socialisme.
Le 24 décembre, la Cour intermédiaire de Pékin a déclaré Fu Yuehua coupable et l'a condamné à deux années d'emprisonnement. C'est un nouvel exemple, après la sentence inique qui a frappé Wei Jingsheng, de procès truqué monté par le
Pour la libération de F IOUS avions publié dans le numéro 65 d'Inprecor, daté I du 6 décembre 1979, une déclaration de deux organisations trotskystes de Hong Kong (la Ligue marxiste révolutionnaire et le Groupe des jeunes socialistes) exigeant la libération de Wei Jingsheng, condamné à 15 ans de prison par la Cour de justice de Pékin. Nous avions publié dans ce même numéro les comptes-rendus d'une enquête faite par des journalistes dissidents chinois sur les conditions de l'arrestation de Fu Yuehua, elle aussi militante du Mouvement démocratique.
Nous reproduisons cette fois l'éditorial de la «Revue Octobre» (une publication trotskyste de Hong Kong) de janvier 1980, exigeant la libération immédiate de Fu Yuehua. Wei Jingsheng, Fu Yuehua et bien d'autres détenus politiques en Chine méritent le soutien de tous et notamment des forces du mouvement ouvrier international qui luttent pour le
PCC au nom de la «justice judiciaire». La victime de ces pratiques est cette fois, une femme connue de tous pour avoir subie de graves persécutions et humiliations (...). Le PCC a frappé Fu car il doit continuer à faire des exemu Yuehua ples, condamnant des militants irréductibles pour intimider les autres. Il tente d'enrayer le développement du mouvement démocratique afin de restaurer, grâce à une application sévère de la loi, l'ordre social (...).
Mais, ces tentatives du PCC se solderont par un échec. Plus il utilisera les manœuvres judiciaires et les mesures autoritaires pour persécuter les dissidents et plus il se déconsidérera et perdra la confiance de la population (...). Le cas de Fu Yuehua montre une nouvelle fois comment le PCC fait de vérité mensonge (...). 1 - C'est le 8 janvier 1979 que les agents de la Sécurité publique ont arrété chez elle Fu Yuehua. Longtemps détenue sans être formellement inculpée, elle fut jugée pour la première fois le 32 août par la Cour intermédiaire de Pékin.
(Condamnée alors à un an), Fu fit appel à la Cour suprême de la capitale qui cassa le verdict, jugeant que «les faits étaient obscurs et les preuves insuffisantes». Après avoir maintenu Fu sept mois et demi en détention, les organes de sécurité restaient incapable de prouver sa culpabilité (...)! 2 - Maintenant, la Cour internouvelle fois décrétée Fu coupable. Pourtant, en croire l'Agence Chine Nouvelle, le verdict n'a fait état d'aucune nouvelle charge ni d'aucune nouvelle preuve ! (...). L'accusation en fait, se contente de noter que Fu a manifesté le 8 janvier «contre la faim, contre les persécutions, pour les droits de l'homme, pour la démocratie». Devant le tribunal, Fu a répondu qu'elle n'avait jamais fait qu'exercer ses droits reconnus dans l'article 45 de la Constitution (...). 3 - Lors de la séance du tribu-
Inal du 17 octobre, Fu fut accusée de «calomnier» le sécrétaire de branche du PCC, Geng Yutian. C'était faire de la victime le coupable ! La Cour a refusé d'étudier les faits et détails relatifs au viol à l'encontre de Fu dont Geng Yutian s'était rendu coupable; faits et détails avancés par Fu, sa famille et reproduite par des affiches mu-
Fu affirmait pouvoir très précisemment déde Geng, emportant la sympathie de l'assistance au procès et jetant dans l'embarras le tribunal et Geng (Après avoir ajourné la séance pour se donner le temps de répondre), la Cour s'est contentée d'abandonner l'accusation «calomnie» portée à l'encontre de Fu - reconnaissant implicitement qu'elle disait juste -tout en continuant à refuser de accusations qu'elle portait conleur validité ! (...).
Il y a six mois, à l'occasion de la tenue du Congrès du peuple, le PCC a présenté un certain nombre de lois et a annoncé qu'il instaurait le règne de la loi et non celui d'individus
(tout puissant). Pourtent, la la pratique actuelle du PCC, faite d'arrestations ince santes, d'incarcérations, d'accusaticns truquées, de procès in, ustes, de la suppression virtuelle des affiches murales et rzême ile nombreuses exécutions, montre ce qu'il en est de l'instauraiion de ces lois : le «renforcement de la législation socialiste» revient en fait au renforcement d: la répression (...).
Les deux jugements injustes l'encontre Jingsheng et Fu Yuehua le prouvent abondamment
Mais, (ces menace: i n'ont pas été suffisantes. L'armée a dû être envoyée dans de nombreuses, provinces pour «aider» au maintient de l'ordre, ce qui montre la gravité de la situation : les instruments habituels de répression - police, police secrète, milice - ne contrôler la situation. Au même moment, plus d'un millier de soldats sont postés dans des écoles secondaires et primaires de Pékin, ce qui ilaussi l'ampleur du mécontentement qui règne dans les milieux scolaires (...).
Le peuple chinois réclame une amélioration de son niveau de vie et des conditions de travail, ainsi que l'instauration pratique de la démocratie socialiste pour faire face à la répression bureaucratique. Ces droits fondamentaux ont toujours été réprimés, ce qui est la principale raison de la lenteur — ou même du recul - du développement économique, de la tension politique et sociale, du désordre. La seule façon de surmonter cette crise, c'est de satisfaire les revendications de la population. Plus le PCC s'engagera dans la voie inverse et plus il se verra confronté à l'opposition de la population (...).
(Il faut imposer les mesures suivantes): - la levée de tous les jugements injustes, erronés et falsifiés tels ceux qui ont frappés Wei Jingsheng et Fu Yuehua, la publication de tout le matériel relatif à ces cas, la reconnaissance du droit d'expression, la libération et le rétablissement dans tous leurs droits priitiques et sociaux des con- la libération de tous les prisonniers de conscience et prisonniers politiques, la garantie qu'ils ne seront plus poursuivis ni persécutés et qu'ils bénéficieront de tous les droits démocratiques; - la libération de toutes les personnes arrêtées pour s'étre rendues à Pékin ou dans fester et de présenter leurs revendications, la levée en pratique des jugements injustes qui les ont frappés et l'adoption de solutions à leurs problèmes, la garantie qu'ils ne souffriront pas de mesures de rétorsion; - l'arrêt de la répression engagée contre tous ceux qui luttent pour l'amélioration du niveau de vie et pour les droits démocratiques, la garantie que tout le monde pourra bénéficier pleinement des droits inscrits au chapitre 3 de la Constitution, sans devoir faire acte d'allégeance à la «pensée de Mao Zedong» et à la direction du PCC, la suspension de toutes les condamnations à mort des «criminels»; - la réécriture des articles qui, dans les «Six codes légaux» (adoptés par la deuxième session du 5ème Congrès du peuple) défendent les gouvernants à l'encontre des intérêts de la population, afin de mettre en œuvre une véritable législation et démocratie socialites.
«Revue Octobre» Le 25 décembre 1979