N ne savait pas encore au Zimbabwe, si le cessez-le-feu allait durer jusqu'au 27 février, date des premières élections depuis le début des années 60, reconnues par la Communauté internationale. La principale raison d'en douter était la violente campagne menée par le pouvoir colonial britannique et l'Etat rhodésien blanc contre la ZANU (Zimbabwe African National Union - Union nationale africaine du Zimbabwe), dirigée par Robert Mugabe (1).
Depuis plusieurs semaines. le gouverneur britannique lord Soames a pris prétexte de la détention au Mozambique d'oppositionnels de la ZANU pour empêcher le retour de Mugabe au Mozambique. Et cela malgré le fait bien connu que Soames maintienne encore en prison environ 10000 nationalistes. Depuis le retour de Mugabe, il est évident pour la plupart des observateurs observateurs que la ZANU obtiendra résultats toraux les plus importants. Se faisant l'écho d'un sentiment largement répandu dans la communauté blanche, l'administration britannique pense que la victoire de Mugabe saperait les accords inconsistants mais favorables aux intérêts occidentaux négociés lors de la conférence de Lancaster House à Londres.
La dernière mesure prise par Soames a été de se doter du pouvoir d'interdire tout parti considéré comme «fauteur de troubles».
Il peut également empêcher des candidats de faire campagne dans certaines circonscriptions électorales - ce qu'il a déjà fait pour la ZANU dans plusieurs cas. Bien qu'on ne puisse encore dire clairement si Soames a l'intention d'utiliser les pleins pouvoirs, de toute évidence, cette mesure n'a pas été prise à la légère.
Il y a eu deux attentats contre Mugabe. La première fois, une attaque à la grenade a été faite contre sa maison et était probablement le fait des unités «auxiliaires» de l'armée rhodésienne, qui sont en réalité des milices privées fidèles à l'évêque Abel Muzorewa. Lors du deuxième attentat qui a été à deux doigts de réussir, une bombe très sophistiquée à explosion télécommandée, explosa à un mètre seulement de la voiture de Mugabe. La presse britannique elle-même fut obligée d'avouer que cet attentat était l'œuvre des forces de sécurité blanches.
Le prétexte principal à ces attaques est le nombre élevé de guérilleros de la ZANU qui ont refusé de reconnaître l'accord de cessez-le-feu et de se rendre aux forces de contrôle du Commonwealth. Leur réticence est parfaitement compréhensible étant donné qu'ils seraient parqués dans des zones de regroupement avec le gros des troupes de contrôle britanniques, ce qui les rendrait extrêmement vulnérables aux attaques des forces armées rhodésiennes. En effet, beaucoup ne pensent pas que l'accord de Lancaster House vaille la peine d'une reddition : avec des sièges réservés pour les Blancs au Parlement, des garanties contre la réforme agraire, le maintien de l'appareil d'Etat actuellement existant, l'accord maintient tout ce contre quoi les guérilleros se sont battus au cours des huit dernières années
Zimbabwe (pour les détails de l'accord de Londres, voir Inprecor numéro 66 du 21 décembre 1979).
Toutefois, malgré les faiblesses de l'accord de Lancaster House, du point de vue du Zimbabwe, le régime colonial se montre peu empressé de l'appliquer. Soutenu par le gouvernement de Londres, Soames s'est déjà refusé à appliquer l'accord sur quatre points particuliers : - Il a autorisé les troupes sud- africaines à continuer leurs interventions au Zimbabwe; - Il a refusé de mettre
Run frein aux activités des «auxiliaires»; - Il a lancé les forces rhodésiennes contre le Front patriotique; - il ne laisse effectivement pas au sol l'aviation rhodésienne.
LA PRESENCE DES
TROUPES SUD-AFRICAINES
C'est le premier de ces points qui a le plus largement attiré l'attention internationale car il constituait la remise en cause la plus évidente de l'accord. Le Front patriotique avait menacé de quitter la table des négociations à Londres si la clause sur le retrait des troupes étrangères n'était pas expli(1) Depuis la scission dans le
Front patriotique, la ZAPU (Union du peuple africain du Zimbabwe) a repris le nom du Front patriotique et la ZANU est devenue la ZANU-PF. Etant donné que ces changements sont tout à fait superficiels, nous conservons les anciens noms pour plus de clarté.
citement incluse dans l'accord citement de cessez-le-feu. Plusieurs milliers de soldats sud-africains sont intervenus au Zimbabwe au cours des dernières années, à la fois comme membres individuels des forces de sécurité et comme unités organisées. Le gouvernement britannique donné à contre-cœur son accord sur leur retrait et c'est ce qui a sauvé la conférence.
Cependant, lorsque le texte de l'accord a été publié début janvier, on s'est apperçu que le gouvernement britannique avait mystérieusement omis le «Supplément à l'Annexe E» - la partie du document qui comprenait l'accord sur le retrait des troupes étrangères (2).
La raison de cet «oubli» est que, dans le même temps, lord Soames avalisait publiquement la présence des 250 soldats sud-africains qui gardaient officiellement Beit Bridge, route vers la République sud-africaine. Mais il n'a jamais été précisé pourquoi ils s'étaient déployés sur 12 kilomètres à l'intérieur du Zimbabwe, ni pourquoi ils étaient équipés d'artillerie lourde. Il ne fait doute que les Britanniques ont généreusement donné leur consentement en échange du soutien sud-africain à Lancaster House. lord Carrington, Affaires étrangères, défendirent alors d'une manière éhontée, la présence sud-africaine, prétendant que c'était une des clauses de l'accord.
Finalement, ils furent obligés de céder aux pressions internationales. Le Conseil de sécurité de l'ONU condamna la Grande-Bretagne et le Kenya, dont la présence est purement symbolique (avec ses trente soldats) au sein des forces de contrôle, a menacé de se retirer. Les Sud-Africains se sont alors repliés au sud du Limpopo, restant toujours prêts à intervenir au cas où les événements prendraient un tour défavorable.
Mais le départ des Sud-Africains de Beit Bridge ne modifie pas le fond de l'affaire. Des milliers de leurs compatriotes sont encore engagés comme mercenaires dans la police et l'armée encore a kilomètres de Beit Bridge.
Sud-Africains.
principale ment aucun l'accord de action
Soames et récalcitrants.
le ministre plus de 150 naître que les auxiliaires repré-
Robert Mugabe soutient que les soldats sud-atricains de l'armée régulière sont présents dans le pays - propos qui étaient confirmés lorsque le ministre des Trans- personnes, ports du Mozambique a déclaré avoir repéré des unités sud-africaines près de la ville de Chicualacula, au Mozambique, à 160
Soames a très mal pris cela aussi. Le candidat de la ZANU auquel il a interdit de faire campagne est Enos Nkala, qui a eu un rôle prédominant dans la dénonciation de la présence des concerviolentes (2) Whitehall des affaires prendre cembre, rapport tanniques, tion de ce dé avec
Tout en se refusant à recon- suite
Soames pour ont été ou bien alors enterrer l'acl'aviaguérilleros aériens toutes les certa:
Les pro olatior
Britanı lemen qui
Cr que autre re.
semble frappé d'amnésie collective au sujet dérhodésiennes.
En quelqu'un a «oublié» d'informer les membres du Parlement de la publication d'une annexe au
Bingham officiel concernant la fourniture de pétrole au régime blanc par les compagnies bricontrecarrer les pour sanctions des Nations Unies.
L'annexe s'intitule «Preuves des infrac tions». La raison pour laquelle les membres du Parlement n'ont pas été informés était que la publicadocument aurait coincipar le l'annonce gouvernement qu'il n'y aurait aucune poursuite judiciaire contre ceux qui judiciaire qui contre ceux n'avaient pas respecté les sanctions.
Par feu, il était ceptionnels libérer les prochainement.
embarrassé.
indépendam-
5000 per-
Plus étrange ministre
DES PRISONNIERS POLITIQUES PAR MILLIERS
Cependant, aucune de ces mesures ne constitue une violation de l'accord de Lancaster House. Il en est de même pour les élections. Même elles sont organisées de la manière la plus impartiale possible, on sait qu'elles auront pour résultat de maintenir le statu quo. Il ne s'agit pas d'élire une assemblée constituante, avec de larges pouvoirs, mais de faire ratifier formellement par la population un accord auquel elle ne zorewa peut rien changer.
Et pour bien faire comprendre cette continuité, il est prévu que les élections pour les vingt sièges blancs et les quatre-vingts africains se dérouleront à des dates différentes. Elles auront lieu sous la responsabilité de la même équipe, qui fut à l'origine de la victoire de Muzorewa lors de l'élection sur «l'accord interne» en avril dernier - et dont le caractère frauces seront renforcées par la mobilisation de quelque 35000 réblancs. Le «Conseil d'organisation des élections», service de l'administration civile qui est chargé de la préparation matérielle élections, n'a pas été modifié depuis avril.
Ice qui laisse sur les emde conduire laires le jour du me en tions se naissance des élections démocratiques été suspendues. tout ce qui était en leur pouvoir pour assurer la victoire de Muzorewa. Mais Muzorewa ne
Il est tout à fait improbable même qu'il obtrente-et-un sièges africains qui lui donneraient la majorité dans une coalition avec les m embres blancs du arleme nt.
L'USURE DE MOZOREWA
Généreusement financé l'Afrique du Sud et utilisant des gadgets à profusion, le Conseil (United African National Council - UANC) est en apparence le mieux le pourvu des (alors que les partis du Front patriotique ont même du mal à faire imprimer leur presse). Cependant Muzorewa est obligé de constater que les forces qui le soutenaient s'éloignent de lui - bien qu'il soit revenu au Zimbabwe pour commencer sa campagne un mois avant la signature des accords de Lancaster House et dix bonnes semaines que Mugabe n'ait été autorisé à rentrer. Si Muzorewa a toutes les apparences du pouvoir, il est en réalité totalement démuni. Alors que des dizaines de milliers de personnes viennent écouter Mugabe et Joshua Nkomo du ZAPU, un rassemblement de 5000 personnes représente le maximum pour Muzorewa, même dans sa ville de Umtali. Et ceci malgré le fait que des centaines de personnes émargent au parti et peut toujours être fourni par les auxiliaires.
Muzorewa est irrémédiablement compromis par ses nées de collaboration avec le régime blanc. Bien qu'il s'auto-proclame «l'homme qui a amené la paix au Zimbabwe», il ressemble beaucoup au Renégat du poème de David Diop : «Mon frère aux lunettes d'or Sur tes yeux rendus bleus par la parole du Maître Mon pauvre frère au smoking à revers de soie Piaillant et sussurant et plastronnant dans les salons de la condescendance (...)» (3). serait cependant prématuré de le considérer hors de combat. L'incapacité du Front patriotique à organiser et mobiliser la population urbaine au cours des années de guerre laisse encore quelques chances l'évêque. Cependant, le «candide regard bleu» aura du mal à séduire la plus grande partie du peuple du Zimbabwe aujour- mais excluant Mugabe, permet
Bien que Muzorewa soit toujours la tête d'affiche des Briblancs, ils auraient besoin d'un remplaçant - un politicien noir ayant une audience de masse à qui l'on pourrait faire confiance pour appliquer l'accord et qui verrait d'un bon œil les capitaux occidentaux. Et Joshua Nkomo est en train de passer avec enthousiasme les auditions pour
LA RUPTURE DU
FRONT PATRIOTIQUE nous l'avions dans Inprecor, numéro 66, le Front patriotique,
ZAPU et la ZANU, s'est brisé quelques jours seulement après l'accord de Lancaster House. La ponsabilité paraît revenir officiellement à la ZANU de Mugabe. Ce qui permet à la ZAPU de se poser en défenseur de l'unité et d'hériter ainsi du label du Front patriotique - un avantage éleccertain. Cependant, les pressions pour provoquer une scission ont été exercées également de la part de la direction du parti de Nkomo. Toute sa conception de l'unité se limitait au fait que les cadres de la ZANU devaient «rejoindre la ZAPU» — qu'ils avaient quittée en 1964. Cette attitude ne pouvait que renforcer l'hostilité de
Tant que l'alliance s'est maintenue, les Britanniques ont tout fait pour la briser. Les deux partis nationalistes réunis bénéficient d'un soutien tel qu'ils peuvent menacer l'accord néocolonial que l'impérialisme veut faire appliquer. Un seul des partis aurait suffisamment de soutien populaire pour rendre l'accord crédible international, mais pas assez pour provoquer un échec total des plans impérialistes. Les gouvernements britanniques successifs ont toujours espéré qu'un règlement intégrant Nkomo, d'isoler et de détruire la base militante de la ZANU.
Mais les Britanniques eux-mêmes ne pouvaient pas s'attendre à ce que Nkomo fasse de tant de complaiSa longue association avec la multinationale britannique Lonrho était une preuve de sa très grande sympathie pour l'impérialisme, mais il a fait mieux armées ont complètement coopéré avec les forces de contrôle britanniques, jusqu'à élever des plaintes contre tions du cessez-le-feu par la ZANU. Les lettres de créance
Sont été acceptées depuis longtemps déjà, lorsque Ian Smith, communauté blanche pendant de nombreuses années, a demandé aux Noirs de voter pour' la ZAPU plutôt que pour Muzorewa discrédité. Cependant, Smith est plutôt un boulet au pied d'un aspirant Premier ministre et Nkomo pourrait bien regretter ces embrassades.
Pour les Britanniques, problème réside aussi dans le fait qu'il est fort improbable que Nkomo gagne ces tions. Mugabe a une base beaucoup plus importante au sein de l'ethnie Shona, qui compose la majorité du pays et ses partisans jouent sans conteste un rôle plus grand dans la guérilla. Mais sans listes électorales, est impossible de tester l'opinion des électeurs avec quelque précision; mais il serait cependant surprenant que ZANU ne se révèle pas le premier parti du Zimbabwe. Nkomo a déjà pris des précautions par rapport à cela en se rapprochant d'une manière informelle de P'UANC et d'un certain nombre de plus petits partis africains et en leur faisant des propositions de coalition. On peut compter sur la coopération de lord Soames dans la manœuvre. D'après un rapport de fonctionnaires britanniques chargés de contrôler les élections, rédigé début février, Soames serait ca(3) David Diop : «Coup
Présence africaine, 1973.
Kitwe ZAMBI LUSAKA Maramba Victoria
Hontein
Bulaways ZIMBABWERHODESIE
HOEK
BOSTSWANA GABORONE PRETORIA Johannesburg pable de nommer Nkomo Premier ministre, même si Mugabe gagnait les élections! Et cela gagnait les malgré le fait que ces élections doivent suivre les règles britanniques qui veulent que le plus grand parti soit seul toujours appelé à former le gouverne-
Les tentatives de Nkomo pour former une coalition, les mesures administratives des Britanniques contre la ZANU et les attentats contre Mugabe, tout cela montre que l'on redoute fort une victoire de Mugabe - et qu'on a le sentiment que cela signifierait la destruction de l'Etat raciste. pas fondée sur le programme de la ZANU. Les trois principaux partis africains ont en gros la plateforme électorale, destinée à rassurer les colons blancs et à bercer les masses de vagues espoirs. compris la ZANU, n'aborde la question des nationalisations, des expropriations de terres et de la destruction de l'armée blanche.
d'une victoire de la ZANU, pour les Blancs aussi bien que pour les Noirs, serait que ces mesures pourraient alors être mises en œuvre, quoi que Mugabe en dise. Après une telle victoire, il est difficile de croire que la population disposée à retourner chaque jour au boulot pour des sa-
LILONGWE 2. Kabwé
Zambèze
SALISBURY Kariba
Fort Victoria Seira
Beitbridge 5 OC E
Pietersburg,
MAPUTO,
MBABANE.
IN D SWAZILAND laires de misère, des parcelles de terre minuscules et à accepter plus longtemps les humiliations de l'Etat blanc. Dans des circonstances normales, le pouvoir chargé de la décolonisation aurait senti ce danger et aurait cherché à intégrer Mugabe à ses plans. Cependant, en décoIonisant le Zimbabwe, l'Etat britannique est obligé de passer des compromis avec les colons blancs. Et ni les Rhodésiens blancs, ni les Sud-Africains ne semblent prêts à tolérer un gouvernement de Mugabe.
VERS LA GUERRE CIVILE
En outre, on peut déjà prévoir que le Zimbabwe se dirige à nouveau vers la guerre civile - un combat, toutefois, pour lequel les forces nationalistes auront été affaiblies tant militairement que politiquement. La coalition anti-ZANU, qui va de l'armée blanche à Nkomo, maintenant les élecMalgré l'impression soigneusement entretenue que les partisans de Mugabe sont les instigateurs de la violence politique, ce sont en fait les miliants de la ZANU aui ont été en butte aux plus grande. intimidations, principalement de la part de l'UANC. Voici quelques exemples des attaques contre la ZANU qui, généralement, ne figurent pas dans les rapports du gouverneur, parce qu'elles sont effectuées auxiliaires «opérant dans le cadre de la légalité» :
La été tirée sur une des fenêtres de la maison de Kumbarai Kangai, secrétaire aux Affaires sociales de la ZANU. Il se trouve maintenant à l'hôpital; • un responsable de la ZANU, ainsi que sa femme et leur enfant de trois mois, sont à l'hôpital, après avoir été brûleur demeure où une bombe a explosé ; - le président de la ZANU pour la province de Sinoia est hosavec une fracture du crâne, à la suite d'une attaque de partisans de l'UANC; - la boutique du trésorier de la province de Fort Victoria a été attaquée à la bombe; son camion lapidé et le chauffeur assommé. Cette agression est attribué aux auxiliaires.
QUELLE SOLIDARITE
INTERNATIONALISTE
La défense du mouvement nationaliste devient alors une nécessité immédiate pour le mouvement ouvrier des pays occidentaux. Le moyen le plus efficace est de lancer une campagne pour le retrait immédiat du gouverneur britannique et de ses troupes. De nombreux partisans de la ZANU (et des membres de base de la ZAPU) ont accepter l'accord en pensant que la présence britannique était une garantie contre les intimidations, mais bien peu le pensent encore maintenant. En l'espace de quelques maines, lord Soames s'est employé à montrer que bien loin d'être le sauveur du Zimbabwe - symboliquement du moins -, il est à l'origine de tous les
Le déploiement des troupes britanniques rappelle de manière frappante leur utilisation en 1969 en Irlande. Là aussi, leur arrivée fut accueillie favorahlement par le mouvement nationaliste comme une protection contre les attaques des réactionnaires. Là aussi le gouvernement britannique croyait
que des mesures court terme pourraient résoudre tous les problèmes dus à des siècles de colonisation.
Nous pouvons tous voir les résultats de l'expérience irlandaise. Les troupes
Get la force bienveillante venue pour boire le thé sur le pas des portes de Derry rapidement transformée en un instrument de répression hautement sophistiqué. fait aucun doute que le gouverbritannique ne désire pas répéter l'expérience, mais il doit tout de même résoudre le problème que constitue le retrait de ses forces. Ironiquement, ce seront les guerilieros qui les verront partir avec le plus de regret car ils reconnaissent que la présence britanni-
June petite garantie contre les attaques dans leurs zones de rassemblement. Ce qui a le plus de chances de se produire, c'est une guerre civile dans un court délai, les troupes encore sur place et se gardant bien de rester impartiales. Dans ce cas, le gouvernement britannique trouverait une fois de plus emdans une longue sanglante — une guerre dans laquelle le mouvement ouvrier occidental pas se permettre de rester neutre. 11 février 1980
Post-scriptum (13 février) :
Lord Soames s'est donné hier le pouvoir de supprimer le droit de vote dans tout district administratif où il estimerait que des intimidations ont lieu, afin de maintenir leur caractère «libre et honnête» aux élections. On ne sera pas surpris si les trois districts probablement interdits seront ceux où la ZANU est très représentée. Il est vrai que l'engagement des Britanniques envers la démocratie ne connaît pas de limites. (Le titre et les inter-titres sont de la rédaction).