Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ESPAGNE

La «réforme» est achevée

· Inprecor n° 77, 15 mai 1980 · p. 39-47 · 6 635 mots

État espagnol Euskadi Syndicalisme

La «

Angel MUNOZ PARMI les millions de personnes ont célébré, dans le monde entier la -mort du dictateur Franco, il y a quatre ans, aucune, même la plus pessimiste, n'aurait imaginer la situation qui régne en 1980 dans l'Etat espagnol. Pour commencer à comprendre cette situation, il suffit de donner un exemple : les chômeurs sont aujourd'hui plus nombreux que les membres des syndicats ouvriers (1). En fait, le moral du mouvement ouvrier est au plus bas et il connaît le plus faible niveau de confiance en ses propres forces de ces dix dernières années.

Comprendre la situation actuelle et ses causes est une tâche fondamentale pour les militants révolutionnaires, et, ceci, pour diverses raisons : la premiere est que rien n'indique que la situation s'apprête à changer brusquement, que nous ne fassions qu'un cauchemar dont nous allons nous éveiller bientôt, pour nous trouver en pleine montée du mouvement de masse; bien au contraire, nous allons être confrontés à de dures, et on peut le prévoir, de longues luttes de résistance à l'offensive de la droite, pour lesquelles il faut place les conditions d'une contre-offensive des réforme» est ac leurs; la seconde est que la situation exige que les révolutionnaires ne s'enferment pas dans le confortable ghetto de la dénonciation et de la propa-

Men spectateurs qui tendent «des jours meilleurs». Dans l'Etat espagnol, il n'y a

Get il n'y aura pas de «stabilité» politique ou sociale; la bourgeoisie a remporté mouvement ouvrier une série de victoires partielles tantes, mais elle est loin d'avoir apporté une solution à la crise économique pas plus qu'à sa crise de direction politique : des milliers de militants ouvriers et d'autres mouvements sociaux à réfléchir sur leurs expériences et à comprendre que les reculs et les difficultés actuelles et futures ne sont pas dues à la force et à l'habileté de l'ennemi, mais à la politique catastrophique des directions ouvrières majoritaires c'est cette compréhension, liée à une énorme capacité de résisqui caractérise le processus lent et inégal de recomposition et de regroupement des forces qui se produit dans les entreprises et dans les quartiers, au sein des organisations syndicales, des mouvements de femmes et de jeunes, dans les partis nationalistes radicaux et dans les partis ouvriers.

Enfin, connaître l'expérience espagnole des dernières anlevée nées peut avoir une utilité pour :les révolutionnaires des autres pays, en particulier, ceux soumis à une dictature et sur lesquels plane depuis quelque temps la menace de ce qu'on appelle «la voie espagnole à la démocratie» - pourvu que cet article les aide à la combattre.

LA DERNIERE ETAPE

DE LA «REFORME» Jusqu'à l'approbation de la Constitution, l'activité politique en Espagne s'est caractérisée par le «consensus» entre les partis bourgeois et les partis ouvriers réformistes. Il s'agissait d'échanger le «pacte social» contre la «démocratie». l'échange était extrèmement inégal: il y eut le «pacte social» et, en 1977 et 1978, la part des salaires dans le revenu national a diminué respectivement de 0,9% et 1.3%; mais la démo(1) Le nombre officiel de chômeurs, fin 1979, était de 1334000 personnes; en ce qui concerne le nombre d'affiliés aux différents syndicats, il n'existe pas de chiffre officiel fiable. Les chiffres donnés par les centrales sont scandaleusement exagérés. Un calcul approximatif donnerait les chiffres suivants: Commissions Ouvrières 700000; UGT 400000, le reste des autres syndicats de classe 100000. Le chiffre maximum total d'affiliés n'est donc pas supérieur à 1200000 ce qui donne un pourcentage de syndiqués par rapport à la population salariée active d'approximativement 14%.

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cratie que sanctionnait la Constitution, atteintes aux libertés et aux droits fondamentaux (en particulier, la négation du droit à l'auto-détermination des nationalités opprimées), maintenait en l'état l'appareil politique et de la dictature et le caractère monarchique du nouveau régime. La politique de «consensus» a sérieusement désorienté le mouvement ouvrier et a usé sa force d'attraction auprès des autres mouvements sociaux; en particulier auprès nationalités où le PSOE et le PCE sont apparus clairement complices de l'UCD. Mais malgré cela, la majorité des travailleurs ont cru à ce que racontaient et promettaient Gonzalez et Carillo:

poursuite partielles obtenues depuis la mort du dictateur (telles que l'amnistie, la légalisation des partis et des syndicats... quêtes réelles des luttes populaires; dans d'autres cas, réformes politiques précaires messes à portée mal définie — municipales, d'autonomie,...) - la nécessité de faire des «sacrifices» obtenir le plus rapidement possible avant la stabilisation de la démocratie, et, par dessus tout, la possibilité d'une alternative des partis de gauche capables d'obtenir une victoire électorale contre l'UCD, et arracher tion politique du pays. C'est sur ces illusions que se fondait la confiance de la majorité des travailleurs dans le PSOE et le PCE, au cours de la première étape de la «réforme».

victoire de l'UCD lors des élections générales de 1979 a inauguré et dernière étape de la «réforme», qui a modifié profondément les caractéristiques de la situation politique espagnole depuis 1977 (2).

Le. «consensus» s'était miné de la façon la plus défavorarable possible, étant donné que la bourgeoisie n'en avait pas besoin (sauf dans un cas particulier, comme nous allons le voir). Ce dont avait besoin l'UCD, c'était de rentabiliser sa toire électorale afin d'affronter de graves définitivement, et sans comproment allait satisfaire directeopprimées, qué une des conquêtes

Commissions le

(2) voir du 15.3.79 résumé d'une

LCR sur ler mars.

texte est le contexte actuel.

de la nouvelle situation économique» miques,

41-42 «Une année d'austérité», des mêmes auteurs.

la seconde gouvernement et à la hausse du coût de la vie durant la même année qui a ter-

Nombre de grèves

Effectif des entreprises toucnees

VICmis la gauche réformiste, sur les trois terrains les plus critiques situation: - la politique économique, dans le cadre de laquelle gains obtenus depuis le de la Moncloa étaient modestes étant donné l'amplitude de la crise et étaient mepar la récession internationale a venir (3). Le gouvernement les exigences du patronat puissante CEDE. Jusque-là il avait manredéfinition de la politique d'austérité, dont l'objectif prioritaire était la modification des méthodes et du cadre légal des relations du travail. Le gouvernement avait

Uses propres conclusions de l'imposition du décret-loi de blocage des salaires à la fin de 1978: si le blocage des salaires avait réussi (4), cela avait provoqué l'opposition des plus alors ouvrières et de rUGT et d'importantes mobilisations ouvrières, étroitement contrôlées par les bureaucraties syndicales, mais qui faisaient courir le risque d'une dynagénéralisée unitaire des luttes de masse gouvernement. numéro 47 est publié le déclaration de la bausse des élections générales générales L'essentiel de ce totalement valide dans numéro 67«Les traits fondamentaux J. Albarracin et P. Montes. En ce aui concerne le bilan des Pactes de la Moncloa et leurs aspects éconovoir «Inprecor» numéro après le pacte (4) La hausse moyenne des salaires durant 1979 a été de 13,9%, inférieure aux limites imposées par le importantes. été de 15,6%. Pour la troisième année fection rente nationale correspondant aux salaires a diminué, cette fois de 2% en-

GREVES • TABLEAU GLOBAL COMPARATIF 1816 1979 1356 1789 5634215 10068712 Travailleurs en grève 3633004 5752304 Heures de travail perdues 128738478 171 067 049

Oil s'agissait de favoriser les accords patrons/syndicats, réalisant ainsi une «division du travail» entre l'UCD et la CEDE pour la mise en œuvre de la politique économique de la bourgeoisie. Au mois d'août. fut publié le programme économique du gouvernement (PEG), avec pour ligne générale, cette nouvelle orientation. - la question nationale et regionale, régionale, pour laquelle pour laquelle le gouvernement doit réaliser opérations relativement contradictoires: consiste à obtenir le «consenpar rapport aux statuts catalan et basque. Les élections ont démontré et les événements postérieurs plus encore que la direction politique bourgeoise exercer dans l'Etat espagnol le pouvoir d'une maniere «collégiale» entre l'UCD et les nationalistes bourgeois Catalogne (le PNV et le CIU); il ne d'arriver à un pacte entre ceux -ci, et la base fondamentale du doit en etre les statuts. Mais, par consequent, UCD doit tal re prendre un tournant radical politique impulsée depuis 1977, et qui avait consisté à stimuler l'apparition de revendications «auviron. L'échec de la lutte du mouvement ouvrier contre les limites à la salaires imposés par le gouvernement est une des données les plus importantes situation qu'à l'époque nous n'avons évidemment provoqué par l'orientation des directions des Commissions Ouvrières et de l'UGT qui se refusèrent à concevoir la lutte comme une réponse généralisée et centralisée de tout le mouvement ouvrier contre la politique gouvernementale.

Il n'en reste pas moins qu'il y eut une attitude unitaire missions Ouvrières et de l'UGT ces conditions n'en a que plus affecté le moral des travailleurs et a accéléré la désafsyndicale: L'UGT utilise cyniquement cette expérience pour justifier sa ligne actuelle.

Dlus SI.SS plus 78,80 plus 58,23 plus 32,87

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tonomistes» dans toutes les nationalités et régions de l'Etat espagnol. L'objectif de cette politique démagogique évidente: créer des et des affrontements les peuples. en contre l'Euskadie, et en même temps, essayer d'asphyxier les aspirations nationales les plus fortes, avec l'argument selon lequel «il ne devait avoir de privilégiés». Mais une fois obtenu le consensus sur les statuts basque et catalan (sans trop de problèmes), l'UCD s'est donné pour objectif ce qu'elle appelle avec cynisme «la rationalisation» des autonomies. En pour la bourgeoisie d'essayer de mettre en place maintenant le maximum de centralisation dans le reste de l'Etat et de faire obstacle au développement des mouvements nationalistes radicaux, qui, sous des formes diverses, se renforcent sein des nationalités et des régions (Canaries, Galice, Andalousie...). Dans temps, le PSOE fut le collaboratuer enthousiaste du gouvernement pour cette tâche. C'est avec son aide que le gouvernement est arrivé à faire approuvr aux Cortes un mécanisme légal qui, dans la pratique, oblige à faire passer les autonomies par la soi-disant «voie lente» (5) sauf dans «inévitables» de de la Catalogne et de la Galice. - enfin, la l'avortement, la police, le doute, le problème fondamental sera l'armée (6). Dans des déclarations faites récemment au journal Il messagero, attribué un rôle décisif pour le succès de la réforme à l'unité de l'armée, sous son commandement. En réalité, décisif» a constitué pression politique réactionnaire était et de frein lorsque la hiérachie divisions entre nement allait «beaucoup trop particulier loin» dans ses compromis avec pas militaires.

hiérarchie accepter des augmentaient à le contrôle du gouvernement il s'agit gouvernement doit obtenir un concensus permanent avec la hiérarchie militaire sur les pro-

(la question nationale; l'ordre le. etc.) et aue.

au conflits premier que cela prenne la forme d'une quelconque «épuration» et en mettant aux postes clés des mettant aux hommes de confiance du goules vernement, cas autorité auprès de la hiérarl'Euskadi, chie militaire.

(5) La voies mination.

Alors

Catalogne et permet nalités qui nomie dans les ble pour le roi a une plus important ce «rôle jusqu'à permanent militaire estimait que le gouverla gauche. Les directions réformistes se sont faites les garants auprès du mouvement de masse du respect des pressions des

Le roi est intervenu dans certains cas de conflits gouvernement et la fa militaire, compromis qui chaque fois sur l'armée. La résultante de ces relations complexes est que le sistance clés public; la politique internatinaque fois la politique de l'UCD soit plus à droite, de sérieux stabilité de l'appareil d'Etat s'en gouvernement poursuive le renouvellement des chefs militaires, tout en évitant absolument jouissant d'une établit en Andalousie.

ces que le 151 est de en

Militaire

Euskadi le 1rale 143 groupait une rant les quisme, n'en existe pas.

en fait, statut d'autoannées

30); là des statuts.

«recensés»

Voilà donc quels sont les grands objectifs du plan d'offensive de la bourgeoisie contre les travailleurs, depuis le ler mars. Pour le mettre en œuvre face au mouvement ouvrier, il est nécessaire à la bourgeoisie d'établir une ligne de défense unitaire et dure, Le rétablir sa capacité d'attraction sur les couches moyennes et les mouvements sociaux et de mettre en œuvre un «changement de cap» radical par rapport à l'étape du «consensus». La victoire de la gauche aux élections municipales d'avril 79 fut une démonstration écrasante qu'il est possible d'organiser une réau gouvernement de droite. Pour un temps, on a pu penser que la volonté d'unité des travailleurs allait imposer un tournant à la politique des directions réformistes. Le ler Le ler mai 1979 s'est déroulé sous le signe l'unité et de la confiance renouvelée de millions de travailleurs qui désiraient que les erreurs qui avaient amené la victoire de l'UCD le ler mars soient rectifiées. Mais il ne suivit qu'une nouvelle et prévisible déception.

Le XXVIII congrès du PSOE (7) a montré que si que si la direction social-démocrate était certes disposée à effectuer un tournant, c'était dans le sens d'une gestion de la crise bourgeoise complétée par un affrontement direct avec le que le référendum soit considéré comme positif. Dans le cas contraire, c'est le 143 qui s'applique automatiquement. C'est ce qui s'est produit (6) A la suite de la répression et la disparition de l'«Union de l'«Union Démocratique» qui recertains jeunes officiers dudernières années du franaucune organsation de ce type n'est aujourd'hui connue. Le plus probable d'ailleurs est qu'il

En réalité les officiers forment un corps réactionnaire idéologiquement très homogène.

Les nouvelles promotions d'officiers sont à 80% composées de fils de militaires ce qui contribue à accentuer l'esprit de caste.

Les organisations de soldats liés à l'extrèmé gauche qui avaient surgi il y a quelques années ont aujourd'hui quasiment disparu. (7) Qui s'est tenu au printemps 1979.

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-PCE. Ces positions ont rencontré un succès congrès extraordinaire d'octobre. La majorité de l'appareil de l'UGT a appuyé avec thousiasme, dès la première minute, le tournant du PSOE et, avant l'été, cord avec l'organisation patronale, la CEDE, étaient contenus ments de la ligne du cial, mis en œuvre par la suite.

De leur côté, les directions du PCE et des CO ont cherché à tirer profit de ce tournant droitier du PSOE, apparaissant avec une ligne plus unitaire et plus combative. Mais leur objectif explicite à la politique de «consensus». Pour cela, cet objectif fixait très strictement de «l'unité» et de la «combativité» que prétendaient vouloir Carillo et Camacho. C'est ainsi

Alors d'un récent discours, Carillo a proposé dans un même temps un pacte politique général et unitaire au l'entrée des socialistes dans le gouvernement Suarez d'éviter que le gouvernement continue à évoluer droite». C'est ainsi, aussi, que les nombreuses mobilisations impulsées par les CO lors des derniers mois se sont limitées à des manifestations, plan de lutte politiques clairs.

Cette orientation mettra pas de mener la bataille contre la politique de la direction social-démocrate; de plus, elle sera à l'origine de la frustation des secteurs les plus combatifs du mouvement ouvrier qui ont considéré tout les Commissions Ouvrières comme l'instrument fondamental pour faire face à l'offensive de la droite.

Chacune à sa manière. les directions du PSOE et du PCE vont contribuer à l'aggravation des effets négatifs déjà produits par le «consensus» dans le mouvement ouvrier. Le gouvernement et les secteurs patronaux disposaient donc. vers le milieu de 1979, de bonnes conditions pour lancer leur offensive.

total lors du et événements importants qu'il n'est ici: des mobilisations des enjusqu'aux a passé un acdans lequel tous les élépacte soques élémentaires du gouvernement.

politique restent l'offensive doute et l'offensive gouvernement.

par exemple

(PEG). Ce véritable plan

PSOE et

«afin la vers sans ni objectifs faut souligner sur gouvernement.

hausse

La imposée de la Garde Civile

18%

Les chiffres relatifs avant fixé par le gouvernement, de est crée ments.

grève et favorisait les lock-out.

cernent

Depuis lors se sont produites de nombreuses mobilisations pas possible d'énumérer étuenseignants binant luttes en aux agressions fascistes, — toujours plus nombreuses, - à la répression policière ou aux atteintes, - sans cesse plus graaux libertés démocratide la part

«chef deux questions centrales qui continuent à dominer la vie autre renonce à sans aucun sociale centraliste du

L'OFFENSIVE SOCIALE et

Au cours du mois d'août, le gouvernement a rendu public programme économique programme, général».

mique, est une sorte de déclade principe sur les objectifs économiques fondamentaux du gouvernement. Au-delà de la réaffirmation et du renforcement de la politique d'«aus-

(l'augmentation dépenses publiques devra dans tous les cas être inférieure à l'augmentation du PNB). les aspects les plus importants de ce programme conla «flexibilité » particulière du limite des salaires à l'ensemble des fontionnaires est de 12,5%. Mais les salaires augmentent de qué de et ceux du reste de la police ne sont pas connus mais il n'est pas a bénéficié de cette

(9) Le statut des travailleurs discri-

Elle mine les fonctionnaires publics, établit que le salaire minimum sera tuellement et que la durée légale hebdomadaire du travail rieures à 13%

Mais surtout il

Elle

«l'augmentation extrèmement licencie-

Il contenait initialement toute une série de limitations au droit de mesures plémentaires,

A partir d'un accord UCD-PSOE, il fut décidé que ces points devaient les «relations travail». Ainsi y est-il affirmé que «le chef d'entreprise doit disposer des moyens d'agir comme tel, organisant la structure de la production et comles facteurs productifs en fonction des exigences du marché»; le langage technocratique apparemment sophistiqué ne cache guère les intentions véritables, à savoir le rétablissement de l'autorité d'entreprise», la grande revendication du patronat. D'un côté, le gouvernement ce qu'il appelle la «politique d'intervention» dans les conditions de travail: à partir de maintenant, il fixera par décret celles concernant les foentionnaires publics (8)

«favorisera» des pactes entre le patronat et les centrales syndicales, jouant seulement un rôle de «conseiller» quant aux limites que ces pactes ne devraient pas dépasser en l'«intérêt La signification réelle de ce programme a déjà pu être testée dans la pratique à parnotamment du des Travailleurs» (A.M.I.) (10).

Le statut a été à l'origine de l'une des principales mobilisations ouvrieres de ces dernières être dissociés et faire ultérieurement l'objet d'autres lois, ceci pour faciliter un vote favorable du PSOE et sans que l'UCD change sur le fond sa position. Le PCE, après de longues négociations où il n'a pas mansouligner les aspects positifs de la loi a finalement voté contre, (10) L'AMI établit une «fourchette» pour les négociations salafixant les limites d'augmentation entre 13 et 16%.

introduit néanmoins une série de clauses qui permettent évenaux patrons d'établir des augmentations de salaire inféaffiche comme objectif de la productivité pour le rétablissement des bénéfices des entreprises». Dans la pratique, l'un de ses objectifs est la réduction drastique des rétributions complémentaires (primes, heures supetc.) qui constituent une part considérable du salaire réel des travailleurs espagnols.

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années, malgré l'opposition de l'UGT (qui. à partir des accords de juillet avec la CEDE, a abandonné son opposition globale au projet de statut, se contentant d'appuyer les amendements partiels présentés aux Cortes par le PSOE). Ainsi en Euskadi, le 7 décembre, la grève générale a dépassé en ampleur tous les mouvements antérieurs (ce qui en Euskadi n'est pas rien...); à Madrid eut lieu une manifestation 300000 personnes et plus généralement, durant les premiers Jours de decembre, ce sont plus de deux millions de travaileurs qui ont participé aux diverses mobilisations contre ce statut parmi elles de nombreux affiliés à l'UGT ne respectant pas les consignes démobilisatrices de leur direction.

Malgré tout le statut fut imposé démontrant par là-même que la ligne des Commissions Ouvrières de «faire pression pour négocier» est, non seulement réformiste, mais, dans les conditions actuelles, totalement inefficace.

La seconde expérience aura donc des effets encore plus graves. Les objectifs en matière de salaire, de productivité, etc. du programme économique du gouvernement, tout en étant importants, n'étaient pas aussi décisifs que la remise en question des traditions du mouvement ouvrier espagnol dans ses mobilisations pour des revendications salariales, à partir de l'établissement établies nationalement pour l'augmentation des salaires, les clauses de productivité, etc.

De plus. le fait que les Commissions Ouvrières avaient refuInterconfédéral bataille pour celui-ci un aspect complémentaire de bataille contre les Commissions Ouvrières, dans laquelle le gouvernement et le patronat, avec la collaboration de l'UGT, jetteront tout leur poids.

Cette attitude de collaboration de l'UGT a signifié que très rapidement se sont réalisés des accords au niveau des branches ou des entreprises entre l'UGT et le patronat, lesquels ce dernier concessions au niveau des salairelativement mais largement compensées par les conditions générales d'application de l'«Accord-cadre» par le taux d'inflation prévu gouvernement a immédiatement donné un statut légal à accords bien que la seule UGT soit généralement minoritaire dans les commissions de négopour leur Commissions Ouvrières ont combiné les actions de pression avec la dénonciation de l'UGT, la signature d'accords bien en-deçà des propositions initiales avec l'acceptation de fait des accords UGT-patronat, le tout sans jamais poser la bataille contre l'«Accord-cadre» comme une bataille centralisée du mouvement ouvrier dont les objectifs immédiats devaient s'in-

Un premier bilan, concer- nées nant le premier trimestre de cette -année peut déjà être tiré: - Plus de 260 accords ont été concernant environ 4 millions de travailleurs; la hausse moyenne des salaires y est de 15,54% (chiffre officiel ne correspondant d'ailleurs pas à la réalité comme nous l'indiquons dans notre analyse du contenu de l'«Accord-cadre»). Il faut toutefois prendre compte que cette augmentation est supérieure à celle de l'an

Get est proche du taux (11) Le projet de Loi de base sur l'Emploi (Ley Basica de pleo - LBE) constitue une véritable provocation qui a même alarmé certains secteurs de la bourgeoisie. Cette loi, en plus d'introduire le contrat temporaire et prévoir des subventions pour les capitalsites qui le chômage, une réduction importante cation-chômage pour tous vailleurs qui n'ont pas cotisé durant trois années consécutives à la sécurité sociale et ne prévoit aucune forme d'aide significative aux recherche de leur premier emploi et qui sont près de 800000 dans l'Etat

Rappelons que selon les chiffres officiels, le chômage touche 10,14% de l'ensemble de la population active et 16% de la population

60% de ces chômeurs sont des d'inflation de 1979 (15,6%).

Finalement 60% des accords sont pour une durée de deux ans, ce qui était l'un des objectifs du patronat, en opposition à la tradition de l'accord annuel. La grande majorité des accords se situent globalement dans le cadre fixé par l'«Accord-cadre Interconfédéral».

- D'autre part, 10 millions part, les d'heures de travail ont été perdues en janvier et février, moins que pour la période équivalente de 1979; cette tendance s'est maintenue durant le mois de mars. Les chiffres sont particulièrement spectaculaires si l'on excepte

Get la Catalogne: les heures de travail perdues durant le premier trimestre de 1980 sont alors inférieures de 80,74 pour cent à la période correspondante de l'année antérieure.

Le bilan de ces quelques don-

Best clair: l'offensive connu un succès; le mouvement ouvrier a souffert un nouvel et grave revers. Dans ces conditions, l'offensive va se pousuivre et, dans les prochains mois, deux nouvelles lois sur le travail vont menacer les travailleurs: la loi de base de l'emploi et la loi sur les grèves (11).

L'OFFENSIVE CENTRALISTE

La discussion sur le projet de statut de la Galice a marqué un tournant dans la politique dite d'«autonomie» de l'UCD. jeunes entre 16 et 24 ans et 34%

41% des chômeurs allocation-chômage, pourcentage qui tombe à 25% pour les femmes. Les dépenses pour l'all'entreprise représenté 4,3% du PNB!

Le PCE et les Commissions Ou-

LBE sur la base de contre-proposiparticulier la question de l'allocation-chômage.

Cette proposition fut repoussée, les socialistes se contentant de proposer des amendements des plus modérés

Le contenu du projet de Loi sur la grève (Ley de Huelga) n'est pas encore connu.

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La droite centraliste, en particulier l'UCD, y disposent d'une majorité parlementaire écrasante (12); c'est pourquoi elle n'a pas considéré nécessaire de rechercher un «consensus» et pu imposer un statut produit de ses conceptions. Le projet de statut, qualifié par le peuple de Galice de «statut des caciques» est très en-deçà de celui reconnu à la Catalogue ou à l'Euskadi; en particulier, il permet contrôle bien plus considérable du gouvernement central sur le futur gouvernement local. Le projet de statut a été à l'origine masses; pratiquement tous les partis, à l'exception de la droite centraliste, qu'ils voteraient NON au référendum, qui peut être le point de départ d'une offensive pour en terminer avec l'hégémonie politique des réactionnaires dans cette région. L'UCD, cependant, tente d'arriver à un accord avec le PSOE sur la base d'une interprétation «large» du contenu du statut - ce qu'elle obtiendra probablement - afin de s'assurer une majorité au référendum dont la date n'a pas encore été fixée. Ce fut là le premier moment de l'offensive centraliste de l'UCD. D'autres allaient venir, plus graves, comme en Andalousie.

Peu de temps avant que se déroule le référendum en Andalousie, l'UCD annonçait qu'elle appelait à l'abstention et se lançait dans une campagne réactionnaire visant à assimiler le vote OUI avec le «marxisme». Le référendum se convertit alors en une bataille entre la droite et la gauche, plus fondamentale que le choix entre l'une ou l'autre des alternatives constitutionnelles vers l'autonomie, malgré la volonté du PSOE et, surtout, du PCE d'enlever tout caractère politique à la confrontation. fut en réalité une victoire du peuple andalou et une défaite de l'UCD, bien lement, on puisse interprétation contraire. conjonction Andalousie d'une situation sociale explosive et de la conscience croissante de l'existence d'une oppression spécifique va sans aucun doute faire, à l'avenir, du peuple andalou un des protagonistes fondamentaux de la résistance à la droite.

Mais, sans aucun doute possible, les élections basques a deux dane en c non seulement sur le terrain dit des «autonomies», mais en général depuis 1977 (voir tableaux)

Les conclusions que l'on peut tirer des deux élections sont, malgré quelques différences, pour l'essentiel compeuvent se résumer ainsi : - la politique centraliste du :

gouvernement a connu une grave défaite; si nous y ajoutons la situation de Galice et d'Andalousie et les conflits qui se développent sur la question de l'autonomie aux Canaries, dans le pays de Valence et en Aragon, le résultat est que toute la politique d'autonomie de l'UCD est mise en question. Mais, pour comprendre la signification réelle de cette défaite et ses conséquences, il faut prendre en compte trois aspects :

le premier est que les résul-

Etats de l'UCD dans les élections dans l'une ou l'autre des nationalités ne sont pas équiva(12) Aux élections du ler mars en

Galice, les parlementaires élus et sénateurs) se répartisUCD: 29 - PSOE: 9 - AP: 5. , (13) Le résultat du référendum andasur l'utilisation de l'article 151 a été dans son ensemble meil- ensemble meilleur que ceux d'Euskadi et de CataCatalogne 52,3%. Mais dans l'une des provinces d'Andalousie, celle n'a pas obtenu la ont fait échouer le «oui» rendum. Si le même dans la province de ragone le vote positif fut inférieur rent mises en évidence référendum andalou. comptés dans le recensement 52000 jeunes de 17 ans qui n'ont pas le droit de vote et le province d'Almeria a inclu 15000 personnes décédées.

lents aux résultats qu'elle obtiendrait dans le cas d'élections générales (sans doute aucun un nombre important d'électeurs bourgeois ont une «double fidélité» selon le type d'élections; une partie des voix que l'UCD a perdu lors des élections basques ou catalanes au profit de formations nationalistes bourgeoises seraient récupérées par l'UCD en cas d'élections générales.

Best que l'autre grand perdant de ces élections est le PSOE. * le troisième est que les vainqueurs sont les partis nationalistes bourgeois. Il y a défaite du gouvernement mais pas bourgeoisie en général.

Comme nous l'avons déjà dit les grands vainqueurs le PNV et le CiU. Il s'agit évidemment de partis différents quant à leurs traditions et qui agissent dans le cadre de situations socio-politiques différenleur fonction objective est identique: ils sont les partis bourgeois hégémoniques dans leurs nationalités respectives sont disposés à assumer leur rôle dans le cadre d'une alliance conflictive avec la bourgeoisie centrale. Les gouvernements homogènes qu'ils ont l'un et formés correspondent à cet objectif, avec une réserve plus marquée en ce qui concerne le CiU. Finalement, il faut souligner, en ce qui concerne les élections catalanes, que la bourgeoisie les a affrontées comme une bataille de classe expressément destinée à en terminer avec la majorité ouvrière existant jusqu'alors dans la nationalité ; le patronat des centaines de millions de pesetas dans la propagande contre le«vote marxiste». La à cette campagne a consisté en l'affirmation respectueuse qu'il la considérait comme «une erreur», car les patrons «doivent diversifier leurs risques et ne pas tout miser sur un seul cheval» C'est la C'est la politique que reflète politique que reflète cette phrase qui a conduit le PSOE au désastre électoral.

Car il ne fait aucun doute que le PSOE est le principal

Page 45

Autres chiffres : «Unitat pel socialisme» (coalition électorale LCR-MC-PT-OCE(BR) a obtenu 35000 voix (1,5 %).

Les «nationalistes de l'Esquerra» et BEAN, deux formations nationalistes radicales ont otenu respectivement 46500

SIGLES : CIU - Convergencia : Unio / PSC-PSOE : Partit Socialista de Catalunya-PSOE : PSUC - Partit Socialista Unificat de Catalunya ; CC-UCD : Centriste de Catalunya - UCD ; ERC : Esquerra Republicana de Catalunya ; PSA :

Partis

Elections générales du 15 juin 1978

PVN

303931

PSOE

267753

64126

UCD

129590

71916

46 003

PCE

Abstent.

15,96%

Inscrits : 1584577

Autres partis :

EMK (MC)

- approximativement 10000

LKI (LCR)

- approximativement 5000

- approximativement 3500

PTE

Partis

Elections générales du 15 juin 1978

CIU

522060

16,80%

PSC/PSOE

880539

28,40%

PSUC

564574

18,20%

CC.UCD

521419

16,80%

ERC

141959

4,50%

PSA

Abstent.

21,70% votes et 14500 votes.

Partido Socialista de Andalucia

Elections générales du ler mars 1979

275 292

149 685

190235

80098

168607

34108

45893

31,35%

Sigles

PNV

HB

EE

AP

EMR (MC)

PTE

Nom

RESULTATS DES ELECTIONS

Elections générales du ler mars 1980

483432

875550

29,21%

512906

17,11%

570958

19,05%

123474

4,10%

31,55%

RESULTAT DES ELECTIONS NATIONALES BASQUES

(Résultats globaux des partis qui ont des parlementaires élus)

Elections nationales du 9 mars 1980

350283

37,59%

152162

16,32%

130542

14,00%

90064

9,66%

78310

8,40%

43853

4,70%

37051

3,97%

41,18%

Partido Nacionalista Vasco (Parti nationaliste basque)

Herri Batasuna

Euskadiko Eskerra

Alianza Popular

Movimiento Comunista

Partido del Trabajo

NATIONALES DE CATALOGNE

(Résultats globaux des partis qui ont des parlementaires élus)

Elections nationales du 20 mars 1980

754896

23,00%

609884

23,00%

509606

19,00%

287904

11,00%

241771

9,00%

72186

3,00%

39,00 % approx.

Nombre de

Différence entre députés

1er mars 1979 et

9 mars 1980

25 plus 74991

11 plus 2477

9 moins 59693

6 plus 9966 moins 90297

6

2 plus 9754

1 moins 8802

Nombre de

Différence entre députés

1er mars 1979 et

20 mars 1980

43 plus 271464

33 moins 265666

25 moins 3300

18 moins 283054

14 plus 118294

2

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protagoniste d'une défaite qui affecte l'ensemble du mouvement ouvrier. La direction socialiste a tenté d'expliquer ses mauvais résultats par le taux •élevé d'abstentions. Il est vrai qu'une partie très importante de l'électorat du PSOE s'est abstenue, comme il est vrai qu'en Euskadi une partie significative de cet électorat a voté PNV; (ainsi ce dernier est devenu la première force électorale dans une zone traditionnelle de concentration ouvrière comme Baracaldo, -tout comme CiU est devenu le premier parti en termes électoraux à Tarrasa et le second à Sabadell) •

Mais cette abstention est surtout le produit de la politique suicidaire du PSOE, avant-garde du centralisme en Euskadi (sous le prétexte que la raison d'être historique du socialisme est •de combattre • le nationalisme) et n'assurant pas ses responsabilités en tant que parti ouvrier majoritaire en Catalogne, ce qu'il était depuis le 15 juin 1977.

Les pertes du PCE sont, pour leur part, moins graves Il maintient une position solide en Catalogne et reste une force marginale en Euskadi (ou en grande partie son espace politique est occupé par Euskadiko Eskerra). Mais, surtout, c'est sa politique anti-ETA et d'appui dans les faits à la police, illustrée notamment par Carillo (qui en bon disciple de Thaelman n'a pas hésité durant la campagne à affirmer . que Herri Batasuna «lui rappelait le parti nazi allemand ses origines») qui a contribué à l'isoler.

Finalement les partis ouvriers de la gauche révolutionnaire ont/obtenu dans l'un et l'autre cas un vote marginal (1,5%) à peu près identique, malgré les excellentes campagnes électorales de la LKI en Euskadi et de «Unitat pel Socialisme» en Catalogne. Celà reflète une donnée objective: la situation et l'état actuel du mouvement ouvrier affectent gravement des partis qui n'ont pas une force suffisante. pour b comme une alternative pratique aux directions réformistes;

de l'Euskadi, faut de plus ajouter la polarisation complète des élections par rapport à la question nationale, dans le cadre de laquelle les organisations nationalistes révolutionnaires recueillent le «vote utile» de ceux qui lutpour une solution cale à l'oppression nationale.

Les organisations nationalistes révolutionnaires ont une apparition seulement embryonnaire en Catalogne, mais elles réaffirment leur poids en Euskadi.

Herri Batasuna est plus que mouvement hétérogène qui reflète le rejet de la situation existante en Euskadi, selon des points de vues très divers. Son orientation politique est la lutte pour la «rupture démocratique», ce qui se concrétise dans l'offre de la paix au gouvernement central sur la base de 5 points (amnistie, légalisation des partis indéretrait des FOP d'Euskadi, contrôle par le gouvernement basque des forces armées présentes en Euskadi et amélioration des conditions de vie des travailleurs) En dehors du cadre de cette proposition, Herri Batasuna refuse de participer aux «institutions de la réforme» (ce qui va des Cortes de Madrid au Parlement basque, ce qui, dans ce dernier cas, donne une majorité absolue au PNV).

Bien évidemment, la «paix» signifie la fin des activités de l'ETA-militaire avec Herri-Batasuna maintient relations d'appui mutuel inconditionnel. L'existence au sein de Herri Batasuna d'une gamme de positions allant d'une ligne de pression sur le PNV et clairement disposée à la constitution d'un «Front abertzale» PNVEuskadiko Eskerra-HB, qu'aux secteurs les plus liés à classe ouvrière et disposés à lutter contre la bourgeoisie «soit-elle basque», ne doit pas faire oublier quelle est la signification fondamentale de Herri Batasuna comme mouvement de refus, dans lequel se reconnaît la majorité du secteur le plus combatif de la il jeunesse basque et une frange considérable de travailleurs.

Pour sa part, Euskadiko Eskerra a continué son ascension correspondant au développement de son influence politique, particulièrement au sein de la classe ouvrière. Sa ligne peut être caractérisée «d'eusko-communiste» (de fait, c'est une adaptation à l'Euskadi des thèmes centraux de l'eurocommunisme qui a ses effets au sein même du PCE puisque trois membres du Comité central de ce dernier sont passés à EE, durant la campagne électorale).

Euskadiko Eskerra est par ailleurs chaque fois plus orienté vers la classe ouvrière. En ce sens, son évolution sera l'un des facteurs les plus significatits du processus de recomposition du mouvement ouvrier en Euskadi.

En Catalogne, • ERC, la vieille Esquerra a obtenu de très bons résultats, équivalents pratiquement à ceux de l'UCD. L'Esquerra actuelle est le parti de celui qui fut jusqu'à ces derniers jours le président de la Généralité, Taradellas, l'homme clé de la «réforme» en Catalogne; elle a peu à voir avec le parti de Macia et Companys.

Le plus significatif est qu'elle a récupéré une partie considérable des votes pour le PSOE des élections antérieures; c'est là une preuve supplémentaire que / des secteurs de la petite-bourgeoisie qui, en 1977, ont voté pour les partis ouvriers réformistes sont déçus et s'orientent maintenant vers les partis nationalistes de différents types.

L'Esquerra va maintenant tenter de jouer un rôle de «pont» entre CiU et les socialistes en se rapprochant avant tout du parti de Pujol, dont elle a appuyé l'élection à la tête du gouvernement.

Il faut également signaler l'obtention de sièges en Catalogne par le Parti socialiste andalou qui a fait une campa-

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gne en direction des travailleurs andalous émigrés en Catalogne.

s'agit de résultats préoccupants avant tout par la division supplémentaire qu'ils introduisent dans le mouvement ouvrier.

Finalement l'abstention a été l'un des facteurs centraux de ces élections . Elle a avant tout affecté les travailleurs émigrés; c'est une autre manifestation «désenchantement» vis-à-vis de la politique espagnole selon le vocabulaire à la mode; en réalité c'est le produit de désorientation politique, de la déception dans contexte de la situation matérielle de la classe ouvrière.

Remobiliser ces couches de travailleurs est une des conditions nécessaires pour organila résistance la droite.

La force de la bourgeoisie nationaliste est comme porteuse de la reven-. dication nationale et pas seulement en Euskadi: pratiquement partout dans l'Etat pagnol la question nationale va continuer à être une question politique décisive: l'unité du mouvement ouvrier pourra seulement se construire sur la base d'une réponse radicale à la question nationale.

RESISTANCE ET

CONTRE-OFFENSIVE La «réforme», presque trois années de «période constituans'achève. Le régime est maintenant «constitué». bourgeoisie a réussi à maintenir la direction politique durant tout le processus. La politique révolutionnaire doit répondre aux nouvelles conditions.

Tout au long de cet article, sont apparues différentes manfestations de la crise de direction bourgeoise, depuis les problèmes internes de l'UCD (il n'a pas fallu moins de trois semaines à Suarez pour mettre d'accord les différents chefs de clan sur la composition d'une nouvelle équipe gouvernementale très semblable à la précédente!), jusqu'aux conflits avec des secteurs de l'appareil d'Etat ou avec les partis nationalistes bourgeois. Il y a éviges dans les mécanismes du ment que nous allons vers dané de dictature»?

tie». Le problème est que ce d'aggravation contribué à décisive, est pour fonctionner ainsi (avec sa corruption, sa corruption, ses assassinats fascistes impunis, naires à la tête à face sociale et politique du gouvernement et du patronat...) et d'apparaître ne autre manière.

esce régime ne peut qu'être gouverné par la droite.

être exposées aux travailleurs;

faire.

nueront à faire pression pour une «solution bonapartiste»;

La sible..mais ce n'est pas là aujourd'hui,

'a bourgeoisie; et c'est seulel'on demment de nombreux gripparégime et il doit avoir fréquempour

«lubrifiant pour fonctionner. Mais Gonzalez et Carillo ont-ils raison lorsqu'ils affirle

«la démocratie est c'est en train de pourrir» ou que du un «succé-

Le problème n'est pas le

«pourrissement de la démocranaires, un régime, cette démocratie parlementaire bourgeoise qu'ils ont créer de façon ainsi; il est fait avec assassinats c'est le ses tortionfasciste de la police, ses droits démocratiques fondaouvrière mentaux niés, avec l'offensive peut fonctionnner d'une

Dit sous une autre forme:

[Al Cette conclusion et ses conséquences politiques doivent c'est précisément ce que Gonzalez et Carillo ne veulent pas

Il est évident qu'il existe des secteurs de l'appareil d'Etat

IIH qui ont fait pression et conti-

• рочі un «1934» est toujours pospolitique de

A paraître prochainement

(Supplément hors abonnement)

Textes et résolutions du

XIe Congrès mondial de la IVe Internationale ment en combattant systématiquement cette politique que que peut prévenir et détruire les menaces aux libertés. C'est cela, comme l'affirmait la déclaration pour le ler mai publiée par la LCR, qu'il est nécessaire de «changer la politique qui, jusqu'alors a dirigé mouvement ouvrier. Car elle qui est à l'origine désenchantement et de la désunion dont nous souffrons aujourd'hui.»

C'est là le problème central pour tous les révolutionproblème confirmé par l'expérience quotidienne. Un exemple récent : le ler mai les fascistes ont assassiné à Madrid un dirigeant du mouvment des locataires, Arturo Pajuelo;

cinquième assassinat à Madrid depuis le début de l'année . La réaction

Get populaire a été très importante: manifestation de plusieurs milliers de personnes, grève générale dans le quartier du camarade assassiné, grèves etc... Le PSOE et le PCE se sont vus obligés de faire «quelque chose»: ils convoquèrent une manifestation pour le 29 mai!

Il y a beaucoup de choses pourries dans le pays... Mais il y a des processus vivants, des changements et des renouvellements en cours comme l'a révélé la réponse à l'assassinat d'Arturo, qui sont aujourd'hui dispersés dans les usines, parmi les jeunes, les femmes..dans toutes les manifestations de résistance à la droite. C'est là qu'il faut combattre la division et la déc'est là que peut se renforcer un parti révolutionnaire. C'est là la place de la LCR. •

+ trot 1009

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