Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

A un an des élections présidentielles...

· Inprecor n° 79, 12 juin 1980 · p. 26-32 · 3 526 mots

France Syndicalisme

Giscard a fêté le sixième anniversaire de son élection à la présidence de la République le lundi 19 mai, au retour de son voyage surprise à Varsovie pendant lequel il rencontra Brejnev.

Le PCF avait applaudi à cette rencontre, tandis que le PS protestait, au nom du respect des alliances de la France. Giscard devrait donc être satisfait des résultats de l'opération de assez

Varsovie, au moins sur le plan intérieur, quand il arriva au petit village lorrain de Saxon-Sion, choisi pour le banquet d'anniversaire. Le présid nt français rend chaque année, avec l'affectation condescendante qui le caractérise, par une halte gastronomique dans des villages qui lui ont donné plus de 80% des voix en 1974.

Michel THOMAS

NE autoroute semble en effet ouverte devant Valéry Giscard d'Estaing. La rupture survenue en septembre 1977 entre le PC et le PS, après avoir entraîné une victoire imméritée de la coalition bourgeoise élections législatives s'est approfondie. La division entre les deux grands partis ouvriers fait disparaître toute perspective concrète de changement politique, malgré le maintien tages du PC et du PS lors des

Tous les sondages régulière-

CINQ MOIS

L'autoroute tracée par le

PC et le PS devant Giscard ne se déroule cependant pas sur un terrain stabilisé.

traire.

La combativité de la classe ouvrière maintient se de comme une constante française, malgré conjoncture l'absence de perspective politique, malgré la division entre présidentielle. ainsi visite au bon peuple Cette soirée des élections second septennat. publiés montrent que Giscard distance de très loin ses adversaires potentiels, sauf Michel Rocard qu'il ne vaincrait que d'une courte tête. Les inconnues principales auxquelles s'attachent les calculs pré-électoraux concernent le tour des présidentielles : dans proportion l'électorat reportera-t-il Giscard ou sur le candidat socialiste ? Les voix communistes feront-elles défaut en nombre important à un candidat socialdémocrate restant seul en piste face à Giscard ? La personnalité et l'image du candidat socialiste, Mitterrand ou Rocard, sont au centre hypothèses. divise profondément le PS. DE LUTTE les ouvrières, malgré le poids d'un chômage devrait atteindre millions de sans-emploi à la rentrée de septembre 1980. Le gouvernement et le patronat ont multiplié les attaques contravailleurs, en jouant de la division. C'est ainsi que Barre déclarait

France

Les agapes avaient tout juste commencé que l'obscurité se fit brusquement. Il fallut attendre, pour continuer le repas, que le curé aille quérir les cierges de l'église et distribue ainsi un éclairage précaire. On découvrit peu après que le pylone électrique qui alimente le village avait été saboté, tandis que la police des manifestations ouvrières à quelques kilomètres du lieu de la réception anniversaire illustre assez bien la situation intérieure française un an avant présidentielles qui devraient voir Giscard briguer un nouveau mandat pour un les grandes luttes des sidérurgistes la restructuration de leurs entreprises en 1979, avoir craint un moment «la déchirure tissu social». Or, le pouvoir vient d'être pour la première fois amené à reculer devant les réactions de la classe ouvrière retirant le projet de loi sur la sécurité sociale,

Ce projet, qui jette les bases juridiques pure et simple de cette grande conquête ouvrière de la Libétion et qui vise à instituer un système d'assurances à l'américaine, a provoqué un début de mobilisation considérable mi les travailleurs.

grèves et les manifestations du

13 mai, organisées par la CGT et la CFDT, le pouvoir a craint le risque d'une explosion sinon immédiate, du moins à retardement. La bourgeoisie n'a pas oublié que les ordonnances prises par de Gaulle en 1967 contre la sécurité sociale (elles enlevaient la gestion des caisses aux représentants des travailleurs) ont été pour beaucoup dans le déclenchement de la générale de

1968.

mai

Certes, le gouvernement fait

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appliquer par décrets une partie des mesures contenues dans la loi Berger; il a fait adopter avec l'appui de la confédération syndicale Force Ouvrière une convention scélérate entre les caisses de sécurité sociale et les médecins, qui institue un double secteur de la médecine: un secteur conventionné dont les prestations sont remboursées à des taux variables par la

Fi imsécurité sociale, mais qui pose aux médecins des limites dépenses ; de santé; un secteur non conventionné, sans limitation de soins, remboursé. Quelle que soit l'issue de la lutte contre ces mesures et la convention médicale, que les syndicats engagent en ordre dispersé et dans la concurrence, le retrait du projet de loi Berger a été manifestation de la crainte du pouvoir à l'égard de la classe ouvrière et comme un premier recul du gouvernement Barre, initiateur des plans anti-ouvriers du même nom, depuis 1976.

Les cinq premiers mois de l'année 80 ont, il est vrai, marqués par des luttes importantes des travailleurs et de la jeunesse qui se sont succédées sans discontinuer.

En janvier, les cheminots a contre en lutte mesure de rationalisation particulièrement impopulaire, conduite à agent seul. Les fédérations syndicales ont réussi à casser un mouvement très fort en le divisant, par régions et par catégories, en séparant notamment roulants et sédentaires parmi les agents SNCF. Dans plusieurs villes, des assemblées générales de grévistes ont exigé des directions syndicales l'appel à la grève reconductible de toutes les catégories de cheminots.

En février, la jeunesse ouvrière en formation dans les lycées d'enseignement professionnel se mobilise se mobilise massivement contre l'institution des «stages Beullac», séjours de travail à l'entreprise, non rémunérés et sous contrôle des patrons. Ce mouvement est animé par les JCR, les militants de l'OCI, le mouvement «Ceux du technique» lié à Lutte Ouvrière. Les Jeunesses communistes sont absentes de communistes la mobilisation, tandis que la CGT, la CFDT et la FEN prennent position pour le principe des stages en entreprise, demandant seulement que les syndicats en négocient avec le patronat les modalités. Le mouvement des apprentis, qui a réussi plusieurs démonstra- a réussi tions massives, s'est heurté aussi aux pratiques de de l'OCI qui a constitué son propre comité central de grève (contre la coordination des lycéens en lutte, animée notamment par les JCR et «Ceux du technique») et appelé à des manifestations distinctes.

En mars, parisiens partent en grève contre la fermeture de classes et pour la réduction des effectifs à 25 élèves. Engagé hors de toute consigne syndicale, le demeure mais rencontre sympathie massive des enseignants et des parents d'élèves.

En avril, les ouvriers immigrés, loués par des sociétés de nettoiement à la RATP, arrêtent pendant plus d'un mois le nettoyage du métro. Cette grève très dure s'est conclue par un compromis à la veille du ler mai. Les premiers mois de l'année 80 sont marqués aussi par la lutte des travailleurs clandestins du quartier du Sentier à Paris, où des patrons du prêt-à-porter exploitent une majorité de Turcs et des travailleurs de plusieurs autres nationalités. On estime à 30000 le nombre de ces clandestins. Ces ouvriers sont apparus au grand jour lors des manifestations massives et se sont syndiqués à la CFDT. Ils formèrent, le ler mai à Paris, l'essentiel du cortège de la CFDT. Les travailleurs immigrés étaient également nombreux en tête du cortège CGT, le même jour. De nombreux comités ont organisé le 10 à Paris une marche nationale contre les lois Bonnet-Stoléru qui menacent l'immigration. La CFDT était partie prenante de cette initiative.

La lutte contre les lois anti-immigrés s'est développée très tôt, quoique de façon sporadique, dans les universités. Dès les mois de janvier et février, d'importantes manifestations étudiantes ont lieu à Angers et Nantes contre les conditions draconiennes imposées aux étudiants étrangers pour leur séjour en France. L'agitation étudiante s'est déplacée ensuite campus de Grenoble et de Caen. La police assassine le 13 mai un jeune zonard, Alain Dugrand, lors d'une charge de CRS dans la faculté parisienne de Jussieu. Le lendemain, plusieurs dizaines de milliers d'étudiants manifestaient dans plusieurs villes de France. Les montées par la police provoquèrent dans les jours suivants de nombreuses arrestations et condamnations de jeunes à des peines de prison. Notre camarade Claude

CGT de de HLM de la Ville de Paris, présent à une manifestation étudiante sur mandat de son syndicat, est l'une actuellement emprisonnées de cette campagne

Get policière pour «la loi et l'ordre».

L'agitation contre les projets gouvernementaux s'étend à des milieux fort éloignés du prolétariat puisqu'on a pu assister fin mai à un spectacle absolument surprenant et inédit: un cortège d'avocats et de magistrats, en robe, scandant sur les boulevard des slogans contre le projet de loi Peyrefitte (nom du ministre de la Justice), qui aggrave les peines, les conditions de détention et enlève encore des garanties juridiques à l'inculpé. Ce projet réalise contre lui l'unanimité de la magistrature, depuis le Syndicat de la Magistrature, progressiste et qui collabore avec les organisations ouvrières, jusqu'aux organisations de juges dites «modérées».

LE REGIME N'A PAS SURMONTE SES CONTRADICTIONS Face à la combativité toujours renouvelée de la classe ouvrière, le giscardisme est l'objet d'une guérilla, tantôt sourde et tantôt ouverte, de la moitié de la maiorité parlementaire constituée par le RPR. Le parti gaulliste a, depuis la défaite de la gauche en mars 1978, perdu l'oreille du patronat. Apportant son plein sou-

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tien à Giscard, le CNPF mesure chichement son appui à Chirac qui apparut comme le recours, l'homme de fer, à l'époque de la montée victorieuse de l'Union de la Gauche. Menacé de marginalisation et de disparition depuis la perte de l'Elysée en 1974, puis de Matignon en 1976, le parti gaulliste s'emploie derrière Chirac à gérer et conserver son électorat. Dans l'actuelle situation de crise, le parti gaulliste multiplie les dénonciations «de ceux qui administrent le chômage au lieu de le combattre» sans aller jusqu'à provoquer une crise gouvernementale. Chirac semble décidé à mener pour 1981 une campagne destinée à accuser les traits gaullistes de sa formation, par opposition à ceux du giscardisme. Il ressort du placard aux accessoires les mots «héroïsme», «gloire», «courage», «histoire» caractère pour changer le cours des choses qui se défont». Si le RPR ne peut espérer devancer Giscard au premier tour des présidentielles, la radicalisation de son opposition verbale à l'actuel président peut convainere un électorat où se retrouvent souvent des couches petites bourgeoises menacées par la crise de s'abstenir ou de voter socialiste au deuxième tour.

June note confidentielle et publiée par le Canard Enchaîné et Le Monde, à la mi-avril, le ministre Peyrefitte, gaulliste qui joue les traîtres de service auprès du président, tente de convaincre ce dernier que Chirac joue la politique du pire. Il suggère à Giscard une tactique de séduction du groupe parlementaire gaulliste, en distribuant à bon escient les faveurs dont dispose le pouvoir. Cette note dont l'auteur a démenti mollement être le signataire, est venue rappeler que la guerre de clans entre gaullistes et giscardiens se poursuit à tous les niveaux de l'appareil d'Etat. Chirac demeure encore maître d'une machine politique capable de réaliser des rassemblements populaires, tandis que l'UDF de Giscard demeure une coalition fragile où ne sont pas fusionnés les petits partis qui la compose. Les giscardiens ont jusqu'à maintenant échoué dans l'entreprise de construction d'un parti conservateur solidement ramifié dans le pays.

Si le système a la force de bloquer et en définitive de neutraliser les scandales nés des révélations de ses pratiques les plus honteuses (illustrées par le suicide du ministre Boulin ou l'affaire des diamants offerts à Giscard par Bokassa), il n'a pas celle d'éviter de nouvelles révélations.

Les mois récents ont vu rebondir l'affaire de BrogliePoniatowski. Financier, haut dignitaire giscardien impliqué dans des affaires véreuses, le duc de Broglie fut assassiné dans des conditions mystérieuses en 1976, alors que Poniatowski — proche parmi les proches de Giscard - était ministre de l'Intérieur. Ponia est aujourd'hui soupçonné connaissance des projets d'assassin at de de Broglie. Il est formellement caché à la Justice des informations en sa possession après le meurtre, suite aux révélations d'un certain Ducret, chef de la police judiciaire à l'époque, qui rechigne visiblement à porter seul la responsabilité de toutes les irrégularités commises par la police avant et après le meurtre. Si le RPR s'est opposé à la comparution Poniatowski devant le Parlement érigé en haute cour de justice, il a néanmoins accepté la création d'une commission d'enquête mentaire. Celle-ci sera finalement présidée par un député UDF: ancien du groupe fasciste Occident, et fort lié au Prince Poniatowski. Ce dernier organisait entre-temps la rencontre Giscard-Brejnev à Varsovie !

Aucun des problèmes fondamentaux auxquels se heurte la bourgeoisie française pour mettre les institutions héritées du coup d'Etat de mai 1958 à l'abri d'une crise politique et sociale n'a été résolu par capacité de durer, - grâce à la politique des organisations ouvrières !

LE BRAS DE FER PC-PS

L'union de la gauche déchirée, c'est un bras de fer entre le PC et le PS qui est engagé jusqu'aux présidentielles de 1981. Le PCF a pour but d'inverser une dynamique qui avait favorisé l'essor de son partenaire, peut-être même caresse-t-il projet faire éclater le PS. Une politique frontiste pourrait alors être remise en œuvre. Dans ce but, la direction du PCF cherche à se couler dans ce qu'elle perçoit comme : son identité historique, dans la tradition de tout un courant du mouvement ouvrier français: l'affirmation l'appartenance au «camp socialiste», jusqu'à approuver avec éclat l'invasion de l'Afghanistan; la condamnation de la social-démocratie internationale et française comme agents de l'impérialisme; le rappel du caractère prolétarien du parti, de son activité prioritaire dans l'entreprise, par opposition à une social-démocratie qui étend traditionnellement son influence à travers les municipalités et autres instances électives. Une reconstitution télévisée du congrès de Tours -qui vit naître la section française de l'Internationale communiste en 1920 - a donné lieu à un débat entre Georges Marchais, secrétaire général du PCF, et Lionel Jospin, dirigeant du PS. Ce dernier amena le leader communiste à condamner, une à une, les 21 conditions d'adhésion à la Ille Internationale, et donc à reconnaître implicitement que la scission de Tours n'est pas fondée programmatiquement. Marchais justifiait par contre la fondation de son parti et son existence par les traits spécifiques acquis lors de la bolchévisation et durant la longue période stalinienne.

Le PCF se montre pourtant apte aux innovations puisqu'il vient d'intégrer la notion d'autogestion, dont il se sert pour justifier sa politique sectaire d'union à la base : les formes d'union, affirme-t-il contre ceux de ses militants engagés dans la pétition pour l'union dans les

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Ce dernier, en pose à ses camarades le chemin pour aller au court gouvernement: gagner les présidentielles sans se soucier du

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PCF sera contraint au désistement au deuxième tour, sous peine de suicide politique.

Loin d'ignorer le PCF, le courant rocardien entend tiquer à son égard une politique de heurt frontal, et le faire reculer.

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CFDT, qu'il dirige, afin d'en faire l'arme d'un combat pied à pied dans les contre le PCF, au nom projet social-démocrate réaliste et ouvertement anti-marxiste.

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LA DIVISION SYNDICALE

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LE COURANT POUR

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Le courant pour l'unité s'est lifestée en queld'abord exprimé en France aules tour de la pétition pour l'Union cette orgadans les luttes, lancée par 100 promettre militants du PC et du PS (voir à ce sujet Inprecor numéro 72-73).

err

Cette pétition est aujourd'hui signée par 100000 personnes, sous sa forme originelle ou avec

/él des amendements. Elle a circulé ats largement dans les entreprises

ISp où elle fut prise en charge par les militants de la LCR, et disat cutée par de nombreux militants syndicaux. Elle a permis des débats sur la centralisation

CC des luttes, la grève générale (déeu signée sous des formulations didé verses) et bien sûr, l'unité nécesin des organisations politisaire ques et syndicales du mouve-

1SI ment ouvrier. Ces débats ont ne été assez naturellement se vestis dans les organisations syndicales. Le PCF est souvent pp ssi intervenu par tract dans les entreprises pour dénoncer la péticar tion. Des collectifs de signa-

FI taires se sont créés dans plusieurs villes importantes et dans des entreprises, tandis que les

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June initiative pour le ler mai: devant la division syndicale, critiquant ouvertement le sectarisme des uns et le recentrage des annonçaient la tenue d'un rendez-vous unitaire à Beaubourg, avant les manifestations syndicales de l'après-midi. D'autres initiatives étaient prises parallèlement au plan syndical: 94 postiers lançaient un appel pour une marche pour l'unité. En quelques jours, syndicalistes, CGT, CFDT, FO appelaient par tract à l'organisation d'une telle marche. Un regroupement de plusieurs dizaines de syndicats et sections syndicales, la plupart CFDT et issues du secteur public, appelaient à son tour à une marche pour

Les initiateurs de l'appel des 100 firent alors marche arrière, soucieux sans doute de ne ne pas rompre avec les diride l'appel et qui ne veulent pas voir les sections syndicales et les syndicats s'engager à la base dans un processus unitaire. Les initiateurs de l'appel des 100 prirent alors la respondénoncer la marche pour l'unité comme une manœuvre de la LCR, sous couverture syndicale. Ils payèrent publicitaire dans le journal Le Monde, et avançaient le rassemblement de l'Union dans les

Malgré cette manœuvre, qui permit aux sectaires, aux ,tiques et aux journaux de se moquer de la division des unitaires, la marche pour l'unité tation de syndicalistes et d'organisations syndicales, elle réunit jusqu'à 10000 personnes au plus fort de la participation. Elle a croisé comme prévu le cortege de la CFDT, nettement moins important et dont les traà rejoindre l'importante manifestation de la CGT, avant de se dissoudre. La presse et l'opinion militante retinrent de la journée du ler mai l'affirmation de cet important courant unitaire. Les journaux qui avaient parlé de «la marche de la LCR» rectifièrent. Le rassemblement du matin, auquel participaient aussi des militants de la LCR, ne rassembla que quelques centaines de personnes.

Les élections présidentielles auront lieu en avril 1981. Le scep- pays entrera dans la campagne électorale active dès l'automne. Les chefs de tous les grands partis, y compris Marchais, se sont empressés de toucher la main du Pape lors de la visite en France de Karol Wojtila.

Cet épisode peu glorieux donne un avant-goût de ce que pourra être la campagne électorale des partis ouvriers majo-

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ritaires. Quant aux formations révolutionnaires, elles devront franchir des obstacles considérables pour présenter un ou plusieurs candidats: 500 signatures d'élus sont maintenant requises (contre 100 aux élections présidentielles précédentes). Les signatures collectées devront de plus être rendues publiques, ce qui présente un évident aspect dissuasit.

Parallèlement au développement d'un courant unitaire dans les partis ouvriers traditionnels et dans les syndicats, la LCR développe une campagne en faveur de l'organisation de la grève générale et pour un gouvernement PC-PS. Au meeting qu'elle organisait au palais de la Mutua ité à Paris prirent la parole des militants trotskystes des PTT. de la Sécurité sociale, de la SNCF et des instituteurs, secteurs où : ligne d'unité ouvrière a été expérimentée sur une échelle plus ou moins grande au cours de ces derniers

Une chose apparaît d'ores et déjà certaine: ces élections vont clore un cycle de dix années d'union de la gauche: c'est en 1971 que le congrès d'Epinay qui enterrait la SFIO de Guy Mollet pour mieux redonner vie à la social-démocratie, sous l'appellation de nouveau PS. Le programme commun de gouvernement fut signé avec le PCF en 1972. Si les partis ouvriers perdent ces élections de 1981, il ne faut pas être grand clerc pour annoncer que l'heure des bilans sera difficile et explosive dans le PCF comme dans le PS. Passé 81, plus aucune échéance électorale ne se profilera avant longtemps. On peut déjà prévoir des crises et des règlements de compte majeurs dans les partis ouvriers si Giscard est réélu au terme de ces dix années d'union de la gauche montante puis déchirée. 3 juin 1980

Nucléaire

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