Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER NICARAGUA

La démission de Chamorro et de Robelo

· Inprecor n° 76, 1er mai 1980 · p. 4-7 · 3 206 mots

Nicaragua Syndicalisme Europe de l'Est El Salvador

•Chamorro démissionne de la Junte de Gouvernement de Reconstruction nationale, prétextant de problèmes de santé Mais, « il y a des rapports officieux indiquant que Madame Chamorro est loin d'être satisfaite du projet d'élargissement du Conseil d'Etat, qui devait initialement comprendre 33 membres» (International Herald Tribune 21.4.1980). Le 22 avril, Alfonso Robelo Callejas, dirigeant du parti bourgeois -Mouvement démocratique nicaraguayen (MDN)-donne à son tour sa démission. Dans sa contérence de presse, il déclare : «Les bases essentielles de l'unite politique du pays ont été brisées et les modifications apportées dans la composition du Conseil d'Etat présentent les aspects d'un projet totalitaire ». (El Pais 24.4.1980). Robelo explique que Violetta Chamorro a quitté la Junte pour les mêmes raisons. Le MDN a donné des instructions à ses membres pour qu'ils renoncent à leurs charges dans le gouvernement et l'administration publique. Arturo Cruz, anfonctionnaire l'IDB (Interamerican Development Bank) à Washington et directeur de la Banque centrale renonce à son poste. Un nouveau tournant se profile dans le processus révolutionnaire Nicaragua. Il s'annonçait depuis la mi-mars. (1)

et de Robelo

Les rapports entre les secteurs privé, mixte et étatique rendaient nécessaire, pour assurer la relance économique prévue par le plan de Réactivation économique, une participation effective du secteur privé, dont le poids est grand. Selon la CEPAL, au début 1980, le niveau de la production industrielle égalait celui de 1962 (Barricada 18.3. 1980). Le vice-ministre de la Planification, - après avoir expliqué qu'il existe «d'amples possibilités pour l'initiative privée» et que diverses garanties sont données aux industriels (crédits, conventions collectives) - déclare que «dans le secteur industriel, sur un total de 663 entreprises, environ 296 ont été remises en marche et que sur les 63 entreprises les plus importantes du textile, il y a un pourcentage encore plus élevé de fabriques qui ne fonctionnent pas.» (Barricada 29.3.1980). Selon le Ministère de l'industrie, les entreprises actives n'utilisent en moyenne que 50% de leurs capacités productives. Comme le note Federico. Cerda: « Ce processus de 'décapitalisation' a suscité une attitude attentiste et méfiante chez les travailleurs qui y répondent avec l'occupation de fabriques dès qu'ils soupçonnent la plus petite initiative de 'décapitalisation'» (idem).

Dans cette situation, le patronat amplifie ses récrimina- se tions dont l'axe principal est le respect de la propriété privée, condition de sa participation à un plan dans lequel son rôle est loin d'être négligeable (2).

Dossier Nicaragua

Dans l'agriculture, nombreux sont les grands et moyens propriétaires qui hésitent, dans le contexte social et politique actuel, à s'engager « dans le processus de reconstruction ». Henry Ruiz indique que la production de mais, de haricots et de riz est plus basse que prévue (Barricada 14.3.1980). Que ce soit pour les éleveurs, les grands producteurs de café (organisés dans l'UNCAFENIC) ou de coton, leurs corporations réclament toutes que soit mis un holà aux décisions de confiscation des terres « intervenues» (décisions présentées comme contradictoires avec le décret de novembre 1979) et que lATC (Association des travailleurs de la terre) contrôle sa base et modère les initiatives des paysanstravailleurs qui occupent des terres ou se rebiffent contre les conditions extrêmement dures d'exploitation (3). Le problème crucial de l'ensemencement d'une forte proportion des terres à coton reste entier.

Dans le secteur de la distribution, les difficultés sont très importantes. Des commerçants, sous la houlette de la Chambre de commerce, sont réunis dans un organisme appelé « ACOPORBAMA ». Ils se sont ouvertement opposés au décret 323 visant à geler les prix des produits de première nécessité.

Ainsi, la crise dans l'industrie, l'agriculture et la distribution

La polarisation de class'exacerbe. Les déclarations secteurs de la bourgeoisie traduisent à la fois une profonde inquiétude - vus les rapports de forces sociaux, militaires et politiques - et la

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précarité d'une « reconstructions» selon les lignes de force tracées par le Plan 1980.

Le «Financial Times» écrit: «Une impasse apparait dans les rapports entre le gouvernement et le secteur privé... Leshommes d'affaires sont aussi inquiets du fait que le gouvernement ferme les yeux sur l'occupation de fermes et d'entreprises qui n'appartiennent pas à Somoza et à ses proches» (11.4.1980). Arturo Cruz confie alors au quotidien de la City londonienne: «Nous ne savons pas ce qui peut se passer demain!»

CONCILIER L'INCONCILIABLE

Dans ce contexte, la direction du FSLN se doit de déplacer quelque peu l'axe de son approche des problèmes de la relance économique. Certes, répète que: « Sur le plan économique, le Programme de réacti-

Best la démonstration concrète de la volonté sandiniste de reconnaitre et stimuler la participation de tout producteur et commerçant qui désire travailler pour la restabilisation de sa patrie » (déclaration de la direction du FSLN - Barricada 18.3.1980). Ou encore, à l'occasion d'une manifestation, début mars, de travailleurs demandant la confiscation d'entreprises « intervenues», Moises Hassan (membre de la Junte) et Ramon Medrano (secrétaire à la propagande de la CST), tout en indiquant qu'ils comprennent le bien-fondé de l'initiative travailleurs, leur demandent de ne pas précipiter les événements (Barricada 12.3.1980).

Mais, de plus en plus, la direction du FSLN doit lancer des mises en garde aux grands propriétaires, aux industriels qui sabotent et à leurs organisations corporatives. Henry Ruiz dénonce les «réticences des patrons alors qu'ils ont reçu des crédits ». Il ajoute, après avoir attaqué le COSEP (Conseil supérieur de l'entreprise privée): «Nous disposons des instruments pour les (les forces déstabilisatrices) étouffer et nous n'allons pas hésiter à le faire... Il y a des problèmes dans la production du coton, mais ce sont des problèmes politiques. Ils (les propriétaires) émettent des revendications politiques, utilisant la production comme instrument» (Barricada 14.3. 80).

Cet angle d'attaque se retrouve souvent par la suite: patronat et grands propriétaires sont dénoncés comme voulant mettre à profit leur place dans le processus de production, afin de lancer une contre-offensive au plan politique.

Parallèlement à ces injonctions, le Ministère de la planification indique que les opérations bancaires doivent toujours se faire selon les normes habituelles, mais qu'il n'y a plus de raisons pour que le secret bancaire et commercial continue à exister comme par le passé. De même, sont étudiées des mesures pour mettre fin au marché parallèle des dollars. Le budget pour avril-décembre 1980 donne la priorité aux dépenses dans l'éducation, la santé, les services sociaux et la défense. Le système fiscal qui lui est adjoint, d'une part, est assez fortement progressif pour les revenus de la propriété et, d'autre part, vise à contrecarrer l'évasion fiscale des sociétés (Barricada 10.4.1980). Enfin, pour combattre la 'décapitalisation', le contrôle ouvrier est régulièrement désigné comme l'instrument dont les traTout cela ne peut que difficilement apaiser les préoccupations des possédants, d'autant plus que les travailleurs et les paysans utilisent les rapports de forces endication, Taire valoi sociaux et l'élévation du degré leurs revendications.

Dans les présentes déclarations du FSLN, le rôle primordial de la classe ouvrière et des paysans pour mener à ses conclusions ultimes le processus révolutionnaire est souligné de façon plus consistante (voir le ceste paste de con

L'accent est mis également dans la presse du FSLN et de la CST sur le rôle des ARE (Assemblées de réactivation économique) qui apparaissent comme des organismes devant à la fois stimuler l'effort de production et accroître les possibilités pour les travailleurs de contrôler la production (dans le secteur privé) et d'imprimer des choix (dans le secteur étatisé). Le développement et l'activité de structures sont encore inégaux. Poder Sandinista, l'hebdomadaire d'orientation membres du FSLN, explique ainsi la fonction des ARE: « Les ARE sont des écoles dans lesquelles les travailleurs et les paysans peuvent prendre connaissance du processus de production bien plus que ne le leur permet leur insertion directe dans la production. C'est le premier pas qui leur permettra d'intervenir directement dans la marche de leur entreprise et de toute l'économie. Evidemment, ce projet souffre encore de fortes limitations.» La nécessité d'une coordination des ARE au niveau de la branche est affirmée: « Dans le cas du sucre, par exemple, nous devrions être capables d'organiser des ARE dans lesquelles participent des délégués de toutes les sucreries, l'administration et des représentants de l'Etat, pour que les travailleurs puissent connaitre et surveiller les plans de production pour toute la branche » (idem).

L'éclatement d'une série de grèves (dans le bâtiment, des sucreries et des entreprises de Mamois de l'année, relief, d'une part, les problèmes que continue à rencontrer le FSLN dans le processus d'organisation et d'unification syndicale, et, d'autre part, l'embarras dans lequel le place son orientation. En effet, en affirmant que, de fait, les travailleurs disposent déjà du pouvoir, la CST situe le centre de gravité de l'action syndicale dans l'appui à la relance de la production. La position défendue par le FSLNsur l'unité syndicale (voir document ci-joint) et la dénonciation souvent virulente des autres organisations syndicales - dont certaines directions ne tiennent pas à l'unification mais peuvent disposer d'une influence réelle dans certains secteurs (4) - ne facilite pas le processus d'unification syndicale. Il faudrait pour surmonter les obstacles et y compris pour mettre en difficulté

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ces directions, une attitude combinant une réelle discussion et une défense de la démocratie syndicale. Sur ce point, les conceptions du FSLN restent fort étriquées.

SOUTIEN A LA LUTTE

DU PEUPLE SALVADORIEN

ET ACCORD AVEC L'URSS

Dans la phase présente, la campagne pour l'alphabétisation constitue l'activité de masse la plus importante. La polémique entre Robelo, des secteurs de «l'initiative privée» et le FSLN dès le début de cette campagne. Elle est considérée par la bourgeoisie comme trop politisée et comme une campagne de propagande en faveur du

La constitution des Milices populaires sandinistes commence sur le thème «notre défense s'organise avec le peuple dans les milices». Dans la déclaration de la direction du FSLN, intitulée «La conjoncture et nos tâches » on peut lire : «L'impérialisme et les pays avec des gouvernements réactionnaires considèrent comme normal la création d'une armée professionnelle, régulière. Pour eux, le danger réside dans la formation des milices, parce que cela signifie que le peuple est armé pour défendre la Révolution. Eden Pastora lors de la Rencontre nationale des travailleurs déclara: «les milices sont au coude à coude avec l'EPS (Armée populaire sandiniste), l'armée du peuple, des ouvriers et des paysans. Quand une révolution est profonde, elle suscite la contre-révolution et c'est pourquoi les ennemis de la révolution qui se préparent à nous attaquer se rapidement que les ouvriers et les paysans disposent d'une armée des pauvres : les milices populaires sandinistes» (Barricada 14.4.1980).

Depuis la fin du mois de mars, le soutien à la lutte du peuple du Salvador et les dénonciations de la politique de « réforme-rédéveloppées dans la presse. Diverses manifestations de soutien au combat du peuple salvadorien sont organisées. Les communiqués des organisations révolutionnaires salvadoriennes sont publiés dans Barricada. Le périodique El Brigadista, organe de la Jeunesse sandiniste du 19 juillet, largement diffusé parmi les équipes d'alphabétisateurs, publie une interview d'un dirigeant de l'Association des étudiants universitaires du Salvador (liée aux BPR), dans laquelle cette organisation explique que: «il est nécessaire d'approfondir renforcer le processus révolutionnaire au Nicaragua pour effectivement renforcer le Salvador» (1.4.1980).

Tomas Borge, face aux med'intervention impériaclairement indiqué qu'une attaque impérialiste contre le peuple du Salvador serait considérée comme une attaque contre le peuple du Nicaragua.

s'inscrit dans le cadre d'une accentuation de la mobianti-impérialiste suite « révélation » des agissements de la CIA (à l'occasion du vote au Congrès américain sur le prêt de 75 millions de dollars), au report de ce prêt et à diverses opérations subversives parties du Honduras.

Le 19 mars, des discussions sont engagées avec les représentants du regoupement des banques privées internationales pour renégocier la dette. Le Ministre directeur du FIR (fonds international de reconstruction) a fait savoir que la délégation nicaraguayenne refusait l'actuel taux LIBOR (London interbank oferred rate) de 19% et que « ni dans nos propositions, ni dans le modèle de renégociation nous n'envisageons de demander l'aide du FMI» (23.3.1980). Les résultats de cette renégociation seront connus fin avril. Pour l'instant, divers prêts ont encore ete obtenus, en provenance de pays européens ou du Véné-

Au plan de l'aide, la modification la plus significative réside dans les prêts et traités bilatéraux passés avec la Tchécoslovaquie, la RDA et l'URSS. La URSS se composait de Tomas Borge, Humberto Ortega (Ministre de la défense) et Henry Ruiz (Ministre de la planification)

ainsi que de Moises Hassan, représentant la Junte.

The Guardian : « le montant de l'aide obtenue lors du voyage en Europe de l'Est n'est pas connu. Mais des rapports de la presse à Prague indiquent que la Tchécoslovaquie a concédé un prêt de 20 millions de dollars et un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a dit que la RDA avait également accordé aide de 20 millions de dollars » (15.4.1980). Le gel du prêt américain - sur lequel comptait le secteur privé - associé avec l'ouverture des rapports économiques avec l'URSS et les pays de l'Est ne pouvait que stimuler les inquiétudes des industriels, des propriétaires et de leurs représentants dans les instances du gouvernement et de la haute administration.

LA COALITION

SE ROMPT

Conjointement aux heurts avec une partie du secteur privé, les accrochages se sont multipliés avec Robelo qui, après son voyage Etats-Unis, accentua l'opération de regonflage du MDN. Le 18 mars, Barricada publiait en première page l'opinion de travailleurs sur le MDN et sur Robelo : «ce sont des bourgeois qui nous ont exploités et aujourd'hui ils voudraient apparaitre comme de grands révolutionnaires qui défendent les intérêts des travailleurs. L'éditorial du quotidien du FSLN souplate-forme bliée par le MDN cherche « à cacher les vrais racines et le caractère de classe du MDN. Les attaques continuent par la suite. Le commandant Nunez Tellez dénonce l'insistance avec laquelle Robelo réclame des élections. Il manifeste la crainte que: « le devienne le cheval de Troie de la réaction » et puisse décapitalisent et boycottent la production » (Barricada 19.3.

Le MDN, dans communiqué d'être le «réduit des réactionnaires». Il veut être « le drapeau légitime de vrais révolutionnaires qui, quelles que soient leurs origines sociales cherchent à conduire la patrie au socialisme

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dans la liberté, véritablement nicaraguayen.» (Barricada 24. 3.1980). Voilà le langage classique d'une opposition bourgeoise ou social-démocrate face à une révolution en marche.

Les avertissements et les reproches du FSLN adressés au MDN n'apparaissent pas comme visant à précipiter une rupture. L'accent est d'ailleurs mis, parallèlement, sur le besoin de maintenir le « bloc patriotique» (alliance du FSLN avec le MDN, etc.). Il s'agit de faire pression sur le MDN, de le pousser à prendre ses distances par rapport à ceux qui résistent à la relance des investissements, de lui faire avaliser la politique du gouvernement (ce qui renforcerait la position du FSLN dans sa campagne contre la décapitalisation) et, enfin, de préparer la constitution Conseil d'Etat, organe «consultatif et législatif», qui doit être mis sur pied le 4 mai 1980. d'Etat va exacerber les contradictions et faire apparaître la fragilité d'un cours qui combine un contrôle accru sur le plan politico-militaire, une élévation du degré d'organisation des

Get l'application d'un plan fondé sur une mixte», alors que la paralysie d'une très large fraction des entreprises continue.

Le projet d'élargissement du Conseil d'Etat - selon le Programme de gouvernement de juin 1979, il devait comprendre 33 membres et inclure, entre autres, des représentants des partis du Frente Amplio Opositor et des organisations patronales membres du COSEP - à 47 membres doit permettre d'y intégrer des délégués des CDS, de la CST, de l'ATC et des autres organisations de masse dirigées par le FSLN. A l'occasion de sa démission, Robelo proteste contre le fait que : «le Conseil d'Etat comprend au moins 27 membres liés au FSLN alors que son mouvement n'y aurait qu'un seul délégué (Le Monde 24.4. 1980). Dans son éditorial, Barricada expli- éditorial, cet organisme consultatif législatif aura une large représentation nationale et, en second lieu y seront présentes les forces vitales de la révolution selon leur représentativité réelle... (11.4. 1980).

Robelo choisit cette question pour prendre l'initiative d'ouvrir la crise. Il demande que tous ceux qui se réclament du MDM quittent leur place dans gouvernement et l'administraaffirmant qu'ils détiennent 26% des postes. ( El Pais 24.4.1980). Plusieurs hauts fonctionnaires répondent tivement appel.

COSEP emboite le pas et présente une série d' exigences à la Junte - formée actuellement par trois membres FSLN - et à la direction du FSLN. Des négociations

Washington riposte immédiatement et menace de rompre les relations avec Managua si «l'engagement du gouvernement du Nicaragua en faveur du pluralisme est abandonné par les autorités nicaraguayen-

Les medias contrôlées par le critiquent sévèrement Robelo, Humberto Ortega stigmatise ainsi les mobiles de la tête de file du MDN : « il n'a pas pu s'identifier avec un projet politique, qui restreint l'enrichissement illimité au Nicaragua et bénéficie à la majorité des dépossédés du pays.» (El Pais 25.4.1980). Pour l'instant, la direction du FSLN continue à clamer son attachement l'économie mixte et au pluralisme.

Robelo a fait éclater le conflit dans un contexte marqué par des échéances importantes dans le domaine économique (coton et piétinement de la production industrielle), par le chantage à l'aide éconointentions de plus en plus préricain de frapper un coup Amérique centrale. (Les grandes manoeuvres militaires doivent commencer incessamment dans la zone caraibe). C'est un coup de semonce pour tenter d'obtenir des concessions et, dans ce cadre, réorganiser les forces qui révolution.

Cette crise a pris logiquement la forme d'une rupture de la coalition au plan gouvernemental et d'un déchirement au sein de l'appareil d'Etat, c'est-à-dire là où se noue la situation particulière de dualité de pouvoir ouverte par la victoire de juillet 1979. (5)

Dans les réponses immédiates du FSLN au COSEP, l'important sera moins les affirmations générales sur l'économie mixte que le type d'incidence d'un accord qui influerait négativement sur l'activité des masses laborieuses et donc sur l'évolution des rapports de forces entre les classes. L'issue de la crise dépendra avant tout du prolondes mobilisations de masse, de la consolidation de l'organisation syndicale travailleurs et des paysans et du développement initiatives de contrôle contre le sabotage. Tout ceci renvoie à l'élargissement comme à la centralisation des diverses instances d'autoorganisation des masses, à leur expression au niveau du Conseil d'Etat comme à la fonction réelle future de cet organisme. La préparation militaire contre une offensive réactionnaire est depuis longtemps au centre des préoccupations du FSLN.

gouvernementale et institutionnelle provoquée le départ de Chamorro, Robelo et leurs alliés peut conduire, selon le type de réplique du FSLN et du mouvement de masse, à un pas décisif vers l'établissement nement ouvrier et paysan.

25.4.1980 NOTES 1) Voir «Inprecor» numéro 72-73 -20 mars 1980. 2) Voir les articles de Livio Maitan dans «Rouge» du 11-17 avril 1980. 3) Voir «Inprecor» numéro 72-73 et «Rouge» du 11-17 avril 4) Les directions de la CUS (Confédération d'unification syndicale) et de la CTN (Confédération des travailleurs nicaraguayens) sont opposés à une centrale unique. La CAUS (Confédération d'action et d'unification syndicale) fut à la tête d'une série de grèves, dans la dernière période. 5) Voir la résolution adoptée par le XIé congrès mondial, la publipe dars le numéro spécial (hors abonnement). Une prochaine édition d' «Inprecor» publiera un article de fond faisant le point sur la situation au Nicaragua.

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