par le Secrétariat unifié de la /Ve Internationale
Après la victoire électorale
Résolution adoptée électorale de Robert Mu- 'ECRASANTE gabe et de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU -
African Union) est un grand pas en avant pour le peuple du Zimbabwe et un coup sérieux porté à l'impérialisme et au régime de ségrégation d'Afrique du
Ian Smith, le dirigeant des s'était vanté à plusieurs reprises de ce que, lui vivant, la règle du «pouvoir à la majorité» ne serait jamais appliquée. Les media des bourgeoisies occidentales ont mené contre les guérillas du Zimbabwe. Les politiciens impériaguérilleros n'étaient que des «terroristes» sans aucun appui au Zimbabwe lui-même.
Le gouvernement conservateur britannique espérait que le résultat des élections ne serait pas concluant et qu'il pourrait manœuvrer pour mettre N'Khomo au pouvoir, à la tête d'une coalition. Les forces de sécurité rhodésiennes ont tout fait pour que la campagne de la ZANU soit perturbée par un concours bien orchestré de diffamation, de terreur et d'intimidation. Pendant la période précédant les élections on a vu : - deux tentatives d'assassinat contre Robert Mugabe; - une série d'attaques à la roquette et à la bombe incendiaire contre les maisons des représentants de la ZANU et leurs l'arrestation membres et partisans de la ZANU qui, dans certains cas, ont été brutalisés par les forces de sécurité blanches;
- l'interdiction faite à la
ZANU de mener campagne lans l'une des circonscriptions; - leux attentats à la bombe organisés par les Selous Scouts, tristements célèbres, qui essayèrent d'en faire porter le blâme sur la ZANU;
de grands obstacles mis sur le chemin des réfugiés qui Zimbabwe, pour empêcher que leurs votes soient enregistrés.
Malgré ces obstacles, les rassemblements électoraux de la ZANU ont constitué la plus grande mobilisation des masses urbaines et rurales jamais vue dans l'histoire du Zimbabwe. Ce processus s'est reflété jusque dans les bureaux de vote. Malgré la terreur raciste, malgré la présence provocatrice de troupes sud-africaines stationnées à Beit Bridge, malgré la violence aveugle de la bande de brigands minables de l'évêque Muzorewa (les «auxiliaires»), malgré la proclamation de la loi martiale par l'armée rhodésienne blanche dans certaines régions du pays, malgré la décision de lord Soames de renouveler l'état d'urgence avec tout ce que cela comporte - centravail forcé, couvre-feu, droit d'arrestation et de détention sans procès, milliers de nationalistes prisonniers, etc. — et malgré les attaques santes des media racistes, les impérialistes et colons blancs ont lamentablement échoué.
Les masses du Zimbabwe se sont pressées vers les bureaux électoraux pour profiter de la première occasion qu'elles aient jamais eue d'exprimer leur opinion sur les organisations qui ont mené sans relârégime colonial haï. La ZANU
Zimbabwe a obtenu plus de 60 pour cent des voix et l'Union du peuple africain du Zimbabwe (ZAPU -
People's Union), dirigée par N'Khomo, en a obtenu 24,1 pour cent. L'ensemble des votes recueillis par ces partis de la chimurenga («guerre de libération») est de 87 pour cent. Ils ont gagné soixante-dix sept sièges sur les quatre-vingts attribués aux Noirs.
L'ampleur de la victoire électorale de la ZANU peut être directement rattachée au fait que celle-ci a été la composante la plus combative, mieux implantée et la plus intransigeante de la guerre de contre le colonial blanc et ses alliés impérialistes.
Mugabe fut constamment dénoncé comme un marxiste qui voulait «infliger le com-
Zimbabwe. C'était la soupe idéologique quotidiennement imposée aux masses par la machine de propagande rhodésienne. En votant pour Mugabe, elles ont montré qu'elles voulaient aller jusqu'au bout. Leur espoirs étaient soulevés par les promesses de la ZANU et leur détermination renforcée par la propagande raciste des colons. La victoire de la ZANU a été vue par les masses noires de toute l'Afrique australe comme leur
Tandis que les maîtres blancs de Prétoria ne pouvaient cacher leur colère et proféraient des menaces d'intervention militaires dès le lendemain des élections, les masses noires de Soweto exprimaient leur joie dans l'enthousiasme. L'impact de cette victoire s'est donc fait sentir
bien au-delà des frontières du Zimbabwe. Les guérillas dans la brousse de Namibie fêtèrent la victoire de la ZANU comme la leur.
Mais les mobilisations et les exigences des masses noires du Zimbabwe; surtout de celles qui ont été dépouillées de leurs terres par la Loi de répartition des terres et d'autres dispositifs des racistes blancs, consti-
LA PRESSION DE Après l'écroulement de l'empire portugais en Angola et au Mozambique, en 1974-1975, et après le soulèvement de Soweto en Afrique du Sud, l'impérialisme a dû rapidement chercher une solution lui permettant de préserver ses intérêts globaux dans l'ensemble de l'Afrique australe.
L'incapacité de la minorité coloniale blanche à infliger une défaite militaire décisive aux forces de libération du Zimbabwe, et en fait le renforcement de la lutte armée pendant les trois dernières années, rendaient encore plus urgente la recherche d'une telle solution pour l'impérialisme et ses alliés locaux. Ils avaient besoin d'une solution politique qui permettrait formation d'un régime dans lequel le rôle donné aux dirigeants du Front patriotique n'impliquerait aucune remise en question des positions économiques de l'impérialisme ni des privilèges des colons blancs. L'expérience du gouvernement de l'évêque Abel Muzorewa a montré le degré de précarité de tout arrangement qui n'incluerait pas les forces du Front patriotique. Une autre formule était néces-
La situation était rendue plus difficile par l'influence grandissante du Front patriotique parmi la population noire et par l'érosion de la base du régime Smith-Muzorewa. L'impérialisme devait donc obtenir l'aide des régimes des pays voisins, Zambie, Mozambique, Tanzanie, Botswana et Angola, pour faire pression sur la direction du Front patriotique.
tuent la plus grande menace pour les intérêts de l'impérialisme et des colons blancs dans la région.
En même temps, il faut noter que malgré la victoire électorale de la ZANU et son large écho parmi les masses partout en Afrique australe, les institutions de l'Etat capitaliste colonial blanc restent largement intactes au Zimbabwe. L'IMPERIALISME
L'impérialisme que et américain et le régime raciste d'Afrique du Sud ont accru leurs pressions sur ces Etats de façon significative pour qu'ils fassent «entendre raison» aux forces du Front patriotique. Ils ont utilisé la crise économique profonde que connaissent ces pays et le besoin considérable de certains d'entre eux en matière d'importation de biens pour les mettre au pas. Le sud-africain fut particulièrement adroit dans son utilisation des liens économiques qu'il a avec eux. La Zambie, par exemple, dépend largement de Pretoria pour les investissements dans les mines
Le Mozambique bénéficie des exportations d'Afrique du Sud qui transitent par chemin de fer vers son port de Beira, et il exporte également une partie de sa force de travail en Afrique du Sud. De plus, la crise sociale et politique s'approfondissait au Mozambique.
En outre, l'armée rhodésienne à chaque phase délicate des négociations a lancé des raids meurtriers contre les territoires de ces Etats, pour les intimider. Ces pays constituaient la base arrière des mouvements de libération, une plaque tournante pour leur ravitaillement et pour l'entraînement de leurs troupes. Leurs gouvernements disposaient donc d'une influence importante sur la politique de la ZANU et de la ZAPU. En pressant ces gouvernements et en s'appuyant sur eux, les puissances impérialistes ont obtenu plus aisément des concessions de la part des mouvements nationalistes et la signature, en décembre 1979, d'un accord qu'ils refusaient il y avait quelques mois encore. Ce furent les accords de Lancaster House.
La guerre civile en Rhodésie était un abcès dangereux pour le régime sud-africain qui cherche à établir des liens économiques plus étroits avec les pays néo-coloniaux relativement plus stables de la région ainsi que de nouveaux marchés importants et des occasions d'investissements pour le développement de sa propre
Tenter de «pacifier» l'Afrique australe est un enjeu capital pour les impérialismes britannique et américain qui veulent protéger leurs intérêts stratégiques et économiques en Afrique du Sud. Cette dernière et les régimes néo-coloniaux cherchaient aussi, par leurs propres moyens et dans leur propre intérêt, la fin du conflit en Rhodésie. L'impérialisme avait à sa disposition des moyens de pression effectifs qu'il pouvait exercer à la fois sur les forces patriotiques et sur les colons blancs pour aboutir aux accords de Lancaster House. UN ACCORD NEO-COLONIAL
IMPOSE AUX MASSES
Le document signé par le Front patriotique à Lancaster
Best un accord néocolonial imposé aux masses du Zimbabwe. même impliquait que la GrandeBretagne réassume le pouvoir colonial et qu'elle envoie un gouvernement appuyé par 1200 soldats du Commonwealth dont la plupart étaient britanniques. Les forces de la guérilla devaient se rendre et être rassemblées dans des zones déterminées. Ne disposant que d'un armement léger, elles pouvaient être une cible facile pour l'aviation rhodésienne.
La constitution acceptée à Lancaster House garde de nombreux traits du «réglement in-
terne», si violemment rejeté à l'époque par les dirigeants nationalistes. L'accord de Lancaster House est largement en- deça des mots d'ordre avancés depuis des années par les forces du Front patriotique.
constitution prévoit de réserver 20 pour cent des sièges au Parlement pour les colons blancs alors qu'ils ne sont qu'un peu plus de 2 pour (200000 sur une population d'environ 7 millions). Elle maintient aussi en l'état l'armée, la la justice et d'autres éléments de l'appareil d'Etat dominé par la minorité de colons blancs; elle rejette la réforme agraire pour toute la période à venir.
Mugabe s'est jusqu'ici engagé à appliquer ces accords. Il a demandé au réactionnaire général Walls, le commandant de l'armée rhodésienne qui avait mené la guerre contre la guérilla, de rester à son poste. Il est chargé de superviser la formation d'une «nouvelle armée» au Zimbabwe; celle-ci doit intégrer les forces blanches et les deux ex-armées de guérilla.
Le gouvernement de Mugabe a annoncé tion agraire serait résolue par la distribution des terres laissées en friche par les propriétaires blancs et par l'organisation de coopératives. Cepenselon ses déclarations actuelles, les intérêts essentiels des colons blancs ne seront pas touchés.
Les ex-guérilleros entreront dans les rangs de l'armée et de la police et pour assurer leur intégration, de nombreux anciens cadres intermédiaires des armées de guérilla seront promus au rang d'officier. Mugabe ne montre nulle intention de remettre en question les intérêts et les prérogatives des firmes britanniques, américaines ou sud-africaines qui contrôlent près de 65 pour cent des investissements industriels.
Les commissions de surveillance de fonctionnaires qui avaient empêché le gouvernement Muzorewa de prendre aucune initiative autonome restent en
Les quelques juges écartés fournissent une couverture qui doit permettre le fonctionnement de l'appareil judiciaire
Le gouvernement Mugabe, porté par le vote massif • en faveur de la ZANU, se place dans le cadre des accords néocoloniaux. La majorité des membres du cabinet, soit quatorze, sont membres de la ZANU; quatre sont membres de la ZAPU. Deux ministres sont des représentants du colonat blanc. L'un, David Smith, grand propriétaire foncier et membre du Front rhodésien, est ministre du Commerce et de l'Industrie. Il participa aux gouvernements de Ian Smith et de Muzorewa. L'autre est Dennis Norman, le ministre de 'Agriculture. C'est un grano termier capitaliste et, en 1978 il était président de l'Union nationale des fermiers rhodé. siens. LES MASSES RESPECTERONT-ELLES CET ACCORD?
Il a rappelé que l'applicaaide financière considérable signe le net ce que d'une entente économique avec son puissant voisin sud-africain, pour les mêmes raisons.
Les plans de l'impérialisme sont clairs : essayer d'établir rapidement un Etat néo-colonial reposant sur une alliance spécifique au niveau politique et socio-économique entre les directions des mouvements nationalistes et les colons blancs : sous la «protection» de l'impérialisme.
Un facteur peut ébranler tous ces plans : une montée puissante du mouvement des masses. L'arrivée au pouvoir de Mugabe est considérée par les masses comme leur victoire.
C'est la lutte armée qui a arraché aux blancs racistes des élections et qui a conduit à une majorité noire au Parlement.
Les revendications du suffrage universel et de l'égalité des droits a été un puissant stimulant de la mobilisation des paysans et des travailleurs du
Zimbabwe. Aussi longtemps que de nombreux aspects de l'oppression nationale demeurent, les revendications démocratiques, sociales et économiques déclencheront de nouvelles luttes.
L'un des problèmes les plus pressants est celui de la terre.
83 pour cent de la population noire vivent à la campagne mais la minuscule couche de population blanche possède la moitié des meilleures terres. Ce partage inégal a abouti à une surpopulation massive des «réserves de terres tribales», où les noirs sont condamnés à une agriculture de subsistance.
La conséquence en est un système de force de travail migrante, semblable à celui qui existe en Afrique du Sud, où les gens sont forcés de travailler, une partie de l'année, dans les mines, les fermes, les usines et les maisons détenues par les blancs. Entre 60 et
75 pour cent des foyers noirs dépendent, pour leur subsistance, d'une forme quelcon-
La campagne, en particulier les «réserves de terres tribales», a été dévastée par les forces de sécurité racistes. Les programmes de santé et d'éducation sont réduits à néant. Selon la Croix-Rouge, 20 pour cent de la population souffrent de malnutrition.
Il y a 750000 «personnes déplacées» qui vivent dans des bidonvilles misérables et il y a encore 175000 réfugiés aux frontières. Il faut ajouter à cela vant dans les prétendus villages « protégés» et qui voudraient revenir dans leur région.
On estime que 100 millions de dollars seront nécessaires pour ramener les «réserves» à la vie.
Des milliers de semi-prolétaires sont concentrés dans les centres urbains où le chômage et le sous-emploi sont de graves problèmes. De plus, il existe une gigantesque discrimination dans le niveau des salaires, les allocations de sécurité sociale et l'éducation.
Toutes ces conditions sociales et économiques qui sont faites aux noirs du Zimbabwe créent une situation très explosive et ne peuvent que stimuler une remise en cause du contenu même des accords.
Des actions de grève ont déjà été menées dans les usines
UNE INSTABILITE PROLONGEE Le contenu néo-colonial de l'accord de Lancaster House et les premiers pas du gouvernement Mugabe sont encore loin d'être suffisants pour satisfaire totalement aux besoins des impérialistes. Les soins contradictions sociales et politiques restent aiguës et l'instabilité se perpétue dans toute la région.
Pretoria rencontrera des problèmes dans ses tentatives pour détourner les masses noires, qui souffrent de la ségrégation en Afrique du Sud, de l'irrésistible attraction de la règle du pouvoir de la majorité et de l'égalité politique complète. Il va, en particulier, redoubler dorénavant la résistance qu'il oppose à la lutte d'indépendance en Namibie occupée.
Les puissances impérialistes, le régime raciste d'Afrique du des principales villes, y compris la principale (Dalny), par les ouvriers noirs. La réponse des patrons fut celle qu'on pouvait attendre : ils ont immédiatement renvoyé un grand nombre d'ouvriers.
La réponse de Mugabe fut d'affirmer que les ouvriers devraient utiliser des procédures légales - celles créées par Smith - pour avancer leurs
Get que toute «action illégale» serait vigoureusement réprimée. C'est donc aussi au niveau social que des fissures apparaîtront dans l'accord de Lancaster House. Sud et les colons blancs du Zimbabwe utiliseront tous les moyens pour défendre leurs défendre leurs intérêts économiques et leurs
Ils espèrent que fera fermement face aux luttes des ouvriers et des paysans et ils n'hésiteront pas à faire du chantage économique et à prendre des mesures d'incapitalistes d'Afrique du Sud, menaces d'intervention militaire et vont chercher sans répit une occasion d'intervenir.
La lutte pour obtenir la véritable indépendance du Zimbabwe s'axe autour des objectifs suivants : réforme agraire radicale, droits démocratiques sans restriction ni discrimination, démantèlement de l'administration coloniale, de l'armée et de la police héritée Le raciste blanc lan Smith donnant des ordres à ses trois compères Muro zewa. Sitholo et Chirau de l'Etat colonial et expropriation des firmes étrangères.
Beaucoup de dirigeants nationalistes, aujourd'hui passés au rang de ministres dans le gouvernement de coalition, vont essayer de subordonner les organisations de masse au gouvernement. Il en résulte que la formation de syndicats et d'organisations de paysans noirs, indépendants de l'Etat, est très importante.
La perspective de l'organisation politique indépendante des masses travailleuses est nécessaire.
Plus, la menace des attaques terroristes des colons blancs et du gouvernement sud-africain pose avec acuité la question de l'armement des masses et de leurs organisations.
RENFORCER LA
SOLIDARITE Pour les combats à venir, le poids principal de la solidarité retombe sur les épaules de la classe ouvrière des pays impérialistes, surtout de celles
Grande-Bretagne et des Etats-Unis, pays qui ont de gros intérêts dans la région.
C'est au mouvement ouvrier d'organiser la solidarité contre les manœuvres de l'impérialisme dans la région, y compris en Namibie. Nous devons défendre le gouvernement Mugabe contre tous les complots et manœuvres réactionnaires.
Mais, en même temps, nous nous engageons à soutenir et à aider les ouvriers et les paysans et leurs tentatives d'établir des organisations de masse indépendantes.
Nous mènerons cette campagne de solidarité avec les mots d'ordre suivants : FIN DE L'OCCUPATION DE LA NAMIBIE PAR L'AFRIQUE DU SUD ! DEFENSE DE LA REVOLUTION AU ZIMBABWE USA, GRANDE-BRETAGNE, AFRIQUE DU SUD, BAS LES PATTES AU ZIMBABWE! O