Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

USA

Le nouveau mouvement contre la conscription et la politique américaine aujourd'hui

· Inprecor n° 79, 12 juin 1980 · p. 21-25 · 3 851 mots

Femmes Indochine États-Unis Iran

David FRANKEL orsque le président Carter ma annonce, le 23 janvier, que la jeunesse américaine devrait s'inscrire sur les listes de conscription, il prenait cible les luttes des ouvriers et des paysans du monde entier. Il voulait donner l'assurance à tous les dictateurs soutenus par les Etats-Unis, de la Thailande au Guatemala, que Washington leur viendrait étaient menacés par une rébellion populaire.

Mais la mesure de recensement proposée par Carter était également une attaque contre la ouvrière américaine, qui visait tout d'abord à imposer à nouveau la conscription, avait cessé en 1973, - l'un des acquis des luttes de masse menées contre la guerre d'Indochi-

Run deuxième à étendre qualitativel'ancienne conscription puisque les femmes, aussi bien que les hommes, devaient se fai-

La réponse à l'attaque de Carter fut immédiate, travers tous les Etats-Unis.

D'un bout à l'autre du pays, des manifestations et des meetings eurent lieu. On peut tirer de ces diverses ripostes un certain nombre de conclusions: * d'abord le fait que ce fut un phénomène généralisé et non isolé. Il y eut des réactions non seulement dans des villes comme New York et Berkeley, mais aussi à Morgantown, en Virginie occidentale; à Olympia, dans l'Etat de Washington; à Middletown, dans le Connecticut; et à Manchester dans le New Hampshire. * leur caractère massif. Rien le 25000 personnes qui défilèrent à Washington, DC, tandis que dans les autres villes on en comptait environ 10000.

ces manifestations s'inscrivent dans le cadre d'une nouvelle mobilisation spontanée de toute une nouvelle génération de militants qui font leurs premiers pas dans la politique. Avant la proposition de Carter, il n'existait pas de mouvement anti-conscription qui soit significatif. Mais dès que la nouvelle fut annoncée, en quelques jours on vit des milliers de jeunes réagir et créer, quasiment du jour au lendemain, de nouvelles organisations et des comités. Bien que parmi ces jeunes militants, certains aient déjà expérience militante à travers le mouvement anti-nucléaire, beaucoup n'étaient encore que des enfants au moment du mouvement contre la guerre du Vietnam il y a 7 ans. * malgré les déclarations répé tées par les medias selon les- uble les lectons de quelles les masses américaines auraient oublié les leçons de la guerre du Vietnam et seraient guéries de ce qu'on a appelé «le syndrôme vietnamien», est évident que ces jeunes s'identifient au mouvement antiguerre des années 60 et qu'ils en assimilent les acquis. A la manifestation du 22 mars, la banderole de l'université de Kent - où 4 militants antiguerre furent assassinés par la Garde Nationale en mai 1970 - portait ces mots d'ordre: «Les étudiants de Kent disent: Souvenez-vous du passé. Reprenez la lutte. Pas de conscription. Pas de guerre.» * Ces nouveaux militants savent bien quels intérêts Carter entend protéger. Des mots d'ordre tels que «Nous ne mourrons pas pour Exxon!» ou «Non, nous n'irons pas; nous ne nous battrons pas pour Texa

USA co!» jouissaient d'une forte popularité. Le fait d'identifier la proposition conscription avec les intérêts du grand capital montre la différence du niveau de conscience politique général entre la période actuelle et celle de la guerre du Vietnam. lieu au moment même où une intense campagne de propagande cherchait à ce que le peuple américain soutienne les plans d'agression militaire et la polide la classe dirigeante américaine.

bien que ces manifestations contre la conscription aient jusqu'à présent surtout été composées de lycéens et d'étudiants, elles ont commencé à récolter un écho significatif parmi les jeunes travailleurs qui sont fortement opposés à la conscription. Dans tout le pays, des pétitions contre la conscription circulent et reçoivent un accueil favorable sur les lieux de travail. Un certain nombre de structures syndicales, telles que l'Association Internationale des Techniciens et Ouvriers de l'Aerospatial, ont voté des résolutions condamnant la conscription.

On est bien loin de la situation des cinq premières années de la guerre du Vietnam, où la bureaucratie syndicale avait réussi à faire à faire passer des mots d'ordre bellicistes dans les rangs syndicaux.

Mais la bureaucratie syndicale continue à manquer criminellement à ses responsabilités face à cette question, qui est littéralement une question de vie ou de mort pour de nombreux travailleurs. Une majorité de bureaucrates syndicaux se sont ralliés à la proposition de Carter, quant à ceux qui ne

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s'y sont pas ralliés, ils font très vent dire; ou alors sur un ton à forces syndicales dans la con- au Canada avant qu'ils m'enrôà s'en remettre à des solutions cessité d'une lutte d'ensemble peu de choses pour mobiliser les truction du mouvement anti- lent!». conscription.

C'est pourquoi les jeunes pour le ensemble opposés à la conscription, ont encore tendance individuelles. «Moi, ils ne m'enrôleront pas !» entend-on sou- ment.

SOUTIEN A LA POLITIQUE DE «SERVICE ET DE SACRIFICE» Loin de refléter un sentinouveau de militarisme effréné ou d'excès de chauvinisme belliqueux, la proposition de Carter s'est heurtée au anti-guerre contre lequel pendant dix ans la bourgeoiaméricaine. du 10 février du New York ouvertement les espoirs des dirigeants, décla«En ce moment, nous ne voyons qu'une seule raison fondamentale de demander aux jeunes américains de se faire repour une éventuelle conscription militaire: démontrer que la population et en particulier la génération qui a été avec le Vietnam est une fois de plus prête à envisager la conscription pour une action militaire à l'étranger. "..les gens devraient demander des cartes de recensement - et ceci dans pratiquement toutes les familles - pour montrer leur soutien à l'idée de service et de sacrifice pour défendre l'intérêt national.»

Mais Carter n'a tout simplement pas réussi à forger un tel consensus autour de ses idées.

Il est certain que l'offensive capitaliste autour d'événements tels que l'Iran et l'Afghanistan a eu un impact sur les travailleurs américains. Mais du point de vue des dirigeants, les résultats ont été à peine un succès.

Dans le cas de l'Iran, par exemple, la tentative faite par Carter d'éveiller des sentiments chauvins après l'occupation de l'ambassade américaine à Téhémoitié sérieux : «D'abord, j'irai

Cela souligne l'importance travailleurs, qui sont dans leur américain d'actions telles que la ran est en train de se retourner contre lui. Depuis le début, les médias capitalistes ont exagéré l'importance aux USA du sentiment hystérique contre les Iraniens, qui a d'ailleurs maintenant pratiquement disparu. Au contraire, cette crise qui dure depuis des mois, a suscité un peu partout aux USA des discussions et des débats sur l'intervention de la CIA en Iran, sur pourquoi Carter ne veut pas reconnaître que le régime du chah est répressif, pourquoi on a laissé le chah s'installer USA, et pourquoi Washington est plus préoccupé de préserver prestige d'un tyran que de faire libérer les otages.

Le résultat, c'est que les travailleurs américains en ont tiré, une nouvelle fois, des conclusions quant aux buts de la politique étrangère américaine.

Carter n'a pas eu plus de en ce qui l'intervention soviétique en Afghanistan. La plupart des travailleurs américains pensent que Moscou a mal agi en envoyant des troupes en Afghanistan. La méfiance vis-à-vis de Moscou s'est par conséquent accrue.

Mais les gens restent confus face aux événements en ghanistan. A cette confusion suspicion lié au fait que les

Sont l'impression rité sur l'Afghanistan, qu'il n'est pas impossible que Washington ne soit pas étranger à cette histoire, qu'il y a quelque chose de louche derrière l'affaire des «rebelles» afghans, et que même si ce que fait ce n'est pas aux USA d'intervenir militairement. La classe ouvrière américaine n'est tout simplement pas prête à s'engager dans une guerre en Asie -ni autre part d'ailleurs.

journalistes se fondent sur les sondages d'opisoutenir qu'il y a un tournant politique vers la droite des masses américaicachent volontairement le fait que les comportements sont opposés la classe à laquelle on appartient). Par exemple, sondage publié le 2 mars révélait que 59% des personnes interrogées étaient favorables au rétablissement de la conscription, alors il n'y en avait que 45%.

Cependant de tels sondages ont une signification politique très limitée. En effet, tout au long de la guerre du Vietnam, les sondages n'ont cessé d'affirmer qu'une majorité population était opposée au retrait immédiat des troupes américaines du Vietnam. en faveur de la conscription révélé par les sondages n'est ni un sentiment très ni un sentiment qui s'exprime dans l'action. Il n'existe pas de mouvement militant faveur de la conscription, ni de meetings, de rassemblements ou de manifestations. Et il est peu probable qu'un tel courant se développe. Les travailleurs, qui, sous la pression des médias, disent être pour la conscription, sont néanmoins prêts à en discuter. Ils écoutent les ment avancés contre les menées bellicistes de Carter. Souvent, ils finissent par changer d'avis.

Quel est l'impact de l'opposition aux menées bellicistes de Carter? CARTER SE PLAINT D'UNE

REACTION EXAGEREE CONTRE LA CONSCRIPTION

Les protestations contre la proposition de Carter furent si vives que celui-ci s'est plaint, au cours d'une émission télévisée, d'une «réaction exagérée» des jeunes en âge d'être enrôlés. Il n'a même pas essayé de prétendre aue ces protes-

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tations étaient le fait d'une

- procédé des dirigeants confrontés à une opposition de masse contre leur politique.

Sur un ton assez défensif, Carter a déclaré :« Je n'ai pas appelé et je ne suis pas partie prenante d'un appel à la conscription. Le meilleur moyen d'empêcher une conscription à l'avenir... c'est de s'y prépa-

Nous ne préconisons pas la conscription. Nous demandons seulement le recensement pour une conscription.»

Deux jours plus tard, Carter invita plus de 250 dirigeants étudiants à la Maison Blanche. Il leur conseilla fortement de soutenir son projet de recensement. Comme le fit remarquer le correspondant du New York «Il semble que ses injonctions n'aient pas réussi à modifier sentiments contre le recensement et contre la cons-

Un rédacteur du Washington Post, Haynes Johnson, rapporta son impression sur l'état d'esprit régnant parmi les jeunes, après son voyage dans une série de campus du Nord-Est. «Ce qui ressort écrit-il le 15 février, c'est combien le souvenir du Vietnam influe fortement sur les attitudes et les façons de voir des étudiants, pour qui la guerre était tout au plus un vague souvenir.»

Selon Johnson, souvent cette opinion, exprimée ici par un étudiant:« Je ne vois pas pourquoi on doit aller se battre à l'étranger pour Mobil Oil ou Chrysler ou tout autre trust qui contrôle notre pays.»

La rédaction du journal Christian Science Monitor jugea qu'il fallait répondre à une telle argumentation par un important éditorial : «Ce n'est aucunement un privilège pour les grandes compagnies de pétrole que de sauvegarder les réserves de pétrole», écrivirent-ils le 21 février.

Au beau milieu d'une année électorale, le Parlement peu pressé de faire passer le projet de recensement de Carter. Une commission du Parlement chargée d'examiner les projets de dépenses (House refusa, par un vote du 27 féd'approuver l'allocation de tonds destinés au recensement. Dans le New York Times du 4 mars, on peut lire: « Il semble qu'on ait laissé tomber le projet de recenser les jeunes femmes et que l'Administration en soit à se battre, au sein du Parlement, pour le maintien de des hommes.» de recensement des hommes jeunes.»

La différence entre d'une part 1965, ou il fut possible à Lyndon Johnson d'envoyer des centaines de marines République dominicaine dès les premiers signes d'une impérialistes là-bas, et la situation actuelle, d'autre part, où Carter se trouve dans l'impossibilité d'intervenir directement par l'envoi des troupes US contre les révolutions en cours

Amérique Centrale, cette différence est une claire indicades rapports de actuels aux USA. L'armée de volontaires. les femmes et la conscription

Un argument est souvent rait que ce quelque puisqu'elle empêcheCet argument est faux. Les experts bourgeois, depuis des années débattent pour savoir ce qui serait le plus utile : une armée de volontaires armée de conscrits. La question de fond à laquelle ils sont confrontés c'est que toute armée de masse devra être recrutée dans les rangs de la classe ouvrière et que pour cette raison, on ne peut lui faire entièrement confiance.

Le New York Times, dans son éditorial du janvier, argumentait contre une armée de volontaires, en ces termes: «presque 40% des hommes

Washington a tout fait pour écraser les luttes au Nicaragua et au Salvador. Il envoie massivement des armes, de l'argent et des «conseillers» au régime militaire salvadorien et à ceux d'Amérique comparons cela aux initiatives impérialistes françaises ont au Zaïre, en République de Centre Afrique, au Tchad, et des unités militaires françaises sont aussi intervenues,

Men Tunisie, occidental, en Arabie saoudite protestation de l'ampleur du mouvement anti-conscription tombent dans le jeu des médias capitalistes, et prétendent que «le syndrôme vietnamien», c'est du passé, abandonnent, avant même de l'avoir engagée la lutte contre la relance du militarisme aux

Etats-Unis. avancé: la conscription serait les pauvres qui s'engagent pour «démocra- des raisons économiques. A BOURGEOISIE PREFERE-1-BuI NE ARMEE DE VOLONTAIRE: recrutés par l'armée cet été, étaient des noirs..la proposition de rétablir un contingent de réserve et d'inciter les jeunes qui s'orientent vers des études universitaires (c'est-àdire des blancs) à s'engager dans l'armée et ses réserves sont, dès aujourd'hui, les premiers pas minimum pour affronter ce problème.»

L'autre probleme, souligné par les rédacteurs du Times. «c'est que l'idée d'une armée de volontaires conçue comme une alternative à la conscription, ne marche pas. Il n'y a pas assez de volontaires.» (4 septembre 1979)

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Ces Ces problèmes auxquels font face les dirigeants bourgeois, avaient déjà été mentionnés dans la résolution du SWP de 1975 : Perspectives pour le socialisme en Amérique résolution expliquait que «les guerres contemporaines exigent la conscription». Elle ajoutait: «Des tentatives pour réintroduire la conscription se vérifieront à l'avenir. La classe dirigeante sera contrainte de l'introduire à l'occasion de nouvelles agressions impérialistes; naître inévitablement un sentiment anti-conscription plus profond que celui qui était apparu au cours de la guerre du

Cette prévision a été confirmée par la réalité. La tâche des révolutionnaires est maintenant de participer à la construction d'un mouvement de masse contre la conscription, et non pas de spéculer sur quel est le meilleur moyen pour la bourgeoisie de défendre ses intérêts.

le meme largument selo equel les révolutionnaires de vraient soutenir la conscription comme moyen une formation militaire à la classe ouvrière. est totalement erroné. Il est du même ordre que le problème soulevé par certains libéraux sur le ve COI arr se dirigeante ce lut en Indochine ce conscription. enr bel aid ver cré fav ser TInis.

ncep ton selon le la forme d'organisation militaire de la bourgeoisie (et non pas le niveau de conscience et d'organisation de la classe ouvrière) est un élément décisif pour un éventuel coup d'Etat militaire, ou un éventuel armede ment est étrangère au marxisme.

. Cette

• de contrecarrer un coup d'Epar les syndicats et non pas cela fera par l'armée). Par contre, qui est posé, c'est la nécessité d'une lutte pour arrêter la réimbourgeoise.

tion de savoir si la conscriparmée volontaire qui se noursociété.

C'est que, d'assurer

Partant re.

démocrate, Michael Harrington, fait qu'en période de plein-emploi».

"véritable armée de contre leurs, de par le monde.

ration syndicale essayé de

Carter sous le prétexte que laq uelble».

l'armée la classe ouvrière, D'autre part, le niveau actuel de la lutte de classe aux USA ne pose pas la nécessité tat militaire ou celle d'armer Mais la classe ouvrière (tâches qui doivent être prises en charge

Ice centrée. de la conscription Finalement, il y a la question est plus équitable qu'une rit des besoins économiques des couches les plus pauvres jeunes et les plus opprimées de la d'ici ainsi que les réformistes posent la question, parce qu'ils refusent de voir sous le capitalisme, les travailleurs et en particulier les couches les plus opprimées seront de toute façon toujours impérialistes. plus affectés quel que soit le système d'organisation militaid'un point de vue opposé, le dirigeant socialest, lui, contre la conscription. Mais il est favorable au maintien d'une force militaire amé- d'exemption, ricaine. Ainsi, à la manifestation du 22 mars contre la conscription, il déclara:«Une le monde. armée de volontaires en pleine période de récession signifie l'engagement de noirs et de pauvres. Une véritable armée de volontaires n'est possible oublie seulement de mentionner qu'une volontaires» (une totale utopie) serait les intérêts des travailà la fois aux USA et De plus, le conseil exécutif de l'AFL-CIO, la confédénationale, a censées. soutien à la proposition de l'appel au recensement serait fait «de façon juste et équitales

Tout comme Carter, la bureaucratie T'AFL-CIO explique aux travailleurs que correspond à leurs intérêts et qu'elle doit, de ce fait, fonctionner sur une base équitable. Le rôle des syndicats, disent-ils, c'est d'aider à surer la justice au sein de l'armée capitaliste.

l'appareil répressif d'une société de classe, raciste et sexiste. ne peut que refléter l'idéologie réactionnaire et les habitudes de cette société, dans leur forme la plus con-

Bien que la position de l'AFL-CIO soit présentée sous la forme d'une revendication pour legalité, dans son essence elle revient à accepter et à soutenir la conscription et l'armée capitaliste - une - une machine pour assassiner les de la classe ouvrière et des autres pays, au nom des intérêts capitalistes.

Les révolutionnaires s'opposent à ce que l'on force qui que ce soit, y compris les jeunes des classes moyennes, à prendre les armes en défense des intérêts

Au lieu de demander que la conscription soit faite «de manière démocratique et équitable», il faut demander qu'il n'y ait pas du tout de conscription. Au lieu de demander l'élimination des cas spécifiques les révolutionnaires demandent que ces exemptions soient étendues à tout

LES FEMMES ET LA CONSCRIPTION Le débat sur la conscription fut centré en grande partie autour de la proposition de Carter de recenser aussi bien les hommes que les femmes. La classe dirigeante a longuement réfléchi à ce problème. Cela répondait à quatre objectifs. 1) Le but était de déplacer le centre du débat, de la conscription en tant que telle, vers la question de savoir si les femmes devaient ou non être re2) La bourgeoisie voulait tenter de diviser les hommes et les femmes. Carter espérait que hommes répondraient

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Et,

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l'opposition des femmes à la conscription en argumentant que si les femmes l'égalité des droits, doivent être prêtes à assumer des tâches telles que la conscription. 3) C'était une manière rabaisser la lutte pour l'Amendement constitutionnel sur l'Egalité des Droits (ERA) et par là-même tout le mouvement des femmes rant un trait d'égalité entre l'ERA et la conscription. Des millions d'hommes et de femmes se sont dit que si c'est çà l'ERA, alors ils n'en veulent pas. 4) C'était enfin une tentative pour donner une apparence progressiste à l'armée impérialiste et à tion, de même que le gouvernement cherche à présenter les services armés comme champions de l'égalité des droits pour les noirs («Tu peux être noir et en même temps faire partie de la marine», voilà le • slogan publicitaire pour le recrutement). Une armée qui soutient l'égalité des droits pour les noirs et les femmes doit forcément être une force pour la démocratie dans le monde!

Carter mit l'accent sur ces différents thèmes lors de sa déclaration sur la conscription du 8 février: «Ma décision recenser les femmes revient en fait à reconnaître les hommes et les femmes sont tous et toutes, au même titre, des membres à part entière de notre société.

Dans tous les domaines Dans tous de la vie publique, les femmes sont confrontées à leurs responsabilités de citoyennes... Alors que de plus en plus les femmes sont amenées à assumer de nouvelles responsabilités, il devient plus que jamais urgent que les aient des droits pleins et égaux inscrits dans la Constitution. L'égalité au niveau des obligations implique l'égalité des droits.»

Bien entendu, la réciproque de cet argument qui fait dépendre l'obtention de l'ERA de «l'égalité au obligations», c'est que femmes n'étant pas soumises à la conscription, alors elles ne méritent égaux!

veulent alors elles

L'AFL-CIO s'est de de droits.»

Les adversaires qui depuis longtemps soutienen aurait pour résultat la conscrip-

Carter comme d'une qui ments des gens qui sont scanla conscripnam, des seraient incapables de se battre.

au Zimbabwe, défendre elles à des tes américaines sont dans le piège de Carter.

de que recensement aux seuls serait une violation des droits des femmes! L'American Civil Liberties Union a pris une position similaire des poursuites en justice si le projet de recensement ex-

Américaines contre sont le recensement des droits des sion niveau des les les femmes. Ainsi que l'écrit droits la entière- les femmes». ment ralliée à la proposition déclarant: «Nous soutenons le recensement des femmes conformément à notre conscription revendication sur l'égalité des de l'ERA, nent que le passage de l'amendement pour les droits égaux

«violés tion des femmes, se sont saisi avec joie de la proposition de

Preuve dans leur sens. Faisant appel aux bons senti- des

TERA dalisés à l'idée que des jeunes conscrites! femmes vont participer à des guerres comme celle du Vietces adversaires de droite de l'ERA ont recouru à l'argument selon lequel les femmes

Au lieu de répondre à ces attaques en montrant l'example traire Héroïque des femmes à Cuba

Men Iran et au Nicaragua et en recentrant ainsi le débat sur le thème: quels avantages les femmes tirerontles intérêts multinationales américaines? - les dirigeantes féministombées Ainsi par exemple, la présidente de NOW (organisation nationale des femmes), Eleanor Smeal a déclaré aue restreindre a menacé d'entreprendre

Au départ, Smeal et ACLU conscription. Mais leur position comme quoi hommes seuls violerait en quelque sorte listes.

femmes, les mènent à revendiquer l'extendu recensement pour réactions y inclure les femmes. Autre- tion, ment dit, elles en viennent à réclamer la conscription pour

NOW:« Si le recensement et conscription doivent être rétablis, alors NOW demande que ça concerne aussi Smeal et ACLU posent le problème à l'envers. La capitaliste constitue une violation des droits démocratiques de tous les travailleurs - hommes et femmes. Que les femmes demandent à ce que leurs droits soient égalitairement», cela ne sert en rien leurs intérêts. l'écho des ennemis des droits que les femmes doivent être adopter cette position lamentable c'est parce qu'elle raisonne dans le cadre d'une réforme de l'armée impérialiste. Elle fait des suggestions «pour améliorer la qualité de la défense nationale», alors qu'il s'agit au conrisme bourgeois.

Le journal de NOW, le National NOW Times, a jusqu'à affirmer que la «personne qui appuie sur le bouton, est aussi un(e) combattant(e) Et cela ne requiert pas une force physique extraordinaire.» Est-ce là la conception qui incitera les femmes à se battre pour leur libération? Le «droit égal» d'anéantir l'humanité!

La conscription et l'armée qui s'en nourrit, ont pour but d'écraser les acquis des femmes au Nicaragua, en Afghanistan, et dans le reste du monde. Les femmes américaines ne gagneront pas leur libération en prenant les armes contre leurs sœurs et leurs frères des autres pays. Les intérêts des femmes et de la classe ouvrière dans son ensemble - sont en totale contradiction avec les menées bellicistes des impéria-

Comme l'ont montré les contre la conscripc'est un leçon dont peuvent faire l'expérience des couches de plus en plus larges de la population américaine.

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