DANS le premier budget, prévu pour l'année 1980, par le gouvernement de l'évêque Muzorewa, la part des dépenses de défense et de sécurité représentaient 37 conflit a coûté un million de par jour. Le déficit budgétaire représente 600 millions de dollars, qui seront financés par l'emprunt.
L'économie rhodésienne, comme l'écrivaient René Lefort et Jean-Claude ti, «reposait sur la confrontation de deux sociétés, de deux économies à la fois distinctes et complémentaires. La croissance du secteur blanc se nourrissait simultanément propriation des principales sources de richesse et de l'imposition d'un travail forcé et migrant pour obliger les Africains à venir s'employer au plus bas prix dans les entrepri-
La base de ce sytème colonial particulier, c'est la répartition autoritaire de la terre fixée par le Land Tenure Act de 1969. Les 6600 fermiers blancs disposent de 15,6 millions d'hectares de terres et les 700000 agriculteurs africains de 17,6 millions d'hectares, c'est-à-dire que la superficie moyenne d'une ferme blanche est cent fois supérieure à celle d'une exploitation indigène.
Cette inégalité de superficie est démultipliée par l'inégalité de la richesse tertilité des sols (devinez qui a les meilleures terres !) et des moyens en matériel, engrais et procédés de cultures mis en œuvre pour les faire valoir. Ce aboutit à une véritable ruine de l'agriculture africaine. Au cours des dernières années, la suite de mauvaises récoltes dues à la fois conditions structurelles (érosion et épuisement des sols) et conjoncturelles (effets de la guerre) ont provoqué une situation dramatique et une importante détérioration des conditions de vie de la population noire dans les Tribal Trust Lands, où la malnutrition sévit à l'état endémique.
Conséquence, avec le maintien d'une forte expansion démographique de la «pression sur la terre» des populations africaines, nombreux sont les Noirs qui doivent s'employer comme hez les Blancs, et ce salaire constitue la seule forme de revenu ou un complèment à la culture du lopin de terre.
L'importance de ce salariat migrand, et l'importance de l'armée de réserve industrielle en se combinant avec la politique de discrimination raciale explique les énormes écarts de salaires entre Blancs et Noirs
Le rapport moyen de ces salaires entre les deux communautés est de un à dix, mais atteint un à quatorze dans les mines et un à vingt-trois dans l'agriculture.
Des centaines de milliers de chômeurs, chassés de la campagne par le manque de s'entassent dans bidonvilles qui ont proliféré à la lisière des grands centres
René Lefort, Jean-Claude Pomonti : «De la Rhodésie au Zimbabwe», («Le Monde» du CIS Report : «Sell out in Zim-
Atlas du «Nouvel Observateur»