Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EL SALVADOR

Défendons la révolution salvadorienne contre l'intervention impérialiste et la répression sanguinaire !

· Inprecor n° 75, 17 avril 1980 · p. 3-5 · 1 720 mots

El Salvador Nicaragua Syndicalisme

Déclaration du Secrétariat unifié de la /Ve Internationale

Défendons la révolution salvadorienne contre l'intervention impérialiste

Le 10 avril 1980

• luttes des masses salvadoriennes, qui avait obligé l'impérialisme et l'oligarchie de se défaire du général Romero le 15 octobre 1979, n'a cessé de se développer depuis dans le pays. Elle avait atteint premier point culminant avec la gigantesque manifestation de masse du 22 janvier 1980, blant un quart personnes dans la capitale, à l'appel de la Coordination révolutionnaire de masse. Malgré une répression qui va croissant, il y eut ensuite deux grèves générales, celle du 17 mars 1980 (avec occupation d'entreprises) et celle en riposte à l'assassinat de l'archevêque Oscar Romero. Lors des funérailles de celui-ci, des centaines de milliers de manifestèrent de nouveau dans les rues de la capitale. Conjointement, les occupations de terres par les journaliers, ouvriers agricoles terres, se multiplient. De leur côté, les classes possédantes et l'impérialisme multiplient les actes de terreur et d'intimidation à l'égard des masses en tout révèle une situation explosive à l'extrême, qui évolue rapidement vers une épreuve de force.

Instruits par le précédent de la victoire du FSLN au Nicaragua, et la destruction totale du régime et de l'appareil de répression de Somoza, l'impérialisme et l'oligarchie concentrent tous leurs efforts pour éviter la répétition de la révolution nicaraguayenne au Salvador. A cette fin, ils avaient d'abord mis en place une junte «démocratique», et la répressi promettant des «réformes», en vue de désarmorcer le potentiel révolutionnaire et anti-capitalisde la poussée des masses. Ils s'étaient efforcés de lui assurer l'appui de quelques secteurs de l'opposition bourgeoise et petite-bourgeoise.

En fait, une partie de la démocratie chrétienne continue à appuyer la junte jusqu'ici, malgré les massacres dont celleci est responsable (plus de mille morts en moins de six mois). Le PC et son organisation de couverture, TUDN , ainsi que le parti libéral bourgeois MNR (formellement membre de la Ile Internationale), leurs commencé par participer au gouvernement.

gros, cette manœuvre «d'ouverture» a échoué. Vu tions sociales et le poids croissant des organisations révolutionnaires, les luttes et les mobilisations de masse ne se sont point atténuées, en attendant

«réformes». Elles ont au contraire connu une nouvelle extension. La junte y a répondu par une répression croismarge à des illusions réformistes. Ainsi, la «réforme agraire» décidée par la junte fut accompagnée par la proclamation de l'état de siège. Elle n'a pour but effectif que l'occupation des grands domaines par l'armée, et la répression sanglante des journaliers paysans pauvres. En fait, c'est à un véritable ratissage de la campagne salvadorienne qu'on commence à assister.

Ce sont d'ailleurs ces tueries infâmes qui avaient amené Mgr

El Salvador on sanguinaire !

Romero à appeler les soldats à ne plus obéir aux ordres de officiers. Cet appel fut qualifié de «crime» par le colonel Marco Aurelio Gonzalez, porte-parole de l'armée. Il scella le sort de l'archevêque du Salvador. Il fut abattu, le 24 mars 1980, par un tueur à gages de l'extrême-droite.

Ainsi se dévoile nettement l'étape nouvelle dans laquelle est entrée la lutte de classe au Salvador, après l'échec des manœuvres «d'ouverture libérale». L'impérialisme, l'oligarchie l'extrême-droite salvadoriennes préparent l'écrasement physique des organisations révolutionnaires et des secteurs de masse qui les appuyent. La réacsalvadorienne dispose cette fin non seulement d'une armée bien entraînée, que l'impérialisme mais encore des milices privées de l'oligarchie et de diverses organisations terrorisORDEN, comptant des milliers de personnes, s'appuyant sur des couches arriérées de paysans, créées et entraînées par des cadres dirigeants de l'armée et de la police, et étroitement imbriquées à celles-ci.

Les forces contre-révolutionnaires s'avèrent donc bien plus nombreuses et bien plus fortes

Nicaragua. L'oligarchie salvadorienne, dont elles sont l'expression politique, quelles que soient par ailleurs les divergences tactiques qui les séparent les unes des autres, n'en est d'ailleurs pas d'essai en matière de répression sanglante. Déjà en 1932, elle avait écrasé l'insurrection

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déclenchée par le jeune parti communiste, en tuant 30000 paysans pauvres et journaliers agricoles, afin de «pacifier» le pays. Les fameuses «quatorze familles», familles», qui détiennent 60 pour cent des terres et qui ont mis la main sur une bonne partie de l'industrie, de la finance du commerce en gros, s'alliant ainsi à de vastes couches de la bourgeoisie, ne sont pas prêtes à céder leurs richesses et leur pouvoir au peuple sans une lutte à mort. Il n'y a aucune limite aux crimes et aux massacres qu'elles sont prêtes à perpétrer.

Aux côtés de l'oligarchie, l'impérialisme, en premier lieu l'impérialisme américain, s'en- l'impérialisme gage à fond dans la lutte contre la révolution salvadorienne qui monte. Non seulement il continue à fournir une aide économique courante à la junte, son enfant légitime, junte, son en vue de colmater les effets de l'évasion massive des capitaux en cours depuis des mois, mais il accentue ses fournitures d'armes et de munitions à l'armée, arguant hypocritement de l'aide que Cuba accorderait aux guérillas d'extrême-gauche. Il ameute la bourgeoisie centro-américaine et celle du «bloc andin» pour éviter toute politique de «non-intervention» ou de refus d'appui à la junte. Cette pression a déi eu un succès notable dar ;. cas du Costa-Rica et dr -леzuela, dont les ber ‚coisies manifestent une hurilité très nette aux organisations révolutionnaires salvadoriennes alors qu'elles s'efforçaient d'aider dans une certaine mesure le FSLN contre Somoza, cherchant d'ailleurs par ce moyen à le maintenir dans le cadre du régime capitaliste grâce à une solution de rechange à la dictature qui ne remettrait pas en question ce cadre-là.

Des formes encore plus directes d'intervention contrerévolutionnaire de l'impérialisme ne sont point exclues dans les toutes prochaines semaines. Déjà une forte mission militaire américaine est arrivée au Salvador, composée de nombreux «conseillers». On se rappellera que l'intervention massIve de l'impérialisme américain contre la révolution vietnamienne commença, elle aussi, au début des années soixante, par l'envoi de nombreux «conseillers militaires» américains au service de la dictature de Diem à Saïgon. A la frontière du Guatemala, une armée de dix-mille contre-révolutionnaires cubains et de l'ex-Garde nationale nicaraguayenne se prête à intervenir. Face à ces nombreuses menaces et provocations qui pèsent sur elles, les masses laborieuses salvadoriennes et les quatre organisations révolutionnaires auxquelles elles ont jusqu'ici donné naissance - le FAPU (Front d'action populaire unifié); les LP 28 (Ligues populaires du 28 février); le BRP (Bloc populaire révolutionnaire) et le MLP (Mouvement de libération populaire) -rencontrent des difficultés majeures, par rapport à celles auxquelles avaient dû faire face les forces du FSLN au Nicaragua. Mais elles disposent aussi d'atouts majeurs.

Parmi les difficultés les plus grandes, il faut mentionner : le caractère plus structuré et plus fortement armé de la classe dominante et de sa base dans la petite-bourgeoisie; la configuration du terrain (une grande plaine) moins favorable à la lutte de guérilla massive que la géographie du Nicaragua; l'impossibilité de constituer une base armée à la frontière immédiate du pays; la division plus grande entre organisations révolutionnaires les traditions sectaires dans les rapports mutuels dont plusieurs d'entre elles sont chargées; l'absence jusqu'à ce jour de véritables organes unitaires à la base, dans les quartiers et dans les villages.

Parmi les atouts qui favorisent le développement de la révolution salvadorienne, il faut mentionner l'effet positif sur la combativité des masses, dans toute l'Amérique centrale, de la chute de la dictature de Somoza et des progrès de la révolution nicaraguayenne; caractère plus large du prolétariat salva-

ERRATUM

Dans notre précédente édition tique le titre plate, mous avons puie en acque la premie parta ique révolutionnaire»

Nous publierons la suite dans notre prochaine édition.

dorien par rapport à celui du Nicaragua, et sa plus grande expérience et tradition de lutte; le caractère semi-prolétarien d'une forte fraction de la population rurale (80 pour cent de la population rurale a pour source principale de revenu le salaure, même s'il n'est que saisonnier), habituée à des formes d'organisation syndicales ou syndicales ou semi-syndicales; la tradition de lutte de classes plus prononcée au Salvador qu'au Nicaragua, où l'affrontement direct entre la bourgeoisie «oligarchique» et «nationale», d'une part, et les masses déshéritées, d'autre part, a depuis longtemps imprégné l'idéologie et la pratique des organisations révolutionnaires (en partie aussi par suite du poids plus grand d'un PC droiencore récemment embourbé jusqu'au cou dans les pratiques de collaboration de classe).

A l'étape actuelle, la tâche principale des masses salvadoriennes et de leurs organisations révolutionnaires consiste à mettre en échec la répression sanglante de la junte, des organisations d'extrême-droite, des représentants directs de l'impérialisme et de ses mercenaires israéliens et sud-vietnamiens. A cette fin, il est nécessaire de réaliser l'unité d'action la plus large entre organisations ouvrières et paysannes, non seulement au sommet - où elle vient de se constituer par la création de la Coordination révolutionnaire de masse, le 11 janvier 1980 -mais encore à la base. L'unification des organisations de masse et des syndicats est le moyen le plus approprié pour dépasser le stade où chacune des organison propre «front de masse», à l'exclusion des militants ou sympathisants des autres orga nisations ou des sans-partis. Pareille unification est aussi indispensable pour le développement d'organes massifs d'auto-défense, appuyés par toutes les masses urbaines et rurales, comme ce fut le cas au Nicaradu document adopté par la «Crordination révolutionnaire de masse».

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taires.

sion matique de masse.

surances).

Somoza, mis contre elles.

luttes trale, dans tension les en tif les à d'Etat

1980, la centrale.

Bas les pattes devant la révolution salvadorienne !

Arrêt immédiat de toutes les livraisons d'armes et de tout envoi de «conseillers» et de mercenaires impérialistes au Salvador !

Pas un sou à la junte, aux assassins de l'armée et d'ORDEN !

Abrogation immédiate de l'Etat de siège et rétablissement de toutes les libertés démocratiques sans restriction aucune !

Défendons tous ceux qui luttent contre l'impérialisme et l'oligarchie et toutes les victimes de la répression

Solidarité avec les quatre organisations révolutionnaires des masses salvadoriennes : BPR, FP 28, FAPU et MLP

Tout le pouvoir à la Coordination révolutionnaire de masse !

au Salvador. La IVe Inte nationale appelle le mouvement ouvrier et le mouvement antiimpérialiste en Amérique cendans les Caraibes et toute l'Amérique, aux Etats-Unis, en Europe et dans tous les autres pays à organiser une vaste campagne d'information sur la répression sanglante en cours, les risques de son exqualitative et d'intervention impérialiste directe qui pèsent sur la révolution salvadorienne et d'organiser pour son appui un large mouvement de solidarité internationale.

s'accroîmise - qui de

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