et le sac de l'Université la situation actuelle et les perspectives de la révolution en Khomeiny-Bani Sadr et les affrontements au Kurdistan étaient traités dans le précédent numéro d'Inprecor. Michel ROVERE
L A tentative de mise au pas des universités et d' sion des campus des principales organisations de"l'extrême-gauche" iranienne (Fedayin, Peykar et Moudjahidin) a été le deuxième temps fort après la nouvelle offensive militaire au Kurdistan du tournant droitier entamé par la direction Khomeiny-Bani Sadr, à partir de la fin du mois de mars. Les affrontements ont fait plusieurs dizaines de morts et abouti à l'arrestation, à Ahwaz notamment, de plusieurs centaines d'étudiants.
Si la «bonne foi» de certains courants islamiques, très minoritaires, qui voulaient réellement «révolutionner» versité pour la mettre au service des «mostazzafin» (1) a pu être surprise ou mise à profit, la chronologie et le détail événements ne permet pas de
Nous publions le deuxième article d'une série sur problèmes rencontrés par la direction douter qu'il
‹pulvolution, le président Bani Sadr ou le Parti républicain islamique.
l'unirépublicain islamique, comme le Dr Ayyad (3), et surtout l'a-
Il. La crise sociale
Le prochain article traitera nationaliste bourgeoise marxistes-révolutionnaires.
soit bien agi en réalité d'une campagne, de pour longue haleine orchestrée depuis les hautes sphères du régime, contre la gauche, campagne dans laquelle ont été impliqués à des degrés divers aussi bien le
«Guide de la Révolution», Khode la meiny, que le Conseil de la Ré-
Cela commença, le 21 mars, avec le «message à la Nation» pour le Now Rouz de Khomeiny, dans lequel il annonça que l'université iranienne doit être
«islamisée» (2). Dans son dis-
1)
cours, Khomeiny explique que l'université doit être purgée de donvilles.
tous les éléments, professeurs,
2)
personnel et étudiants qui sont de idéologiquement liés «à l'Ouest ou à l'Est». Dans les deux semaines qui précědèrent les premiers incidents qui auront lieu le 16 avril à l'Université de chômeurs
Tabriz, les dirigeants du Parti aux cris parti
Iran de l'avenir des mobiet des axes d'intervention des ses diatribes contre la gauche et qui est l'un des organisateurs reconnus des bandes d'hezbollahs (4), organisent une tournée de meetings dans plusieurs villes d'Iran sur le thème
«Révolution culturelle islamique», appelant les organisations d'étudiants musulmans à se mobiliser et à se préparer à la mener, en les assurant d'avance du soutien du Conseil de
Mostazzafin: «Les deshérités» -nom donné aux chômeurs. ouvriers pauvres, habitants des hi
Sur le contenu du discours Now Rouz, ef le précédent article (Inprecor numéro 78). 3) Candidat du PRI aux élections. 4) Hezbollahs, ou «partisans de
Dieu». Ce sont les bandes de et de marginaux agressent les cortèges de la gauche de «il n'y a qu'un seul le parti de Dieu (hezb o Allah)», d'où vient leur nom.
la Révolution islamique.
Ces discours, qui font tous référence au message de Now
Rouz, sont reproduits et commentés dans le journal République islamique, qui est l'organe du PRI.
Le 16 avril, dans le cadre de cette tournée de meetings, l'ayatollah Rafsanjani, ancien ministre de l'Intérieur, élu député au Majless, meeting à l'université de Tabriz, des incidents éclatent entre les étudiants islamiques et les groupes d'extrême-gauche, au terme d'un discours de l'ayatollah qui les attaquait violemment... Ils vont servir de prétexte à l'occupation par les Anjomeh Eslami (sociétés islamiques) de l'Université de Tabriz
Ils exigent «l'épuration de l'Université».
Le jour suivant, pour appuyer leur occupation, une manifestation est organisée en ville. La composition de cette manifestation, telle qu'elle est décrite dans le communiqué national numéro deux des Sociétés isla-
Get des organisations d'étudiants musulmans (5), publié dans le «Keyhan» du 18-04 est illustrative des forces politiques qui entament cette «révolution culturelle islamique» :
«L'ayatollah Madani, représentant de l'Imam à Tabriz (6) et d'autres organisations révolutionnaires comme les Pasdars (gardiens de la révolution), les membres de la Djihad Saazandegui (7) ont défendu cette
Dans le même numéro de Keyhan, un autre communiqué des Sociétés islamiques organisations d'étudiants musulmans précise les axes politiques de la campagne entamée par ces organisations. groupes de gauche et que la solution proposée n'est pas tant de «révolutionner» les universites lese de les «fermere, barce qu'elles servent aux organisations d'extrême-
«Dans la situation où le mot d'ordre de 'Mort à l'Amérique' est repris par tous les Iraniens, l'Imam Khomeiny, mettant à profit ce qu'il a appris de la religion et de Dieu, n'a cessé de montrer la voie révolutionnaire à suivre au fur et à mesure.
Notre Imam sait bien que la lutte contre le 'grand Satan', l'Amérique, n'est pas possible si on ne détruit pas ses bases internes. C'est pour cela que, dans son message de Now Rouz, il a déclaré que le système des universités, qui n'a pas changé depuis le régime du chah, reste un systéme de type américain, dépendant.»
«On sent aujourd'hui dans les universités la présence du chah et de l'Amérique. C'est pour cela que nous avons décidé de changer le système universitaire. On doit dire la vérité aux Musulmans iraniens. Depuis que l'Imam a lancé son message et qu'on a commencé à réfléchir à une révolution dans les universités, on savait bien que les groupes de gauche et de droite seraient contre parce que l'université est leur seule base et qu'ils voyaient leur mort dans un programme d'islamisation (souligné par nous). C'est pour cela que ces groupes ont quali fié de contre-révolutionnaire le message de l'Imam».
«Mais nous sommes prêts à Les étudiants islamiques sont regroupés au sein des Sociétés l'Organisation les Sociétés étudiants musulmans regroupe entre autres les éléments d'une des fracl'organisation Moudjahidins Enquelab ERemluties para-militaire d'extrème -ne pas confondre avec l'organisation islamo-progressiste des Moudjahidins
Uses ramifications corps des Pasdars (Gardiens Les Moudjahidins e Khalq ont dévoilé que la planification de la campagne sur l'«islamid'une réunion «secrète» l'Ambassade 200 délégués des Sociétés islamiques venant des unitoute attaque. Nous avons l'Imam et le peuple musulman derrière nous et nous n'avons pas peur. Nous croyons que la seule façon d'islamiser les unic'est de les fermer
(souligné par nous).»
Après Tabriz, les incidents allaient éclater le lendemain, jeudi 17 avril, dans plusieurs universités de Téhéran, notamment à l'Université de sciences de technologie du nord de
Téhéran et dans un institut d'études para-médicales que les étudiants islamiques tentent de faire fermer. Le communiqué de l'Anjomeh Eslami de cette dernière, reproduit dans Répuislamique du 19 avril, expliquait, toujours après la sempiternelle référence au dis-
«Peuple musulman, ne nous aides pas à détruire le système qui règne dans les uniqualifient de réactionnaires, nous expulseront des universités. Car, dans les universités, on nous qualifie, nous étudiants islamiques, de réactionnaires. Nous demandons, nous les étudiants musulmans, aux autorités qui pensent que la révolution dans les universités est un mot qu'elles les feret qu'elles étudient un programme pour leur islamisation. Nous demandons au peuple musulman qu'il prenne la défense du message de l'Imam versités de tout le période de deux afin de les nettoyer des groupes portation culturelle.
C'est cet ayatollah qui dirigea l'action des secteurs «khomeinistes» le mouvement national azeri à Tabriz (cf Inprecor numéro 66).
La croisade de la Reconstruciraniennes ont investi les anciennes
Men élargissant parfois leurs compétences. croisade pour la Reconstruction joue rôle analogue même s'il que les «Armées du Savoir» et les Armées de l'hygiène du défunt régime auxquels s'ajoute de construction de logements.
et qu'il ne laisse pas les défenseurs du régime du chah, les théoriciens marxistes-léninistes et les intellectuels venus de l'étranger faire reculer la révolution.»
LE DISCOURS DE L'IMAM
JOMEH DE TEHERAN Le vendredi 18 avril, un nouveau pas dans l'escalade est franchi, d'abord avec le discours lors de la grande prière du vendredi, de l'Imam Jomeh Khamenei (7) de Téhéran, qui va déboucher sur de nouveaux affrontements puis avec l'ultimatum dans la soirée du Conseil de la révolution islamique.
Imam homeh de la capitale, désigné par Khomeiny comme son conseiller pour les questions militaires (8), l'Hodjateleslam Khamenei est lié au PRI et au groupe des étudiants de l'ambassade américaine «qui suivent la ligne de l'Imam». C'est d'ailleurs devant l'ambassade qu'il prononcera le discours de clôture de la manifestation ler mai, convoquée «étudiants qui suivent la ligne de l'Imam», le PRI, les pasdars, la fondations des mostazzafin, la croisade pour la reconstruc-
Son discours du vendredi 18 avril, reproduit le lendemain in extenso dans le journal du PRI, République islamique, est on ne peut clair : «Nos étudiants ne veulent pas rester sous l'influence des ennemis de l'Islam de l'humanité» explique d'entrée de sermon le mollah.
Suit un petit couplet productiviste et anti-gréviste :
«Ce qui peut résoudre les problèmes, c'est le travail. Les gens qui nous invitent aujourd'hui à ne pas travailler, ou à mal travailler, ne sont que des contre-révolutionnaires. qui dans l'industrie pétrolière au Sud, celui qui dans les aciéries d'Ispahan incite les gens à ne pas travailler, celui qui dans les villages ne laisse pas les gens faire leur travail, celui-là est contre-révolutionnaire».
Puis il en vient au sujet du jour, la «révolution culturelle islamique» dans les universités :
«Aujourd'hui, il y a des groupes qui laissent pas gens travailler ment dans les universités. Ils veulent faire des universités leurs bases pour organiser un mouvement contre l'Islam, contre la République islamique et pour aider les ennemis de l'extérieur. Depuis le début, nos ennemis ont essayé d'organiser, au nom du gauchisme, une série de gens contre nous. C'est une trahison.
Mohamet est venu pour épurer toute la société.
Comme l'Imam Khomeiny l'a dit dans son message de Now Rouz, les universités doivent être des centres de formation (...).
Les universités ont été construites et fonctionnent avec l'argent du peuple. Donc le peuple est en droit d'attendre que les universités soient des universités islamiques et non des universités anti-islamiques. On ne peut pas tolérer qu'il y ait dans l'université des contre-révolutionnaires qui étaient pour Aryamehr et qui aujourd'hui se disent gauchistes, prennent en main les universités sur des mots d'ordre de gauche, et tentent d'interrompre toutes les activités islamiques (...).
Nos étudiants ne peuvent pas supporter que les universités de Téhéran, dont les fonds proviennent du peuple musulman, servent à des activités armées pour des groupes qui luttent contre la République islamique, des groupes qui s'y installent et envoient des gens au Turkomensarah et au Kurdistan (...) (9).
Les groupes politiques qui travaillent contre le gouvernement islamique doivent quituniversités. S'ils ne le font pas, le peuple les investira et les en chassera. C'est une
Get définitive que l'Imam Khomeiny a prise dans son message de Now Rouz et que le Conseil de la Révolution islamique et le président doivent appliquer.
Etudiants musulmans, vous dis que vous avez raison d'être mécontents de voir partous dans les universités les photos de Lénine, les drapeaux du communisme avec la fau- • avec la faucille et le marteau. Le peuple n'a pas fourni des martyrs et des blessés pour voir une chose pareille. Le peuple ne veut pas de ces groupes, il ne veut pas que ses fils et ses filles sympathisent avec ces groupes (10)».
A l'issue de la prière, des groupes d'hezbollahs devaient se diriger vers des établissements universitaires et s'y fronter violemment aux militants et sympathisants des groupes d'«extrême gauche» qui s'y étaient mobilisés.
Le même jour, le Conseil de la Révolution islamique, qui se réunissait chez l'Imam Khomeiny, ordonnait aux étudiants de quitter les universités avant le mardi suivant, car, passé délai, «le président de la République pourra faire appel au peuple pour les évacuer».
C'est le lundi suivant, 21 avril, que les affrontements les plus sanglants devaient avoir lieu.
Les organisations centristes, Pishagam (jeunesses des «Fedayin e Khalq»), maoïstes du Peykar et membres de la « Voix des ouvriers» (scission des Fefaisaient un sit-in devant l'Université de Téhéran.
Puis ils s'y barricadaient et tentaient de résister aux attaques des «hezbollahs» venus à plusieurs milliers, armés de gourdins, de tessons teilles et de couteaux, «islamiser» et «épurer» les univer-
Imam Jomeh: c'est le reli•Khamenei guide chaque venretransmis nationalement par , est l'un des grands événements politique de chaque semaine.
Pcf Inprecor numéro 78. des groupes d'extrême gauche Kurdistan communiqués des Sociétés 10) République Islamique, 19 avril
1980.
Ces affrontements, et ceux qui se produisaient dans les universités de provinces (Rascht, Ahwaz, Chiraz) au total plusieurs dizaines de morts...
Le lundi soir, les groupes finalement l'Université de Téhéran dans laquelle, le lendemain mardi, Bani Sadr, pénétrait à la tête d'une manifesplusieurs dizaines de milliers de personnes. Prenant alors la parole, le président de la République, tout en annonçant que la pluralité d'opinion serait respectée et qu'il n'était pas partisan de fermer les universités, menaçait tous les autres opposants du régime de subir le même sort que la gauche estudiantine expliquait en effet qu'il n'hésiterait pas «à appeler 36 millions d'Iraniens à marcher sur le Kurdistan et les usines» (sic) en cas de en cas de nouveaux désordres... (11).
«Que ceux qui complotent soient avertis que le gouvernement est plus fort que jamais, qu'il vaincra avec Dieu et ne permettra à quiconque de se substituer à lui dans les décisions à prendre». Couvrant à peine la voix de la foule qui hurlait «Mort aux fedayins», selon le dant du Matin, Bani Sadr concluait: «Cette journée est celle de la réaffirmation de l'autorité du gouvernement». (12)
A plusieurs l'histoire contemporaine montré comment et l'université, en pouvaient être dans la société bourgeoise, l'institution atteinte le plus rapidement et le plus profondément par d'une crise pré-révolutionnaire ou révolutionnaire.
Le phénomène s'est vérifié également dans le monde colonial et semi-colonial. ces formations sociales, l'intelligentsia et les couches étudiantes diffèrent encore de façon importante de leurs homologues des pays capitalistes avancés, à la fois par la sélection sociale plus poussée et parce s So de premier plan un allaient faire l'administration vu cependant la place centrale conjonctures politiques évacuaient déterminées, la radicalisation et les luttes des étudiants - y compris larges ou de processus révolutionnaires.
ché par les étudiants nationalistes chinois en 1919. Entamé sous le double signe de la révolution culturelle et d'une lutte anti-impérialiste,
•• la deuxième révolution chinoise et le début de la formation d'un
Chine (13).
l'aide de luttes étudiantes. L'histoire ré cente exception.
LE MOUVEMENT ETUDIANT correspon-
IRANIEN CONTRE LA
DICTATURE reprises tature, le mouvement étudiant a joué l'école suffit particulier, grandes manifestations populaires réprimées en 1963 ont précédées mouvements de grèves dans les les effets universités.
gentsia,
Dans répression du chah, au mois de novembre
1977, qui devait aboutir à la première grève générale du de l'Etat ou la gestion de l'économie. On a tout du que pouvaient avoir, dans des bien de gravité comme détonnateurs de mouvements sociaux plus
L'exemple le plus fameux reste sans doute celui du mouvement du Quatre-Mai déclenlisations
Quatre-Mai, marquer à la fois l'aube de mouvement ouvrier marxiste en ment
Il y a eu depuis lors de nombreux exemples en Amérique latine, au Moyen Orient, en Afrique et tout récemment encore en Algérie et en Corée qui montrent l'importance des de l'Iran n'y fait pas
Dans la lutte contre la dicun rôle important. Il rappeler les que d'importants
13)
étudiante
En 1977, c'est de l'intellipuis des universités noise démarré le mouvement étudiant constestation du régime.
l'Université d'étudiants et de professeurs, écrite premier culturelle» les bandes para-militaires
Jeunesse bazar de Téhéran, un mois avant les manifestations de Qom de janvier 78.
Si, à partir de Qom et sursoulèvement de Tabriz de février 1978, le centre de la lutte contre la dictature allait se déplacer vers la petite bourgeoisie, les couches plébéiennes urbaines, puis la classe ouvrière (à partir de septembre 78, avec le début de la grève générale), les universités allaient continuer de jouer un rôle important. Il suffit de rappeler l'importance des mobiétudiantes au cours des mois d'octobre et de novembre 1978, avant la nomination du cabinet militaire du général Azhari et au cours des mois de janvier et de février, jusqu'à l'insurrection. Les universités, et en particulier dans la capitale, les Universités polytechniques et l'Université Téhéran, devinrent dans les dernières semaines du gouverne-
Bakhtiar, de véritables «zones libres» ou se retrouvaient et pouvaient s'exprimer et s'organiser non seulement les forces politiques (y compris les religieux), mais encore les ouvriers grévistes chassés de leurs usines par le lock-out patronal et qui venaient sur les campus tenir leurs assemblées.
Le mouvement étudiant iranien s'est radicalisé en fonction à la fois de la crise de l'institution universitaire, crise exacerbée en Iran par la nature dictatoriale du régime et les effets de l'industrialisation partielle 11) Le Monde, 24-04-80. 12) Le Matin, 23-04-80.
C'est le 4 mai 1919 qu'a lieu à Pekin une manifestation pour protester contre la décision du Traité de Versailles de transférer au Japon les droits de l'Allemagne vaincue, sur la province chide Shondong. Le mouvement par une revolution turelles avait débuté 2 ans et l'exigence que la anne utilisée soit désormais la langue parlée (baihua) et non plus la langue mandarinale (wenyan). Au rang de cette «révolution se • trouvait la revue La de Chen Du xiu. C'est à partir de cette revue que se prépare dès 1920 la fondation du PC chinois - cf Lucien Bianco : «Les origines de la révolution chinoise» NRF.
des années 60-70 sur le système éducatif (14), en fonction du contexte politique iranien et international (lutte contre la dictature, effets de la défaite impérialiste en Indochine, impact de la résistance palestinien-
Cela explique pourquoi l'université, dépit des origines sociales des étudiants, est devenue un bastion pour les organisations comme les Moudjahidins e Khalq, les Fedayins, le Peykar (15),etc. C'est en partant de ces faits qu'il faut juger la campagne des étudiants musulmans tion» des universités, pour une «révolution culturelle
Personne, et aucun groupe politique, ne nie en Iran la nécessité d'un bouleversement des structures scolaires.
Les masses iraniennes n'ont pas fait une révolution, au prix de 50000 morts, pour seulement abattre une mais aussi parce qu'elles voient, à juste titre, dans le renversement du chah, la possibilité de modifier radicalement les conl'une des toutes premières revendications, avec le droit au travail, le droit à la terre, l'amélioration des conditions matérielles, la reconnaissance des droits nationaux, c'est le droit au savoir. D'autant plus que le bilan de la révolution blanche est édifiant : au bout de ans, il reste plus de 60 pour cent d'ahalphabètes, taux dépasse 80 pour cent pour les femmes. Cela, c'est la jective pour la nécessité révolution culturelle, qui devra bouleverser le système d'enseignement (le maintien sélection sur les critères anciens étant par exemple un obstacle évident à la formation rapide des dizaines de milliers d'enseignants qui pourraient alphabétiser les campagnes et les bidonvilles).
Cela ne nous amène pas pourtant à soutenir n'importe quel projet de «révolution culturelle», surtout lorsqu'elle est définie comme une «révolution culturelle islamique», une «islamisation» des universités.
naître que face à la domination impérialiste, l'Islam a pu représenter pour des masses d'Iraniens le contrepoint aux phénomènes d'aculturation partielle engendrés par l'impérialisme, qu'il fut le moyen, y compris pour des fractions l'intelligentsia, de réaffirmer une identité nationale bafouée et flétrie (16).
amener à occulter
«l'islamisaet la hiérarchie chiite peut représenter de réactionnaire et de rétrograde au XXè siècle. Du point de vue du mouvement des idées, on peut imaginer ce que représenterait une de sciences humaines, non seulement du point de vue de la dictature, ciologie bourgeoise les disciplines scientifiques.
base d'une
Les elles, ganisaient, Venait concours.
l'argent, tion par de la
28000FF par li. Les salaires des tels que ceux-ci deuxième ou emploi.
jouter total chaque la moitié nécessaires obert Graham the illusions of power»;
«l'Iran insurgé».
le
C'est une chose de reconle
Mais cela ne doit pas nous gne menée surtout un Islam tel est défini par Khomeiny direction nées.
enseignements des idées marxistes, mais même au regard de la somoderne ou de la psychologie. Cela sidérer prendrait la forme d'une véricontre-réforme intellec-
Sans parler des conséquences que cela aurait dans terres.
crise de l'Institution unide mieux, ce organisations
300000 bacheliers, 44000 seulement différentes pouvaient avoir accès à l'Université.
pour un discipline.
naitre ce orde la un
VIle ensuite la sélecles
4900FF ère, entre et à l'université Melenseignants étaient arts, devaient des avoir un même troisième cette
A cela bien sûr venait s'ade la tout le dictature, l'affadissement de l'enseinité.
nera jamais etc., au exemple, en menées peine des 40000 rialistes enseignants
Age», comme lisme, une
Le prochain article abordera l'impérialisme, soit, qui de ces groupes. Le terme «extrêmel'opprimé gauche» qui leur est appliqué faute soient ses idées.
I1 У a surtout risque d'une ségrégation sexuelle accentuée, alors que le régime limite de plus en plus l'accès de certains emplois aux femmes.
Mais même le débat sur contenu qu'aurait eu une
«révolution culturelle islamique» reste largement abstrait, dans la mesure où la campa • à la fois par les groupes étudiants islamiques, et certaines fractions de la
Khomeiny
, s'est centrée sur le mot d'ordre de «fermeture des Universites»..., termeture qui pouvait aller jusqu'à plusieurs an-
LA FERMETURE,
UNE CENSURE POLITIQUE
Il est impossible de conmot d'ordre unice quement sous l'angle des formes de luttes (occupation), en l'assimilant à l'occupation et à la fermeture du «nid d'espions», l'ambassade américaine de héran, ou à plus forte raison à des occupations d'usines ou de rend pas compte de représentent diverses demeurant très elles par leur programme et leur base sociale.
16) 6f "pre re numéros
61, 62, définition telle
'nous empêche nullement de reconque fut l'apport historique civilisation musulmane, entre
XVe siècles et de notre dans le domaine des sciences
(algèbre, médecine, astronomie), des philosophie, la et même techniques
(irrigation) qui sans conteste, epoque, la
Chine pointe avancée avec développement de l'humaposition nous amè-
Cette ne plus à cautionner non quoi que ce soit les campagnes les bourgeoisies impépar contre le «retour au Moyen
«fanatisme», le qui servent, depuis le début du coloniacouvrir idéologiquement politique
Face imperialiste.
fut-il le plus cultivé défendons toujours, et l'exploité, quelles que
exploitations en occupant et trouvé, en partie malgré lui,
D'abord parce que l'Université, en Iran, n'est pas depuis l'insurrection de février 1979, un simple lieu de reproduction de l'idéologie bourgeoise dominante.
Elle est devenue aussi un centre de débats politiques, lieu d'expression et la base matérielle pour l'organisation et la propagande de groupes révolutionnaires, mais aussi des organisations ouvriè-
Nous ne croyons pas, comme l'ont expliqué des organisations centristes (les Fedayins ou le Peykar), qu'il y a un risque de «fascisation» en Iran que les rapports de force entre les classes se soient dégradés au point que l'Université soit devenue le «dernier bastion de la liberté».
Mais force est aussi de reconnaître que l'Iran de la République islamique n'est pas non plus le pur paradis des libertés démocratiques. Il suifit de prendre deux exemples, qui concernent la liberté de la presse et de manifester.
Tout un chacun sait que toutes, mais absolument toutes les manifestations organisées dans la rue par les organisations «d'extrême gauche», voire les Moudjahidines ont été confrontées aux attaques physiques des bandes d'hezbollahs organisées par le PRI ou des secteurs de la hiérarchie chiite; y compris, par exemple, les manifestations organisées en janvier dernier par les Fedayins pour soutenir l'occupation de l'ambassade US, ou les derniers rassemblements organisés pour le ler mai. S'il n'y a pas - pas encore - de répression massive, de la part du régime contre «l'extrême gauche», le gouvernement a refusé de reconnaître la légalité de la plupart des organes, périodiques et journaux de ces organisations. Depuis trois semaines les pasdars et les comités arrêtent à nouveau dans Téhéran et dans les autres villes, les vendeurs des publications l'imprimatur.
Les organisations «d'extrême gauche» n'ont pas de locaux publics. Même le Conseil des shoras islamiques de Téhéran a dû se rabattre sur l'université polytechnique pour y tenir ses réunions après avoir été expulsé d'un édifice officiel l'ancien régime qu'il avait squatté.
Enfin il ne faut pas oublier que les organisations islamiques, les Sociétés islamiques et les Organisations d'étudiants musulmans ont lancé leur agitation sur la Révolution culturelle après qu'elles aient subi un échec dans les élections pour le renouvellement des d'université, où dans la plupart des établissements du pays ce sont les forces
«gauche» (Moudjahidin, Fedayins, Peykar: etc.) qui avaient remporté la majorité. Dès lors il ne fait pas de doute que le mot d'ordre tés était bien un mot d'ordre de censure politique, d'atteinte à la liberté d'expression.
UN TOURNANT DROITIER
SANS MODIFICATION DES
RAPPORTS DE FORCES
FONDAMENTAUX Où en est le développement de la situation révolutionnaire en Iran après le déclenchement guerre civile au Kurdistan et l'attaque contre les universités? Malgré la gravices attaques, nous ne pensons pas que le tournant droitier, entamé par l'ensemble de la direction Khomeiny-Bani Sadr, ait abouti déjà, ou puisse aboutir à court terme, une dégradation qualitative des rapports de forces entre les classes fondamentales, c'est-àdire débouche sur une stabilisation et à plus forte raison un reflux dans la situation. A. Au niveau de la paysannerie, les mouvements agraires, d'occupations de terres se sont étendus depuis le de janvier dernier. Ainsi à Qavzin, située à 150 kms de Téhéran, les petits paysans ont doublé la superficie de leurs en redistribuant les terres des grands propriétaires.
Des mouvements analogues se déroulent dans plusieurs autres provinces d'Iran, comme dans les zones cultivées autour de Téhéran, autour d'Ispahan et de Chiraz.
Le principal obstacle à la généralisation des occupations de terres et à la mise en œuvre d'une «réforme agraire sur le tas» reste la crainte, fondée, dans certaines régions sensibles, affrontements militaires avec le régime, et notamment les pasdars, appelés à la rescousse des grands propriétaires ter-
C'est le cas dans les régions des nationalités, en particulier au Turkomensarah et au Khouzestan, mais provinces septentrionnales bordant la Caspienne (Guilan, Mazanderan) où l'influence religieux est traditionnellement plus faible et plus contestée que partout ailleurs dans les pro-
Les Pasdars sont intervenus au Tukomensarah, là où la question agraire directement liée à l'oppression nationale. Ils ont pu marquer des points contre le mouvement des shoras paysans turkmènes, en mettant à profit notamment le sectarisme de certaines organisations centristes (les Fedayins en l'espèce) qui, en tentant de manipuler et de capitaliser à leur seul profit le mouvement paysan, l'isolement partiel du Conseil central des comités qui avait été constitué. B. En ce qui concerne mouvement des nationalités opprimées, il n'y a pas là non plus de situation de reflux. Partout le feu couve sous la
Y compris en Azerbaidjan, où pourtant le mouvement national met un certain temps à se reconstituer, vues conditions capitulation politique du Parti du peuple musulman, la formation contrôlée par l'ayatollah Chariat Madari, qui s'était re-
propulsé à la tête du mouvement de masse au mois de décembre dernier. (17)
Au Baloutchistan et au
Sistan, qui comme l'Azerbaidjan, sont désormais des provinces interdites aux voyageurs étrangers, une agitation sporadique se pousuit dont les premières victimes sont les pasdars et les membres des comités Khomeiny il arrive à intervalles réguliers de tomber victimes d'accrochages, d'embuscades ou d'attentats individuels.
En fait il semble que dans ces deux provinces, où vit une population miséra able nomades, de vastes superficies échappent de fait au contrôle de l'autorité centrale.
Ce n'est pas le Khouzestan (Arabistan), cette province gorgée de pétrole, où se concentre la minorité arabe. Après les manifestations de mai 79, réprimées férocement à Khorramchar, la présence des forces de (armée, pasdars et comités Khomeiny) reste très importante. Plusieurs centaines d'activistes ou de «suspects» du mouvement arabe sont détenus. Et c'est pour obtenir la libération de 92 d'entre eux qu'un commando, dont l'origine politique n'est pas encore définie, s'était emparé de l'ambassade d'Iran à Londres.
A côté de l'apparition de mouvements terroristes, minoritaires mais dont il serait illusoire de croire qu'ils une pure et simple création des services secrets irakiens très actifs dans cette région, le mouvement national arabe a commencé de se tuer, tandis que dans les entreprises, l'opposition au régime se combine aux revendications ouvrières prend la forme de baisse de la production, de passive, parfois de sabotages.
Redoutant les tions qui pourraient marquer le premier anniversaire affrontements de Khorramchar, de Tabriz et auxquels un membre assez cas au tion oublié central repression
Le nati reste dist lutte plus veau civil des nati mou organisation, mass très sont tance kurde)
reconstinationale et résistance d'être que manifestaofficiels.
des militants qui ont été des de assisté le rôle ouvriers une cité de résistance de longue durée à une intervention militai-
Téhéran, caractéristiques propres des organisations politiques qui structurent la résis-
-(18). Tout cela indique que, malgré la reprise de certaines villes du Sud-Kurdistan (devenues indéfendables ou alors à un prix trop lourd notamment pour la population aussi favorable à la direction Khomeiny-Bani Sadr, rités unités ne pourraient le laisser supposer certains communiqués
En ce qui concerne la classe ouvrière, la situation. 18) cf Inprecor 78.
m arque d'une forte combaen l'extend'autoaccumuluttes cant re pour ontinue de velop olitique, bases es ier
'Etat bourgeoises.
ationale.
essentiel contraire au extension géoa été qui l'industrie haut» en
A Ispahan, les shoras, qui sont dans cette région le plus souvent sous l'hégémonie de courants islamiques, ont entrepris de remettre en marche, avec l'aval de certaines auto religieuses, de petites industrielles (briqueterie, textiles).
17) ef Inprecor 66.
Dans la raffinerie d'Abadan, sur le golfe persique, c'est le shora des ouvriers du pétrole qui contrôle de fait la production et la distribution, au grand dam du ministre chargé des questions pétrolières, Moinfar. Celui-ci s'est même vu quasiment expulsé d'une réunion dans la raffinerie. Chaque jour, les travailleurs publient la liste des chargements de pétrole et leur destination (pour éviter notamment des exportacomme les Etats Unis, Israel ou l'Afrique du Sud).
Ailleurs diverses luttes ont eu lieu et continuent d'avoir lieu, pas toujours sous forme de grève, notamment à propos industrielles (aciérie d'Ahwaz) ou sur des revendications économiques (distribution des dividendes dûs aux ouvriers dans le cadre de l'ancienne législation impériale sur l'intéressement des travailleurs aux bénéfices des entreprises).
Pourtant l'activité des shoment «syndical», malgré l'accumulation d'expériences de conouvrier, d'ouvertures des livres de comptes, de remise en marche de la production, de discussion reconversion industrielle. tout leur niveau de coordination et de centralisation est très faible. Aujourd'hui, - de très nombreux cas, l'activité princides«dirigeants naturels» des shoras se situe hors des entreprises, à négocier dans les couloirs des ministères de tutelle (l'industrie iranienne été nationalisée aux trois quarts juillet dernier) paiement des salaires, la fourniture de matières premières et de pièces détachées etc. . Au travers de ces confrontade classe, bourgeoise, de ce gouvernement incapable de faire face à la crise, de liquider la dépendance à l'égard de l'impérialisme et de satisfaire les revendications des travailleurs, devient chaque jour plus toute une couche de travailleurs avancés. Mais cela n'a pas encore débouché sur la cience politique que les shoras peuvent être autre chose ou que des instruments de contrôle, les embryons organisation sociale système de gouvernement politique alternatif, face au gouvernement bourgeois et au système capitaliste, le socle constitutif d'un gouvernement ouvrier et paysan.
Cela est en partie dû au rôle des courants et des organisations politiques, qui comcentristes, mettent pas réellement l'accent sur le rôle politique que peuvent jouer les shoras, et qui dénoncent concert avec les courants islamiques, une politique de division des rangs ouvriers. Chacun construisant, propres coordinations de shopropres «fronts ouvriers» à côté des autres.
Mais il y a aussi objective ne tient pas à une quelconque arrièration de la classe ouvrière iranienne.
Toute perspective d'Assemblée nationale, de rencontre centrale des délégués des shoras d'ouvriers, d'employés et de paysans qu'il est nécessaire d'avancer aujourd'hui signifiera de force la direction Khomeiny, si elle se fait sur la base de la centralisation des. plateformes de revendications, indépendante par rapport à l'Etat et au régime. Les menaces d'un Bani Sadr annonçant qu'il «36 millions d'iraniens» épurer les usines où il y a des désorles appels à la bataille pour la production et la dénoncontrerévolutionnaires dans les discours des dignitaires religieux, de l'agitades grèves indiquent clairement à quels chocs, quels affrontements se pare la direction Khomeiny-
Le climat de pression policière qui existe dans les villes pétrolières du Sud, l'arrestation et la détention des quatre dirigeants du shora de la raffinerie d'Abadan venus négocier certaines revendications avec les autorités de Téhéran, les attaques qui ont été perpétrées par les hezbollahs contre les cortèges ouvriers du ler mai des Moudjahidin et des Fedayins montrent comment, au-delà des facteurs historiques (absence de mouvement vrier indépendant même embryonnaire) subjectifs (la politique des courants cenpopulistes ques), les atteintes à la liberté d'expression, démocratiques pèsent encore obèrent partiellement les possibilités de reconstruction du mouvement ouvrier iranien.
Mais tout le mouvement en avant de la classe ouvrière couches plébéiennes iraniennes qui n'ont pas été défaites continue d'être porté en avant par l'ampleur de la crise économique et sociale.
LA CRISE ECONOMIQUE
ET SOCIALE Une inflation qui atteint les 50% par an.
de plus de trois millions et demi de chômeurs qui risque d'augmenter cette année de 800000 rien que par les effets de l'exode rurale accélérée et de l'arri-
Jeunes sur le marché du travail.
Une chute vertigineuse des investissements industriels productifs.
Et enfin, les rentrées en devises provenant du pétrole risquent de stagner entre 8 et 15 milliards de dollars au lieu des 23 milliards escomptés.
Ces quelques chiffres suffimontrer l'ampleur du désastre économique en Iran.
En janvier dernier, Bani Sadr, qui n'était encore que le ministre des finances, anmalgré le gel des avoirs iraniens banques US (estimés à 7 milliards de dollars sur un
total de 12), l'Iran aucune peine à un matelas de sécurité gnant environ un milliard de dollars par mois, du fait des chutes dans les (qui ont baissé des deux tiers en un an).
Pourtant quelques semaines plus tard, début avril, le ministre du pétrole Moinfar, nonçait une nouvelle hausse «sauvage» du brut déjà l'un des plus chers du monde, avec une surprime de deux dollars et demi, ce qui portait le baril de brut léger aux environs de 35 dollars (33 dollars et demi pour le brut plus épais).
En fait, toutes les données concordent pour montrer que la décision des dirigeants iraniens est à relier directement à la baisse de la production, baisse techniques (absence de pièces détachées du fait du blocus et problème d'entretien des installations des techniciens étrangers) que (sabotages ralentissement production situation au Khouzestan, volonté des travailleurs iraniens, dans le pétrole par réaction impérialiste de limiter au males exportations d'un bien non renouvelable et qui plus que ans de dépendance et de pillage impérialiste).
rapport par la Banque centrale iranienne (20) portant sur les six premiers mois de l'année iranienne allant de mars 1979 à mars 1980, les rentrées de devises rapportées par le pétrole ont été inférieures de 9 milliards de dollars aux prévisions gouvernementales. Encore ces prévisions du gouvernement islamique étaient élaborées à partir déjà d'une chute déjà drastique de la production, qui était de six millions de barils par jour sous le chah et qui devait se ser entre 2 millions et demi et trois millions de barils par jour. Or, ces derniers mois, la quantité de pétrole exportée n'aurait reconstituer
• épar-
1980 à importations nière qu'entre an-
700000 -1300000 iranien, lieu dollars
Téhéran...
lières représentaient sous le chah
96% du total des exportations iraniennes, et donc des rentrées de devises tandis que la capitalisation de cette rente pétrolière a été l'un des principaux moteurs de l'industrialisation partielle entamée depuis 20 ans.
statistiques
Banque centrale sont eux aussi politiques terribles.
de l'année le produit chuté de 26%, la chute atteignant entre ques et métallurgiques (22).
En fait, selon d'autres sources, sur les 8000 usines modernes travaillant sur premières et des technologies fourni d'importation, employaient d'œuvre raient 70% de la production, les taux de marche varieraient de 30 à 60% (23).
font-elles pas entrer en de compte la construction, qui était l'industrie numéro 1 de elles pas repris.
stabiliest vertigineuse.
miers mois de l'année 79-80, les crédits gouvernementaux n'a cessé à nouveau de baisser, tombant d'une moyenne de 1 tissement million et trois cent mille barils pour les premières semaines de
50%
700000 seulement barils par jour depuis le mois moitié d'avril (21). Un tel niveau des de production ne rapporterait d'Ahwaz.)
à l'Iran, compte tenu de la deraugmentation des prix,
8 et 15 milliards
3 grandes de dollars (selon la fourchette barils)
au des ...25 milliards de sur lesquels comptait qui
Or, les exportations pétro-
Sur le plan intérieur, les despote».
officielles
Pour les 9 premiers mois
79-80, industriel aurait ces usines qui
25% de la main industrielle et assu-
Encore ces estimations ne complexe et qui n'a quasiment
20)
ts, tant public que privé
22)
Toujours pour les 9 prede développement pour l'invesdans les activités économiques ont chuté par rapport à l'année précédente (encore plus de la de ces crédits ont été consacrés à l'achèvement aciéries d'Ispahan Des crédits alloués par les banques industrielles spécialisées (Industrial and Mining Development Bank, Industrial Credit Bank, Development and Investment Bank) et servent aux investisseurs privés, ont chuté de 90% (24).
Un journaliste économique décrit les conséquences de cette véritable grève de l'investissement: «Sur le boulevard industriel qui mène de Téhéran à Karaj, on ne compte plus les squelettes des usines qui devaient être de nouveaux jalons sur le chemin de la «Grande société» où les iraniens ont refusé de suivre leur ancien
Souvent les industriels qui n'ont pas encore vu leurs entreprises nationalisées ferment, l'endettement trop lourd à l'égard des banques et les revendications (le SMIC a doublé l'année dernière). D'autres fois, c'est le manque de matières premières qui est à l'origine de lock-
Il faut souligner que les participations impérialistes dans les entreprises n'ont pas été nationalisées.
Le gouvernement mène lui Il tente de mener à bien certains projets industriels entamés comme les aciéries d'Ispahan d'Ahwaz, gigantesque pétrochimique Bandar Khomeiny, construit en joint venture avec le trust
Middle East, avril 1980. Middle East Economic Survey. Financial Times 27 mars 1980, Middle East , mai 1980.
source: Tehran Times. 23) Expansion 4-7/04/80. 24) source : Tehran Times.
japonais Mitsui et qui représente un investissement total de 3,2 milliards de dollars. Ailleurs on renégocie avec les Roumains ou les Soviétiques l'achèvement d'unités produisant des biens de production (machines-outils). Mais c'est à peu près tout.
De véritable plan de reconversion industrielle, il n'y en a pas. On laisse par exemple la NIOC monter une exposition de 6 à 7 000 pièces sur les 170000 utilisées dans l'industrie pétrolière pour que les visiteurs, artisans et industriels iraniens se proposent de les fabriquer alors qu'à présent elles étaient importées. Mais dans l'industrie automobile, les ouvriers attendent toujours un plan de reconversion pour que les sept chaînes de montage différentes produisent un seul modèle de véhicule bon marché et populaire. Et ils ne voient rien venir.
conséquences politique gouvernementale de Khomeiny-Bani ne veulent ni ne peuvent pas rompre avec les lois du marché se font ment sentir dans deux domaines : celui de l'inflation et du marché noir et le blocage de la réforme agraire. SPECULATION
ET MARCHE NOIR Il y a une semaine, de violents incidents dans les quartiers Téhéran, des ménagères qui protestaient contre les hausses des prix, à des boutiquiers. Lorsqu'elles commencèrent à renverser les étals et à distribuer la marchandise alentour, ceux-ci réagirent très violemment et les coups de gourdins et de couteaux. Plusieurs des ménageres en colère furent lisées dans un état grave.
Si le blocus économique n'a guère affecté l'approvisionnement des marchés urbains iraniens en produits alimentaires, s'il n'y a pas de véritable pénurie, par contre la hausse des prix, la spéculation et le marché noir sont florissants.
gislation de première nécessité sont taxés l'Etat et leur prix ne peuvent pas augmenter 10% l'an. Mais à ces prix officiels presqu'aucne marchandise n'est disponible. La «surde 40 à 300%. Des exemples: la viande officielle coûte 250 rials le kilo, mais il est impossible d'en trouver à moins de 600 rials. Idem pour les œufs rials le kilo, mais qu'il faut payer 200 rials. Le prix du que Jus- pain est passé de 80 rials agricoles stagner, mais les inRépublique islamique. Le marché noir ou plutôt le marché de la «libre», tant il est peu discret la lessive que sur la viande, la farine, les cigarettes, les pièces détaparticulière- chées et les riz, les huiles poisson (Middle East, 8 days). qui font partie de la nourriture de base. La consommation dont un quart doit être importé de Hollande (avant ils ont oppo- venaient d'Israel). Au des six derniers mois, 8000 tonnes ont été importées, mais 3000 seulement ont été distribuées dans les circuits réguliers, taxés. Le reste vendu sous le manteau et dans les arrière-boutiques. agressèrent à hospita-
Best subventionné rine, de l'autre côté du golfe, à
Théoriquement, selon la lévigueur sous le les prix des produits subventionnés de plus à payer peut varier pour
Responsables: non pas les les prix alimentaire drait, termédiaires, ce bazar qui semde son impunité de la tamer aussi bien sur les œufs, détergents, et les automobiles, le végétales, le
Prenons le cas des œufs, est de 480 tonnes par jour
Le cas le plus typique est celui de la farine de frodes ment. L'Iran produit annuelle-
5,5 millions de tonnes chah.
de blé et en importe un autre
Ce blé à concurrence de 10000 rials la tonne mée sur le
En fait il se sous forme de fa-
Koweit et Dubai, où il est vendu le double...
Les comités Khomeiny de quartier envoient bien de temps en temps des brigades de vérification des prix et l'autre jour, on apprend qu'un tailleur bon chic bon genre du Nord de Téhéran vient de recevoir 30 coups de fouets avoir vendu une chemise un peu trop cher.
Mais rien n'est réellement fait pour lutter contre la spéculation :le bazar ne reste-t-il pas la base d'appui privilégiée du régime et de la hiérarchie chiite.
Pour enrayer la spéculation et le marché noir et surtout mettre fin à la dépendance de l'Iran, il faude l'avis de tous les experts, même bourgeois, en-
June nouvelle réforme agraire, radicale, qui passe par la redistributinon des terres, une refonte de la politique de crédits et de fixations des prix agricoles, un effort important et de longue haleine dan la formation, l'assistance sociale et l'aide technologique à la paysannerie.
LES VICISSITUDES DE
LA RÉFORME AGRAIRE
Or ce n'est pas dans ce sens-là que va le gouvernement. En janvier 1979, avant même l'insurrection, certaines des plus hautes autorités religieuses du pays dénonçaient les occupations de terres ( en particulier l'ayatollah Taleghani).
Après la mise en place de la République islamique, des affrontements au Turkomensarah se produisirent lorsque les paysans tukmènes commencèrent d'occuper les granpropriétés spoliées par de riches persans, avec la complicité du gouvernement du
L'offensive militaire entaau mois d'août 79 par l'armée iranienne et les pasdars contre les kurdes fut déclenchée peu de temps après les premières occupations de
terres et la constitution de d'août, le gouvernement Révolution ont adopté un décret contre l'usurpation des terres agricoles propriétaires toutes les terres, les ressources en eau, les vergers et les pépinières occupées illébre 1978.
Dans un second texte de loi, le gouvernement Bazargan légi-
Men septembre 1979 la réforme agraire du chah, ne fixait aucun plafond de superréforme du chah prévoyait que les anciens propriétaires ne pouvaient garder plus d'un village , le village grande propriété foncière. Aucune nouvelle distribution de terres n'était prévue.
Or après la réforme agraire du chah, l'inégalité entre propriétaires reste très forte.
Selon le recensement agricole de 1974, de paysans iraniens vivre sur des propriétés de moins de 10ha tent 33% des terres agricoles avec 5 400000 ha.
A l'autre bout de l'échelle, 9553 familles (60000 personenviron) 2453000ha (propriétés de plus de 100ha).
Après la chute du gouvernement Bazargan et face au développement ments agraires, le nouveau sousministre de l'Agriculture, Reza Isfahani commença à claironner que le gouvernement allait immédiatement mettre en œuvre une réforme agraire radicale afin que la terre à celui qui la travaille».
Un nouveau plan de réforme agraire fut élaboré, dont les axes directeurs restaient très modérés, en regard d'autres «révolutions vertes» faites par des régimes bourgeois. Il s'agissait de redistribuer les paysans au terres appartenant aux grands propriétaires régime, élevé, propriétaire. En fait ce plan prévoyait de réforme légitimes position au sein du Conseil de merciaux, familiaux qui et moyens propriétaires iraquand niens, quand on sait enfin niens, comment le clergé chiite lui- même par le biais d'aller chercher raisons de plan Isfahani.
SOCIALES
9,5 millions doivent
La crise qui représen iranienne, renforcée par la crise de manœuvres du régime.
possèdent l'année des mouveplus évident que ce raisons dans même
«appartienne nécessite tive, est de moins en moins concessions substantielles aux masses.
expropriés pour l'ayatollah appartenant
Il s'agissait enfin de fixer un plafond limite, assez à la superficie de terres que pouvait posséder un seul agraire fut encore en baisse, dans le sens d'un compromis avec la loi de septembre, à cause de l'opla Révolution des représentants religieux de Quom et de Meshed.
on connaît les liens financiers, économiques, comaux grands sait on dernières a toujours été l'un des tout premiers propriétaires des fondations
Téhéran.
religieuses (biens de main morte waqf), il n'est pas nécessaire très loin les ce torpillage du de seuls
VERS DE NOUVELLES
CONFRONTATIONS
La crise de l'économie du système capitaliste international, par le blocus partiel de l'impérialisme et l'instabilité dans le pays, réduit toujours un peu plus les marges
Après avoir accordé certaines revendications salariales, dernière (notamment le relèvement des bas salaires de la classe ouvrière industrielle et des fonctionnaires subalternes), il devient chaque jour régime, qui est incapable, pour des sociales, de s'engager les plans de réformes
«démocratiques-bourgeoises» (réforme agraire) que ments à la situation objecen condition d'accorder des masses de de leur qu'elles
La veille du deuxième tour subies.o du référendum, le dirigeant du Parti républicain islamique,
Behechti, appelait. «à la redistribution totale de la richesse en Iran, pour que chaque iranien ait avant même année doit être à tout prix l'année de la distribution égalitaire par tête de toute la production intérieure et de tous les autres biens parmi les iraniens.»
La marche au communisme en un an ! Il y a malheureusement loin de la réalité ces discours de fin de campagne électorale.
L'exode rural a quadruplé l'année dernière, de 380000 (moyenne des trois années du régime pahlavi) à 1500000, dont plus du tiers est venu s'entasser dans les seuls bidonvilles de
Alors que les estimations émanant du gouvernement lui-même font état d'un nombre chômeurs variant entre 3,5 et 4 millions de personnes,
176000 sans emplois sont officiellement secourus par les agences gouvernementales.
La distribution égalitaire de la richesse, telle que la pratique le gouvernement islamique tient en quelques statistiques: l'anrials ont été débloqués pour les logements ouvriers et 4 milliards de rials versés aux chômeurs. Par contre le montant de l'aide aux industriels a représenté 80 milliards de
Les dettes industrielles ont bénéficié d'un moratoire d'un an tandis que la réforme bancaire et la diminution des taux d'intérêts représentait un autre cadeau de 300 milliards de rials aux investisseurs.
Mais ces prébendes aux capitalistes ne suffiront pas pour relancer les investisse-
June grande échelle. Il faudra pour ce faire porter de dures attaques contre l'ensemble des travailleurs et des laborieuses et tenter infliger des défaites n'ont pas encore