Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PEROU

La candidature de Hugo Blanco et la bataille pour l'indépendance de classe

· Inprecor n° 72-73, 20 mars 1980 · p. 41-45 · 3 112 mots

Pérou et Bolivie Mexique IVe Internationale Syndicalisme

'ALLIANCE de la Gauche révolutionnaire

L (ARI), cette large alliance électorale créée le 17 janvier dernier et qui soutenait la candidature à la présidence de la République de notre générales du 18 mai prochain au Pérou (voir en particulier Rouge, vécu plus de quarante jours. Deux jours avant la date limite fixée par la dictature militaire pour le dépôt officiel des listes de candidats au Parlement et à la présidence, l'ARI se divisait dans la confusion et l'amertume. Des secteurs importants de la classe ouvrière et des masses exploitées au Pérou, qui avaient formation de l'ARI en manifestant ces derniers mois, partout où cela était possible, leur volonté unitaire, qui s'étaient immédiatement identifiés

Jean-Pierre BEAUVAIS

Lima. - Le 6 mars 1980

Les onze candidats bourgeois à la présidence de la République reflètent à l'évidence la crise politique, la crise de bourgeoisie péruvienne après douze années de dictature militaire. Mais la profondeur de cette crise, au- delà de la multiplication des candidats dont certains représentent des intérêts sectoriels très marginaux, est avant tout ne actuelle des deux grandes de la bourgeoisie et l'Accion

Ce n'est qu'à la toute dernière minute que ces deux grands partis ont été en mesure d'inserire officiellement leurs

20 mars 1980 à l'ARI et lors des numéro 904), n'aura guère rendu possible la courir ces dernières semaines. LA CRISE DE LA BOURGEOISIE : ONZE CANDIDATS DECLARES candidats présidentiels (à la présidence et aux deux viceprésidences) et leurs listes de candidats députés et sénateurs.

L'établissement

La révélé et exacerbé les conflits internes entre courants, et caudillos aux inté. l'APRA, par exemple, de véritables batailles rangées et des règlements compte phyn'ont cessé d'opposer ces dernières semaines les pard'Armando Villanueva - candidat à la présidence et pâle successeur de Haya de la Torre à la tête du Parti - et ceux de Townsend, finalement désigné candidat à la première vice-présidence. Quant à Accion

Pérou mobilisés sous son drapeau, ont aujourd'hui le sentiment d'avoir perdu une conquête. C'est par centaines que des télégrammes venus des quatre coins du Pérou sont arrivés ces jours derniers aux locaux des partis qui composaient l'ARI exprimant en termes parfois pathétiques la déception et le sentiment de vivre une défaite. Aujourd'hui, les forces qui avaient conflué au sein de l'ARI présentent trois listes différentes de candidats. L'une d'elles est celle du Parti révolutionnaire des Travailleurs (PRT), la section péruvienne de la IVe Internationale, qui présente la candidature de Hugo Blanco.

Cette situation nouvelle s'inscrit par ailleurs dans un panorama pré-électoral si chaotique que les rumeurs de report des élections n'ont cessé de popular, si en apparence les choses se sont passées dans l'ambiance plus feutrée d'un classique rassemblement de notables, ce n'est qu'après des semaines de conciliabules, déclarations contradictoires, conférences de presse annulées au dernier moment que Belaunde

Terry, l'ancien président de la

République, déposé par les militaires en 1968 et à nouveau candidat, a été en mesure de faire connaître le nom de ses colistiers pour les deux viceprésidences candidats au Parlement.

Dans l'un et l'autre cas, les militaires ont exercé de nombreuses pressions pour que ces conflits se résolvent, n'hésitant pas à intervenir moins directement en faisant connaître leurs préférences quant au choix de certains candidats.

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l'impérialisme et des secteurs de plus en plus nombreux de la didatures combinée à la crise des principales formations bourgeoises ne conduise vienne», au lendemain des élections, c'est-à-dire à une situation d'instabilité comme celle que connaît la Bolivie depuis les élections de l'an dernier. VERS UN GOUVERNEMENT

CIVIL FAIBLE ? De par la loi électorale, ne peut être proclamé élu un candidat ayant obtenu moins de 36 pour cent des suffrages exprimés. Dans ce cas, c'est au Parlement qu'il revient d'élire le président et ses adjoint. L'un des deux principaux candidats

Villanueva (APRA) ou Belaunde (AP), obtiendra-t-il ces 36 pour cent ? Rien n'est moins sûr dans le contexte actuel. Se dégagera-t-il, l'hypothèse d'une élection au Parlement, une majorité cohérente pour élire un candidat disposant de suffisamment d'autorité et de marge de manœuvre pour gouverner «efficacement» au service des intérêts de la bourgeoisie péruvienne dans son ensemble ? Le fait que ces questions soient aujourd'hui seulement posées, mais qu'elles soient au centre de toutes les préoccupations des possédants, p:ouve que les plans de la dietature ont — en grande partie -d'ores et déjà échoués.

Le processus lent et tortueux, mis en route depuis quade retour à un régime s'appuyant tout sur l'APRA et ce qui reste de son audience auprès de secteurs des masses péruviennes, n'a jusqu'alors servi qu'à longer la vie du régime militaire. Mais il n'a en rien permis que la crise de direction politique de la bourgeoisie connaisse un début de solution. Les militaires qui avaient pris le pouvoir en 1968 pour stopper les effets désagrégateurs de cette crise ont en fait contribué à l'aggraver tout au long des

Les militaires, et avec eux douze années de leur régime dictatorial.

Cette situation est à leurs yeux d'autant plus grave que le retour à un régime civil était une réponse à l'isolement croissant de la dictature face à la multiplication et à la radicalimobilisations des masses exploitées du Pérou, victimes de la grave crise économique que traverse le pays depuis 1975-76. Malgré une amélioration conjoncturelle de la situation liée avant tout à l'augmentation des prix sur le marché mondial de certaines exportations traditionnelles du Pérou

Sargent), les facteurs qui sont à l'origine de cette crise restent inchangés et même se trouvent aggravés par la crise mondiale du capitalisme. pouvoir d'achat des salariés a baissé de 35 pour cent au cours des cinq dernières années selon plusieurs statistiques officielles concordantes et démagogie, des candidats bourgeois ne propose une économique cativement différente du régime actuel, dictée par les experts du Fonds monétaire international.

Un gouvernement civil faible et sans grande autorité ne s'appuyant pas sur une solide majorité parlementaire, incapable de canaliser ou d'affronter «sérieusement» tions des masses qui se maintiennent à un niveau élevé en cette période électorale, est la perspective inscrite dans la confusion et le chaos préélectoral du moment.

C'est un objectif radicalement opposé que se fixaient les militaires lorsqu'ils ont décidé et planifié leur retour dans les casernes. Bien l'instant, la majorité de l'armée reste favorable à cette perspecmultiplient les indices d'un renforcement des tendances militaires les plus réactionfavorables au maintien de la dictature - ou à un coup d'Etat dès que les civils divisés auront fait la preuve de leur incapacité à gouverner.

Ce contexte a pesé lourd dans l'aggravation des clivages au sein de la gauche et, en parl'Unidad de Izquierda (UI).

RUPTURE DE «L'UNIDAD

DE IZQUIERDA» L'Unidad de Izquierda était le Front électoral constitué par le Parti communiste péruvien (Unidad), majoritaire au sein de la direction de la CGTP, la plus représentative des centrales syndicales péruviennes, le Parti socialiste révolunaire, une formation bourgeoise regroupant notamment d'anciens généraux favorables à la politique de réformes menée durant les premières années de la dictature, et un secteur minoritaire du FOCEP ayant rompu avec la ligne d'indépendance de classe de ce dernier et dirigé par Genaro Ledesma. Le candidat à la présidence de ce Front était précisément Ledesma. quelques jours de la date limite pour le dépôt des candidatures,

Front a éclaté, officiellement pour une divergence sur la répartition des candidatures entre le FOCEP-Ledesma d'une part, le PCP et le PSR d'autre part. Par delà les péripéties, les insultes réciproques complaisamment reprises par la presse bourgeoise, une

: c'est le PCP qui a brutalement pris l'initiative de la

La raison est que Ledesma et ses amis

«représentent vraiment peu de choses», avaient de trop grands appétits en termes de sièges parleraison est beaucoup plus pol'aggravation évidente de la crise de direction bourgeoise, l'Unidad de Izquierda, de collaboration de classe au niveau de son programme et de sa composition, peut avoir un rôle signià jouer à très court très minoritaire. Concrètement, il s'agit de répondre aux appels du pied de l'APRA et de son candidat Villanueva qui se dit maintenant ouvert à une col laboration avec la gauche «re ponsable». En cas d'élection président par le Parlement,

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PC, bien qu'officiellement sans position sur la question, prêt à apporter ses voix au candidat de l'APRA, de même que le PSR, et ce, d'autant plus que l'APRA est en faveur du mainimportants accords commerciaux passés entre la dictature et l'Union soviétique. Ledesma, malgré son opportunisme, n'était pas un partenaire suffisamment sûr pour développer une telle politique. Entre les voix supplémentaires que pouvait leur apporter Ledesma en utilisant le sigle du FOCEP et la garantie d'une application cohérente et immédiate d'une stratégie de collaboration de classe, le PC - et accessoirement le PSR - ont choisi. Ledesma et son FOCEP-croupion ont été «débarqués» sans égards ni ménagements du Front électoral «Unidad de Izquierda» dont le nouveau candidat à la présidence est le général Leonidas Rodriguez, l'une des principales figures des premières années de la dictature, pour la première vice-présidence

L'Alliance de la gauche révolutionnaire (ARI) regroupait lors de sa formation l'ensemble des organisations maoïstes, centristes et trotskystes (à l'exception du PST, l'organisation se réclamant de chévique) du Pérou. C'est fondamentalement à l'initiative du PRT, la section péruvienne de la IVe Internationale, et d'un secteur de l'UDP (Union democratica popular), un regroupement de plusieurs organisations centristes et maoïstes que s'est créé l'ARI; les autres secteurs du maoïsme, regroupés au sein d'une part, les trotskystes du POMR (affilié au CORQI) d'autre part, s'étant ralliés à l'accord PRT-UDP.

Deux facteurs essentiels ont permis à l'époque la création de l'ARI : la volonté et la pression unitaire des masses péruviennes, en particulier des secteurs d'avant-garde du mouvement ouvrier et de la paysannerie; la très grande popularité

20 mars 1980 de Jorge del Prado, le secrétaire général du PC. Une véritable provocation pour les travailleurs péruviens qui, il n'y a pas si longtemps subissaient la porépressive dont Leonidas Rodriguez était en particulier chargé !

Quant à Ledesma, isolé et discrédité, il décidait de pré- candidature sous le sigle FOCEP après quelques contacts qui ont vite tourné court avec plusieurs secteurs du maoïsme. Il a commencé sa propagnade électorale par une violente attaque contre Hugo Blanco, qui, selon lui, selon lui, est un «agent de la CIA» ! Sa collaboration avortée avec les staliniens du PCP semble lui avoir apporté quelques idées quant aux thèmes à développer lors de sa campagne...

A peine la rupture de lUI était-elle consommée que s'ouvrait la crise de l'ARI, à partir de considérations évidemment fort différentes. L'IMPACT ET LA CRISE DE L'ARI de Hugo Blanco, «candidato natural de los hambrientos» (candidat naturel des affamés), selon la presse bourgeoise péru-

Dès sa création, et parce qu'elle répondait à un niveau déterminé à l'aspiration cadre de mobilisation et d'organisation unitaire des masses opprimées, l'ARI a eu un impact considérable. Un exemple, parmi de nombreux autres, en donne la mesure : les 22 et 23 février ont eu lieu les élections syndicales dans le complexe sidérurgique de Chimbote, le plus important du Pérou. Spontanément, les militants des différentes organisations membres de l'ARI présentes au sein de l'entreprise organisent une liste unitaire se revendiquant de l'Alliance. Dans ce bastion de l'appareil syndical de l'APRA où pour la première fois l'an dernier la gauche avait remporté de quelques voix les élections, tiers que la liste unitaire se revendiquant de l'ARI est élue.

En fait, l'ARI était à double titre une victoire pour les masses péruviennes. Une victoire, d'abord, sur l'incroyable sectarisme régnant au sein des organisations ouvrières et origines sont multiples : importance du courant maoïste, puis sa crise et l'atomisation qu'elle a engendré en période de reflux, aux pires heures de la

Get alors que l'action pouvait être que clandesparticuliers de la part des groupes centristes et maoïstes; derrière un langage très imprégné de populisme se cache le plus souvent une conception manipulatoire de leurs rapports à celles-ci, source de nombre de pratiques sectaires; la grande difficulté enfin qu'ont l'ensemble des organisations à s'adapter au nouveau contexte politique après des années d'activités clandestines ou semi-clandestines. Les conséquences de ce sectarisme sont catastrophiques, rendant le plus souvent impossible la plus modeste tactique de front unique. Dans ce contexte, la création de l'ARI signifiait avant à partir duquel les aspirations réelles des masses pouvaient s'exprimer mieux et avec une force accrue.

Cependant, la création de l'ARI fut surtout une victoire sur lesquelles elle reposait. Certes, ces bases étaient limitées et ne pouvaient qu'être limitées, donné les divergences programmatiques existant entre différentes composantes. Mais ces limites incluaient l'essentiel dans un contexte, comme celui du Pérou, où l'indépendance politique proléencore à réaliser. Essentiel qu'une alliance d'une telle ampleur reprenne à son compte l'ensemble des revendications mises en avant par les masses lors de leurs plus récentes mobilisations; essentiel surtout qu'elle se définisse d'emblée comme un cadre excluant toute formation bourgeoise en son sein et tout accord avec une quelconque organisation bourgeoise, en d'autres termes qu'elle se définisse d'em-

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blée - et de la façon la plus concrète et la plus explicite possible - comme un d'expression et de réalisation de l'indépendance de classe.

Le droit pour chacune des organisations membres de l'ARI de défendre par ailleurs l'intégralité de son programme et la désignation de Hugo Blanco, inlassable propagandiste de la ment des travailleurs, sans patrons ni généraux», comme parole de l'ARI, garantissaient et amplifiaient ces acquis es-

Les exploités et les famés du Pérou, à la différence d'une poignée de sectaires au premier rang desquels se trouvaient les dirigeants PST (l'organisation de la Fraction bolchévique), ont salué la victoire de l'ARI comme leur victoire et vécu son éclatement comme une défaite. C'est ce qu'ont immédiatement et parfaitement compris la bourgeoisie et les militaires en faisant de lARI leur ennemi principal pour les élections du 18 mai - et au-delà - et en exerçant les pressions les plus diverses sur certaines de ses composantes, maoïstes notamment.

C'est précisément l'offensive du secteur maoïste le plus cohérent et le plus puissant regroupé autour de l'organisation Patria Roja (Patrie rouge) et du front qu'elle impulse,

Mul de hanbre

LEEACIZACION

l'UNIR, qui est à l'origine de la rupture de l'ARI. Quelques jours après qu'il ait intégré l'ARI, ce secteur a été légapar la dictature ce qui possibilité de se présenter seul aux élections. A partir de là, il a développé une offensive provocatrice au sein de l'ARI, visant à en modifier le caractère : introduction de facto dans les réunions des délégués groupuscule bourgeois, l'ARS, explicitement exclu de l'ARI dans les accords initiaux; demande que l'ARI se dote d'une formule de gouvernement, la sienne, c'est-à-

«gouvernement démocratique, populaire et non aligné»; demande que l'ARI fonctionne sur la base du centralisme démocratique (sic !) afin de neutraliser l'influence trotskyste; enfin, désignation systématique en province de ses militants comme candidats de l'ARI en totale violation des accords initiaux. Au-delà des péripéties sectaires, l'axe politique de cette offensive était limpide : ou front de collaboration de classe, ou elle devait disparaître.

Confrontée à une offensive de cette nature, l'UDP (Union démocratique populaire) regroupant à la fois d'autres secteurs maoïstes en accord sur le fond avec Patria Roja et des centristes en majorité confus sur question de l'indépendance de classe, paralysée et au bord de l'éclatement. Seuls, le PRT et le

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POMR, dans un premier temps, menaient la défense de l'ARI et de ses bases politiques et organisationnelles initiales. A quelques jours de la date limite du dépôt des candique l'offensive maoïste semblait pouvoir être contenue - le groupuscule bourgeois ARS était définitivement expulsé et les bases de l'ARI finalement réaffirmées, - le POMR changeait radicalement de ligne sur injonction

«commission CORQI-Fraction bolchévique», avant tout préoccupée d'harmojusqu'alors antagonique de ses deux organisations péruviennes, le PST et le POMR. Ce dernier se ralliait sans explications sérieuse à l'orientation sectaire du PST et abandonnait le combat au sein de l'ARI. Profitant de l'occasion ainsi offerte, les maoïstes passaient à nouveau à l'offendénonçant le trotskyste et revendiquant l'hégémonie politique et organisationnelle au sein de l'ARI - en particulier une proportion considérable des candidats députés et sénateurs.

HUGO BLANCO, CANDIDAT DU PRT Quarante huit heures avant la clôture du dépôt des candidatures, c'est-à-dire le temps minimum pour pouvoir organiser et déposer ses propres listes, et à l'issue de trois jours et trois nuits de réunions-marathons au cours desquelles aucun accord n'avait pu se faire, le PRT décidait de présenter ses propres candidats, sous son propre sigle et sur son propre programme, comme le lui permettait sa légalisation arrachée, malgré tous les obstacles, à la dictature. Dans ce cadre, Hugo Blanco devenait le candidat présidentiel du PRT. Parallèlement les maoïstes de Patrio Roja et d'UNIR organisaient leur propre liste et présentaient la candidature d'un des leurs, Horacio Zeballos, membre de la direction du syndicat enseignant SUTEP, à la présidence de la République. Les secteurs maoïstes de l'UDP s'intégraient

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à cette liste, rompant de fait TUDP. L'autre secteur de l'UDP, avant tout composé rants centristes comme le MIR et Vanguardia Revolucionaria, décidaient alors de présenter leurs propres listes, sous le sigle UDP, et avec à leur tête, comcandidat à la Présidence, Carlos Malpica du MIR.

Pour nos camarades du PRT qui ont mené jusqu'à la dernière minute la bataille pour l'unité de l'ARI sur ses bases constitutives, l'alternative était claire : ou unité large sur la base d'un programme limité mais incluant l'essentiel, c'est-à-dire l'indépendance de classe, ou candidatures du PRT, sur la base du programme du PRT. Toute solution intermédiaire, en l'occurence un accord avec un secteur réduit de l'ARI, par exemple, les centristes de l'UDP, sur la base sur laquelle s'était constituée l'ARI eût été une grave erreur, affaiblissant politiquement une campagne faussement unitaire, qui, en aucun cas, n'aurait eu aux yeux des masses et dans ses effets pratiques la signification qu'aurait dû avoir la campagne de l'ARI.

Dans ce nouveau cadre, le POMR et le PST ont immédiatement accepté de s'intégrer à la campagne du PRT, sur la base d'un document politique com-

Dans la mesure où il n'était plus possible d'inscrire une nouvelle alliance électorale, c'est sous le sigle du PRT que ces camarades feront campagne

Fernandez, ment candidats à la présidence de la République et aux deux vice-présidences.

L'éclatement de l'ARI a une fois de plus mis en lumière l'importance décisive de la lutte pour l'indépendance de classe au Pérou, comme ailleurs en Amérique latine, et la nécessité du combat acharné pour sa réalisation. L'impact de masse de la candidature de Hugo Blanco «Pour un gouvernement des travailleurs sans patrons ni généraux» et sur la base d'un programme trotskyste peut signifier un grand pas dans ce sens. C'est un devoir impérieux, une tâche internationaliste taire pour tous les naires, que de l'appuyer concrètement.

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