmerie, est devenu une sorte de gouverneur militaire de l'Italie du nord, centre de l'industrie et de la classe ouvrière italienne. l aura 25000 hommes sous ses ordres. Trois nouveaux préfets ont été nommés dans les principales villes ouvrières : Turin, Milan et Gênes. Le préfet de Gênes est un commandant en service des carabinieri, ce qui est en parfaite rupture avec le principe affirmé depuis la chute du fascisme, comme quoi les préfets devaient être des civils.

Mieux. Un décret que le Parlement est en voie de confirmer prolonge la garde à vue à 48 heures et le temps d'incarcération préventive.

En outre, sont mis en place des tribunaux spéciaux, sans jurés, et la définition d'organisation terroriste est si vague que toutes les organisations de la gauche, y compris le PCI, pourraient tomber dans cette catégorie.

C'est dans ce contexte que l'organisation extrémiste de «l'autonomie ouvrière» a été qualifiée de terroriste et ses porte-parole politique ont été accusés d'être les dirigeants secrets des Brigades rouges. Sur cette base, des centaines toute l'Italie. Le ministre de l'Intérieur n'a pas hésité à affirmer qu'il y avait 100000 terroristes en Italie ! Une telle déclaration indique bien les visées de la bourgeoisie : frapper les organisations à gauche du PCI, les cadres ouvriers et syndicaux les plus combatifs, puis des secteurs de plus en plus larges du mouvement ouvrier organisé. Deux exemples seulement pour illustrer cette tentative d'escalade répressive. Des députés de la DC ont accusé six juges membres du courant de gauche «Magistrature démocratique» d'être liés au terrorisme. Or, tous ces juges sont connus pour leurs actions en faveur des droits démocratiques, pour leurs dénonciations des responsabilités des fascistes et de leur collusion avec l'appareil d'Etat. Ensuite, à Milan, une vingtaine de délégués et de travailleurs de l'Alfa-Roparmi lesquels membres du PCI, dirigeants de section syndicale, un memdirection provinciale de Democrazia Proletaria, un membre de la LCR et d'autres militants membres de diverses organisations d'extrême gauche - ont vu leur domicile perquisitionné et ont été interrogé par la police sous l'accusation fallacieuse d'appartenir à une «bande armée».

LA POLITIQUE DES

ORGANISATIONS REFORMISTES La position des deux principaux partis réformistes, le PCI et le PSI, consiste à subordonner leurs actions aux exigences d'ensemble de la bourgeoisie et du gouvernement en particulier. Sans leur abstention - même s'ils lui donnent le qualificatif de «technique» pour tencamoufler un peu la portée politique -, ce gouvernement ne serait pas resté en place fort longtemps. Sous l'impact des luttes de janvier 1980 et des attaques portées par le gouvernement, la direction du PCI a avec force qu'il serait nécessaire de former un gouvernement d'unité nationale, mais qu'il serait irresponsable de faire chuter le cabinet de Cossiga

Malgré tout, l'opposition for- formelle du PCI est un peu plus confortable que la position la position adoptée par le PSI qui perd du terrain parmi les travailleurs et qui se discrédite encore un peu plus à leur yeux.

Deux orientations s'affrontent durement au sein du PSI.

défendue par Craxi, qui se trouve à la tête du secteur regardant avec le plus d'insistance de la social-démocratie allemande, conclut qu'il serait nécessaire de retourner à la formule de centre-gauche (soit une coalition entre le PSI, la DC, le PLI, le PSDI et le PRI), si la DC accepte que le PSI dispose d'une meilleure place dans la formation du gouvernement. La seconde, défendue par les divers courants dits de gauche lesquels Craxi s'était allié lors du dernier congrès et qui lui avaient permis d'obtenir le siège de secrétaire) et quelques fractions traditionnelles du PSI, pense que le soutien à Cossiga ne peut que desservir le parti et que la participation à un gouvernement sans le PCI serait encore plus désastreuse. Mais l'affrontement dans le Comité central s'est conclu par un compromis classique. Craxi voit ses préréduites. Lombardi, dirigeant de la gauche, accède à la présidence du parti. Après le congrès de la DC, le PSI aura des discussions avec tous les partis politiques pour tenter de réaliser un gouvernement d'unité nationale, incluant le PCI. Mais tout cela sera fait «avec le sens de la responsabilité». Pour l'insle gouvernement Cossiga continue... à attaquer les travailleurs.

Sur les mesures «anti-terroristes», la position du PSI et du PCI est particulièrement dangereuse. Le PCI se mit en première position pour caractériser le secteur de «l'autonomie ouvrière» de terroriste. Au Parlement, il se prononça pour la loi «antiterroriste», après avoir proposé quelques amendements timides, entre autres sur la garde à vue, qui furent rapidement rejetés par le centre et la droite. Il fit de même à la Chambre, après une discussion mouvementée

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tion du Parti radical et aussi du PDUP (Parti d'unité prolétarienne).

L'attitude des forces politiques bourgeoises et de la DC en particulier est très claire. D'une part, elles utilisent pleinement le gouvernement Cossiga. D'autre part, elles sont conscientes que seule la collaboration du PCI et des syndicats rend possible de gouverner. Les députés de la DC sont unanimes quant à leur opposition à l'entrée du PCI dans le gouvernement. Mais, ils sont tous d'accord, y compris les plus opposés au PCI et ceux qui pensent régler la question du gouvernement en faisant quelques concessions au PSI, pour chercher l'appui du PCI à un gouvernement d'unité nationale... mais sans sa présence au gouvernement!

UNE NOUVELLE ETAPE

DANS LA POLITIQUE DE

COLLABORATION DE CLASSE L'année 1980 s'annonce très difficile pour la classe ouvrière. Une nouvelle récession se profile. S'ajoutant à la crise «traditionnelle» comme ceux de la pétrochimie (fibres artificielles, etc.) et du textile, s'annoncent des années plus sombres pour une branche laquelle risquent aussi de se répercuter les possibles diffidu secteur du géant FIAT qui doit faire face à une concurrence des plus acharnées sur le marché

La nécessité de faire reculer

La case ou dane dantrentre la,

de déplacer plus facilement la main d'œuvre, pouvoir d'achat des masses laborieuses se fait sentir de plus en plus impérativement pour la classe dominante. Les coups portés jusqu'à maintenant sont loin d'être suffisants.

La Confindustria - avec laquelle les syndicats entretiennent les meilleurs rapports - a mis en avant une série de revendications :

-augmentation radicale de la productivité dans les entre- plus grande liberté dans l'organisation du travail dans les entreprises, de l'horaire journalier et hebdomadaire selon les exigences de la production, suppression de nuit, aux heures supplémen- reprise du travail tempo-modification de l'échelle mobile et, si les syndicats sont d'accord, demande au gouvernement pour qu'il prenne l'initiative dans ce domaine; - réglementation drastique sur la question des libertés d'activité syndicale dans l'entreprise (attaque aux formes de lutte héritées de l'automne 1969). La conclusion exprimée ouvertement par le patronat est la suivante : «La croissance de la productivité, que les directions syndicales sont prêtes à nous concéder, est insuffisante, nous voulons une diminution de salaire réel comme base unique pour une relance de l'économie.»

Pour faire passer la pilule, la presse organise une campagne alarmiste sur le future de la FIAT qui ne pourrait plus faire face à la concurrence, si ce n'est en reprenant en mains de façon stricte les conditions de travail dans l'entreprise. En fait, la situation du groupe FIAT est loin d'être aussi catastrophique que le décrivent les «spécialistes». Selon la dernière lettre adressée aux actionnaires par Agnelli, il ressort que le nombre des salariés du groupe est passé de 347000 en 1978 à 360000 en 1979, que le chiffre d'affaires a augmenté de plus de 2115 milliards de lires pour la même période. En outre, la situation financière du groupe est «saine» (le groupe FIAT est composé de huit secteurs jouissant d'une certaine autonomie, parmi eux l'automobile reste le plus important).

Il est clair que la situation du secteur automobile est la plus délicate. Sur lui s'exerce spécialement la pression de la concurrence. La production des véhicules utilitaires et des automobiles a stagné en 1979 (1322000 unités). Les longues périodes de grève ne sont pas un facteur à négliger pour expliquer ce résultat. La part de la FIAT sur le marché intérieur (italien) a baissé de 2% et se situe à 51%. Les ventes à l'étranger ont aussi décliné de 2%. La part de la FIAT sur le marché européen se situe aux alentours de 12%, ce qui est plus bas que dans le passé.

La campagne faite autour de la FIAT a une fonction bien précise. D'une part, la restructuration d'ensemble che automobile à l'échelle européenne et mondiale contraint le patronat à frapper les travailleurs de la FIAT. Or, ceux-ci se sont trouvés depuis 1969 à la tête des principales mobilisations du prolétariat de la péninsule. C'est encore eux qui ont su renverser la vapeur lors de la négociation du dernier contrat de la métallurgie et ont fait de leurs objectifs et de leurs formes de lutte une référence pour tous les autres travailleurs. Battre la classe ouvrière de Turin signifierait porter un coup dont les répercussions sur l'ensemble des travailleurs italiens seraient énormes. Replacé dans ce contexte, le licenciement des 61 prend tout son relief et constitue la condamnation radicale et la vengeance patronale aux mobilisations de juin-juillet.

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Les directions réformistes craignant plus que jamais un affrontement recherchent servilement toutes les ouvertures pour une collaboration de classe plus approfondie. Elles affirment que la crise économique pourrait être dépassée si était conclu un accord avec le patronat assurant une relance de l'économie. L'objectif proclamé est de renforcer la capacité concurrentielle de l'économie italienne sur le marché mondial. Les travailleurs devraient dès lors s'engager pleinement à accroître la productivité. paraît : «Le syndicat ne peut pas continuer à faire ce qu'il a fait jusqu'à maintenant : dire seulement non aux revendications patronales».

Il faut rappeler que la politique de l'EUR, la stratégie de l'austérité a toujours trouvé beaucoup de difficultés à se concrétiser. Une chose est d'adopter un programme pour l'austérité, autre chose est de le faire passer dans les entreprises. Le patronat n'a cessé de gémir à ce propos. Ainsi, les bureaucrates évitent de faire référence à l'EUR - qui est discréditée dans les rangs ouvriers - et mettent en avant des propositions précises qui vont dans le sens de l'attente patronale. Les directions syndicales ont renoncé à toute lutte pour la défense effective du pouvoir d'achat et de l'emploi (personne n'ose même invoquer le problème d'un travail à trouver pour les deux millions de chômeurs). Ils reculent devant les attaques à l'échelle mobile. Ils acceptent les diverses propositions allant dans le sens de la restructuration capitaliste, de l'accroissement de la productivité, etc. En concédant toujours plus au patronat, ils espèrent éviter une collision frontale avec la bourgeoisie et pouvoir maintenir la force de leurs appareils. Cette orientation ne peut qu'aboutir à démoraliser les travailleurs, à les diviser, créer des conditions négatives pour un affrontement qui viendra tôt ou tard.

Ainsi, le FLM, lors d'une récente réunion de ses cadres, a clairement indiqué qu'elle n'était pas prête à engager une bataille unitaire et généralisée. La direction syndicale prétend que les possibilités de marquer négociations contractuelles au niveau des entreprises (qui font suite à celles au niveau de la branche) sont nulles. En fait, le morcellement de la riposte ouvrière ne peut que faciliter l'offensive du capital. Dans la période de haute conjoncture avec un marché du travail tendu, les patrons ont dû payer un prix élevé lors des luttes contractuelles au plan de l'entreprise. Dans cette période de dépression, une grève limitée à l'entreprise ne constitue pas la crainte numéro un des patrons. Par contre, la mobilisation d'ensemble, la grève générale avec sa dimension politique, voilà ce qui peut permettre une victoire.

La FLM, représente pourtant le «secteur avancé» du mouvement syndical italien, se propose ouvertement de renoncer aux augmentations uniformes, d'introduire le travail temporaire (rejeté il y a un an par la conférence des délégués), de réorganiser le travail (des discussions sont en cours à la FIAT et à ALFA-ROMEO) en un système dans lequel les travailleurs d'un atelier contracteraient un certain volume travail et seraient par là «responsables» de la productivité.

Ice que signifie concrè«l'engagement tructif» du syndicat.

Cette ligne du syndicat est en harmonie avec celle du PCI. Plus d'un dirigeant du PCI a ouvertement mis en cause les luttes de juin-juillet 1979 à Turin. Dans le cadre de la préparation d'une conférence de ses cadres qui travaillent à la FIAT, le PCI fait grand cas des difficultés de la FIAT. Il propose d'aider le groupe FIAT à y faire face, à affronter la concurrence internationale, à être compétitif. Le PCI se fait le champion de la lutte contre l'absentéisme et pour la croissance de la productivité. Il demande au syndicat de s'engager dans la même voie. Le PCI s'oppose à toute nationalisation de la FIAT, mais, par contre, il réclame que l'Etat finance massivement le groupe FIAT afin qu'il puisse effectuer des recherches pourvu que la FIAT accepte la «programmation démocratique». Le PCI, tout en affirmant que les transports restent une priorité, souligner l'importance de la voiture individuelle... malgré les déperditions énergétiques qui en découlent. La critique à la FIAT vise le retard qu'elle aurait pris par rapport à ses concurrents étrangers. Le PCI est plus royaliste que le roi ! La conférence des cadres du PCI travaillant à la FIAT n'a pas pour but de préparer la riposte contre les plans patronaux, mais de faire passer une ligne de pleine collaboration de classes.

UNE ALTERNATIVE

REVOLUTIONNAIRE une telle situation politique sociale, la tradiction entre la l'activité du mouvement de

Get l'orientation directions est éclatante, comme l'est le besoin d'une direction de rechange sur le plan syndical, dont se saisissent les travailleurs dans leur volonté de

La démoralisation a frappé une grande partie (étudiants et travailleurs) étaient organisés par les groupes au début des années soixante-dix. Une partie des cadres ouvriers se sont repliés sur un travail purement syndical, sans perspective d'ensemble. Quant aux cadres critiques du PCI, l'inexistence d'une organisation révolutionnaire disposant d'un poids suffisant rend très difficile leur rupture avec le parti, quelle que soit la force de leurs critiques.

Le PDUP retourne à ses vieilles origines et son dernier comité central appelle à la formation d'un «gouvernement d'urgence», c'est-à-dire un gouvernement d'unité nationale ! «Démocratie prolétarienne» est encore loin de s'être remise de sa crise organisationnelle. La gauche syndicale a manifesté à nouveau, durant ces derniers mois, son incapacité à proposer une orientation alternative. Elle se limite à défendre des objectifs partiels, certes corrects,

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mais qui ne peuvent fournir une solution de rechange au programme de collaboration de classes adopté et appliqué par les directions des confédérations.

Toutes ces forces n'ont pas manqué de se laisser influencer par la campagne idéologique de la bourgeoisie impérialiste (conflit sino-vietnamien, Afghanistan).

La LCR agit donc actuellement à contre-courant sur de nombreuses questions. Néanmoins, elle renforce ses positions. Elle concentre son activité politique sur les lignes de forces suivantes : 1. Une bataille dans le syndicat et dans les entreprises pour stimuler une riposte unitaire et massive contre l'attaque patronale. La LCR s'est battue pour élargir, au travers d'une consultation démocratique, la plateforme avancée par les syndicats en y incluant des revendications précises sur la défense des salaires et de l'emploi.

Elle met en avant le mot d'ordre de grève générale, en le liant à trois objectifs : suppression du train de mesures d'austérité, réalisation des objectifs syndicaux sur le plan fiscal, lutte contre le gouvernement Cossiga. Simultanément, dans le cadre d'une campagne pour le front unique, elle avance le mot d'ordre d'un gouvernement des travailleurs, d'un gouvernement du PSI et du PCI soutenu par la mobilisation des masses. Y compris sur le plan parlementaielle indique la nécessité d'une action de front unique; 2. Dans le cas des entreprises en crise - avant tout dans la pétro-chimie, mais aussi

Olivetti -, la LCR se bat pour leur nationalisation sous contrôle ouvrier. L'audience de cette revendication est d'autant plus grande lorsque - comme ce fut le cas pour Olivetti - le syndicat réclame une aide de l'Etat; 3. La défense du syndicat des conseils est une des campagnes importantes de la LCR. Les conseils représentent un instrument privilégié pour prendre des initiatives de luttes et de contrôle ouvrier. Cette bataille se fait dans deux directions : l'une contre l'attaque patronale, l'autre contre la tentative des directions de «normaliser» le fonctionnement de ces instances selon les exigences de leur orientation. La campagne pour les soixante-et-un licenciés de la FIAT a été l'occasion de défendre aussi bien les conseils que l'ensemble des méthodes formes de luttes démocratiques et massives qui constituent le patrimoine des travailleurs; 4. Contre les positions chauvines de la bureaucratie, reviennent à accepter la politique d'austérité, nous avons mis en avant la nécessité d'une riposte internationaliste des travailleurs.

Concrètement, les camarades de la LCR et de la LCR (de l'Etat espagnol) qui travaillent respectivement à la FIAT et à la SEAT de Barcelone (entreprise intégrée au groupe FIAT), ont multiplié les initiatives coordonnées. Ils ont ainsi stimulé des prises de positions syndicales communes et une information communes dans ces deux grandes entreprises : sur le licenciement des soixante-et-un, sur la lutte contractuelle à la pour SEAT;

5. Quant au problème du terrorisme, il s'agit de dénoncer les véritables projets de la bourgeoisie, mais aussi d'indiquer que, pour le mouvement ristes peuvent être mises politiquement en échec si se développe une réelle réponse de masse à la politique du chômage et d'austérité, si surgit une réponse politique ouvrière d'ensemble à la crise du système capitaliste. Toutes les mesures répressives doivent être rejettées par le mouvement ouvrier, car elles ne sont qu'un pas dans la direction d'une répression contre le mouvement ouvrier organisé ; 6. Les récents événements de la FIAT, comme les positions du PCI et du PSI ainsi que celles des directions syndicales, mettent à l'ordre du jour la nécessité de développer des réponses d'ensemble sur les nalisations et la lutte contre le chômage, la riposte aux restructurations et le contrôle ouvrier, sur le besoin pour le mouvement ouvrier de proposer son propre plan de réponse à la crise, construit en fonction des exigences de la classe ouvrière, c'est-à-dire en rupture avec les besoins de l'économie proclamés par les directions réformis-

Best une des façons d'engager la bataille pour l'indépendance et l'unité de la classe ouvrière.

Lors des prochaines élections municipales, la LCR - qui présentera des candidats dans quelques grands centres ouvriers du pays — fera sa campagne électorale sur ces thèmes. 8 février 1980

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Post-scriptum

Depuis la rédaction de l'article, le congrès de la démocratie chrétienne s'est tenu : une dizaine de tendances, de regroupements et de cliques se sont affrontés assez durement pendant presqu'une Cela reflétait assez ce qu'est la réalité du parti hégémonique de la bourgeoisie italienne qui rassemble les occupants du pouvoir aux difféles gestionnaires d'un capital électoral souvent considérable et même représentants d'organisations de masse comme celle des «coltwatori diretti», les petits et moyens paysans qui sont un des bastions traditionnels de la

Le résultat de cette confrontation assez confuse, marquée par les manœuvres les plus tacticiennes, est connu.

Vers la fin des travaux du congrès, une division s'est opérée sur un texte présenté comme un «préambule» et qui tente d'apporter une réponse claire au problème qui se trouve de fait au centre de ious les débats :

est-ce qu'il faut ou non accepter une participation gouvernementale du PCI ?

Un regroupement, mené par le secrétaire général sortant, Zaccagnini et par l'ancien Premier ministre Andreotti, expliquait que la question méritait d'être posée, qu'on ne pouvait écarter u priori, toute éventualité d'une telle participation, mais que pour le moment les conditions nécessaires n'étaient pas réunies.

Un autre regroupement, où se retrouvaient tous les autres dirigeants importants, dont Piccoli et Bisaglia, porte-parole des «dorotei» (centristes conservateurs) et qui présentaient ce préambule, donnait une réponse nettement négative. Ils devaient obtenir, sur leurs positions, près de 60% des voix.

La situation apparaît donc encore un peu plus bloquée qu'avant, d'autant que le PCI a réitéré son refus de soutenir un gouvernement auquel il ne participerait pas et que les socialistes ont pour leur part ôté leur confiance au gouvernement Cossiga.

Il est clair que la décision finale du congrès démocrate-chrétien et la défaite du duo Andreotti-Zaccagnini représente un coun dan puur la ligne de Berlinga, qui n'a guère pius de chance d'être muse en cure à court ou moyen terme

Est-ce que cela pourrait amener le PCI à radicaliser, ne fût-ce que partiellement, son orientation ? En principe on ne peut l'exclure. Mais de fait, dans les jours qui ont suivi les congrès de la DC, il est allé direction opposée. Pour la première fois, le PCI a lancé une syndicats jugées coupables de ne pas avoir suffisamment expliqué la ligne de l'austérité. Dans la conférence qu'il a tenu sur la FIAT, mentionnée dans cet article, le PCI a encore accentué sa position en faveur de la rationalisation industrielle et de l'accroissement de la productivité. Selon lui, la classe de défense de la productivité l'un de ses drapeaux et demander que l'Etat aide le monopole turinois sans exiger en contrepartie la nationalisation.

Les dirigeants du PCI se sont même attribués le rôle de conseillers techniques du sieur Agnelli, sans crainte du ridicule. On comprend dès lors qu'un dirigeant patronal de la métalurgie, tout en regrettant que le PCI n'aille pas plus loin dans l'acceptation des règles du système, ait salué cette conférence comme «un saut culturel» dai., la boine direction. 26 février 1980

- CISL MASL

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