Petr UHL indépendantes tion sociale ne serait pas tout à fait claire si je n'y ajoutais une introduction pour mettre l'accent sur certaines de mes idées politiques concernant la nature du système social en Tchécoslovaquie et ses développements possibles. Ces idées seront précisées dans un ouvrage je suis le co-auteur n'est pas terminé assumer des tâches plus urgentes. De plus, après ments des deux dernières années, certaines parties ne sont déjà plus d'actualité. J'espère, ainsi que certains camarades, que le développement politique de la Charte 77 et l'évolution de la situation en Tchécoslovaquie même, nous permettre d'exprimer publiquement nos idées. Le risque d'interprétations étant donné le caractère condensé de ces notes, pourra être contrebalancé par une certaine familiarité avec l'héritage intellectuel du courant politique marxiste révolutionnaire encore faible qui défend, à l'heure actuelle, son droit à l'existence en vaquie. 1. Le système social dans lequel nous vivons peut être défini, du point de économique, comme un centralisme bureaucratique et, point de vue politique, comme une dictature bureaucratique. Ce système s'est la destruction révolutionnaire des rapports de production capitalistes et du système tique bourgeois. Cependant, la révolution sociale n'a pas été menée à son terme; elle a été déformée essentiellement par l'influence
Dans le domaine politique et économique, il d'organisal'ont jamais fait.
lisme duction sociale, dont et qui leur ensemble car j'ai dû les événeleurs et leur mes vont classe se la bureaucratie centralisée au erronées, verses classes forment la population travail-
3. L'antagonisme social fondanature du travail d'une part et la nature du contrôle sur les
Tchécoslodistribution du produit social et des biens de consommation d'autre part. Car les concernant les forces producvue tion, les biens d'investissement et de consommation, sont prises par une couche numériquement construit sur faible de bureaucrates qui se trouvent au sommet du système et qui s'appuient sur une strucpoliture hiérarchique bureaucratique, alors que les travailleurs totalement écartés de la prise du stalinisme. asservit les travailleurs plus que le capitalisme et la démocratie bourgeoise ne
Get le stalinisme, qui connaissent une stabilité temporaire, ont dans les faits un certain nombre de traits en commun: ils contrôlent la proadministrativement à la fois le travail et la vie sociale dans
Get ils maintiennent les travailleurs dans une position sociale qui se carac- dire par l'expropriation politique et économique des travailaliénation. Mais, malgré ces similitudes, les fondements du système capitaliste centralement bureaucratisé sont tout à fait 2. Le principal antagonisme de développe entre pouvoir, fondée sur la hiérarchie bureaucratique, et les di-
Get couches qui de production et de décisions les moyens de producqui produisent la richesse sont
Document Tchécoslovaquie
Il y a conflit travail et la position dominante de la couche sociale qui prend toutes les décisions qui
Ice travail. (Il existe un certain nombre d'hypothèses différentes: selon l'une d'elles, la bureaucratie est un tout structuré qui se présente comexploiteur mettant en œuvre les moyens de production étatisés (non so-
Men tant que propriétaire collectif). 4. Une analyse cohérente des rapports sociaux (c'est-àdes relations entre les différents groupes sociaux, dans les domaines économique, culturel, etc.) éclaire les deux axes qui fondent le système de la dictature bureaucratique (le totalitarisme et le centralisme), ainsi que le système d'autorité (les relations de domination, de subordination et les formes de paternalisme). Il serait superficiel et dangereux de confondre le totalitarisme bureaucratique stalinien avec dictatures, produits de rapports sociaux et de production tout à fait différents.
Tchécoslovaquie, dictature de type bureaucratique stalinien et le centralisme bureaucratique ont été établis d'après le modèle soviétique. Le centre bureaucratique en Tchécoslovaquie, comme partout ailleurs dans le bloc soviétique, est subordonné au centre de Moscou dont le pouvoir exprime les intérêts non seulement de la bureaucratie soviétique, mais également ceux des diverses bureaucraties nationa-
La bureaucratie tchèque et son centre ne fonctionnent pas simplement à partir d'ordres venus d'en-haut; en dépit des controverses et des désaccords, les relations existantes
sont fondées sur la collaboration. L'armée soviétique Tchécoslovaquie n'est que l'instrument du dernier et elle n'exerce pas une fluence directe sur la politique. 6. D'un point de vue historique, nous devons considérer toute la période tous les peuples d'Europe orientale comme une phase transition entre ment du mode de production capitaliste et l'émergence du socialisme, la première du communisme. L'impasse du stalinisme, qui fut accompagnée d'une violence jamais égalée dans l'histoire de l'humanité, n'est pas la qui doit être nécessairement prise par les autres nations du monde. 7. Le dilemme auquel est conune des du pouvoir bureaucratique est la contradiction qui existe entre la nécessité de maintenir le statu quo garantissant domination bureaucratique et celle des changements imposés par le développement de la société, en dans le domaine économique et culturel. De tels changements sont nécessaires si l'on veut résoudre les contradictions socio-économiques Ils sont nécessaires par conséquent au maintien du centralisme et du pouvoir bureaucra8. Le système du centralisme bureaucratique ne peut être réformé dans le cadre propres structures institutionnelles. (Ces institutions prennent en particulier l'appadu Parti communiste, les syndicats, les organisations satellites, les mouvements de jeuetc. les comités naux et les organes représentatifs, le gouvernement et la présidence de la République, les bureaucratiques direction économique, la police, l'armée, la justice, le système d'éducation et les médias, la censure...). Des améliorations mineures à l'intérieur du cadre existant ont une certaine signification, entre autres parce qu'elles favorisent le développement de l'esprit critique et des tendances nelles et dessinent un semblant de structure indépendante de en recours, inque traversent de le renversephase certainement réformiste voie tionnaire.
9.
à l'autre, la crise la la nécessité dictature sociaux particulier prendre plusieurs transformations institutions croissantes.
structures mêmes.
ler cette processus
Cependant, formation, étant donné que la bureaucratie ne peut être décriraisons il n'est pas possible de définir ce processus comme une révolution sociale. Ce sera aussi - et oppositiontout d'abord dans ses conséces réformes ont des limites défiétant donné que toute réforme démocratique ou libédans le domaine éconopolitique ou culturel se heurte aux fondements anti-démocratiques du système et menace le pouvoir de la bureaucratie. C'est pourquoi elle sera restreinte - ou supprimée par la force - dès qu'on approchera problème social fondamental. Ainsi, toute tentative de réforme contient une dynamique révolutionnaire dans le sens où elle révèle le caractère illusoire d'une orien-
Get renforce un début de conscience révolu-
Bien que les rythmes et l'intensité en varient d'un pays les contradictions tous les domaines de la vie sociale. A un certain point, toutes les sociétés d'Europe orientale nairement se trouver confrontées à de renverser de la bureaucratie. Même si le fait de détruire le pouvoir bureaucratique peut
Best alliée affecter radicalement toutes les politiques, certains cas bouleverser leurs structures actuelles, dans d'au- aux détruire complètement limiter, par C'est pourquoi il est correct d'appetransformation poli- volutionnaire tique un processus révolution10. La révolution anti-bureaucratique est par-dessus tout une révolution politique. Débarrasser le développement économique des chaînes bureaucratiques aura des conséquences significatives dans les rapports de production et achèvera le révolutionnaire enta- sager au mé de 1945 à 1948 : c'est-à-dire qu'il achèvera la socialisation des moyens de production.
aucune classe détruite par cette transsi elle ne couche sociale;
quences - une révolution culturelle, qui changera les rapports entre les gens et les rapports entre les choses et les gens. 11. Une révolution présuppose nécessairement la violence, mais cela n'implique pas la brutalité ou la terreur, dans la mesure où la révolution est bien organisée. Les révolutions ne naissent ni des injonctions des révolutionnaires ni de l'endoctrinement des masses. Elles se produisent quand les gens sont déterminés à arracher le pouvoir par la force à ceux qui le détiennent et à affronter la violence grâce à laquelle ceux au pouvoir maintiennent dans l'oppression la société tout entière - oppresssion qui implique une violence incomparablement plus grande que celle qu'utiliseront les opprimés. Elles se produisent quand les gens ne peuvent supporter plus longtemps cette oppression «normale», point qui est ordiatteint lorsque les maîtres n'ont plus de solutions à apporter aux conflits sociaux, lorsque ces conflits touchent les intérêts des couches les plus larges de la population et lorsque l'incapacité des maîtres à la brutalité et à la terreur. Le rôle des révolutionnaires est de proposer masses la meilleure voie pour avancer, en essayant de exemple, autant que possible, la violence
Get de résister fermement à la brutalité et à la terreur. Mais, celles-ci sont nécessaires pour assurer le triomphe de la révolution, elles font toujours peser une menace de dégénérescence sein même du processus révolutionnaire. 12. Il y a de nombreuses variantes que l'on peut enviprocessus révolutionnaires, à la fois dans ses aspects internes et internationaux. La anti-bureaucratique en Tchécoslovaquie victorieuse reste pas confinée dans les limites de ce pays, que si elle devient partie prenante de la révolution internationale. 13. L'histoire a montré que la tendance à l'auto-organisation est inhérente à la fois à la révolution anti-capitaliste et
à la révolution anti-bureaucratique, même si l'auto-organisation n'est pas le seul cadre de réorganisation de la vie sociale. Cette tendance est apparue au cours des développements prérévolutionnaires Et elle apparaîtra au cours de la révolution anti-bureaucratique à venir en Tchécoslovaquie, bien que, parallèlement, puisse apparaître un système parlementaire ou toute forme de gouvernement deviendrait dominant pendant une période. 14. Le parlementarisme signifie la domination d'une direction - le directoire, le presidium, le politbureau, d'un ou de plusieurs partis po. litiques. Cela ne présage pas du développement de formes de démocratie directe, qui sont les moyens pour parvenir à l'émancipation sociale et individuelle et à la suppression de l'aliénation. Le système d'auto-organisation sociale généralisée - et non seulement économique -permettra d'articuler les formes de démocratie directe et indirecte. Le système de démocratie indirecte est fondé sur les conseils ouvriers ou combinés et coordonnés horizontalement, et regroupés en un Conseil suprême. Cela remplacera le système courant de représentation législative exécutive. Ce sera un système des producteurs quement organisés sur une base territoriale. Il y a eu de nombreuses propositions faites pour tème: elles comprenaient principe de la révocabilité, le droit pour les minorités jouer un rôle politique actif, la rotation des postes, et un système de rétribution représentants. La indirecte (représentative) renforcée par des éléments de démocratie directe: dums à l'échelle nationale et locale, des sondages d'opinions et dont les résultats devront être respectés, la prise en charge directe des diverses affaires par des groupes, et ainsi de suite. Le système d'auto-organisation sociale n'est pas une fin en soi: celle-ci ne peut être mise en avant que dans la mesure où elle garantit la croissance inindes terrompue démocratie directe et prédominante sur les éléments représentatifs. Le système d'auto-organisation implique conséquent en 1968/69.
qui prendront de clubs politiques ou de mouconnaître leurs autre le système qui geois.
15. Des organes d'auto-organisa-
- comités de grève, syndicats régénérés, conseils ouvriers - apparaîtront d'abord au cours de la crise précédent la révolujouant un rôle les, devront les, devront prendre le contrôle de l'appareil militaire tout ende l'appareil autres, tier et le tier et le restructurer sur les bases des structures économiques du pays. De cette façon, et seront nécessaire démocratiser le dans lequel ils seront impliqués au niveau de l'organisation et peut-être de la co-disysle de des démocratie sera référenéléments de un pluralisme parition partis politiques, plutôt la forme velle vements, et qui pourront faire plate-formes dictions mais ne pourront dominer la mentionné société comme ils le font dans tarisme démocratique bouret économique, sur les lieux de travail tes, tion. Ces organes devront alors coordonner leurs activités avec celles des travailleurs des autres entreprises — sur une base terripour ce qui concerne les syndicats - de telle manière groupes ciés, etc.
que les organes d'auto-organisapuissent voir le jour.
travailleurs, et graduellement les autres couches social'armée de métier et la police abolies. Enfin il sera pour les organes d'auto-organisation, de dépasdomaine économique,
INTERCONTINENTAL PRESS
XIe Congrès mondial de la IVe Internationale novembre 1979 rection du process de production, afin de devenir les centres du pouvoir politique, visant à la destruction de ce pouvoir, des centres permettant l'apdes formes les plus variées d'initiative sociale. 16. La force motrice de la noustratégie révolutionnaire résidera dans ses contra-
: l'antagonisme susentre le parlemenet l'auto-organisation au niveau politique et entre les tendances technocratiques démocratiques au niveau le conflit entre les conceptions nationalistes et les conceptions internationalisles différences dans les systèmes de valeur et de choix, en particulier en ce qui concerne la consommation et l'écologie, les problemes dans la définition des domaines de compétence, les problèmes de particularisme entre les divers de producteurs asso17. L'ouverture sur des développements futurs dépend non seulement de l'acceptation des tion internationale, mais aussi mais aussi activités quotidiennes de chacun d'entre nous. Et ceci est en retour lié à nos propres capacités, à notre compréhension et, par-dessus tout, à notre détermination et à notre désir de changer les conditions sociales dans lesquelles nous vivons. Notre conscience sociale d'aujourd'hui est un facteur déterminant qui influera sur la direction du développement futur. •
Vient de paraître