Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PEROU

Le FMI, la dette extérieure et la crise économique et politique au Pérou

· Inprecor n° 72-73, 20 mars 1980 · p. 45-49 · 3 346 mots

Économie mondiale Pérou et Bolivie Argentine et Chili Syndicalisme

Le FI et la crise éco Manuel LAJO ment une crise profonde, que l'on peut comparer seulement à celle qui se produisit après la défaite de la Guerre du Pacifique, il y a exactement un siècle. Au Pérou, le cycle de la crise du capitalisme dépendant semble se répéter tous les dix ans, encore qu'il tende à se raccourcir. Déficit de la balance des paiements, dévaluation, inflation, récession et chômage massif ont redoublé d'intensité en 1958-59, en 196869 et d'une manière beaucoup plus dramatique depuis 1975. Au début des années 60, il y eut une brève période de redressement économique, permettant l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement civil, populiste et modéré, avec Fernando Belaundé Terry, sous l'égide de l'Alliance pour le progrès. La crise qui a débuté en 1967 a préparé un terrain favorable au remplacement de ce gouvernement par

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VII, la dette exté

nomique et politi

les militaires, avec un gouvernement de type populiste radical, premiers temps du moins. La crise naissante, jugulée jusqu'en 1973, conditions préalables au coup d'Etat du général Morales Bermudez contre le général Velas-

Entre 1975 et 1980, parallèlement à un processus de démantèlement des réformes vélasquistes, difficile à mettre en œuvre, et sous l'effet de la crise économique la plus importante depuis le début du siècle, on assista à un processus de radicalisation des masses populaires qui se manifesta par trois grèves nationales victorieuses, des milliers de grèves, des prises de terres, la naissance de centaines d'organisations de masses, l'audience électorale croissante de la gauche et le développement de ses organisations. De son côté, la bourgeoisie tente, par la mise en place d'une Assemrieure que au Pérou blée constituante (de juillet 1978 à juillet 1979), d'élections présidentielles et parlementaires, auront lieu le 18 mai 1980, de restructurer le gouvernement grâce à un processus de «transfert du pouvoir forces armées, usées après douze années de gouvernement, et treinte», capable de prolonger la vie d'un Etat bourgeois qui ne peut apporter une à la crise qui frappe la société péruvienne dans son ensemble.

LA CRISE,

SON PROFIL STRUCTUREL

ET CONJONCTUREL Le Pérou a une population de 17 millions et demi d'habitants. Celle-ci croît à un taux annuel de 2,9 pour cent. Chaque année, elle augmente ainsi ainsi d'un demi-million de personnes.

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Pourtant, le Produit national brut a diminué au cours des dernières années (respectivement de 1,2 et 1,8 pour cent en 1977 et 1978). En 1979, le

PNB augmentera de quelque

1,7 pour cent, mais essentiellement grâce à l'augmentation des exportations - en particulier, des exportations non traditionnelles - et à l'augmentation purement conjoncturelle du prix de certaines matières premières exportées. Le coût de ce redressement fut un accroissement de la dette extérieure (renégociée à la fin de 1978), une diminuron 50 pour cent par rapport à 1973, une dévaluation de

40 soles en 1976 à 250 soles pour un dollar en 1979, une augmentation du chômage qui avoisine 10 pour cent et le sous-emploi, 50 pour cent, une accélération du de centralisation et de concentration du capital qui - comme dans les autres pays du cône sud — se manifeste par le poids croissant des mécanismes financiers et spéculatifs.

En 1978, le PNB était d'environ 9000 millions de dollars, soit 530 dollars par tête. La dette extérieure s'élevait à 8 864 millions de dollars. Ainsi, la dette extérieure par tête atteint presque le produit par tête. Chaque Péruvien est débiteur de 510 dollars ou, sous un autre angle, toute la population péruvienne devrait travailler sans consommer ni investir pendant une année entière pour rembourser la dette.

La population rurale représente 39 pour cent de la population, mais la part de l'agriculture dans le PNB est d'à peine 12 pour cent. L'industrie représente 24 pour cent du PNB. Le fait que 50 pour cent de la population soit sous-employée en 1979 signifie que la moitié de la force de travail est employée moins de 35 heures par semaine ou perçoit des revenus inférieurs au salaire minimum vital (48 dollars par •mois). Il y a pratiquement un demi-million de personnes au chômage total et plus de deux millions et demi de sous-employés.

Ceux qui ont un emploi, s'ils sont salariés (employés), percevaient, en novembre 1979, en moyenne seulement 49 pour cent de ce qu'ils gagnaient en 1973. S'ils sont ouvriers, ils ouvriers, ils en gagnent seulement 72 pour cent, et encore s'ils sont syndiqués. Le salaire minimum termes réels de 40 pour cent par rapport à 1973. Mais les rémunérations qui ont connu les baisses plus importantes par rapport à 1973 sont celles des employés secteur public: certains gagnent seulement 26,6 pour cent de ce qu'ils gagnaient en 1973.

La part des rémunérations dans le revenu national était de 51,3 pour cent en 1972. Les profits atteignaient 15,5 pour cent. En 1979, les rémunérations ne représentaient plus que 40 pour cent tandis que les profits étaient proches de 30 pour cent.

Le montant des exportations (cuivre, zinc, fer, argent, coton, sucre, café et laines, pour l'essentiel) fut, en 1978, de 1940 millions de dollars. Les importations représentaient seulement 1600 millions, c'est-à-dire qu'il y a eu un excédent d'environ 300 millions de dollars de la balance commerciale.

compare avec l'année 1975, alors que cette balance faisait apparaitre un déficit de 1099 millions de dollars et que le déficit de la balance des paiements était de 1538 millions (pour un montant total des importations de 2390 millions de dollars), on peut se rendre compte de l'ampleur de la récession.

LE FMI ET LES DIX PLANS

DE «REDRESSEMENT ECONOMIQUE» AU PEROU :

1975-1980 Il est sûr que l'intervention du FMI, pour contrôler la politique économique péruvienne, n'est pas un fait nouveau. La nouveauté consiste dans le «suivi» très strict des recommandations qu'il a faites et qui, depuis 1975, sont à chaque fois plus draconiennes. Il est arrivé à faire accepter pratiquement tout ce qu'il veut et les différents «plans de redressement économique» n'ont pas été élaborés par le gouvernement péruvien, mais par le FMI lui-même. Et les visites successives de la mission du «Fond» - à chaque fois plus familières — mission présidée par Linda Koenig, n'ont pas été sans relations avec, par exemple, les cinq changements de ministres de l'Economie effectués entre 1974 et 1978.

Velasco était parvenu après les premières années de réformes à ce que la récession de 1968 soit écartée et que le rythme de croissance de l'économie reprenne son taux «normal» (5 % en moyenne entre 1969 et 1974). Passé le moment le plus dur d'affrontement entre nationalisme militaire, capital et gouvernement nord-américain, - qui est allé jusqu'à menacer d'appliquer l'Amendement Hi-

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ckenlooper, - le réformisme militaire reçut un appui de la part du capital international par l'intermédiaire d'accords pour des investissements en association avec l'Etat, le financement de projets gigantesques d'irrigation sur la côte ainsi que l'exploration et la construction d'un oléoduc en Amazonie du nord. Ces investissements ont largement contribué à l'augmentation de la extérieure; temps, d'ailleurs, on achetait en Occident et en URSS de l'armement en grande quantité, ce qui s'explique par le caracrégime et l'approche centenaire la Guerre du Pacifique. Au cours des du régime Velasco, tique monétaire, fiscale et des changes fut menée avec une certaine rigueur, grâce à l'établissement du contrôle changes, qui fixait le taux de change à moins de 40 soles entre 1970 et 1976, et qui réglementait l'importation de certains produits clés ainsi l'achat et la commercialisation de certains produits alimentaires (tel le riz) et en-

La politique économique, mise en œuvre par le général Morales Bermudez, au tère de l'Economie et des Finances jusqu'en 1974, était clairement protectionniste a réussi à contenir l'inflation. Mais des pressions inflationnistes plus fortes commencèrent à se faire sentir sous le minisgénéral Vargas Gavilano. Entre 1974 et 1975, le gouvernement de Velasco essaya de tempérer et de dissimuler la crise économique qui couvait, grâce à des changements mineurs. Pourtant, en juin 1975, il se vit obligé de promulguer le premier des célèbres «paquets» de imposés par FMI: hausse des prix, ponctions diminution et mise en œuvre de «l'austéles dépenses A ce «paquet» sont venus ajouter quelques autres, coup d'Etat du 29 1975, qui fit

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Velasco : l'un alors que Luis Barua était ministre de l'Economie en octobre 1975 et d'autres en janvier et juin 1976. Alors que le malaise social augde nouveaux «pafurent appliqués entre 1977, l'ingénieur Walter Piazza prit le portefeuille de l'Economie; il voulut imposer un «paquet» tellement impopucela précipita la grande grève nationale du 19 qui obligea le régim à annoncer la date des élections à l'Assemblée constituante et à changer de ministre de l'Economie. C'est le Saenz Barsallo qui fut alors Barsallo qui fut alors nommé; il ne chercha pas à satisfaire les satisfaire les exigences du FMI et, de mesures en contrepar tomber mai 1978. C'est à ce moment-là que l'on vit arriver d'autres mémorables économiques, inauguraient l'arrivée de l'actuel ministre Javier Silva Rue-

Ce ministre civil, tête d'une solide équipe, ayant des liens évidents avec le capital financier et les organismes internationaux, arriva à mettre sur pied, cours du second semestre 1978, nomique qui fut avalisé par le FMI et qui permit au ministre de renégocier la dette extérieure en octobre, Pérou se trouva pratiquement en cessation de paiements.

L'application des objecheurtée aplane Pote résistance Silva-FMI s'est populaire. Il y eut par exemd'importantes tions en août 1978 - qui arriempêcher partiellement le licenciement de dizaines de milliers d'employés secteur public - et grèves nationales des 22 et 23 mai 1978 et celle du 19 juillet 1979.

Pourtant la nouvelle équipe économique est parvenue, grâce à l'expérience années de crise, à faire passer les «paquets» en temps voulu, à les imposer avec habileté et, répression et promesses de «transfert du pouvoir aux civils», à gagner du temps et à cons-

June base de soutien politique aux partis de droite, qui s'apprêtent à prendre la rerégime militaire usé. Avec la Loi sur les exportations non traditionnelles, promulguée en décembre 1978, fut imposé officiellement un nouveau modèle d'accumulation au qui délaisse le marche intérieur et cherche à diminuer le coût de la force de travail péruvienne afin de permettre l'intégration de l'économie nationale au sein des nations qui ont déjà opéré une restructuration, dans le cadre de la division internationale du travail et de la sous l'égide des multinationales. Le FMI est à la tête de ce mouvement international.

UN REDRESSEMENT

ARTIFICIEL ET La politique appliquée par le ministre de l'Economie, Silva Ruete, qui, pour renégocier la dette extérieure en octobre 1978, dut passer un compromis avec le FMI, prévoyant la mise en œuvre d'un plan de récession économique très rigoureux, a permis d'équilibrer la balance commerciale, mais sans arriver à contenir l'inflation qui, pour la seconde année consécutive, a dépassé 65 % en 1979, ni à éliminer le déficit fiscal de dollars en pratiquement la recettes courantes de l'Etat). Cette politique n'a pas permis d'obtenir un excédent important de la balance des paiements bien que, d'une année sur l'autre, ait réduit les importations et augmenté les exportations non traditionnelles, qu'on ait augmenté les excédents et les bénéfices privés réalisés à l'extérieur et qui sont enregistrés au compte de la balance des paiements (étant donné que ceux qui ne sont pas enregistrés bien plus élevés) : 158 millions de dollars en 1978 (8 % du montant des exportations), 446 millions en 1979 (13 % du montant des exportations) et proba-

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blement 604 millions en 1980 (17 % des exportations totales).

Mais ce redressement apparent des exportations a deux causes immédiates : une certaine augmentation des cours mondiaux des matières exportées par le Pérou et un bond impressionnant des tions non traditionnelles (de fait, qui sont passées de plus de 170 millions de dollars en 1976 à presque 700 millions en 1979) qui ont doublé l'année dernière par rapport à 1978. Quelle explication donner à ce petit «miracle» ? On peut en avancer trois : 1. Les subventions énormes accordées au capital étranger et national qui réalise des exportations non traditionnelles. L'Etat a versé entre 55 et 80 millions de dollars à des entreprises comme CERTEX (ce qu'on appelle des «dégrèvements d'impôts» et qui sont en réalité des subventions à un nombre réduit d'entreprises — en particulier, étrangères telles BAYER), qui réalisent des exportations non traditionnelles. Cela représente plus du dizième des dépenses publiques. Un nombre restreint d'entreprises - pas plus de trente - effectuent plus de la moitié des exportations non traditionnelles du Pérou. Et les conditions offertes sont telles qu'en 1979, le Pérou s'est transformé en pays exportateur de biens que jusque-là il n'avait jamais cherché à exporter : pâtes alimentaires, lait concentré, pommes de terre, œufs. En outre, on se permet le paradoxe d'exporter des aliments alors que la majeure partie de la population connaît une situation de malnutrition généralisée. 2. La dévaluation du sol fut

Run autre stimulant du «boom» de l'exportation. Entre 1976 et la fin de 1979, la dévaluation a atteint un taux supérieur à 400 % alors que l'inflation interne fut de 160 %. Les gains des exportateurs furent facilités par les ventes en dollars, à des prix à chaque fois plus élevés des produits fabriqués grâce à des salaires (et des coûts de revient) qui ne croissent pas à la même vitesse.

3. La diminution des salaires réels. Le Pérou n'a jamais eu une force de travail aussi bon marché qu'actuellement. Le prix de cette force de tra-

Best aujourd'hui pour la grande entreprise moins de 40 ou 50 % de ce qu'elle représentait en 1973. Dans le secteur industriel, les dépenses de main d'œuvre ont diminué en termes réels de pratiquement 50%.

Pour terminer aperçu des données économiques fondamentales de l'actuelle crise péruvienne, il faut signaler que, lors des récessions précédentes, on n'en était jamais arrivé au niveau actuel de détérioration. Par exemple, en 1968,

ORIGINES ET En dehors des origines structurelles qui expliquent les crises des trois dernières décennies au Pérou, les causes de la dernière crise peuvent être trouvées dans le réformisme du régime précédent. Le radicalisme du réformaisme bourgeois du le taux d'inflation avait atteint seulement 19 % (pour un taux de 73 % en 1978). Le PNB a diminué de 0,5 % en 1968

(pour une baisse de 1,8 % en

1978). La dévaluation de 1967 n'a pas dépassé 50 % alors que l'inflation au cours de ces dernières années - si l'on prend comme base 1975 - a atteint 476 %.

L'ampleur de cette crise annonce un changement dans le modèle de développement suivi par le Pérou. Tout comme à la fin des années 60 au Chili, au Pérou à la fin des années

70, les contradictions du capitalisme dépendant exige des solutions radicales.

SPECIFICITE DE LA CRISE PERUVIENNE général V Ausco explique même en partie la profondeur de la crise et doit d'éclairer les perspectives de solutions oui s'ouvrent. Le régime de Velasco a réalisé en sept ans des réformes et des modernisa-

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tions qui ont pris plusieurs décennies pour être réalisées dans des pays comme le Chili : le développement du secteur capitaliste d'Etat et des investissements publics (financés en grande partie grâce à des crédits extérieurs engendrant une dette extérieure gigantesque); une politique de soutien au développement des couches moyennes urbanisées (qui comprend des subventions la consommation d'essence et de produits alimentaires de base importés qui ont contribué à approfondir la crise), un programme de réformes dans l'agriculture, dans la propriété industrielle cherchant à concilier le capital et le travail à travers une cogestion limitée, de la presse par l'expropriation des journaux de l'oligarchie sans chercher à les transférer à des «organisations populaires», un programme de nationalisation des grandes entreprises minières dont les effets furent pourtant relativisés grâce à l'introduction de nouveaux contrats et de nouvelles concessions pour le cuivre et le pétrole; une politique de mise en avant des organisations populaires et de radicalisme idéologique anti-impérialiste et anti-oligarchique qui a permis de briser les barrières culturelles sans même arriver à les orienter vers le «tercérisme», une voie «ni capitaliste, ni communiste», développant cependant une dynamique d'organisation et de prise de conscience chez les masses qui aujourd'hui est capitalisée par la gauche révolutionnaire; ce sont tous ces phénoqu'il faut prendre en compte pour évaluer le niveau actuel du processus politique et socio-économique péruvien. En résumé, la crise péruvienne doit être analysée en prenant en compte quatre éléments centraux qui la différencient des autres expériences similaires en Amérique latine, par exemple, celle du Chili de 1970 : a) le réfornisme de Velasco fut un réformisme bourgeois beaucoup plus radical que celui de Frei, Vargas ou Péron ; b) sur le plan économique, la crise péruvienne est beau• coup plus profonde que celle du : 20 mars 1980

Chili de 1968-69, de l'Argentine au cours des mêmes années, ou de la Bolivie avant le régime de Torres. Les contradictions entre les fractions de la bourgeoisie tournées vers le marché intérieur et celles tournées vers l'exportation traditionnelle et non traditionnelle peuvent être plus Importantes au Pérou que dans ies autres pays latino-américains. Le fractionnement actuel de la vourgeoisie en trois blocs (qui peuvent arriver à deux pour les élections présidentielles) paraît refléter ces problèmes, dûs aussi en partie au réformisme antérieur qui avait mis en œuvre un processus de substitution des importations, un protectionnisme industriel, etc. c) les hases sociales populaires du Pérou sont beaucoup plus hétérogènes que celles des autres pays du cône sud. La classe ouvrière est encore très jeune et la paysannerie pauvre, les chômeurs partiels des villes et des campagnes, parallèlement à un accroissement des nouvelles et anciennes couches moyennes, aujourd'hui paupérisées de la même manière, rendent le spectre politique plus diversifié et plus difficile à saisir. Cela explique aussi les orientations politiques des éléments de gauche qui suivent globalement le maoïsme, le trotskysme et le communisme (pro-soviétique) et qui ont un poids équivalent, sans hégémonie claire d'une quelconque organisation ci sans rapport avec leur influence dans les organisations nopulaires. d) le rôle des forces armées

Pércu est distinct de celui des autres pavs. Ces forces armées ont gouverné douze années durant et ont mis en œuvre, an cours des sept premières ennées, un programme radical (mais inconséquent) de réformes dane le cadre du capitalisme et institutionalisé par les forces ar: nécs. Depuis 1975, on assiste : un processus honteux de remise en cuestion du projet de «révolution péruvienne», et cela dans un contexte de crise économique, la pire qu'ait jamais connue le Pérou.

Pour cela, la répression économique liée aux programmes de stabilisation du FMI, qui dans la plupart des pays du tiers-monde, s'accompagne d'une répression politique, y compris de changements de type de régime : fascisme ou régimes militaro-répressifs (régimes de sécurité nationale). Au Pérou, il continue d'exister une féroce répression économique, zigzaguante mais, alors que la répression politique contre la gauche est limitée, cela se combine étrangement à une «libéralisation politique» à travers un processus réel, bien que plein de péripéties, de «transfert du pouvoir aux civils». II s'agit de mettre en place une démocratie bourgeoi ment même où la économique entraîne un mouvement populaire capable de gagner les élections, de tenir des grèves nationales alors que règne l'Etat d'urgence (avec la suspension des garanties constitutionnelles) et de construire des organisations politiques unitaires là où il y a quelques années n'existaient qu'une dizaine de petites organisations de gai

Il s'agit en conclusion de savoir si l'application de la politique du FMI pourra se faire dans un pays où le mouvement populaire est en plein essor, qui a connu douze années de gouvernement militaire usé et qui, après l'expérience du réformisme militaire radical, rencontre de graves difficultés pour ne pas déboucher sur une situation révolutionnaire.

En d'autres termes, la crise économique péruvienne, attisée par l'énorme dette extérieure, pourrait bien amener le triomphe électoral de la gauche ou tout au moins un accroissement du mouvement populaire d'une dimension telle qu'il serait impossible d'établir une «démocratie restreinte». Le coup militaire de droite est cependant une solution très difficile à imposer, étant donné qu'il trouverait difficilement une base sociale de soutien.

La crise péruvienne peut donc déboucher sur une situation révolutionnaire.

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