Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EL SALVADOR

Veillée d'armes au Salvador après l'assassinat de Mgr Romero

· Inprecor n° 74, 3 avril 1980 · p. 13-16 · 3 031 mots

El Salvador Nicaragua Syndicalisme Italie

Michel ROVERE L'ASSASSINAT

• tueur professionnel de l'archevêque de San Salvador, Mgr Oscar Arnulfo Romero, jette, s'il en était encore besoin, une lumière un peu plus crue sur l'apreté au combat de l'oligarchie salvadorienne et de l'actueljunte militaire, soutenue par Washington.

Conservateur, Mgr Romero hiérarchie catholique d'Amérique centrale qui comprenait, à la lumière de la fin du somozisme au Nicaragua et de la montée révolutionnaire dans la région, que l'Eglise layée en identifiant ses intérêts à la défense sans nuance des égoïsmes de l'oligarchie et des d'Etat des militaires.

plus que sa défense des droits de l'homme, qui se avec un appel non-violence (ainsi en octobre 1979, après la prise du pouvoir par l'actuelle junte, l'Esalvadorienne mandé aux organisations d'extrême-gauche et aux masses de renoncer aux actions armées), ce sont les dernières prises de position de l'archevêque qui ont scellé son sort. D'abord, la dénonciation, partant la publicité qu'il na à la «réforme agraire», décrétée par les militaires. Cette essentiellement servi à la junte à envoyer ses troupes occuper les propriétés agricoles où ments de contestation des paysans pauvres et des travailleurs agricoles étaient les plus avancés. Annonçant que les «nationalisées» ne seraient redistribuées qu'aux bons sans, c'est-à-dire aux paysans organisés dans les réseaux de l'organisation d'extrême-droite, ORDEN, ou «apolitiques», l'armée entreprenait d'expulser les

3 avril 1980 paysans et les travailleurs agricoles. Plusieurs dizaines de paysans devaient trouver la mort affrontements s'ensuivirent. «On n'irrigue pas la terre avec du sang», avait alors expliqué le prélat. Soucieux de ne pas se laisser déborder par la radicalisation du mouvement de masses, y compris pour pouvoir jouer au moment opportun et à bon escient un rôle de médiateur et de conciliateur pour sauver ce qui pourrait être sauvé du régime, Mgr Romero n'avait pas hésité à dire que l'Eglise ne saurait condamner la violence «dès lors que tous les moyens d'évolution sociale vers la justice avaient été épuisés et que dommages provoqués par l'insurrection seraient un moindre mal par rapport à la situation actuelle».

Mais la goutte d'eau qui faire déborder le vase pour l'oligarchie et la junte militaire, ce fut lorsque, dans sa dernière homélie dominicale, le prélat appelait les sol-

«n'obéir à aucun ordre pour l'archevêque, il s'agissait, en tirant les leçons du Nicaragua, de pouvoir ver, en cas de chute du régime et d'insurrection populaire, ce qui pouvait l'être de l'appareil s'agissait pour la junte militaire et l'impérialisme US qui visent à l'écrasement l'extrême-gauche d'une provocation insupportable. Peu après le discours, le porte-parole des forces armées, le colonel Marco Aurelio Gonzales, avait qualifié de «crime» cet appel du prélat.

Quelques heures plus tard, une organisation terroriste d'extrême-droite liquidait le gêneur.

Cet assassinat, comme la répression qui se poursuit dans

El Salvador les campagnes, met une fois de plus en lumière le rôle des organisations d'extrême-droite tueur appartiendrait aurait été contracté nion guerrière blanche au Sal-

Nous publions ce numéro d'Inprecor une série documents sur la principale des organisations terroristes d'extrême-droite existant au Salvador, l'Organisation de défense nationaliste (ORDEN). Ces documents et ces déclarations montrent comment ces organisations sont étroitement liées, malgré tous les démentis officiels, a l'oligarchie, a l'appareil d'Etat et aux agences de renseignement nord-américaines. Ce sont ces organisations terroristes qui organisent, en collaboration avec la police et contre les ouvrières paysannes ou qui se chargent des «dirty tricks», des sales de l'assassinat et de la liquidation des militants révolutionnaires et syndicalistes. Il y a quelques jours des cadavres de militants, torturés, puis achevés, ont été découverts.

Ce sont ces commandos qui se voient aujourd'hui renforcés de mercenaires rescapés de la Garde nationale somoziste des organisations d'exilés cubains anti-castristes, qui sont intervenus, lors de la dernière grève générale du 17 mars, appelée par la Coordination révolutionnaire, contre les ouvriers qui occupaient leurs usi-

Lars Palmgren, envoyé spécial d'Internationale, l'organe de la section suédoise de la IVe Internationale, et l'un des rares journalistes qui n'ait pas encore été expulsé, a assisté à ces opérations de terreur blanche «C'était dans la «zone libre», au dehors de la capitale, San Salvador. En arrivant nous

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avons croisé le personnel de la Croix-Rouge qui etait empêché d'entrer dans le quartier par les militaires, alors que tout savait qu'il y avait de nombreux blessés à l'usine située un peu plus bas dans la rue. Alors que nous étions là, un convoi militaire arriva composé trois camions plein de soldats et de petits véhicules d'hommes en armes qui, à l'éétaient de la Quand j'ai essayé de les prenils pointerent leurs fusils vers nous,

Get commencèrent d'une manière hystériEnsuite cinquante soldats essayèrent de disperser les gens qui s'étaient agglutinés autour de la voiture de la Croix-Rouge. Un peu plus tard, les soldats disparurent et nous avons pu entrer dans le quartier. En arrivant à l'usine nommée APLAR qui appartenait à des Américains, a mi-décembre dernier. et qui était fermée denous avons rencontré des gens qui criaient.

Les travailleurs de l'usine avaient été convoqués ce lundi pour discuter avec la direction au sujet du redémarrage de la production. En entrant, nous vimes environ quinze cents personnes, principalement des femmes. Les planchers et les murs étaient couverts de sang. Le mobilier et les portes étaient défoncés. Des gens étaient dans un état très grave et gémissaient autour de nous. Dans une des pièces, il y avait cinq travailleurs morts étendus sur le plancher : quatre hommes et une tués à bout portant. A l'extérieur, près du périmètre de l'usine, il y avait encore homme étendu qui avait été abattu.

La terreur avait duré environ deux heures. Ceux qui n'avaient pas été blessés ou tués avaient été très brutalement frappés. Mais cet acte de terreur contre les travailleurs ne fut même pas mentionné dans les journaux du Salvador.

Après cela, nous vîmes comment la police et les militaires entourèrent les quatre autres sites de l'usine qui avaient été occupés travailleurs. Il y avait de nomaffrontements, mais Croix-Rouge et les journalistes étaient empêchés d'entrer.

D'après un militant syndical, dix autres ouvriers avaient été tués lors d'une attaque des forces répressives dans l'usine de Sacor Cuscatlan. Mais, dans les journaux, qui sont censurés, la version officielle est que les violences ont été provoquées par des extrémistes qui commencé à tirer sur la police.

On ne sait pas exactement combien de travailleurs ont été tués ce jour-là dans les autres usines, mais on peut avancer le chiffre de trente-cinq personnes. Personne ne sait combien furent blessés».

L'assassinat de Mgr Romero, point culminant d'une vague de violences, d'exactions et de crimes, qui a fait 200 morts en quinze jours, ne peut que renforcer la polarisation politique et sociale croissante au Salfermer un peu plus les possibilités d'une issue pacifique ou négociée à la crise du

Un ancien assistant du prélat expliquait : «L'assassinat de l'archevêque risque de radicaliser un secteur entier de la population qui croyait dans les droits de l'homme et à la non-

Un membre du gouvernement lui-même laissait apparaître ses craintes, pliquant que désormais l'extrême-gauche «apparaissait comme une solution de rechange à un nombre croissant de Salvado-

Il y a deux semaines, la Coordination révolutionnaire, qui regroupe, outre les commubliait la plateforme programmatique pour un «Gouvernement démocratique révolutionnaire».

Nous publions dans ce numéro le texte complet de cette plateforme qui contient des ouvertures, pour des alliances politiques, à des secteurs de la bourgeoisie nationale, des partis bourgeois d'opposition MNR, lié à la Ile Internationale et l'opposition qui vient d'être expulsée du Parti démocrate chrétien au pouvoir dans la junte) et des secteurs de l'armée, qualifiés de «patriotes et d'honnêtes».

Cette plateforme appelle plusieurs remarques. A • l'évidence, , de la même manière que la création en janvier dernier de la Coordination révolutionnaire s'inspirait de la réunification des trois «tendances» du FSLN (en fait trois ailes ayant leurs configurations politiques et organisationnelles propres), en décembre 1978, la définition de cette plateforme et la politique d'alliance qu'elle exprime s'inspire de celle menée par le FSLN à la veille de la victoire contre Somoza.

Il s'agit, comme nous l'ont d'ailleurs expliqué les représentants de certaines organisations révolutionnaires salvadoriennes, d'ébranler encore davantage la base politique et sociale du régime, - notamment d'accentuer la crise de la démocratie chrétienne, - de favoriser les fissures au sein de l'armée et surtout d'isoler internationalement la junte. L'axe restant celui de la proclamation de janvier de la Coordination, c'est-à-dire celui de la préparation d'une grève générale insurrectionnelle pour renverser le gouvernement militaire soutenu par l'impérialisme.

Mais la différence avec ce qui s'est passé au Nicaragua, c'est que cette plateforme est l'expression bâtarde, sous forme de compromis, de conceptions divergentes au sein de la Coordination sur les alternatives politiques à donner à la junte. Et qu'ensuite, à cause des particularités du Salvador, mais après les leçons que tirent la bourgeoisie salvadorienne et les régimes de la région de ce qui s'est passé précisément au Nicaragua, la situation au sein du bourgeois au Salvador a peu de chose à voir avec ce qui s'est produit à Managua.

Il est certain que les signataires de la plateforme de gouvernement ont des arrière-pensée divergentes. Pour le Parti communiste, cette plateforme doit permettre de reconstituer avec le MNR, mais aussi avec les débris de la démocratie chrétienne, une véritable alliance de Front populaire, un

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peu sur le modèle de ce qu'étaient taient ses alliances électorales de 1972 et 1977, ou le Foro popular formé en septembre 1979. Le Foro popular a d'ailleurs éclaté quand le MNR et le PDC ont soutenu la junte. Le projet du PCS est évidemment de contenir la montée révolutionnaire des masses dans un projet de collaboration de classe qui laisse intact l'essentiel de l'Etat bourgeois et des intérêts de la bourgeoisie et de l'impérialisme.

qu'expliquait le Schafik Jorge Handal, dans une interview reproduite fin février par Granma à propos des possibilités d'alliance avec la Démocratie chrétienne : «Nous avons fait route ensemble depuis plusieurs années. Nous nous connaissons donc bien et c'est pourquoi nous pouvons affirmer ce que je viens de vous dire. La base du Parti démocrate chrétien appartient dans sa grande majorité au vaste mouvement populaire révolutionnaire (...). Nous pensons aussi que la majorité des démocrates chrétiens qui font partie de la direction du parti et occupent maintenant des postes au gouvernement sauront réagir. Nous espérons qu'ils sauront réagir».

Il est manifeste aujourd'hui que le PCS et l'UDN, qui se sont compromis d'octobre à décembre 1979 dans le soutien à la junte militaire et la participation à son gouvernement, font le «dos rond» pour avancer leurs propositions et se retranchent derrière les formulations du FAPU sur la nécessité d'un «Gouvernement de salut national». C'est ainsi que le FAPU a expliqué que cette plateforme de gouvernement démocratique révolutionnaire était la concrétisation de sa propre formule de «Gouvernement de salut national».

De l'autre côté de l'éventail, les LP 28 ont expliqué que cette plateforme était la concrétisation de leur mot d'ordre radical de «Gouvernement ouurier populaire et socialiste».

Il est vrai, à l'appui des déclarations des LP 28, avec lesquelles travaillent de plus en plus régulièrement le BPR, que cette plateforme se distingue

3 avril 1980 sur plusieurs points essentiels de ce qu'étaient les plateformes élaborées par les sandinistes sandinistes avec l'opposition bourgeoise anti-somoziste. 1 - Sur la question, décisive

Centre toutes, de l'Etat. La plateforme explique que «la que «la première tâche et le premier objectif de la révolution au Salvador » est de «renverser la dictature militaire réactionnaire imposée et défendue par l'oligarchie et l'impérialisme yankee contre la volonté du peuple salvadorien depuis 50 DETRUIRE SA MACHINE POLITICO-MILITAIRE (1) et instaurer un gouvernement démos'appuie sur l'unité des forces révolutionnaires et démocratiques, sur l'armée populaire et le peuple salvadorien; 2 - Sur la question des mesures économiques à mettre en œuvre après la prise du pouvoir, il est clair que leur étendue et leur profondeur, telles qu'elles sont décrites au point 7, vont beaucoup plus loin que le programme initial des sandinistes après janvier 79 qui ne se proposaient que de nationaliser les biens de Somoza; 3 - L'insistance mise du mouvement de masse. Au point 8, il est souligné le développement de «l'organisation populaire à tous les niveaux», dont il est dit que l'enjeu est que «le peuple et son gouvernement s'identifient de la façon la plus étroite» ; 4 - Enfin, dernier point, mais qui est loin d'être le moins important, il y a la question de savoir qui dirige l'alliance «antiimpérialiste et anti-oligarchique» dans laquelle viendraient éventuellement se joindre tel ou tel secteur de la « bourgeoisie nationale».

On se rappelle que c'est après le renversement de Somoza et la prise du pouvoir que les sandinistes avaient apporté leur réponse, avec la formation de la junte de gouvernement dans laquelle ils détenaient en fait trois des cinq sièges et la constitution de la direction des neuf commandants de la révolution (2).

Au Salvador, pour le mo ment il ressort clairement que la direction politique et militaire incontestée du processus révolutionnaire ne peut être assumé que par la Coordination révolutionnaire, regroupant l'UDN et organisations révolutionnaires.

Il est évident que les secteurs favorables une politique de collaboration de classe à l'intérieur ou à l'extérieur de la coordination mèneront bataille, (1) Souligné par nous (2) Cf. «Inprecor» numéro 61 du

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s'ils n'ont déjà commencé, soit pour son élargissement à droite, soit pour que son rôle soit relativisé au profit d'un front plus large, regroupé ou non autour de la plateforme du Gouvernement démocratique révolutionnaire.

Mais pour l'instant, que ce soit au travers de la grève générale du 17 mars, ou de l'appel à une nouvelle grève générale de huit jours après la mort de Romero, il est évident que c'est la Coordination révolutionnaire qui continue de jouer effectivement le rôle de direction. cour conclure. il est évident que la publication de cette plateforme vise, comme le disait Ana Maria Gomez, de la direction du BPR, à combler un vide : l'accord sur lequel s'est fondé la création de la Coordination révolutionnaire fixait comme perspective générale la grève générale insurrectionnelle. Mais il ne comportait aucun mot d'ordre politique transitoire, concretisant, avant le déclenchement de cet affrontement final, une alternative à la junte. Or avec les manœuvres de cette dernière, sur la question des «réformes», il devenait indispensable, pour organisations révolutionnaires, de concrétiser leurs propositions. La grève générale insurrectionnelle n'est qu'une forme de lutte pour renverser l'actuel régime. Elle ne suffit pas à expliquer aux larges masses, surtout aux secteurs qui ne suivent pas encore la Coordination pourquoi il faut la renverser (c'est-à-dire pour quel programme de transformations alternatif il faut affronter les fusils de la junte) ni par quoi (quelle supérieure pouvoir politique) elle peut être remplacée.

L'autre différence entre le Nicaragua et le Salvador, mais qui n'est que secondaire, c'est que le dispositif politiques bourgeoises est totalement différent. D'abord, à cause du poids spécifique de l'oligarchie salvadorienne, des quatorze familles, qui a peu de choses à voir avec ce qu'était Somoza et ses affidés. Du point de vue économique et social, surtout depuis que la majorité de la démocratie chrétienne soutient la junte, poids de la «bourgeoisie d'op position» n'a rien à voir avec ce qu'était le poids de la bourgeoisie anti-somoziste. Du point de vue politique aussi, tion, propulsée par l'impérialisme et les forces armées, avec la junte depuis le 25 octobre, modifie sensiblement les possibilités de comparaison. Notamment du point de vue de l'attitude des bourgeoisies centro-américaines ments du Pacte andin. Echaudés par ce qu'il est advenu au Nicaragua après la chute de Somoza, ils ont décidé de soutenir la junte salvadorienne contre le mouvement de masse. Cela explique que, pour le moment du moins, aucune des forces bourgeoises d'opposition, même mineure, n'ait accepté de prencompte la plateforme de Gouvernement démocratique révolutionnaire qui leur était destinée. Le dernier élément qui explique cette attitude, c'est la fermeté même de la politique d'intervention impéau Salvador et dans la Depuis plusieurs mois, il est devenu évident pour la bourgeoisie salvadorienne dans son ensemble, ainsi que pour les bourgeoisies de la région (3), que Washington, après le Nicaragua, a décidé de faire du Salvador le test de sa capacité de contenir et d'écraser le mouvement révolutionnaire qui se développe à l'échelle de tout le Centre amérique.

Carter a versé quelques larmichettes sur la mort de l'archevêque, mais son administration, par le biais du secrétaire d'Etat, Cyrus Vance, s'est empressé de réaffirmer le total à la junte tandis que continuent les envois d'armes, d'argent et de conseillers militaires.

Janice Lynn, d'Intercontinental Press, explique dans son article jusqu'à quelles extrémités Washington se déclare prêt à aller pour casser les organisations révolutionnaires et briser le mouvement de masse. Pour montrer le rôle de l'impé-

A LIRE EGALEMENT DANS Solidarité et unité face à la dictature de Romero Numéro 53 du 24 mai 1979 - La marche à l'affrontement

Michel ROVERE Numéro 70 du 21 février 1980 - Les réformes de la junte et le renforcement du dispositif militaire impérialiste dans la région Michel ROVERE Numéro 72/73 du 20 mars 1980 rialisme américain au Salvador, outre les documents sur ORDEN qui montrent comment les organisations terroristes salvadoriennes ont été fondées avec la bénédiction du «grand frère», le document inédit en français que nous publions, qui est un manuel classé Top secret du Pentagone, montre quelle est l'autonomie réelle que Washington laisse aux gouvernements des «pays amis», qu'elle vient «aider» et «conseiller» dans la lutte contre-insurrectionnelle. On ne peut d'ailleurs manquer d'évoquer, à propos bien sûr, du renversement du 15 octobre dernier du général Romero, remplacé par l'actuelle junte, mais aussi à propos de l'assassinat de l'archevêque, le petit paragraphe du document secret du Pentagone, sur les «institutions démocratiques» et comment il convient de les remplacer sans délai, lorsqu'elles ne sont pas suffisament «anticommunistes». Avec l'approche d'échéances décisives, cela détermine pour tous les marxistes-révolutionnaires, l'importance de la défense immédiate, de la solidarité de la révolution salvadorienne, face aux coups conjugués de la junte, de l'oligarchie et de l'impérialisme.

C'est ce à quoi s'engage la IVe Internationale. 28 mars 1980 (3) C'est l'un des facteurs, outre les raisons intérieures propres au Nicaragua, qui permet de comprendre comment les secteurs de la bourgeoisie nicaraguayenne associée au FSLN dans le gouvernement, relèvent la tête et exigent aujourd'hui des élections générales.

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